Jean-Louis Debré, né le à Toulouse et mort le dans le , est un homme politique français.

Fils de Michel Debré et proche de Jacques Chirac, il est ministre de l'Intérieur de 1995 à 1997 et président de l'Assemblée nationale de 2002 à 2007.

Il préside ensuite le Conseil constitutionnel de 2007 à 2016, puis le Conseil supérieur des archives jusqu'à sa mort.

Famille et formation

Jean-Louis Noël Robert Debré naît le à Toulouse du mariage de Michel Debré, futur Premier ministre, et d'Anne-Marie Lemaresquier. Il a trois frères : Bernard Debré, son frère jumeau, médecin et homme politique (1944-2020). ; Vincent Debré, homme d'affaires né en 1939 ; François Debré, journaliste (1942-2020), mort le lendemain du décès de Bernard Debré..

Arrière-petit-fils du grand rabbin Simon Debré (1854-1939), petit-fils du pédiatre Robert Debré et, du côté de sa mère, de l'architecte Charles Lemaresquier, il est le neveu du peintre Olivier Debré.

De son mariage avec Anne-Marie Engel (1945-2007) sont nés trois enfantsWho's Who in France, édition 2020, . : Charles-Emmanuel Debré (directeur business Grands comptes de Bouygues Télécom), Guillaume Debré (journaliste) et Marie-Victoire Debré (comédienne).

Élève au cours Hattemer, il poursuit sa scolarité au lycée Janson-de-Sailly. Adolescent, il souffre d'un tassement de la colonne vertébrale et, marginalisé, ne présente pas le baccalauréat.

Plus tard, l'ancien membre de cabinet de Michel Debré et ami de la famille Pierre Mazeaud lui propose de s'inscrire pour passer une capacité en droit à Panthéon-Assas. C'est ainsi qu'il obtient une licence en droit qui lui permettra de poursuivre sa carrière. Licencié en droit, titulaire d'un diplôme d’études supérieures de droit public et d'un diplôme d’études supérieures de sciences politiques, il est docteur en droit public (1973) avec une thèse consacrée aux « Idées constitutionnelles du général de Gaulle »Librairie générale de droit et de jurisprudence (Paris) 1974, dirigée par Roger-Gérard Schwartzenberg.

Il est également un ancien élève de l’Institut d'études politiques de Paris (1971, section Pol. et Soc.).

Carrière de magistrat et débuts politiques De 1971 à 1975, Jean-Louis Debré est assistant à la faculté de droit de Paris. De 1973 à 1974, il est conseiller technique au cabinet du ministre de l'Agriculture et du Développement rural (Jacques Chirac), puis il est nommé la même année au cabinet du ministre de l'Intérieur (Jacques Chirac). Proche du futur président de la République, Jean-Louis Debré devient son chargé de mission (1974-1976) lorsque celui-ci est nommé Premier ministre, après avoir fait campagne pour Jacques Chaban-Delmas, alors que Jacques Chirac soutenait Valéry Giscard d'Estaing. De 1976 à 1978, il est substitut du procureur de la République près le tribunal de grande instance d'Évry-Corbeil, puis est détaché, en 1978, pour une année, au ministère de la Justice, en qualité de magistrat à l'administration centrale de la justice. Il est ensuite, de 1978 à 1979, chef de cabinetNotice biographique de Jean-Louis Debré sur conseil-constitutionnel.fr de Maurice Papon, ministre du Budget.

De 1979 à 1986, Jean-Louis Debré est magistrat, nommé dans les fonctions de juge d'instruction. Il est chargé des affaires de crime organisé et de grand banditisme, notamment de la proxénète Carmen Vallet, du coiffeur receleur Maurice Joffo ou de l'affaire de contre-espionnage Virgil Tanase. Il traite aussi de terrorisme et d'une affaire autour du terroriste CarlosFilm documentaire L'Avocat de la terreur, de Barbet Schroeder.

Il est élu pour la première fois député aux élections législatives de 1986, à la proportionnelle, dans l'Eure. À partir de 1988, il est élu au scrutin majoritaire dans la de ce même département. Il est conseiller municipal d'Évreux entre 1989 et 1995. En 1995, il est tête de liste dans le , et obtient un mandat de conseiller de Paris. Jean Tiberi, le nouveau maire de Paris, le nomme comme adjoint.

Parcours politique Débuts Aux élections législatives de 1973, il est investi par l'URP (coalition de partis de droite) dans la septième circonscription de Calais, jusque-là détenue par Jacques Vendroux, beau-frère du général de Gaulle. Il est battu au second tour par le candidat communiste Jean-Jacques Barthe.

Jean-Louis Debré adhère au Rassemblement pour la République (RPR) lors de sa fondation par Jacques Chirac, en 1976.

En 1978, il est candidat du RPR dans la première circonscription de l'Eure, mais n'arrive qu'en quatrième position au premier tour.

Il entre dans l’opposition en 1981, à la suite de la victoire de François Mitterrand à l’élection présidentielle ; en 2021, il révèle qu’il lui est « arrivé » de voter pour le candidat socialiste..

Ministre de l'Intérieur Après la victoire de Jacques Chirac, dont il était l'un des porte-paroles lors de la campagne pour l'élection présidentielle, Jean-Louis Debré est nommé ministre de l'Intérieur dans le gouvernement d'Alain Juppé, le . Il est reconduit dans ses fonctions lors de la formation du gouvernement Juppé II.

Dans le cadre de ses attributions ministérielles, il est confronté en 1995 à une série d'attentats islamistes perpétrés sur le territoire français par le Groupe islamique armé (GIA).

En , il est critiqué pour avoir laissé s'organiser la conférence de presse des militants clandestins corses armés à Tralonca.

Il ordonne l'expulsion, le , de quelque 300 étrangers en situation irrégulière occupant l'église Saint-Bernard à Paris, non sans avoir déclaré auparavant qu'il agirait « avec humanité et cœur »... Malgré les déclarations du gouvernement, la plupart de ces étrangers ne sont pas expulsés, ayant des attaches fortes en France, qui rendent complexe toute « mesure d'éloignement ». Des manifestations critiquant la politique du gouvernement Juppé, durant lesquelles on scande des slogans réclamant l'« abrogation des lois Pasqua-Debré », rassemblent des dizaines de milliers de personnes. Ministre de l'Intérieur, Jean-Louis Debré présente en un projet de loi portant « diverses dispositions relatives à l'immigration », comportant entre autres les orientations suivantes : intensifier le dispositif d'éloignement des étrangers en situation irrégulière ; étendre les contrôles d'identité sur les lieux de production et les chantiers ; permettre aux officiers de police, sous certaines conditions, de fouiller les véhicules. Dans la réalité, ces nouvelles dispositions n'entraînent que peu de reconduites.

Les élections législatives de 1997, qui conduisent à la victoire de la gauche plurielle, marquent toutefois son retour dans l'Eure. Son implantation se confirme en 2001, lorsqu'il devient maire d'Évreux en battant le sortant communiste Roland Plaisance, en fonction depuis 1977. Le , quelques mois après le début de la troisième cohabitation, il est élu au second tour président du groupe RPR à l'Assemblée nationale par 81 voix contre 57 pour Franck Borotra..

Président de l'Assemblée nationale Affichant une grande fidélité à Jacques Chirac, il s’oppose régulièrement à Nicolas Sarkozy, estimant être trop différent du maire de Neuilly-sur-Seine, dont il dit notamment qu’il « n'aime pas l'État ».

Réélu député de la de l'Eure le , pour la législature, Jean-Louis Debré n'est pourtant pas nommé ministre dans le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin. Il brigue alors la présidence de l'Assemblée nationale, également convoitée par Édouard Balladur, avec lequel Jean-Louis Debré entretient des relations réputées exécrables. Lors du scrutin du , l'ancien président du groupe RPR, formellement investi le jour même par le nouveau groupe UMP, domine le premier tour par 217 voix contre 163 pour l'ex-Premier ministre, qui se retire aussitôt en la faveur de son adversaire principal, 140 pour la socialiste Paulette Guinchard-Kunstler et 21 pour la communiste Muguette Jacquaint. Bénéficiant du retrait de Balladur, Jean-Louis Debré est élu président de l'Assemblée après avoir recueilli, à l'issue du second tour, 342 voix contre 142 pour Guinchard-Kunstler et 21 pour Jacquaint« Compte-rendu de la séance du 25 juin 2002 à l'Assemblée nationale ».

La victoire de Debré va jusqu'à surprendre son ami Jacques Chirac, qui lui avait conseillé de renoncer à se présenter, persuadé qu'il serait battu.

Au perchoir, Jean-Louis Debré gagne la réputation d'un « partisan rigoureux des droits de l'opposition », estimé bien au-delà de son seul camp politique.

Le , le président de la République, Jacques Chirac, le charge, en tant que président de l’Assemblée nationale, d’une « mission pluraliste pour évaluer l’action du Parlement dans les domaines de la mémoire et de l’histoire ».

Président du Conseil constitutionnel Le , Jacques Chirac le nomme président du Conseil constitutionnel en remplacement de Pierre Mazeaud, alors que Nicolas Sarkozy s'apprête à devenir président de la République. Il sort du devoir de réserve attaché à sa fonction en émettant, en 2008, des « réserves » sur le style présidentiel de Nicolas Sarkozy et, en 2010, en jugeant « inutile pour lui, pour la France » le procès à venir de Jacques Chirac.

Au cours de sa présidence, il déjeune régulièrement avec le président du MEDEF et des chefs d'entreprises pour évoquer la jurisprudence du Conseil constitutionnel, notamment pour préparer la décision du Conseil constitutionnel sur la loi de finances 2012. Selon Jean-Louis Debré, lors de l'un de ces déjeuners, tenu en présence du secrétaire général du Conseil constitutionnel, Marc Guillaume, Pierre Gattaz, président du MEDEF, a livré son analyse de la situation économique, évoquant un environnement législatif contraignant et paralysant. Sur les projets et propositions de loi sur l'économie sociale et solidaire, sur les stages en entreprise, sur l'inspection du travail, sur la pénibilité et la biodiversité, Pierre Gattaz déclare au cours de ce déjeuner attendre beaucoup du Conseil constitutionnel et que le MEDEF n'a pas été déçu par ses précédentes décisions.

Il est le parrain de la promotion 2011-2012 de l'école de formation professionnelle des barreaux de la cour d'appel de Paris, formant les futurs avocats parisiens, Il est également le parrain de la promotion 2014-2015 de l'École des Avocats du Sud-est. Il est également membre d'honneur de l'Observatoire du patrimoine religieux (OPR), une association multiconfessionnelle qui œuvre à la préservation et au rayonnement du patrimoine cultuel français.

Il est aussi le parrain de la promotion 2017-2018 de l'École du Centre Ouest des avocats.

Il met en œuvre la procédure liée aux questions prioritaires de constitutionnalité.

Son mandat de président du Conseil constitutionnel arrive à son terme le . Il est remplacé par Laurent Fabius. Le lendemain, le , le ministère de la Culture annonce sa nomination comme président du Conseil supérieur des archives, succédant à l'historienne Georgette Elgey.

Dernières années Jean-Louis Debré reste très proche de l'ancien président Chirac, avec qui il s'entretient régulièrement.

Il publie un journal en , Ce que je ne pouvais pas dire, qui revient sur son exercice de neuf années à la présidence du Conseil constitutionnel. Son livre met en exergue ses rapports difficiles avec Nicolas Sarkozy, ses relations courtoises avec François Hollande ainsi que les travaux et l'évolution d'une institution qui vit ses attributions s’accroître avec la réforme constitutionnelle de 2008. L'ouvrage rencontre un certain succès en librairie. Un autre opus de souvenirs, Tu le raconteras plus tard, paraît en 2017 : Jean-Louis Debré le consacre à ses années passées au ministère de l'Intérieur et à la présidence de l'Assemblée nationale.

En , il devient chroniqueur à la radio et à la télévision. Il est la même année le parrain de la promotion 2016-2017 du master fiscalité de l'entreprise de l'université Paris-Dauphine.