thumb|right|Le Pio Ospedale della Pietà(Gravure de A. Portio et A. Dalla ViaMusée Correr, Venise)

L' est un hospice, orphelinat et conservatoire de musique vénitien actif notamment aux .

Histoire Trois autres institutions analogues existaient à Venise : l, l'''Ospedale degli Incurabili et l.

Cette institution, financée par la république de Venise, fut fondée en 1346 pour accueillir les nouveau-nés abandonnés, que l'on pouvait lui confier en les déposant dans un emplacement spécialement aménagé dans le mur d'enceinte : les religieuses les prenaient en charge de l'autre côté. On recueillait aussi les orphelins, les enfants illégitimes ou les enfants de familles indigentes. La Pietà acceptait des filles et des garçons. Pourtant, les filles y restaient généralement plus longtemps, car contrairement aux garçons, il était difficile pour elles de trouver une occupation qui leur permettait d'être indépendantes financièrement et de sortir de l'établissement.

À partir du , certaines d'entre elles recevaient une éducation musicale poussée, ce qui en faisait des chanteuses et des instrumentistes de valeur. Une hiérarchie distinguait les jeunes filles, selon leur talent : à la base se trouvaient les ; plus expérimentées étaient les qui pouvaient prétendre à être demandées en mariage et pouvaient se produire à l’extérieur ; au sommet étaient les qui pouvaient instruire leurs compagnes. Des concerts publics et payants étaient organisés et très courus des mélomanes, aussi bien que des amateurs d’aventures galantes. Chaque avait un maître de chœur, , responsable de l’enseignement de la musique (le terme s’applique à la musique vocale, mais aussi instrumentale), un organiste, un professeur d’instruments, , et d’autres professeurs spécialisés.

Francesco Gasparini fut maître de violon de cette institution et plus tard Antonio Vivaldi à partir de 1703. Ce dernier occupa diverses fonctions dont celle de compositeur principal de 1713 à 1740, année où il quitta définitivement Venise. D'autres maîtres qui y enseignèrent furent Giovanni Porta, Gennaro D'Alessandro, Nicola Porpora et Gaetano Latilla.

À l'instar des autres hospices vénitiens, le genre musical qui prévalait à la Pietà était l'oratorio. Toutefois d'autres genres furent pratiqués dans cette institution dont le concerto, en recourant par ailleurs à des instruments inhabituels (comme la viole d'amour).

Dans sa lettre du adressée à M. de Blancey, Charles de Brosses écrit :

Liste des maîtres Maestri di coro Antonio Gualtieri (1633-1649) Johann Rosenmüller (1658-1677) Giacomo Spada (1677-1701) Francesco Gasparini (1701-1713) Carlo Luigi Pietragrua (1719-1726) Giovanni Porta (1726-1737) Gennaro D'Alessandro (1739-1740) Nicola Porpora (1742-1743) Andrea Bernasconi (1744-1753) Gaetano Latilla (1753-1766) Giuseppe Sarti (1766-1768) Bonaventura Furlanetto (1768-1817) Giovanni Agostino Perotti (1817-1828)

Maestri di canto, di maniera et di solfeggio Pietro Scarpari (1713-1742) Pietro Cesti (1722-1726) Paolo Bonamici (1726-1730) Girolamo Bassani (1730-1741) Domenico Valentini (1747-1760) Domenico Negri (1760-1767) Lorenzo Duodo (1767-1768) Gabriel Piozzi (1768) Ferdinando Pasini (1768-1769) Matteo Buini (1769-1771) Ferdinando Pasini (1771-1774) Pietro De Mezzo (1774) Ferdinando Pasini (1775-1809) Ruggero Ermagora Fabio (1809-1829)

Maîtres de flûte à bec, de la flûte traversière et du hautbois Onofrio Penati (1704) Ignazio Rion (1704) Ludwig Erdmann (1706-1713) Ignazio Sieber (1713-1716; 1728-1757) Onofrio Penati (1716-1727), également maestro dei concerti Ignazio Sieber (1728-1757) Pietro Fruttel (1757-1782)

Maîtres du cor Francesco Lanari (1747-1751) Lorenzo Rossoni (1751-1760) Giacomo Molteni (1762-1765) Antonio Lodi (1765-1782)

Maîtres des timbales Lorenzo Crux (1751)

Maîtres du psaltérion Fulgenzio Perotti (1760-1764)

Maîtres du violon Antonio Vivaldi (1703-1717; 1735-1738), également maestro di viola all'inglese et dei concerti Lorenzo Carminati (1744-1747) Lorenzo Morini (1750-1751), également maestro dei concerti Francesco Negri (1765-1770) Antonio Nazari (1770-1775) Alessandro Da Ponte (1775-1782)

Maîtres du violoncelle Antonio Vandini (1720-1722) Bernardo Aliprandi (1722-1731) Antonio Martinelli (1750-1782)

Anciens élèves Agata della Pietà, compositrice, chanteuse et professeure de musique et prieure Anna Bon, compositrice et chanteuse Michielina della Pietà, compositrice et musicienne Santa della Pietà, chanteuse et compositrice Vincenta Da Ponte, compositrice et chanteuse

Dans la littérature Le roman Stabat Mater de Tiziano Scarpa imagine la vie d'une des pensionnaires musiciennes du conservatoire de l'orphelinat.

Dans le roman Concert baroque d'Alejo Carpentier, on note la présence de personnages qui sont des pensionnaires de l'Ospedale.

.Le grand feu de Léonor de Récondo (2023) est un roman initiatique et féministe sur la découverte, par une pensionnaire de l’orphelinat, de la passion pour la musique et l’amour.

Voir aussi Bibliographie . Vanessa Tonelli, Le Figlie di Coro: Women's Musical Education and Performance at the Venetian Ospedali Maggiori, 1660-1740'', Evanston, Illinois,

Articles connexes Hospice musicien

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