Le régiment de Piémont est un régiment d'infanterie du royaume de France, créé en 1569 sous le nom de régiment de Brissac, est l'une des plus anciennes unités militaires, l'un des cinq Vieux, devenue à partir de la Révolution le d'infanterie de ligne.

Création et différentes dénominations Après le traité de Cateau-Cambrésis en 1559, les « bandes noires » d'infanterie française et italienne en Italie du Nord, ainsi nommées d'après la couleur de leur drapeau, sont évacuées vers la France sauf des petites garnisons maintenues à Turin, Chieri, Pignerol, Chivasso et Villanova d'AstiLouis Susane, Histoire de l'ancienne infanterie française, vol. 2, Paris, 1850, p. 328-329.. 1561 : Timoléon de Cossé, comte de Brissac, est nommé « colonel général de l'infanterie par delà les montsLouis Susane, Histoire de l'ancienne infanterie française, vol. 2, Paris, 1850, p. 329. » 1569 : création du régiment de Brissac 1585 : renommé régiment de Piémont 25 mars 1776 : le régiment est dédoublé ; ses et bataillons forment le régiment de Blaisois : tous les régiments prennent un nom composé du nom de leur arme avec un numéro d’ordre donné selon leur ancienneté. Le régiment de Piémont devient le d'infanterie de ligne ci-devant Piémont.

Selon l'ordonnance de Louis XIV de 1666, il roule avec le régiment de Champagne et le régiment de Navarre..

Colonels et mestres de camp : N. de La Rivière-Puytaillé l'Ainé : Antoine de Saint-Jean de HonouxMort à la défense de Poitiers en 1569 : Isnard de Serres de Lisle 1570 : Edme d'Hautefort 1576 : François d'Épinay Saint-Luc 1577 : Jean-Paul d'Esparbès, comte de Lussan 1580 : François de Lisle-Traisnel : Joseph d'Esparbès, chevalier de Lussan : Guy de La Tour de Lioux : André de Cochefilet, comte de Vaucellas Famille de Cochefilet : Henri, comte de Schomberg, maréchal de France en 1625 : Henri du Plessis, marquis de Richelieu : François du Val, marquis de Fontenay-Mareuil : François de Clermont, comte de Tonnerre : Claude Charles Roger de Bauffremont, marquis de Sennecey : Jean Louis de Bauffremont, marquis de Sennecey : Gaspard de Châtillon-Coligny, marquis d’Andelot : Henri-François, marquis de Vassé : Louis de Thiercelin, marquis de Saveuse : Jacques de Chastenet, marquis de Puységur : Gaston-Jean-Baptiste de Bouthillier, marquis de Chavigny : Louis de Grimouville, marquis de La Meilleray : Henri de Maclines : Claude-Hyacinthe de Faverges, marquis de Rébé d’Arques : Paul Sigismond de Montmorency-Luxembourg, duc de Châtillon : Christian-Louis de Montmorency, chevalier de Luxembourg, maréchal de France en 1734 : Anne-Jacques, chevalier de Bullion : Louis-Antoine-Armand de Gramont, duc de Louvigny : Anne-Jacques de Bullion, marquis de Fervaques : Louis-René-Edouard-Colbert, comte de Maulévrier, colonel, brigadier.. : Henri-Gabriel Amproux, comte de La Massays : Jean-Jacques, comte d’Esparbès de Lussan : Jean-Frédéric, comte de La Tour du Pin-Paulin : Charles-François, comte de Grave : Jean-Henri Morel de Groslée, comte de Peyre : Marie-Gabriel-Joseph-Henri, marquis de La Fare : Louis-Marie, comte de Narbonne : Jean-Louis de Blou de Chadenac : Jean-Baptiste Caubios d’Andiran

Campagnes et batailles 1562-1594 : guerres de ReligionLouis Susane, Histoire de l'ancienne infanterie française, vol. 2, Paris, 1850, .. 1597 : siège d'Amiens et pacification de la BretagneLouis Susane, Histoire de l'ancienne infanterie française, vol. 2, Paris, 1850, .. 1610 : guerre de Succession de JuliersLouis Susane, Histoire de l'ancienne infanterie française, vol. 2, Paris, 1850, .. 1620 : Bataille des Ponts-de-Cé Rébellions huguenotes 1621 : Siège de Saint-Jean-d'Angély Siège de Montauban 1622 : Siège de Montpellier, Siège de Saint-Antonin 1627 : Bataille du Pont du Feneau

Le il est renforcé par le régiment de Beauce (1635-1641).

En 1697 à la fin de la guerre de la Ligue d'Augsbourg, la brigade de Piémont (composée du régiment de Piémont et du régiment de Foix) est sous les ordres du maréchal Boufflers.

vignette|redresse=1.25|Plan de la bataille de Rosbach, le .

Le , ses grenadiers soutiennent ceux du régiment de Périgord à l'attaque du fort de l'Isle, dont la prise amène enfin la capitulation de Verrue Plan de Verrue, attaquée par l'armée du roy commandée par le duc de Vendosme.

Piémont est à Strasbourg en 1740, année du commencement de la guerre de Succession d'Autriche. En , il part pour joindre, sous Lauterbourg, la division du comte de Gassion destinée à l’armée de Bohême. Lors de l’escalade des murs de Prague, dans la nuit du 25 au , la brigade de Piémont avait la droite et était placée devant la porte Sainte-Marguerite, près de Lorentzberg. La ville est prise presque sans coup férir. Après diverses expéditions avec le comte de Gassion, le régiment s’établit à Protiwen, d’où 200 hommes sont détachés pour la garde du château de Frauenberg.

Le , le régiment de Piémont est à la bataille de Rosbach, en à la droite de l’infanterie. Flanqué à droite par la cavalerie autrichienne, celle-ci prit la fuite dès les premières charges des escadrons de Prusse, laissant Piémont à découvert. Son formait une colonne pleine de 12 hommes de front ; les 3 autres étaient en colonne par pelotons. Sa compagnie de grenadiers, qui était en tête, fut détruite dès les premières salves de l’artillerie ennemie, qui tirait à cartouches à balles. Piémont, laissé sans ordre, se mit en bataille pour marcher à l’ennemi, et fut soumis ainsi à un plus grand feu. Piémont et toute l’infanterie de la céda, et la bataille fut perdue par une complète déroute. Bien que le colonel comte d’Esparbès avec les officiers restants firent tout leur possible pour retarder la poursuite des Prussiens, cette bataille coûta au régiment plus de , 22 officiers tués et 64 blessés.

Après s’être refait, Piémont est employé dès 1758, à la bataille de Sandershausen, à la conquête de Cassel et de la Hesse, et à la bataille de Lützelberg. Le régiment passe l’hiver à Hanau, d’où il détache 100 hommes pour la garde du château de Marburg.

La campagne de 1759 s’ouvre le par la bataille de Bergen et Piémont y est posté à droite. 2 de ses bataillons avec 1 de Royal-Roussillon traversent le village de Bergen pour marcher à l’ennemi, sont assaillis au débouché du village par une troupe qui les fusille à 50 pas. Les premières décharges font tomber beaucoup d’officiers et de soldats : les autres s’élancent avec impétuosité, baïonnette au bout du fusil, forçant l’ennemi à abandonner le terrain. Délogé par des troupes fraîches, qui les soumettent à un feu terrible d’artillerie et de mousqueterie, les bataillons se jettent dans un chemin élevé, bordé de vignes. Au moment où l’ennemi modifie sa marche pour les y aller forcer, les 4 compagnies de grenadiers de Piémont débouchent sur son flanc et le mettent en désordre. Les 2 bataillons chargent à leur tour et s’emparent de tout le canon. Comme une troisième colonne vient encore disputer à Piémont le terrain acquis, les 2 bataillons engagés et attaqués par des forces supérieures se replient derrière les 2 autres bataillons qui n’avaient pas encore donné. Le colonel d’Esparbès les porte tous les quatre en avant des vergers de Bergen, ce qui contraint le prince Ferdinand à replier ses troupes.

En , Piémont est envoyé au camp de Rées et participe à l’affaire du Renseignements à chercher puis au combat du Johannisberg ou il soutient le régiment de Béarn alors en difficulté. La guerre de Sept Ans s'acheva sur cette victoire et le régiment pris ses quartiers à Wesel où il passa l'hiver.

Lors de la réorganisation des corps d'infanterie français de décembre 1762, le régiment conserve ses quatre bataillons.L'ordonnance arrête également l'habillement et l'équipement du régiment comme suitOrdonnance du roi, concernant l'infanterie françoise : du 10 décembre 1762 : Habit, veste, parements, revers et collet de drap blanc piqué de bleu, culotte de tricot de même couleur; parements, revers et collets de pannes noires, pattes en travers, à demi écusson, garnies de cinq boutons, dont un à chacun des 4 angles et un à la pointe du milieu de l'écusson, trois sur la manche et un en dedans du parement, cinq au revers et quatre en dessous : boutons jaunes, collés et mastiqués de buis, forme plate, avec le . Chapeau bordé d'or. Lors de la réorganisation des corps d'infanterie français du 26 avril 1775 Piémont conserve ses 4 bataillons.

Aussitôt son dédoublement en 1776, Piémont part pour Toulon, où il arrive en , et où il s’embarque pour passer en Corse. Il tient garnison à Saint-Florent de à , revient sur le continent, séjourne à Toulon jusqu’en 1783, et cette année, après une courte halte à Uzès, il se met en route pour Metz, où il entre le .

Le d’infanterie de ligne fait les campagnes de 1792 à 1793 à l’armée du Rhin. Son colonel, Jean-Louis de Blou de Chadenac, est tué au siège de Mayence en 1793Historique du Régiment d'Infanterie ex-Piémont, 1569-1891, 1894, ..

Composition Par l'Ordonnance du revue par l'Ordonnance du , la composition du régiment est la suivante. : un colonel, un lieutenant colonel, un major, quatre aides-major, 66 capitaines, 68 lieutenants, 66 lieutenants en second quatre bataillons à 17 compagnies et à 685 soldats, soient dans le régiment, compris 126 sergents et 68 tambours, avec 12 drapeaux à 3 par bataillon et une prévôté. D'après l'Ordonnance du Roi du , le régiment était composé de 159 officiers en pied et de 4 bataillons, soient .. D'après une ordonnance de 1746, le régiment de Piémont est porté à 5 bataillons.

D'après l'ordonnance du , le régiment de Piémont est réduit à 4 bataillons : « les sergents et fusiliers des 16 compagnies à réformer seront distribués et incorporés dans les 64 compagnies de fusiliers qui seront conservées par l'ancienneté des capitaines qui les commandent, après avoir completé la compagnie de grenadiers du cinquième bataillon ». quatre bataillons de fusiliers à 16 compagnies de 40 hommes par compagnie

Équipement Drapeaux

Habillement Habit blanc et parements noirs..

Personnalités François Belloc alors soldat, qui deviendra lieutenant-colonel en chef du 6e bataillon de volontaires de la Gironde Antoine Prompt, enrôlé au régiment en 1777. Marc-Guillaume-Alexis Vadier est engagé volontaire, comme homme de troupe, en 1753. Il est promu lieutenant en 1755. Il est présent à la bataille de Rossbach et abandonne la carrière militaire après cette défaite..

Notes et références Notes

Références

Annexes Sources et bibliographie . . Histoire de l’armée et de tous les régiments, par Adrien Pascal, terminée par Jules du Camp, tome 3, Paris 1860 Louis Susane, Histoire de l'ancienne infanterie Française, tome 2, Historique du Régiment d'Infanterie ex-Piémont, 1569-1891, 1894 Gabriel Daniel : Histoire de la milice françoise et des changements qui s'y sont faits depuis l'établissement de la monarchie dans les Gaules jusqu'à la fin du règne de Louis le Grand. Tome 2

Articles connexes Histoire militaire de la France Régiments français d'Ancien Régime d'infanterie (dernier régiment ayant entretenu la tradition du régiment de Piémont)

Liens externes Les drapeaux du d’infanterie de ligne

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