La Bièvre est une rivière qui prend source à Guyancourt et qui se jette dans le collecteur principal des égouts de Paris.

La Bièvre se jetait autrefois dans la Seine à Paris (au niveau de la gare d'Austerlitz) après un parcours de dans les départements des Yvelines, de l'Essonne, des Hauts-de-Seine, du Val-de-Marne et de Paris.

La Bièvre, qui était la deuxième rivière parisienne et courait à travers les et arrondissements, est entièrement recouverte, à Paris depuis 1912, et dans la banlieue, d'Antony à Gentilly, depuis le milieu des années 1950, à l'exception de courtes sections remises au jour au . Son cours, de sa source jusqu'à la réserve naturelle régionale du bassin de la Bièvre à Antony est, pour l'essentiel, à l'air libre.

Étymologie Ce cours d'eau tire peut-être son nom de l'ancien terme biber, bièvre, désignant jadis le castor, disparu au dans ce secteur. Toutefois, aucun texte ancien ne mentionne la présence de l’animal sur le site. Aucun ossement n’a été retrouvé dans les tourbières proches de la rivière. Le faible débit, notamment en saison estivale, n’est pas propice à son installation. Beber signifie aussi : de couleur brune, comme ses eaux. En 1787, la dénomination de cette rivière était « ruisseau des Gobelins ». La Bièvre est indiquée sous ce nom sur le plan d'Intendance, issu du cadastre de Bertier de Sauvigny, de Guyancourt.. Cependant, plutôt qu'à ces êtres de légende, la rivière doit son surnom à Jean Gobelin, un flamand qui s'installa au bord de la Bièvre en 1443 et qui fut le premier d'une longue dynastie de teinturiers à l'origine du quartier de la Manufacture des Gobelins..

Légende Une légende entoure la naissance de la rivière. Une nymphe d’une beauté merveilleuse, appelée « Gentilia », parcourt plaines et bois, un carquois à l’épaule et l’arc tendu. Elle attire l’attention du jeune Troyen Arcolius, héritier d’Hector, venu fonder la nouvelle Troie, sur les rives de la Seine. Celui-ci lui déclare sa flamme et la poursuit. La chasseresse s’enfuit. Lorsqu’il la rattrape, elle disparaît en fumée et réapparaît à ses pieds, moqueuse, sous la forme d’un filet d’eau. Furieux, Arcolius annonce qu’il élèvera, sur son passage, des arcs majestueux qui porteront son nom et sous lesquels elle coulera éternellement (voir aqueduc d'Arcueil).

Géographie De de longueur, la Bièvre prend source à Guyancourt à d'altitude. Elle conflue dans la Seine à Paris à la limite des et , à d'altitude.

Territoire vignette|gauche|Confluence de la Bièvre dans la Seine au port Saint-Bernard, sous la place Valhubert. De l'amont vers l'aval, la Bièvre parcourt cinq départements et traverse quinze communes et trois arrondissements de Paris : dans l'ancien département de Seine-et-Oise, aujourd'hui : dans les Yvelines : Guyancourt (source), Buc, Les Loges-en-Josas, Jouy-en-Josas, puis dans l'Essonne : Bièvres, Igny, Verrières-le-Buisson, Massy,

dans l'ancien département de la Seine, aujourd'hui : dans les Hauts-de-Seine : Antony, où le cours de la vallée quitte sa direction du nord-ouest au sud-est pour adopter, sur une petite moitié restante, une direction du sud-ouest au nord-est ; dans le Val-de-Marne : Fresnes, L'Haÿ-les-Roses, Cachan, Arcueil et Gentilly, et enfin à Paris : les , et arrondissements, à la limite desquels se situe la confluence avec la Seine, sur la rive gauche de celle-ci, au niveau du Port Saint-Bernard.

La Bièvre a creusé sa vallée dans plusieurs plateaux. À sa source, le plateau de Trappes à une altitude de autour de l’étang de Saint-Quentin. La haute vallée, d’une profondeur de d’une largeur d’un kilomètre est encadrée par des coteaux de pente de 15 à 25 % entre le plateau de Villacoublay au nord à et le plateau de Saclay au sud à . Son cours aval en banlieue est bordé à l'est par le plateau de Rungis d’une altitude d’environ , d’un relief moins marqué.

68 % du territoire de la Bièvre sont en espace urbain, dont 54 % construits. Les espaces ruraux moins représentés (32 %) se situent dans sa partie amont. La proportion des espaces urbains ouverts et des espaces ruraux diminue, particulièrement ceux de terres agricoles. Cette évolution augmente l'apport des eaux de ruissellement et des pollutions..

Organismes gestionnaires vignette|Chalet de télégestion en aval du bassin de Vilgénis à Massy.

Le Syndicat mixte du bassin versant de la Bièvre (SMBVB) créé le regroupe la région Île-de-France, la Ville de Paris, les départements, les syndicats d’aménagement et les établissements publics concernés. Son territoire s’étend sur l’ensemble de la vallée. La réduction des rejets d’eaux usées par le développement d’un réseau séparatif et la remise au jour de plusieurs tronçons sont les deux axes d’action principaux du SMBVB.

La partie amont de Buc à Antony, la haute vallée avec ses affluents, ru de Saint-Marc, Sygrie, ru de Vauhallan, ru des Gains souterrain à Massy, ru des Godets, ru de Rungis et ru des Glaises, est gérée par le SIAVB.

En 1954, le SIAVB a mis en place un réseau séparatif : des canalisations distinctes recueillent les eaux usées et les eaux pluviales pour éviter la pollution de la rivière. Pour limiter les inondations dans la vallée, des bassins de retenue ont été aménagés, en aval de Buc, l’étang de la Geneste en 1948, les étangs de la Minière dans les années 1960. Après la crue de 1982, des bassins supplémentaires ont été créés, les Bas Prés à Jouy-en-Josas, les Damoiseaux à Bièvres, les Sablons sur un affluent, le ru de Vauhallan. Pour augmenter les capacités de stockage, un système de régulation des crues avec des sondes évaluant le débit de sortie des bassins et des vannes automatisées a été mis en place en 1993. Chaque bassin est équipé à son aval d’un chalet permettant la gestion à distance du niveau de l’eau..

La partie aval en banlieue est gérée par le Syndicat interdépartemental pour l'assainissement de l'agglomération parisienne (SIAAP). Par ailleurs, la métropole du Grand Paris est depuis , la collectivité compétente en matière de gestion des milieux aquatiques et de prévention des inondations de la Bièvre aval.

Affluents La Bièvre reçoit successivement les affluents suivants : le ru Saint-Mard, ou ru de Saint-Marc (rdrd pour rive droite et rg pour rive gauche) à Jouy-en-Josasnom du hameau de Saint-Marc provient d'un prieuré fondé au et dédié à saint Mard la Sygrie (rg), à Bièvres le ru de Vauhallan (rd), à Verrières-le-Buisson le ru des Graviers (rd) à Massy, entièrement enterré, qui prend sa source sous la route de Palaiseau, passe à l'ouest du lycée de Vilgenis et se jette dans la Bièvre dans le parc de Vilgenis, à l'ouest de la rue Jérôme-Bonaparte. le ru des Gains (rd) à Massy (cours d'eau enterré sauf près de sa source en contrebas du parc Georges-Brassens et remis au jour en 2023 dans le bassin du bois de Briis). le ru des Godets (rg), à Antony le ru de Rungis (rd), à Fresnes ; il reçoit lui-même le ru des Glaises à Wissous le ru des Morteaux (rg), près de la limite des communes d'Antony et de Fresnes. Ce ruisseau est à l'aval de l'extrémité sud du grand canal du parc de Sceaux alimenté par le ru d'Aulnay et par le ru de Châtenay. Ce cours d'eau est enterré depuis le début des années 1950. le ru des Blagis, ou ru de la Fontaine du Moulin (rg), à L'Haÿ-les-Roses : cours d'eau entièrement recouvert devenu un exutoire de l'étang Colbert au Plessis-Robinson forme la limite entre les communes de Sceaux et de Fontenay-aux-Roses puis passait à l'emplacement de la rue de la Bièvre à Bourg-la-Reine.

Rang de Strahler Donc son rang de Strahler au confluent est de deux selon le Sandre et de trois selon la description précédente par le ru de Rungis ou le ru des Morteaux.

Hydrologie

Crues et inondations Avant sa canalisation, au cours du , la vallée de la Bièvre subit de nombreuses crues et inondations.

L’importante déclivité, entre la source et la poterne des Peupliers, provoque une brusque montée des eaux en aval où la pente est faible. Les raisons des débordements sont multiples : pluies fréquentes et/ou abondantes, vidange des étangs de la haute vallée tous les 5 ans, curages insuffisants, dérivations trop nombreuses renforçant l’étendue des inondations.

Certaines inondations sont remarquables :

Le 15 mai 1527, l’eau atteint le deuxième étage des maisons du faubourg Saint-Marcel. Le 10 juin 1573, les murailles de l’abbaye du Val profond s’effondrent. Le 8 avril 1579, la pluie est ininterrompue durant trente heures. Devant la montée des eaux, les religieuses du couvent des Cordelières sonnent le tocsin. Malgré cela, entre 20 et 25 personnes périssent noyées et une quarantaine sont blessées. Douze maisons s’écroulent, le « pont aux Tripes » (au bas de la rue Mouffetard) est emporté. En 1885, les jardins de la manufacture des Gobelins sont submergés. Le 29 mai 1901, le secteur de la rue Daviel est inondé. Histoire Dans Paris Préhistoire et Antiquité vignette|Cours de la Seine et de la Bièvre au Néolithique.

Au Néolithique, le cours de la Bièvre à Paris correspondait, entre le pont d'Austerlitz et le pont de l'Alma, à celui de la Seine actuelle. À cette époque, la Seine formait un arc de cercle au nord, des environs de l'actuelle gare de Lyon et de la Bastille jusqu'au pont de l'Alma en suivant la ligne des grands boulevards, l'avenue Matignon et l'avenue Montaigne. Lors de crues successives, la Seine aurait capté l'ancien cours de la Bièvre du pont d'Austerlitz au pont de l'Alma. Les deux rivières auraient balayé les limons qui les séparaient entre les actuelles gares de Lyon et d'Austerlitz et le bras de la Seine à l'est de l'actuel quartier du Marais fut progressivement comblé. Le confluent actuel de la Bièvre et de la Seine se forma ainsi à l'est de la montagne Sainte-Geneviève dans un marais en delta entre deux bras de la Bièvre aboutissant à l'emplacement des ponts actuels de l'Archevêché et d'Austerlitz. Après avoir divagué, le confluent se serait établi en amont du pont d'Austerlitz.

Ce marais rive gauche est peut-être celui dont Titus Labienus parle dans sa tentative de conquête de Lutèce (52 avant notre ère), hypothèse depuis longtemps discutée (en 1852 par Quicherat par exempleQuicherat J.É.J. (1852), Du lieu de la bataille entre Labiénus et les Parisiens. Ch. Lahure.).

La rivière constituait une limite naturelle au développement à l'est de la ville gallo-romaine qui s'est construite sur la Montagne-Sainte-Geneviève. Sa largeur était considérable. L'archéologue et conducteur de travaux Théodore Vacquer l'a évaluée à lors des travaux de construction de la rue Monge vers 1860. Le passage de la voie romaine de Lutèce à Lyon est établi à côté de l'actuelle église Saint-Médard à l'endroit où son franchissement par un pont ou par un gué était le plus aisé.

Une nécropole, au faubourg Saint-Marcel, accompagnée de quelques habitations et d'un lieu de culte s'est créée à partir du , peut-être de la fin du , au-delà de ce passage, de part et d'autre de la voie, au sud de la rivière. Un cimetière chrétien prendra la suite de cette nécropole, ce qui conduira à la fondation d'une basilique qui pourrait dater du .

Moyen Âge vignette|La Bièvre du côté de Saint-Médard vers 1550 (plan de Truschet et Hoyau).

Au , venant de Saint-Médard, la Bièvre traverse le faubourg Saint-Marcel et les terres de l'abbaye de Sainte-Geneviève, serpente au milieu de marais (entre les actuelles rue Poliveau et Buffon) et se jette dans la Seine au niveau du pont d'Austerlitz.

La largeur du cours aval Bièvre a diminué depuis l'Antiquité ce qui est dû à l'abaissement progressif du niveau des eaux moyennes de la Seine de à l'époque romaine, à au Moyen Âge, actuellement, et surtout à sa régularisation par creusement de bras, doublé en amont du gué de la voie romaine par un bras surélevé parallèle pour alimenter des moulins.