André Chassaigne, né le à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), est un homme politique français.

Membre du Parti communiste français (PCF), il exerce plusieurs mandats locaux, dont celui de conseiller général pour le canton de Saint-Amant-Roche-Savine de 1979 à 2004 et de vice-président du conseil général du Puy-de-Dôme de 1985 à 1992.

En 2002, il est élu député du Puy-de-Dôme et, réélu cinq fois, il entame son dernier mandat en 2024 sans jamais avoir quitté l'Assemblée. En 2012, il est élu président du groupe de la Gauche démocrate et républicaine (GDR) à l'Assemblée nationale et se voit réélu en 2017, 2022 et 2024. Dans l'hémicycle, il s'implique particulièrement dans les questions relatives à l'agriculture et à l'écologie. Candidat à la présidence de l'Assemblée nationale à la suite des élections législatives de 2024, soutenu par le Nouveau Front populaire (NFP), il est battu de justesse par la sortante centriste Yaël Braun-Pivet.

Le , il démissionne de son mandat de député après vingt-trois ans d'activité parlementaire, pour retrouver un poste d'adjoint au maire de Saint-Amant-Roche-Savine, le village dont il a été maire.

Biographie Origines, famille et études André Marcel ChassaigneVoir nom complet sur Légifrance. est issu d'une famille originaire de la Montagne Thiernoise du Puy-de-Dôme. Son père était ouvrier chez Michelin et sa mère fille d'un polisseur à domicile.

Il commence sa carrière professionnelle comme professeur de lettres et d’histoire-géographie de 1972 à 1981.. Puis, il devient principal du collège de Saint-Amant-Roche-Savine, un bourg du Haut Livradois dans le sud-est du Puy-de-Dôme, de 1981 à 2002.

Parcours politique

Il s’inscrit aux Jeunesses communistes à 17 ans. En 1977, il devient adjoint au maire de Saint-Amant-Roche-Savine, puis maire de 1983 à 2010. Il est également élu conseiller général du Puy-de-Dôme en 1979 et conseiller régional d'Auvergne de 1998 à 2000.

Aux élections législatives de 2002, alors que le PCF perd quatorze sièges de députés, il est le seul à en conquérir dans une nouvelle circonscription, la cinquième circonscription du Puy-de-Dôme, dite circonscription de Thiers-Ambert (les deux principales villes qu'elle englobe). Il est élu au second tour avec , soit 51,34 % des suffrages exprimés. Il quitte son mandat de conseiller général lors des élections cantonales de 2004. Il est depuis régulièrement cité parmi les députés les plus actifs de l'Assemblée nationale..

Le , il est élu président de l'Association nationale des élus communistes et républicains (ANECR), en remplacement de Bernard Birsinger, décédé.

En 2007, lors des élections législatives, il est réélu député du Puy-de-Dôme, en nette progression par rapport à 2002 puisqu'il remporte voix (soit 65,90 % des suffrages exprimés), avec une participation sensiblement identique à celle de 2002 (65,32 % de votants au lieu de 65,21 %).

Tête de liste du Front de gauche en Auvergne pour les élections régionales de 2010, il réalise (avec 14,2 % des suffrages exprimés) le meilleur résultat de sa formation toutes régions confondues. Pour le second tour des élections régionales, le , sa liste fusionne avec celles de René Souchon (PS-PRG-MRC) et de Christian Bouchardy (Europe Écologie). Il figure lui-même en troisième place parmi les 22 candidats pour le Puy-de-DômeComposition de la liste « Rassemblement pour l'Auvergne Juste et Solidaire » menée par René Souchon, sur le site du ministère de l'Intérieur..

Il démissionne alors de son mandat de maire de Saint-Amant-Roche-Savine (et son fils François Chassaigne lui succède.) et de la présidence de l'Association nationale des élus communistes et républicains (ANECR) où il est remplacé par Dominique Adenot.

En , il est élu président du groupe parlementaire Gauche démocrate et républicaine (qui regroupe les députés du Front de gauche et des députés d'Outre-mer)..

En , un vote des militants place en tête le texte d'orientation qu'André Chassaigne et Fabien Roussel ont présenté en vue du congrès du Parti communiste en novembre..

Il fait partie de la liste « Pour l'Europe des gens, contre l'Europe de l'argent » menée par Ian Brossat pour les élections européennes de 2019 en France. Il figure en et dernière position..

Élections présidentielle et législatives de 2012

Le , il se porte candidat à l'investiture du PCF pour représenter le Front de gauche à l'élection présidentielle de 2012« Front de Gauche : Chassaigne candidat », Le Figaro.fr, 10 septembre 2010..

Lors de la consultation interne qui a lieu au PCF du 16 au , il obtient 36,82 % des voix des militants communistes et est battu par le coprésident du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon. Ce dernier est ensuite désigné comme candidat du Front de gauche pour l'élection présidentielle.

Candidat à sa propre succession dans la Cinquième circonscription du Puy-de-Dôme sous l'étiquette Front de gauche pour les élections législatives de juin 2012, il est facilement réélu député : 41,2 % des suffrages au premier tour (malgré la concurrence de Martine Munoz, la candidate du PS) puis 67,5 % au second tour (contre Maxime Costilhes, le candidat UMP).

Il est le député le plus actif de la législature selon le classement établi par le magazine Capital.. En , selon le site Capital.fr (se basant sur les données recueillies par le collectif Regards citoyens) il est désigné « meilleur élève » parmi les députés (sortants) de l’Assemblée nationale, pour son assiduité et son implication dans le travail parlementaire. .

Élections présidentielle et législatives de 2017 et mandat consécutif Il se prononce contre un soutien du PCF à la candidature présidentielle de Jean-Luc Mélenchon lors de la consultation interne en 2016 et défend une candidature communiste autonome, se déclarant lui-même pour la porter.. Il est ainsi le seul communiste à déclarer ouvertement sa candidature contre le candidat de la France insoumise.. Toutefois, les adhérents choisissent majoritairement de soutenir Mélenchon à 53,50 %..

Candidat à l'élection législative dans la du Puy-de-Dôme, André Chassaigne obtient 34,85 % des suffrages au premier tour, devant le candidat LREM, Sébastien Gardette, qui obtient 29,27 % des suffrages.. André Chassaigne remporte le deuxième tour avec 63,55 % des suffrages face à Sébastien Gardette qui obtient 36,45 % des voix.

Il est réélu à la présidence du groupe de la Gauche démocrate et républicaine (GDR) le ..

Lors du congrès du PCF à Ivry-sur-Seine en 2018, il est l'un des principaux défenseurs du texte alternatif 2, , qui vise à réaffirmer l'identité du PCF tout en se distançant de La France insoumise. Ce dernier texte parvient à mettre en minorité la direction de Pierre Laurent avec 42,14 % des voix des adhérents..

Élections législatives de 2022 À l'issue de son mandatArthur Cesbron, À la veille des législatives, quel bilan pour les cinq députés sortants du Puy-de-Dôme ?, lamontagne.fr, 3 juin 2022., André Chassaigne présente sa candidature pour sa réélection en 2022. Investi sous la bannière de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale, il est élu au second tour avec 69,43 % des suffrages exprimés..

Le , il est reconduit dans sa fonction de président du groupe de la Gauche démocrate et républicaine (GDR)..

Élections législatives de 2024 André Chassaigne est de nouveau candidat à sa réélection dans le cadre du Nouveau Front populaire lors des élections législatives anticipées de 2024.. Il se qualifie pour le second tour au premier rang avec 37,77 % des suffrages exprimés et devance de moins d'un point sa seule adversaire également qualifiée, la candidate RN, Brigitte Carletto (37,07 % des suffrages exprimés). Il est réélu au second tour avec 55,3 % des voix..

Le , il est désigné par le Nouveau Front populaire pour être le candidat unique de la gauche à la présidence de l'Assemblée nationale. Il arrive en tête au premier tour avec 200 voix, suivi de Sébastien Chenu (RN) avec 142 voix et de Yaël Braun-Pivet (EPR) avec 124 voix.. Il est cependant battu à l'issue du troisième tour par Yaël Braun-Pivet, ayant récolté 207 voix contre 220 pour la présidente sortante., grâce au vote des ministres démissionnaires, ce qui a suscité des polémiques.

Le , il annonce son départ de l'Assemblée nationale cette année et annonce qu'il va occuper uniquement un mandat d'adjoint à Saint-Amant-Roche-Savine, où il avait été précédemment maire de 1983 à 2010.

Le , il est élu adjoint au maire à la commune de Saint-Amand-Roche-Savine, qui ne comptait que deux adjoints auparavant, et a désormais 30 jours (jusqu'au ) pour quitter son mandat de député. Il est remplacé par Julien Brugerolles, son attaché parlementaire depuis 2008 et suppléant depuis 2022. Le , il est remplacé à la présidence du groupe de la GDR par le député de Seine-Saint-Denis et secrétaire de l’Assemblée nationale Stéphane Peu.

Il est resté dans l'opposition durant toute sa vie parlementaire. S'il se dit « fier » de son engagement politique, commencé à 16 ans, il regrette, en quittant son mandat de député : .

Fabienne Rogodon lui succède comme troisième adjointe en mars 2026.

Prises de position

Agriculture Il est décrit comme l'une des incarnations du , portant régulièrement à l'Assemblée nationale les problématiques des petites communes et de l'agriculture.

En , il dépose un amendement (dit « amendement 252 ») au projet de loi sur les OGM, permettant de restreindre la culture d'OGM dans de nombreuses zones, comme les régions de culture d'AOC. Cet amendement est adopté par surprise, provoquant une crise au sein du gouvernement et de la majorité parlementaireLaurent Mouloud, « L'amendement Chassaigne génétiquement modifié », L'Humanité, 16 avril 2008 ..

André Chassaigne propose, avec les autres députés du Front de gauche, une plus grande régulation dans l’agriculture afin de garantir des prix d'achat aux agriculteurs..

Il est à l'origine d'une proposition de loi devant garantir aux agriculteurs une retraite équivalente à au moins 85 % du salaire minimum. Cette proposition est adoptée par l'assemblée nationale en , mais en , le nouvel exécutif dépose un amendement pour bloquer le vote. Il explique avoir . Il défend également la création d’un statut pour les conjointes qui exercent aux côtés de leur mari afin de leur assurer des droits pour leurs retraites..

Écologie Il intervient fréquemment sur les thématiques en lien avec la protection de l’environnement, passant ainsi, selon Mediapart, pour le « Monsieur écologie » du PCF. Il contribue à faire évoluer la réflexion au sein du parti, notamment autour de la question du productivisme, et publie un livre de critique du « capitalisme vert » (Pour une terre commune, éditions Arcane). Il est perçu comme un élu de terrain, proche de ses administrés et du monde rural.

Retraites et loi travail Le , il vote contre la réforme des retraites présentée par le gouvernement Ayrault II, dénonçant Sophie Huet, « La gauche vote sans enthousiasme la réforme des retraites », in Le Figaro, , p. 4..

Lors d'une séance de questions d'actualité au gouvernement en , il dénonce le recours à l'article 49.3 pour faire adopter la loi Travail. Il qualifie le procédé de contre , contre et contre ..

Affaire Benalla Le , il défend la motion de censure déposée par la gauche, en rapport avec l'affaire Benalla, qualifiant les députés LREM de , d' , à la suite de leur refus de faire ..

SMIC En , il est rapporteur d'une proposition de loi, initialement déposée durant le précédent mandat, visant à revaloriser les petites retraites agricoles pour qu'aucune ne soit inférieure à 85 % du SMIC, avec un financement assuré par une augmentation de 0,1% de la ..

Il parvient finalement à obtenir un vote à l'unanimité de la revalorisation.. Sa proposition de réévaluation des retraites des aidants d'exploitations agricoles, dont en particulier les femmes conjoints, est également adoptée en Retraite : bonne nouvelle pour les conjoints d'agriculteurs, capital.fr, 9 février 2022.

Fin de vie