Les Moluques, en indonésien Maluku, sont un archipel situé dans l'Est de l'Indonésie, d'une superficie terrestre de avec plus de d'habitants.
Ces îles productrices d'épices ont dès le début du attiré les Européens, en premier lieu les Portugais, vers l'archipel indonésien. Après une période de prédominance portugaise, les Néerlandais de la Compagnie des Indes orientales (VOC) prennent le contrôle des Moluques, ainsi que du reste de l'archipel indonésien, qui au devient les Indes orientales néerlandaises, principale possession coloniale du royaume des Pays-Bas. L'accession à l'indépendance de l'Indonésie en 1949 suscite des velléités sécessionnistes aux Moluques, rapidement réprimées par la nouvelle république.
Géographie Situation des Moluques en Indonésie
D'ouest en est, à la latitude de l'équateur, l'archipel d'Indonésie est composé des îles de Sumatra, de Bornéo et de Sulawesi, puis de l'archipel des Moluques et de la partie occidentale de l'île de Nouvelle-Guinée.
Au sud de Bornéo, à une latitude comprise entre 6° S (Jakarta) et 9° S (Timor) se trouvent l'île de Java, et, dans son prolongement, les Nusa Tenggara (dont Bali et Lombok) et Timor ; puis les îles Babar et Yamdena, ces deux dernières faisant partie des Moluques.
Entre Célèbes, les îles Sula et Halmahera se trouve la mer des Moluques ; entre Célèbes, Seram, les îles Tanimbar et Timor, la mer de Banda ; entre Halmahera, Waigeo et la Papouasie occidentale, la mer de Halmahera et entre Obi, Seram, les îles Watubela et la Papouasie occidentale, la mer de Céram.
Les îles de l'archipel indonésien font partie de la république d'Indonésie, à l'exception cependant du nord de Bornéo (une partie de la Malaisie et Brunei), la moitié est de la Nouvelle-Guinée (Papouasie-Nouvelle-Guinée) et la moitié est de Timor (Timor oriental).
Les îles de l'archipel Les Moluques sont situées dans une zone océanique de , dont 10 % seulement sont des terres émergéesMonk, K. A. ; de Fretes, Y. ; Reksodiharjo-Lilley, G. (1996). L’écologie de Nusa Tenggara et des Moluques. Hong Kong : Periplus Editions Ltd. .. On estime à le nombre d’îlesWitton, Patrick (2003). Indonésie. Melbourne : Lonely Planet. .. Les deux plus grandes îles, Halmahera et Seram, sont peu peuplées, tandis que les plus peuplées, Ambon et Ternate, sont petites.
Deux provinces Depuis 1999, les îles des Moluques sont réparties entre deux provinces : la province des Moluques, dont la capitale est Ambon (ou Amboine), sur l'île du même nom ; la province des Moluques du Nord (Maluku Utara), dont la capitale est depuis 2010 Sofifi, une ville située sur l'île de Halmahera.
La province des Moluques du Nord Elle est formée de trois groupes d'îles : au nord : Halmahera () Morotai () Ternate () Tidore () Makian () Bacan ()
au sud-ouest : îles Sula, dont les plus grandes sont Taliabu (), Mangole (1228) et Sanana (558)
au sud : Obira () et les îles Obi Îles Banda
La province des Moluques dans le Nord de la mer de Banda : Seram () Buru (), à l'ouest de Seram Ambon (), au sud de Seram Haruku (), 3 km à l'est d'Ambon Saparua (), 1 km à l'est de Haruku
dans le Sud de la mer de Banda, dans le prolongement des Petites îles de la Sonde ou de Timor, d'ouest en est : les îles Barat Daya, notamment Wetar () les îles Leti (), d'ouest en est : Leti (240), Moa (960) et Lakor (300) ; les îles Babar : Babar (), et, en cercle autour d'elle, Masela, Wetan, Dai, Dawera et Daweloor ; les îles Tanimbar, notamment Yamdena () les îles Kei (Besar, Kecil et Dulah) ainsi que les îles Tayandu, 20 km au nord-ouest ;
dans le Nord de la mer d'Arafura : les îles Aru, constituent 95 îles dont les plus grandes sont Trangan (), Kobroor (1 723) et Wokam (1 604).
Relief
Climat
C'est un climat équatorial, comme dans l'ensemble de l'Indonésie.
Les villes
Étymologie du nom Le nom des Moluques, en indonésien Maluku, vient de l'expression Jazirat al Muluk (« île des rois »), nom que donnaient à l'archipel les marchands arabesMerle Calvin Ricklefs, A History of Modern Indonesia since C. 1300, p. 24..
Histoire vignette|Situation des Moluques en Indonésie.
Les Moluques et la Chine : des relations anciennes ?
Les Moluques et le royaume de Majapahit () Les noms d'Ambon, des îles Gorong, de Maluku et de Céram sont attestés dès le dans le Nagarakertagama, poème épique écrit en sous le règne d'Hayam Wuruk (1350-1389), roi de Majapahit dans l'est de l'île de Java. Ce texte mentionne en effet « Ambwan », « Gurun », « Maloko » et « Seran » parmi les quelque cent « contrées tributaires » du royaume. En réalité, le territoire contrôlé par le royaume de Majapahit ne s'étendait que sur une partie de l'est et du centre de Java. Les « contrées tributaires » étaient en fait des comptoirs formant un réseau commercial dont Majapahit était le centre. Majapahit y envoyait des dignitaires dont le rôle était de s'assurer que ces comptoirs ne s'adonnaient pas à un commerce privé qui échapperait au royaume.
Vers 1460, sous l'influence de la principauté musulmane de Gresik à Java, l'île de Ternate est la première des Moluques à adopter l'islam.
L'essor du royaume de Demak à Java, durant le , favorise l'islamisation de l'archipel. La principauté de Giri dans l'Est de Java mène une politique indépendante. Hitu notamment, sur la côte nord de l'île d'Ambon, est sous son influence.
L'installation des Portugais au début du (1511c-1641c) En , une flotte portugaise partie de Goa en Inde, sous le commandement du vice-roi Afonso de Albuquerque, s'empare de Malacca, alors le plus grand port d'Asie du Sud-Est.
Les Portugais s'installent ensuite rapidement aux Moluques. Ils notent une tradition de « quatre piliers », constitués par les quatre sultanats de Bacan, Jailolo (dans l'île de Halmahera), Ternate et Tidore, . L'archipel est dominé par Ternate et Tidore, dont le réseau maritime et commercial s'étend des Célèbes à la péninsule de Doberai à l'extrémité occidentale de la Nouvelle-Guinée Barbara Watson Andaya et Leonard Y. Andaya, A History of Early Modern Southeast Asia, 1400–1830, Cambridge, Cambridge University Press, 2015, p. 112..
La destruction de la flotte javanaise lors de la prise de Malacca par les Portugais s'est traduite par un déclin du commerce javanais et malais. Les sultanats rivaux de Ternate et de Tidore s'efforcent donc chacun de susciter l'intérêt des Portugais, qui choisissent de s'allier à Ternate, où ils construisent un fort en . Le roi leur cède aussi Ambon.
Les interventions espagnoles : Magellan et Elcano (1521) ; Saavedra (1528) En , le navigateur Fernand de Magellan obtient l'accord du roi de Castille, Charles (élu empereur en sous le nom de Charles Quint), pour aller jusqu'aux Moluques en naviguant vers l'ouest. Magellan estime de surcroît que les Moluques font partie des territoires qui reviennent à la Castille en vertu du traité de Tordesillas (1494).
Parti de Séville en , il découvre le détroit de Magellan en , puis atteint les Philippines, où il est tué au cours d'une guerre entre chefs indigènes (). Les deux navires rescapés de son escadre parviennent à Tidore en , sous le commandement de Juan Sebastián Elcano. Ils chargent tous deux une cargaison d'épices, puis le navire d'Elcano repart vers l'ouest, à travers les mers sous contrôle portugais, et réussit cependant à rejoindre Séville en , réalisant la première circumnavigation, tandis que le second navire, tentant de partir vers l'isthme de Panama, est intercepté par les Portugais.
En , le sultanat de Tidore reçoit de nouveau un navire espagnol, parti cette fois de Nouvelle-Espagne (actuel Mexique), sous le commandement d'Álvaro de Saavedra, au service d'Hernán Cortés. Après avoir chargé une cargaison de clous de girofle, le navire repart vers la Nouvelle-Espagne, mais ne réussit pas à trouver d'alizés favorables. Obligé de revenir à Tidore, l'équipage est arrêté par des Portugais, qui estiment que des Espagnols n'ont aucun droit de se trouver dans une région qui revient en fait au Portugal.
En , Charles Quint renonce à toute prétention sur les Moluques (traité de Saragosse) ; mais il obtient le droit pour la Castille d'occuper les Philippines, bien que celles-ci soient aussi dans l'hémisphère portugais.
Début des missions chrétiennes sous l'égide portugaise
Saint François Xavier, cofondateur de l'ordre des Jésuites avec Ignace de Loyola, jette les bases d'une mission à Ambon, Morotai et Ternate en et , marquant le début de l'implantation du catholisme dans cette région.
En , des Dominicains entreprennent la christianisation des îles Solor.
Les Portugais sont expulsés de Ternate en et s'installent à Tidore, où ils construisent un fort en .
L'arrivée de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales (VOC) au vignette|gauche|Carte des Moluques par Willem Blaeu (1630).
vignette|redresse|Carte particulière des Isles Moluques par Jacques-Nicolas Bellin (1760).
En , les négociants des ports des Provinces-Unies, qui ont fait sécession en des Pays-Bas espagnols, fondent la Compagnie néerlandaise des Indes orientales, la VOC (Vereenigde Oostindische Compagnie), chargée par le nouvel État de ses intérêts coloniaux. Celle-ci s'attaque donc aux Portugais, d'autant plus que les Provinces-Unies sont encore en guerre contre le roi d'Espagne, qui est aussi roi de Portugal depuis .
La VOC s'empare d'Ambon en 1605 et en fait son siège. Les Portugais sont totalement évincés des Moluques en . Les Néerlandais .
En , Jan Pieterszoon Coen, le nouveau gouverneur général de la VOC, attaque le fort de Jayakarta dans l'ouest de Java et en expulse la garnison de Banten. Sur les ruines de cette ville, il bâtit Batavia (actuelle Jakarta), qui devient son siège.
La politique de la VOC aux Moluques ( et ) (1641–1795 et 1818–1825) La VOC a cependant du mal à imposer un monopole sur la production et le commerce des épices comme le clou de girofle dont les Moluques sont à l'époque le seul producteur dans le monde, le poivre, la muscade, que le marché européen demande alors que le marché asiatique stagne.
Ayant pris Malacca aux Portugais en , les Néerlandais peuvent concentrer leurs forces sur l'est de l'archipel. La résistance de la principauté de Hitu dans le nord d'Ambon est brisée en . À cette époque, Ambon produit plus de girofle que le monde ne peut en consommer. La VOC entreprend donc de détruire la production des autres îles.
Avec la soumission du royaume de Gowa dans le sud de Sulawesi, la position de la VOC dans l'est de l'archipel est désormais assurée. Jusqu'à la fin du , ses activités économiques restent néanmoins limitées aux Moluques et à la côte nord de Java, qu'elle contrôle totalement avec la fin des en .
Le déclin de la VOC et sa faillite en , à la suite de la transformation des Provinces-Unies en République batave (), font passer les Moluques au second plan des préoccupations néerlandaises. vignette|redresse|J. Tideman, gouverneur des Moluques, en 1929.
Les Moluques dans les Indes orientales néerlandaises La période napoléonienne est marquée par l'instabilité en ce qui concerne les possessions coloniales néerlandaises. À partir de , elles passent sous le contrôle du royaume des Pays-Bas et l'archipel indonésien devient les Indes orientales néerlandaises (1800-1949). Théâtre du Pacifique Sud-Ouest de la Seconde Guerre mondiale Invasion des Indes orientales néerlandaises (1941-1943) Occupation japonaise des Indes néerlandaises (1942-1945) Invasion de Bornéo (1941-1942), occupation japonaise de Bornéo (1941-1945) Révolution nationale indonésienne (1945-1949, Revolusi)
La période de la guerre d'indépendance (1945-1949) du recrutement de l'armée coloniale néerlandaise, la Koninklijk Nederlandsch-Indisch Leger (KNIL), a lieu chez les Amboinais.