vignette|Citation de Benjamin Franklin en 1722 : .

La liberté de pensée est le droit que possède tout individu de déterminer lui-même le contenu de ses représentations intellectuelles, morales, politiques et religieuses. On pense et on pense soi-même à ses idées. Cette liberté est souvent codéfinie avec la détermination d'une limite entre sphère publique et sphère privée.

Cette liberté a deux aspects. D'une part la liberté absolue d'avoir des convictions et des croyances (aspect interne), d'autre part la liberté relative de manifester ses convictions et croyances (aspect externe)Distinction mise en évidence par VELU J. et ERGEC R., La Convention Européenne des Droits de l'Homme, Bruylant, 1990, . C'est ainsi que la liberté d'expression est indissociable de la liberté de pensée ; elles sont siamoises et l'une ne va pas sans l'autre.

La notion de liberté de pensée est issue en Europe de la doctrine du libre examen posée par Luther, reprise par les philosophes des Lumières pour diffuser l'athéisme, le matérialisme et le libéralisme.

Prémices Le , sous le pontificat du pape Clément VIII, l'ancien moine dominicain Giordano Bruno est brûlé vif pour hérésie. Mais avant et après lui, dans toute l'Europe chrétienne, maints individus meurent sur un bûcher pour avoir soutenu une opinion qui s'oppose au dogme. Citons, entre autres : Gherardo Segarelli (+ à Parme) ; Marguerite Porete (+ à Paris) ; Walter Lollard (+ 1322 à Cologne) ; Cecco d'Ascoli (+ à Florence) ; Jeanne Daubenton (+ 1372 à Paris) ; Jean Hus (+ à Constance) ; Jérôme de Prague (+ à Constance) ; Henri Voes et Jean Van Eschen (+ à Bruxelles) ; Balthazar Hubmaïer (+ à Vienne) ; Michel Servet (+ à Genève) ; Francesco Gesualdo (+ à Il-Birgu, sur l'Île de Malte) ; Hugh Latimer et Nicholas Ridley (+ à Oxford) ; Thomas Cranmer (+ à Oxford) ; Giulio Cesare Vanini (+ à Toulouse) ; Isaac de Castro Tartas (+ à Lisbonne) ; Diego La Matina (+ à Palerme)…

Textes nationaux Allemagne Loi fondamentale pour la République fédérale d'Allemagne (1949)

France Déclaration des droits de l'homme et du citoyen (1789) Dans son article 10, la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen pose que : Cette loi a valeur constitutionnelle car elle se trouve dans le préambule de la Constitution de la Ve République

Loi des suspects (1791) Cette loi prévoit d'arrêter et de condamner à mort toute personne soupçonnée d'avoir une opinion contraire à la Révolution.

Sont réputés suspects tous ceux .

Le nombre de suspects sous la Terreur a été évalué par Donald Greer à 500 000 personnes, à partir d'études locales.

Loi de 1881 sur la liberté de la presse Cette loi reconnaît la liberté d'expression dans toutes formes de publications sauf dans quatre cas déjà prévus dans les codes civil et pénal: Insulte, Diffamation, calomnie, Incitation à commettre des délits ou des crimes, si elle est suivie d'actes, Outrage aux bonnes mœurs et à la décence publique.

Cette loi ne concerne que les opinions exprimées en public ou sur un support diffusé auprès du public.

Loi Pleven 1972 contre les opinions provoquant à la haine Le délit de provocation publique à la haine raciale institué par l'article de la loi de 1972 a été inséré à article 24 alinéa 5 de la loi sur la liberté de la presse du . La provocation peut ne pas être explicite mais être indirecte, faite par des sous-entendus ou des allusions. Un autre élément nouveau par rapport à la loi de 1881 est que la provocation ne nécessite pas d'être effectivement suivie d'effet pour être punissable.

Elle est étendue aux propos tenus dans des conversations ou des correspondances privées, et au propos ressentis comme de la haine.

Loi Gayssot 1990 contre les opinions révisionnistes Cette loi prévoit de condamner à des amendes et à de la prison ceux qui tiennent des propos hérétiques concernant l'histoire des juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. Elle est étendue aux propos relatifs à tous les crimes de guerre reprochés aux Allemands, aux propos tenus dans des conversations ou des correspondances privées, y compris sous forme d'allusions ou de sous-entendus.

États-Unis Déclaration des droits - 1er Amendement (1791)

Suisse

En Suisse, la liberté de pensée découle de la liberté de conscience et de la liberté d'opinion (articles 15 et 16 de la Constitution fédérale)Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999 (état le 1 janvier 2020)..

Traités internationaux Organisation des Nations unies Déclaration universelle des droits de l'homme (art. 10 et 18)

Traités de l'Union Européenne Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne

Convention Européenne des Droits de l'Homme (art. 9) Selon la Cour européenne des droits de l'homme, saisie par un témoin de Jéhovah pour une requête concernant la violation de l'art.9 de la Convention européenne des droits de l'homme (liberté de religion), a considéré le que l'objection de conscience n'était pas un droit garanti par la Convention et dépendait par conséquent des réglementations de chaque ÉtatBayatyan c. Arménie (requête no 23459/03), communiqué du greffier..

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie Emmanuel Kant, Réponse à la question : « Qu’est-ce que les Lumières ? ». J-F. Rencci, L'Article 9 de la Convention Européenne des Droits de l'Homme : La liberté de pensée, de conscience et de religion, Éditions du Conseil de l'Europe, 2004.

Articles connexes Libre-pensée Lumières Liberté Liberté d'opinion

Liens externes

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