Le régiment de Flandre est un régiment d'infanterie du royaume de France, créé en 1590 sous le nom de régiment de Bonne également connu sous le nom de régiment de Lesdiguières, et l'une des plus anciennes unités militaires, l'un des cinq Petits Vieux, devenue sous la Révolution le d’infanterie de ligne.
Création et différentes dénominations 1590 : création de deux compagnies portant le nom de Gardes à pied de Lesdiguières et un régiment d'infanterie portant le nom de régiment de Bonne par François de Bonne de Lesdiguières. : création du régiment de Bonne et des Gardes de Lesdiguières par François de Bonne de Lesdiguières Début de 1597 : le régiment de Bonne et les Gardes de Lesdiguières sont réunis sous le nom de régiment de Lesdiguières : par ordonnance, il devient le régiment de Créqui (ou Créquy) et souvent indiqué sous le nom d'Arquebusiers de Créquy (ou de Créqui) 1611 : le régiment prend le nom de régiment de Sault 1703 : le Régiment est renommé régiment de Tessé 1707 : il devient le régiment de Tallard. 1739 : il devient le régiment de Monaco. 1749 : il devient le régiment de Belzunce. 1761 : il devient le régiment de Rougé. 1762 : il prend le nom de régiment de Flandre. 1776 : le régiment de Flandre est dédoublé. Les et bataillons conservent le titre, les drapeaux et le costume du régiment de Flandre.Les et forment le régiment de Cambrésis. : Tous les régiments prennent un nom composé du nom de leur arme avec un numéro d’ordre donné selon leur ancienneté. Le régiment de Flandre devient le d'infanterie de ligne ci-devant Flandre.
Mestres de camp et colonels Régiment de Lesdiguières : François de Bonne de Lesdiguières Régiment de Créqui : Charles de Blanchefort marquis de Créqui : François de Blanchefort de Bonne de Créqui comte de Sault Régiment de Sault 1611 : François de Blanchefort de Bonne de Créqui comte de Sault : François-Emmanuel de Blanchefort de Bonne de Créqui comte de Sault : Jean-François Paul de Blanchefort de Bonne de Créqui comte de Sault Régiment de Tessé : René-Mans de Froulay comte de Tessé : Marie-Joseph d'Hostun duc de Tallard : Louis-Charles d'Hostun duc de Tallard Régiment de Monaco : Honoré Camille Léonor Goyon de Grimaldi prince de Monaco Régiment de Belzunce : Armand, vicomte de Belzunce Régiment de Rougé : Gabriel François, comte de Rougé Régiment de Flandre : Gabriel François comte de Rougé : Anne Auguste Maximilien Joseph de Croï duc d'Havré 1784 : Hugues Thivaut Henri Jacques, comte de Lusignem : Louis Victoire Lux de Montmorin-Saint-Hérem
Historique des garnisons, combats et batailles du régiment Les premiers essais qui furent tentés pour établir l'histoire des régiments remontent à 1716, puis à 1784. Plus tard, lorsque les unités de l'Infanterie royale cessèrent d'être régiments de gentilshommes pour prendre le nom d'une province, commencèrent à paraître les « Essais historiques de Monsieur de Roussel » vers 1765. La Convention, par sa circulaire du 22 Nivôse An II (), donna des ordres pour que fussent établies : « des notices détaillées exactes et fidèles de tous les traits et actions héroïques dont le souvenir mérite d'être conservé… les noms des citoyens qui se seront distingués d'une manière éclatante, la nature des actes de bravoure et d'héroïsme qu'ils auront faits. Le Comité d'Instruction publique chargé de la rédaction des annales du civisme et de la vertu, d'après le vœu de la Convention nationale, fera, par son travail, que les noms des héros et des braves défenseurs de la liberté seront gravés par les mains de la Patrie reconnaissante et deviendront l'objet de la vénération la plus reculée… »
La succession des guerres de la Révolution et de l'Empire ne permit pas que l'on s'attardât à un tel travail ; d'autre part, le licenciement de l'Armée, en 1815, sembla rompre tout lien entre les régiments qui disparaissaient et ceux que l'on organisait dans des conditions différentes, et ce n'est que le que le Roi Louis-Philippe fit adresser, à la suite du rapport du général de Cubières, l'ordre d'avoir à reconstituer l'historique de tous les régiments depuis 1558, époque à laquelle commença à se constituer régulièrement l'infanterie française.
En 1521, la nécessité dans laquelle se trouva de tenir tête à l'ennemi sur toutes les frontières, fit faire un pas remarquable à l'organisation militaire du royaume. Il partagea ses troupes en quatre armées : Au Nord, les bandes de Picardie et de Champagne, au sud, les bandes de Piémont et de Navarre, et c'est de ces bandes que nous voyons se dégager en 1569, les quatre premiers vieux régiments de France : Picardie, Champagne, Piémont et Navarre.
En même temps, les désordres des guerres civiles firent naître un nombre incroyable de régiments de nouvelle levée. Catholiques et réformés, politiques et ligueurs, tous les hommes que recommandait quelque naissance ou quelque mérite, obtenaient des commissions de mestre de camp, et dressaient des régiments qui ne duraient qu'autant que leurs chefs étaient en crédit ou en finance et que leur parti obtenait des succès. Le premier cas surtout se présentait favorable pour François de Bonne, duc de Lesdiguières, qui, de simple archer en 1562, était devenu par ses talents un des chefs du parti calviniste. Ayant succédé à Montbrùn dans le commandement des Réformés du Dauphiné en 1575, il leva à ses frais dans cette province, en 1590, deux compagnies de cent hommes portant le titre de Gardes à pied de Lesdiguières, et un régiment d'infanterie qui fut connu sous le nom de Régiment de Bonne.
À la tête de ses Gardes et de son Régiment, Lesdiguières débuta donc le , au combat d'Esparron et défit le duc de Savoie, et au commencement de 1597, les Gardes à pied de Lesdiguières et le Régiment de Bonne, fondus dans un seul corps, entrèrent dans l'Infanterie royale sous les ordres du Marquis de Créqui, gendre de Lesdiguières, créé mestre de camp par commission du .
C'est à ce corps, que nous allons maintenant suivre dans ses transformations, qu'il faut faire remonter l'origine du . Formé à Grenoble, où il prit ses quartiers d'hiver au mois de , Créqui avait sous les armes, répartis en 20 compagnies, dont chacune avait un drapeau ou enseigne d'ordonnance de couleurs différentes suivant le corps. L'enseigne de Créqui était violette et aurore, traversée par une croix blanche ; Une cravate blanche ornait la lance de ce drapeau dont les couleurs restèrent celles du régiment jusqu'en 1791, et seule la compagnie colonelle avait le drapeau blanc, qui ne lui était même remis qu'après un certain nombre d'années de service. Créqui ne l'eut qu'en 1635. Comme toutes les troupes de cette époque, Créqui n'avait pas d'uniforme, chacun s'habillait à son gré, et on ne fournissait aux soldats que l'armement et une partie du grand équipement. Sous le commandement du duc de Créqui, le régiment prit une part glorieuse à la campagne contre le duc de Savoie, qui assura à la France la possession de la Bresse, du Bugey et de Gex ; puis après le traité de Lyon, quand le duc de Créqui devint commandant des Gardes Françaises, le régiment devint la propriété de son fils, le comte de Canaples, qui prit le nom de comte de Sault, en 1611, et celui de duc de Lesdiguières, en 1636.
Régiment de Bonne (1591-1597) Guerres de religion et de Savoie En 1590, durant les guerres de religion, François de Bonne de Lesdiguières lève, à ses frais, dans les montagnes du Dauphiné deux compagnies de cent hommes portant le nom le titre de Gardes à pied de Lesdiguières et un régiment d'infanterie qui fut connu sous le nom de régiment de Bonne, afin de défendre le Dauphiné contre les empiétements du duc de Savoie, qui s'est fait proclamer comte de Provence par la Ligue. Le , les Gardes de Lesdiguières et le régiment de Bonne sont engagés, pour la première fois, lors du combat victorieux de Sparron contre Charles-Emmanuel Ier de Savoie. Le les Gardes et le régiment prennent part à la Bataille de Pontcharra contre l'armée du duc de Savoie. En 1592, Lesdiguières porte la guerre au PiémontHistoire de France depuis l'établissement de la monarchie françoise dans les... Par Gabriel Daniel page 515 avec le régiment de Bonne et ses Gardes et soumet plusieurs places fortes. Le il prend d'assaut CavourÉcrit Cahours il s'agit de Cavour qui est une ville, qui possédait un château, située dans le Piémont entre Villefranche (peut-être s'agit il de Villafranca Piemonte?) et Saluces, sur la gauche de Pignerol à un mille du Pô pille la ville la brûle et une partie de la garnison est passée au fil de l'épée. Le château est également pris le même jourHistoire d'Angleterre Par Paul Rapin de Thoyras page 32. Il participe ensuite au combat de Grésillane ou les troupes savoyardes prennent la fuite. En 1593, le régiment marche au secours d'Exilles assiégée par le duc de Savoie. En 1595, le régiment participe à la reprise d'Exilles, vont porter secours à Cavour puis au siège de Mirabel et enfin au siège d'Auriol.
Régiment de Lesdiguières puis de Créqui (1597-1611)
Guerre franco-savoyarde de 1597 Au début de 1597, les Gardes de Lesdiguières et le régiment de Bonne sont réunis en un seul corps sous le nom de Régiment de Lesdiguières. Le nouveau régiment comprend 2000 arquebusiers sous les ordres de Charles de Blanchefort marquis de Créqui. En , lors de l'invasion de la Savoie, le régiment se distingue au combat des Molettes, dans la Maurienne, ou son mestre de camp est blessé au bras droit d'un coup d'arquebuse. Sur la lancée le régiment contribue ensuite à la prise de Charbonnières défendue par une garnison forte de seulement de 50 hommes et qui se rend au bout de 8 jours. Le , il prend d’assaut le fort de Chamousset défendu par une garnison 600 hommes commandée par Don Philippe ou Philippin, bâtard de Savoie. Elle prend ensuite le château d'Aiguille. Le régiment prend ensuite ses quartiers dans la Maurienne et il y défait encore, à Saint-André, le comte de Serravalle, lui tuant et lui enlevant tous ses drapeaux. En , le duc de Savoie arrive à Aiguebelle et met le siège de la Tour-Charbonnière occupé par les français. Charles de Blanchefort marquis de Créqui arrive au secours de la forteresse avec une partie de ses soldats au moment même où elle venait de se rendre. Créqui, trompé, tombe dans le piège que lui tend le duc de Savoie. Encerclé par l'ensemble des troupes savoyardes le mestre de camp n’ayant plus que 200 hommes avec lui, est contraint de se rendre. Il est conduit à Chambéry puis au château de Turin ou il resta captif environ 1 an. Le , pendant la captivité du mestre de camp, les débris du régiment s’emparent du fort Barraux que le duc de Savoie avait commencé de construire le , pour fermer la vallée de l'Isère et repris également Aiguebelle. Le , après la signature de traité de paix de Vervins, le régiment est réformé et réduit à la compagnie de mestre de camp.
Guerre franco-savoyarde de 1600
Le , le régiment de Lesdiguières est rétabliIl est souvent indiqué sous le nom d'Arquebusiers de Créquy ou de régiment de Créquy et participe à la guerre de Savoie, sous les ordres immédiats de Lesdiguières. Le Henri IV déclare la guerre à la Savoie et le régiment se rend en une nuit sous les murs de Montmélian et y met le siège. Le , la ville de Montmélian est prise par Charles de CréquyHistoire universelle, volume 9 par Jacques-Auguste de Thou. Le régiment participe le au siège de Chambéry Le , il part de Montmélian en direction de Saint-Pierre-d'Albigny et du château de MiolansPièces fugitives pour servir à l'Histoire de France T1 seconde partie par Charles de Baschi marquis d'Aubais . et met le feu aux faubourgs de Conflans. Le , il s'avance vers le château de Miolans qui est bâti sur un rocher très haut, escarpé de tous côtés et au pied duquel passe l'Isère.