Broons est une commune française, chef-lieu du canton de Broons, située dans le département des Côtes-d'Armor en région Bretagne. C'est une commune du Poudouvre, pays traditionnel de Haute-Bretagne.

Ses habitants sont les Broonais ou Broonnais et les Broon[n]aises.

Labellisée « Village étape » depuis 2018, la commune est le berceau du chevalier breton et connétable de France Bertrand du Guesclin.

Géographie Situation Broons est une des 344 communes des Côtes-d'Armor, située à mi-chemin entre Saint-Brieuc et Rennes, et à proximité des villes de Dinan et de Lamballe.

La commune est traversée par deux axes majeurs : la route Nationale 12 et la voie de chemin de fer Paris-Brest. Elle dispose d'une gare SNCF.

Le sud-ouest de la commune est occupé par le Bois de Broons, qui à l'origine devait aller jusqu'aux abords du bourg, comme l'attestent les noms des lieux-dits Penhoët et Pen-an-Hoët (littéralement bout du bois)..

Broons est traversée par trois rivières : la Rosette et son affluent la Damiette, qui doivent leur nom à ceux des deux branches du delta du Nil, ainsi que le Frémeur.

Communes limitrophes Les communes limitrophes sont, dans le sens horaire et en commençant par l'ouest, Sévignac, Trémeur, Trédias, Yvignac-la-Tour, Caulnes et Plumaugat (les deux dernières sont dans le canton de Caulnes, les autres dans le canton de Broons).

Hydrographie

La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par la rivière la Rosette, la Rosette, le Frémeur et le Mirbel...

La Rosette, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Éréac et se jette dans l'Arguenon à Jugon-les-Lacs, après avoir traversé ..

Le Frémeur, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Plumaugat et se jette dans la Rance à Caulnes, après avoir traversé ..

vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de BroonsLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Merdrignac à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Urbanisme Typologie Au , Broons est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de Broons, une unité urbaine monocommunale constituant une ville isolée.. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Broons, dont elle est la commune-centreLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (85,7 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (87,3 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (54,7 %), zones agricoles hétérogènes (19 %), prairies (12 %), zones urbanisées (6 %), forêts (5,3 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (2,2 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (0,8 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Brohon en 1108., Brohun en 1182, Broon en 1184, Broun en 1199, Broon en 1205 et 1210, Bron puis Broum en 1224, Broon en 1252, Brom en 1374, Broon en 1411 et 1420, Bron en 1490, Brons au , Bron en 1654 et 1636.

La graphie du toponyme Broons a changé au cours du temps. L'une des formes primitives est Bron, comme l'attestent des textes du .. Plus tard, vient s'ajouter un deuxième o, puis le -s final peu après la Révolution françaiseÉric Rondel note qu'il apparaît « subitement le 3 frimaire de l'an 12 ».. Le voit l'ajout d'un accent circonflexe sur le premier ou le second o, ou même parfois un accent large sur les deux à la fois, bientôt remplacé par un tréma durant la première moitié du , lui aussi placé indifféremment sur l'un ou l'autre oBulletin municipal (Bib ). Aujourd'hui, les trois orthographes Broons, Broöns et Bröons cohabitent dans les textes, mais la première est plus répandue. Quoi qu'il en soit, cela se prononce toujours « bron ».

Ce nom est d'origine celtique et signifie, selon La Borderie, « tertre, mamelon »., motte, ici pris dans le sens de « colline », employé au pluriel « les collines », ou encore s'agit-il d'un nom de saint celtique Brochan (gallois Brychan)., ou du gaulois braconnos « marécageux »., bien que l'absence de formes suffisamment anciennes ne puisse confirmer l'une ou l'autre de ces hypothèses. Bernard Tanguy s'appuie sur la forme ancienne Bragonnus (datée de 791) du village de Bron au Coudray-Macouard, pour conclure que Broons procède du gaulois *braconnos « bourbeux, marécageux ». Il indique que le toponyme de Broons ne peut être assimilé au breton bron « mamelon, colline ». Selon Erwan Vallerie, la forme ancienne terminée par -hun indique l'évolution finale dans les langues d'oïl de l'élément gaulois -dūnon signifiant « citadelle ».

En gallo, langue d’oïl parlée traditionnellement en Haute-Bretagne et essentiellement orale, Bernard Tanguy transcrit la forme gallèse parlée sous la graphie Bron. L'association Chubri relève plusieurs attestations orales et écrites et restitue la prononciation qu'elle retranscrit sous la forme Bron.

La base de données toponymiques Kerofis de l'Office public de la langue bretonne recense la forme parres Bron en 1656 et Bron en 1830. La forme Bron est également attestée en 1905 dans un almanach édité par Le Courrier du Finistère. En 1936, Raymond Delaporte fait éditer une carte de la Bretagne pour l'enseignement du breton. Les noms de lieux de Bretagne orientale y sont traduits en breton. Broons apparaît sous la forme Broc'hon.. Kerofis recense la forme Bronn à partir de 1974 dans la littérature de langue bretonne. Cette graphie est la forme bretonne normalisée proposée par la Commission de Toponymie de l'Institut culturel de Bretagne en 1998 puis par l'Office public de la langue bretonne..

Dans une étude publiée en 1990, Jean-Yves Le Moing indique que 16,0 % des toponymes de la commune sont d'origine bretonne.

Histoire

Origines et période gallo-romaine L'occupation humaine est attestée à Broons depuis la Préhistoire, notamment à l'âge du bronze et l'âge du fer. Des coins en bronze ont été découverts au lieu-dit le "Pont du Château".

À l'époque gauloise, Broons se situait dans le territoire des Coriosolites, dont la capitale se trouvait à Aleth. Des pointes de flèches en silex, dentelées en scie ont été découvertes en labourant un champ à Broons. Elles semblent être gauloises d'après les spécialistes qui les étudièrent en 1842. D'origine gauloise aussi, un «souterrain» fut mis au jour près du village de Brangalo, à mi hauteur de la côte entre le Pont Plisson et l'actuel bourg de Broons. Ce sont deux boyaux accolés qui permettaient aux gaulois de mettre à l'abri des céréales et diverses matières entreposées à même des poteries. vignette|redresse|Plaque décorative retrouvée sur le site de la villa gallo-romaine de Carhalo, à Broons, musée de Dinan. À l'époque gallo-romaine, les terres riches et fertiles de Broons étaient cultivées par les habitants de ce territoire d'Armorique. Le site d'une villa gallo-romaine a été localisé au lieu-dit Carhalo, dans un champ entre le bourg de Broons et Brondineuf. Ce site fut occupé durant tout le . À la suite d'une campagne de fouilles au , une plaque en schiste fut retrouvée, ainsi que des fragments de tegulae, de céramiques ainsi que des débris de ciment et des monnaies remontant aux époques des empereurs Gallien (253-268) et Postume (260-269). La plaque de schiste, conservée aujourd'hui au musée de Dinan, devait décorer une pièce dévolue aux bains compte tenu du sujet représenté, un triton tenant un bâton ou stimulus, qui guide au moyen d'une bride un hippocampe. L'usage de plaques décoratives en schiste est très fréquent dans les villae et les thermes de la cité des Coriosolites. La plaque de Broons présente des caractéristiques remarquables ; la tête du triton semble directement inspirée des statères coriosolites, tandis que des emblèmes prophylactiques représentent des peltae ainsi que des boucliers hexagonaux ou cylindriques.

Moyen Âge À partir du haut Moyen Âge, Broons devient un bourg commerçant et une seigneurie, laquelle aurait dépendu de la paroisse primitive d'Yvignac. Cette seigneurie était assez importante et bien plus étendue que les limites actuelles de la commune.

La relative richesse et puissance des seigneurs de Bron a laissé quelques traces écrites depuis le : en 1109, Pleardus, seigneur de Bron, est témoin dans l'acte de fondation du prieuré de Jugon par Olivier de Dinan, ce qui atteste qu'il est un des principaux vassaux de celui-ci. De la même manière, le seigneur de Bron en 1205 est témoin de la fondation de l'abbaye de Boquen, à laquelle les sires Ollivier et Geoffroy de Bron donnent leur terre de l'Hermitage en perpétuelle aumône en 1211..

Les seigneurs de la Motte-Bron