Située sur la côte nord du Cap Sizun, la réserve du Cap Sizun, encore connue sous le nom de réserve Michel-Hervé Julien, occupe une bonne partie du littoral de la commune de Goulien. Créée à l'origine pour la protection de belles populations d'oiseaux de mer, elle offre en outre un exemple représentatif des végétations des pelouses, des landes et falaises littorales. Dès sa création à l'initiative de la Société pour l'étude et la protection de la nature en Bretagne en 1958, elle a été ouverte au public. Un circuit de visite et la présence d'animateurs permet de faire connaissance avec l'écologie de ces milieux au printemps et en été.
Localisation et périmètre La réserve du Cap Sizun est située dans le Finistère, en Bretagne. Elle occupe une zone au nord du Cap Sizun, sur le littoral de la commune de Goulien. Elle s'avance dans la mer jusqu'à et se situé à la frontière du Parc naturel marin d'Iroise... La réserve s'étend sur . ou dont 90% de surface marine.
Historique En , Michel-Hervé Julien et Albert Lucas redécouvrent les colonies d'oiseaux de mer des falaises du Cap Sizun autrefois visitées par le zoologiste nantais Louis Bureau puis, dans les années 1930, par le peintre naturaliste Paul Barruel. Dans un souci de protection, ils gardent un temps le silence sur leur trouvaille. Mais le , ils assistent à une tuerie de poussins et d'oiseaux adultes au nid sur le littoral de la commune de Goulien. Cet évènement constituera le signal déclencheur de leur action future dans le domaine de la protection de la natureLucas, A. (1966). Michel-Hervé Julien et la S.E.P.N.B. Penn ar Bed, n°47, 298-302..
En dépit du caractère novateur de l'entreprise et des difficultés administratives et matérielles, la réserve sera concrétisée par la SEPNB en et officiellement inaugurée le en présence notamment de Roger Heim alors directeur du Muséum national d'histoire naturelle. Des 350 primo visiteurs de 1959 aux de 1966, en 1969 et dans les années 1980, payant leur écot pour accéder au siteLes recettes du parking payant financent aujourd'hui la protection et le développement du site., atteste de « l’intérêt touristique de la réalisation ». Depuis, le nombre de visiteurs décline, passant à en 2008, en raison notamment de la perte de singularité de la réserve (diminution régulière des populations d’oiseaux de mer, notamment des pingouins, ses têtes d’affiche ; développement d'autres réserves et sites touristiques)..
En 1973, le Conseil général du Finistère confie à l'association Bretagne Vivante-SEPNB la gestion des terrains qu'il vient d'acquérir sur le site.
Les actions de sensibilisation de l'association évoluent dans la pratique. Dans un premier temps, l’animation du site repose entièrement sur l’autorité du garde. Dans un deuxième temps, elle met en place à partir de 1980 des animations (randonnées-découverte par deux garde-animateurs, fiches pédagogiques pour les élèves…). L'autonomisation des visiteurs dans les années 1990 (équipement de longues-vues le long du parcours, panneaux explicatifs) est suivie dans les années 2000 par un programme d'interprétation ludique et scientifique (circuits et livrets d'interprétation).
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Faune Des recensements des populations d'oiseaux sont réalisés chaque année dans la réserve du Cap Sizun. Plusieurs espèces marines emblématiques ou à forte valeur patrimoniale s'y reproduisent régulièrement : le Fulmar boréal (Fulmarus glacialis), le Cormoran huppé (Phalacrocorax aristotelis), les Goélands argenté, brun et marin (Larus argentatus, Larus fuscus, Larus marinus) et le Guillemot de Troïl (Uria aalge)...
L'Océanite tempête (Hydrobates pelagicus) s'y reproduit irrégulièrement et la Mouette tridactyle (Rissa tridactyla) ne s'y reproduit plus. Pour cette dernière espèce, on comptait en 2011 et 25 en 2012, puis un seul en 2013 et plus aucun depuis.. Les deux colonies subsistantes du Cap Sizun sont situées à la pointe du Van ( en 2020) et à la Pointe du Raz ().
Parmi les oiseaux terrestres remarquables qui se reproduisent régulièrement dans la réserve, on recense le Faucon pélerin (Falco peregrinus), le Pipit farlouse (Anthus pratensis), le Tarier pâtre (Saxicola rubicola) et la Fauvette pitchou (Sylvia undata).
Flore La création de la réserve, dans les années 1960, vise surtout à protéger les oiseaux marins.. À partir des années 1990, les plans de gestion de la réserve sont rééquilibrés pour mieux intégrer la conservation de la flore. Des suivis floristiques sont réalisés régulièrement. La réserve abrite plusieurs espèces rares, dont certaines protégées à l'échelle nationale ou européenne.. On y trouve des pelouses, des landes et des plantes de falaises.
La flore de la réserve est diversifiée et présente des caractéristiques particulières, du fait des conditions climatiques et hydrodynamiques du Cap Sizun.. Dans la lande, la végétation est généralement basse, voire au ras du sol, pour supporter les vents très forts. La lande est surtout composée d'un tapis d'ajoncs (Ulex gallii) et de bruyères (Erica cinerea) qui forment des coussins de fleurs jaunes et roses vifs au printemps. D'autres essences plus grandes poussent dans les vallons : Ulex europaeus et Erica ciliaris, ainsi que des molinies (Molinia caerulea) et des fougères (Pteris aquilina). Au printemps, on trouve aussi la Scille maritime (Tractema verna) et des violettes (Viola riviniana, Viola canina).
Les pelouses abritent une variété rare de genêt, Sarothamnus scoparius var. maritima, qui forme des petits arbustes épais et rigides. De nombreuses fleurs poussent en été : Jasione montana, Polygala serpyllifolia, Pedicularis sylvatica, Hieracium pilosella et Solidago virgaurea. Les rochers permettent à certaines plantes de pousser à l'abri, notamment des fleurs comme le Silène maritime (Silene vulgaris subsp. maritima), l'Armérie maritime (Armeria maritima), la Spergulaire rouge (Spergularia rubra), ainsi que le petit-houx (Ruscus aculeatus) et le Nombril-de-Vénus (Umbilicus rupestris). Les lichens sont aussi très abondants sur les roches.
Quelques suintements de sources permettent le développement de tourbières à sphaignes (Sphagnum palustre, Sphagnum auriculatum, Pinguicula lusitanica). Les anfractuosités humides abritent des fougères (Asplenium marinum), la Criste marine ou Perce-pierre (Crithmum maritimum) et une espèce à fleurs jaune-orangée peu fréquente en Bretagne, Inula crithmoides. Les cochléaires (Cochlearia officinalis et Cochlearia danica), poussent à proximité des embruns. On recense de nombreuses espèces d'algues, soit en ceintures discontinues au pied des falaises, soit à l'abri dans les cuvettes et les anfractuosités, notamment des Fucacées (Himanthalia elongata) et des Laminaires (Laminaria digitata, Laminaria hyperborea, Alaria esculenta).
Statut et enjeux de conservation Site Natura 2000 La réserve du Cap Sizun correspond à un site Natura 2000 : la Zone de Protection Spéciale du Cap Sizun (ZPS 5310055). Elle recoupe partiellement un autre site plus vaste qui couvre tout le littoral de Douarnenez à Audierne, la Zone Spéciale de Conservation (ZSC) du Cap Sizun. La ZSC, d'une superficie de dont 22% de surface marine, vise la conservation des habitats naturels du Cap Sizun. La réserve du Cap Sizun à proprement parler vise plus spécifiquement la protection des oiseaux marins.
En 2019, la Communauté de communes Cap Sizun - Pointe du Raz initie un projet pour étendre le périmètre de la réserve à d'autres sites du Cap Sizun. Cette demande suit l'évolution des populations de Mouettes tridactyles : la colonie de Goulien s'effondre alors que d'autres colonies, notamment celle de la Pointe du Raz, se renforcent et représentent la majorité des effectifs de l'espèce en Bretagne. D'autres espèces d'oiseaux pourraient bénéficier d'un élargissement de la réserve, comme le Crave à bec rouge, la Fauvette pitchou et l'Engoulevent d'Europe. En 2024, un groupe de travail propose d'étendre le périmètre de la réserve à tout le littoral de Douarnenez à Audierne, recouvrant la ZSC du Cap Sizun, avec une surface marine plus importante qui rejoidrait les limites du Parc naturel marin d'Iroise.
Visiter la réserve Une visite de la réserve offre une occasion d'observer des oiseaux marins dans leur habitat naturel, notamment pendant la période de reproduction (avril à juillet). D'autres oiseaux remarquables nichent sur la réserve du cap Sizun : le crave à bec rouge, le grand corbeau et le très rare faucon pèlerin.
De nombreux passereaux profitent également des landes, pour s'y nourrir et même pour certains, y nicher, par exemple, le tarier pâtre ou le pipit farlouse.
La visite vignette|gauche|Panorama sur 360° de la réserve du Cap Sizun de Goulien.
Le site représente environ de landes, de pelouses maritimes et de hautes falaises.
La visite se fait en bordure de falaises, sur un sentier aménagé pour respecter la flore et les oiseaux. 8 petites bornes en bois renvoient aux d'un livret de découverte édité par Bretagne Vivante, gestionnaire du site. Le livret est en vente dans les offices de tourisme et à l'épicerie de Goulien, et sur place d'avril à août. Pendant les vacances de printemps et les vacances d'été, des visites guidées sont également proposées.
Quelques îlots rocheux longent ce littoral, le principal étant celui d'Ar Milinou Braz où nichent de nombreuses espèces d'oiseaux de mer (océanite tempête, fulmar, cormoran huppé, goéland argenté, goéland brun, goéland marin, mouette tridactyle, guillemot, pingouin torda, macareux). .
Galerie
Références
Voir aussi Bibliographie
Articles connexes Cap Sizun Oiseau de mer
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