thumb|upright=1.5|Des dévots de Krishna chantant dans une rue de Leipzig. L'association internationale pour la conscience de Krishna (en anglais : International Society for Krishna Consciousness), appelée par son acronyme anglais ISKCON (et dont les membres sont communément appelés « Hare Krishna » à cause du Maha mantra chanté par ses adeptes) s'inscrit dans le mouvement de la bhakti, dédié à Krishna. Elle est fondée en 1966 à New York dans la vogue New Age par A.C. Bhaktivedanta Swami Prabhupada (1896-1977). Les adeptes du mouvement considèrent Krishna comme étant la source de tous les avatars ainsi que celle de Vishnou, et la personnalité suprême de la divinitéEn anglais the Supreme Personality of Godhead, pour Le différencier d'autres divinités dites mineures source : Krishna. Les croyances de l'organisation pour la conscience de Krishna sont donc une expression particulière du Vaishnavisme. (), basé sur la Bhagavad Gita et le Śrīmad Bhāgavatam. ISKCON est considéré par les hindous comme étant une branche monothéiste de l'hindouisme vaishnavisme.

Alors qu’en Inde le mouvement Hare Krishna est considéré par certains hindous comme une branche de l’hindouisme, en Occident il est souvent qualifié de secte, et classé comme tel en France par un rapport parlementaire de 1995 et par des associations de lutte contre les dérives sectaires.

Doctrine La doctrine du mouvement s'inspirerait des textes sacrés védiques (principalement la Bhagavad-Gîtâ). Krishna y est le dieu suprême face à ses serviteurs. L'homme doit utiliser chaque moment de sa vie pour vivre dans la « conscience de Krishna ». Celle-ci aurait le pouvoir de provoquer non seulement la libération de l'individu, mais la sauvegarde et le salut du monde, qui, sans elle, ne connaîtrait que l'« impersonnalité » et le « vide spirituel ».

Pour que cette libération puisse avoir lieu, celui qui suit la voie de la bhakti, le bhakta, suit un végétarisme strict, s'abstenant de manger de la viande, du poisson et des œufs ; les aliments ne peuvent être consommés qu'après avoir été « consacrés », offerts à Krishna pour en demander la prasada (« grâce », « miséricorde de Dieu »). Il ne consomme pas de substances dites « excitantes » (tabac, alcool, drogue, thé, café). La sexualité est pratiquée seulement dans le cadre du mariage et seulement pour avoir des enfants. Les adeptes du mouvement ne jouent pas aux jeux de hasard.

Pratique L'une des principales pratiques religieuses est le japa-mala, la répétition du nom divin. Il est récité en principe par jour, ce qui correspond, pour en faire le compte exact, à seize tours d'un chapelet de 108 grains qui sert de rosaire (1 tour de chapelet (mala) durant, selon le dévot, de sept à dix minutes). vignette|Mâlâ en bois de tulasī (Ocimum tenuiflorum). Chaque « tour » de rosaire, constitué par du mantra constitue un japa.

Code vestimentaire Les hommes, vêtus de leurs dhotis (pagnes indiens traditionnels) safrans (pour les célibataires) ou blanches (les femmes portent le sari), chantent dans les rues, offrant livres et disques concernant Krishna, le visage de tous orné d'un tilak, le crâne des hommes devant être couronné du shika, ou choti, la touffe de cheveux brahmanique située en haut du crâne (toujours plus longue que le reste de la chevelure, même si le reste du crâne n'est pas rasé complètement), et que peut porter tout hindou, sans distinction de courants religieux ou de communautés, et tout particulièrement les dvija, « deux-fois-nés », initiés aux Védas, et surtout leurs maîtres religieux, les brâhmanes : le corps étant considéré comme un temple, le tilak (marque frontale à l'emplacement du troisième œil) représente la divinité adorée sous une forme stylisée à l'extrême, et le shikha ou choti est le « drapeau » du temple de l'âme qu'est le corps, de même que le temple, palais de Dieu, est orné d'un drapeau à son sommet.

Végétarisme

vignette|250x250px|Ascète/renonçant hindou avec un veau : le végétarisme est l'alimentation noble, – non cruelle –, selon les textes védiques ou brahmaniques, qu'ils soient vishnouïtes ou shivaïtes. La raison du végétarisme est que la consommation de chairs serait manquement à l'ahimsâ (devoir de « non-violence » qui concerne non seulement les bhaktas, mais en fait tout « honnête homme », toute personne « noble » – aryâ en sanskrit – selon les sages de l'Inde), mais aussi parce que la zoophagie aurait la particularité d'attacher au cycle des réincarnations (samsara) et serait la source de la violence ultime (qu'est l'acte de tuer) à l'égard des animaux, et enfin, parce que tuer pour le plaisir est considéré comme un péché infiniment grave pour le Seigneur Krishna et les dieux qui le servent.

Lignée

D'après les universitaires Philippe Raxhon, Marcel Rainkin, et Bernard Godeaux, L'ISKCON est une « secte hindoue hétérodoxe qui s'inscrit dans le courant de la bhakti (dévotion à un dieu unique et personnel, en l'espèce Krishna) »Philippe Raxhon, Marcel Rainkin, Bernard Godeaux, Une introduction à la neutralité active, éd. CEFAL, 2006, , extrait en ligne . D'après La Croix, en Inde, le mouvement est considéré par les hindous comme une branche de l'hindouisme.

Le mouvement se considère comme l'aboutissement d'une chaîne de traditions transmises par des maîtres spirituels. À l'extrémité supérieure de cette chaîne se trouve Krishna lui-même, dont la dernière incarnation serait le brahmane Caitanya (1485-1534), le fondateur de l'ordre de Caitanya, ainsi que le vingt-deuxième maître spirituel dans la succession de Krishna. Ce dernier rejeta en bloc le système des castes, qu'il jugeait perverti par une mauvaise interprétation basée sur des intérêts personnels liés aux privilèges acquis.

Les fidèles de « Srila Prabhupada » se considèrent donc comme étant une branche authentique du vaishnavisme, se réclamant, au travers de leur gourou aujourd'hui disparu, héritiers d'une lignée de maîtres et disciples remontant à Sri Caitanya Mahaprabhu (ami d'un autre maître vishnouïte, Vallabha) et, au-delà, à Krishna lui-même, il y a de cela.

Le fondateur d'ISKCON, A.C. Bhaktivedanta Swami Prabhupada, estimait cependant que son mouvement pour la conscience de Krishna ne faisait pas partie de l'hindouisme.. En effet, ISKCON considère qu'elle est la seule voie de salut, tandis que les autres branches de l'hindouisme sont vues comme inférieures, « impersonnalistes » car promouvant l'union de l'âme individuelle (Atman, jiva) avec l'âme universelle (Brahman), ce qu'ISKCON interprète comme une étape inférieure de réalisation ; pour ISKCON, l'âme individuelle doit rester toujours autre que Dieu et non se fondre en Dieu pour s'unir à l'infini (Aham Brahmasmi : « Je suis Brahman », Soham : « Je suis Lui », Tat tvam asi : « toi aussi, tu es Cela », Ramo'hamasmi : « Je suis Râma »Rama Rahasya Upanishad, V, 18., sont des maximes védiques qui induisent que l'âme de la créature est en réalité l'âme universelle, sans naissance ni fin, une fois libérée du cycle des réincarnations ou en chemin vers cette libération).

Par sa philosophie refusant d'assimiler l'âme de la créature à Dieu (l'Âme universelle), même délivrée des transmigrations, la doctrine d'A.C. Bhaktivedanta Swami Prabhupada peut se situer dans la lignée de la philosophie Dvaita de Madhva ; néanmoins, derrière le dualisme de Madhva considérant le monde empirique et Dieu comme réels mais foncièrement différents, « refait surface le monisme, puisque Vishnou est considéré comme la Cause première unique »Encyclopédie des religions, Gerhard J. Bellinger, La Pochothèque, page 362.

Historique vignette|Swami Prabhupada, brâhmane, fondateur d'ISKCON. Le mouvement fut fondé en 1966 à New York par A.C. Bhaktivedanta Swami Prabhupada (1896-1977), maître spirituel hindou originaire du Bengale occidental. Il s'est développé en Occident à partir des États-Unis en même temps qu'émergeait le mouvement de la contreculture dont certains membres ont trouvé dans la pratique des chants, des percussions, de la musique et de la danse un dérivatif au modèle religieux conventionnel..

Avant la naissance du mouvement, Srila Prabhupada a commencé sa mission de prêche public en Inde. Il fonda la Ligue des Bhakta (dévots), à Jhansi, en 1953prabhupadaconnect.com - League of Devotees article..

En 1971, Prabhupada revint en Inde après l'établissement de temples et de centres culturels gaudiya vaishnav aux États-Unis et en Europe tenant beaucoup de programmes publics.

Après 1971, le mouvement est devenu de plus en plus populaire et s'est étendu dans toute l'Inde, Prabhupada étant particulièrement désireux de voir ce progrès s'étendre à un projet de temple impressionnant à Mumbai, que lui et ses disciples voulaient ardemment voir établir., et qui suivront avec de grands temples à Mayapur et Vrindavan au milieu des années 1970. vignette|250x250px|ISKCON Temple à Tirupati, Inde. En , l'ex-Beatle George Harrison contribua au développement du groupe religieux en Grande-Bretagne et dans le monde occidental, notamment au travers de nombreuses chansons et productions. Il offrit un temple à ISKCON, le Bhaktivedanta Manor, près de Londres.

En 1971, Srila Prabhupada fonda l’association de bienfaisance « Hare Krishna Food For Life » nommée en France « Les repas Hare Krishna ». Il s’agit d’une distribution gratuite de nourriture végétarienne. Dans les pays du tiers-monde et, de plus en plus, dans les pays industrialisés, la distribution à grande échelle de repas gratuits serait l’une des principales activités humanitaires de l’ISKCON. À ce jour, plus de de repas auraient été servis à travers le monde....

En 1996, le Gouvernement indien gratifia les accomplissements de Prabhupada, fondateur d'ISKCON, en émettant un timbre commémoratif en son honneur lors des célébrations de son centenairekrishna.com see "Commemorative Stamp" section, including image..

Le , lors du discours d'inauguration du centre culturel d'ISKCON à New Delhi, Atal Bihari Vajpayee, à l'époque premier ministre de l'Union indienne, déclara :En , le gouvernement kazakh décida de démolir avec l'aide de la policedestruction de maisons au Kazakhstan., au bulldozer, les maisons appartenant à des fidèles du mouvement Hare Krishna, habités seulement par des femmes et des enfants, les hommes travaillant alors à la ville. « Les organismes hindous nationaux du Royaume-Uni, des États-Unis, du Canada, d'Australie, et d'autres pays demandent au gouvernement du Kazakhstan d'arrêter le harcèlement et la discrimination des hindous », a indiqué Ramesh Kallidai, secrétaire général du forum hindou de la Grande-Bretagne. Ces faits furent condamnés par Washington et le gouvernement britannique .

Comme d'autres temples hindous en Inde, un temple d'ISKCON a subi des attaques terroristes, faisant de nombreuses victimes (la plupart étant Indiens), morts et blessés, comme à Imphal, en 2006, à Manipur...

En 2016, l'ISKCON a annoncé être en train d’élever en Inde un temple de proportions pharaoniques, le Vrindavan Chandrodaya Mandir, dédié à Krishna. Situé dans l’Uttar Pradesh, ce sanctuaire devrait atteindre de hauteur et , et coûter l'équivalent de d'euros ; sa livraison est prévue pour 2022..

Classification comme secte en France

En 1995, le mouvement est classé comme secte par la commission d'enquête française sur les sectes http://www.assemblee-nationale.fr/rap-enq/r2468.asp, estimant qu'il avait « réalisé de substantiels bénéfices commerciaux par le biais d'associations à but soi-disant désintéressé », que des témoignages avaient été recueillis au sujet d'astreintes à un effort physique important pouvant « réduire l'esprit critique ». Le rapport fait aussi état (au conditionnel) d'« embrigadement des enfants », de « discours antisocial », de « trouble à l'ordre public » (s'appuyant sur les rapports des Renseignements généraux).