Saujon (prononcé ) est une commune du Sud-Ouest de la France, située dans le département de la Charente-Maritime (région Nouvelle-Aquitaine). Ses habitants sont appelés les Saujonnais et les SaujonnaisesLes gentilés de Charente-Maritime.
Avec habitants (2021), ce chef-lieu de canton de la périphérie nord de Royan est aujourd'hui la neuvième ville du départementEn 2021, elle se situe après les villes suivantes : 1 - La Rochelle, 2 - Saintes, 3 - Rochefort, 4 - Royan, 5 - Aytré, 6 - Périgny, 7 - Tonnay-Charente, 8 - Lagord. et occupe le deuxième rang parmi les 33 communes de la communauté d'agglomération Royan AtlantiqueStructure intercommunale regroupant (2013) à laquelle elle appartient. Saujon doit ce classement à sa situation géographique favorable, dont elle a su tirer un grand profit, ainsi qu'à des atouts naturels contribuant à l'essor de son économie locale.
La ville s'est d'abord développée au comme port fluvial sur la Seudre avec son Port de Ribérou. Grâce à sa position privilégiée au sud-ouest du département, à proximité de Royan alors en pleine expansion, elle devient dès la seconde moitié du une importante halte ferroviaire, puis, au siècle suivant, un carrefour routier incontournable. Grâce à ce rôle de transit et d'échanges, Saujon est devenue une ville de forte tradition commerciale et de services, particulièrement renommée pour ses foires mensuellesLa ville a célébré le bicentenaire de cette activité commerciale Culture et loisirs à Saujon sur le site de l'office de tourisme de Saujon et du Val de Seudre.
Depuis la fin du , Saujon est également devenue une station thermaleL'eau et ses bienfaits à Saujon et une station touristique recherchée faisant partie de la frange continentale de la Côte de Beauté. C'est pourquoi elle s'est dotée d'équipements d'accueil modernes (hôtels, restaurants, campings) et de structures culturelles et sportives (salle de spectacles, base de loisirs, promenade des berges de la Seudre, piscine, stades et gymnases/ Tous les sports à Saujon et en Charente-Maritime).
Géographie
Communes limitrophes
Présentation
Localisée dans la partie sud-ouest de la Charente-Maritime, aux confins de la presqu'île d'Arvert et au fond de l'estuaire de la Seudre, Saujon est un pôle économique dynamique (fonctions tertiaires : zones commerciales et artisanales, tourisme; station thermale) profitant d'une situation géographique particulièrement favorable, à peu de distance des stations balnéaires de la côte de Beauté. Faisant partie de la Saintonge maritime et de la région naturelle du Royannais, la ville est à une dizaine de kilomètres en retrait de l'estuaire de la Gironde, et guère plus éloignée de l'océan Atlantique. Appartenant au midi atlantiqueLouis Papy, Le Midi atlantique, atlas et géographie de la France moderne, Flammarion, Paris, 1984, la commune peut être rattachée à deux grands ensembles géographiques, le Grand Ouest français et le Grand Sud-Ouest français.
vignette|La Seudre à hauteur du hameau du Breuil.
Connaissant un développement croissant depuis quelques années — sa population fait un bond en vingt ans, passant de en 1990 à en 2010 —, Saujon bénéficie de la proximité de villes moyennes bien équipées (Royan, dont elle tend à devenir désormais une banlieue résidentielle, mais aussi Saintes, poumon économique de la Saintonge, mise à moins de vingt minutes de la ville par la N150) et de petits centres urbains de taille moins importante, mais formant autant de relais émaillant le territoire (Cozes, Le Gua, La Tremblade...).
La commune est à la tête du canton de Saujon, territoire marqué tout à la fois par la ruralité et par la périurbanisation, de nombreuses communes étant situées dans l'aire d'influence forte de Royan (Médis, Saint-Sulpice-de-Royan, Semussac). Elle est rattachée administrativement à l'arrondissement de Saintes. Distante de de Royan., elle est en outre à de Breuillet., de Cozes., de La Tremblade, de Saintes., de Rochefort., de La Rochelle., la préfecture départementale, et de Bordeaux., la grande métropole et préfecture régionale.
vignette|left|Les marais de la Seudre, un écosystème d'une étonnante diversité.
Saujon est au cœur d'une région constituée pour partie d'une plaine alluviale où dominent les prairies humides (marais de Peudrit, marais de la Cornillère, marais de l'Éguille, Grand marais et Grandes Versennes) irriguées par la Seudre, qui formait un vaste golfe marin il y a encore quelques siècles. Le territoire communal est ainsi composé de 36 % de zones humides, essentiellement des marais salés (33 %) et des marais intérieurs doux (2 %).. Occupant un site fluvial de premier plan, la ville dispose d'un avant-port, Ribérou, qui s'est développé à l'endroit précis où l'influence de la marée se fait encore sentir, permettant la navigation fluviale maritime depuis des temps immémoriaux. La création de Saujon et son essor ultérieur doivent donc beaucoup à la configuration du site, qui, aujourd'hui, représente davantage un atout touristique avec l'essor de la navigation de plaisance. Aux abords du port, les marais de La Lande ont été mis en valeur par la création d'une base de loisirs, de plans d'eau et de sentiers de promenade bordant la Seudre et ses roselières ; ces aménagements permettent aux citadins un contact direct avec la nature, sans véritablement avoir à s'éloigner du centre-ville.
vignette|right|Les étangs de La Lande, aux portes du centre-ville : un lieu de promenade prisé.
D'anciennes îles et presqu'îles sont situées de part et d'autre de ces vastes étendues palustres, parfaitement lisibles sur les cartes géologiques. L'une de ces îles englobait les quartiers du Puit-Doux et de La baratte, remontant au nord/ouest vers La Lande; une autre englobait l'Îlatte et une partie des Grandes Versennes; un îlot émergeait au Peudrit. Le littoral se situait au niveau du Breuil, qui formait la partie méridionale d'une presqu'île portant également L'Éguille. Cette ancienne presqu'île, aux sols plus anciens (crétacé), porte quelques-uns des massifs forestiers de la commune : bois de la Fuie, bois du Four... Au sud de la commune, le hameau de Chaillonnais est au cœur de « champagnes » calcaires, au sol parfois ingrat (Chaillonnais tire son nom du mot « chaille » : caillou). Cette partie du territoire reste assez boisée, avec le bois de la Fenêtre et celui de Chaillonais.
Les paysages de la commune sont essentiellement composés de terres agricoles (79 %); on y cultive blé, maïs, tournesol, mais aussi primeurs (melon charentais); la vigne est cultivée en certains endroits, servant à produire cognac, pineau-des-charentes et vin de pays charentais; enfin, une partie des marais sert au pacage des bovins, des ovins, voire des chevaux. Les territoires artificialisés — zones urbaines et commerciales — représentent 18 % de la surface communale, un chiffre en augmentation du fait de l'urbanisation croissante des régions littorales (étalement urbain).
Le réseau hydrographique est composé de la Seudre, de la Vieille Seudre (bras secondaire du fleuve, depuis Pompierre jusqu'au pont de la rue Carnot), et des ruisseaux du Peudrit, du Bertus (qui se jettent tous deux dans la Seudre au niveau du port de Ribérou) et du Courant Potin (partiellement canalisé). De nombreux canaux sillonnent les marais, dont un important canal de dessèchement parallèle à la Seudre au niveau de La Lande, et le canal de Dercie, au nord de la commune. La Seudre, qui forme un modeste ruban verdoyant jusqu'en centre-ville, prend de l'ampleur à partir du port de Ribérou, d'où elle devient navigable.
Voies de communication et transports
Voies routières
Saujon est avant tout un important carrefour routier en Saintonge où rayonnent pas moins de cinq axes importants qui la relient aux deux grands pôles économiques des environs — Saintes et Royan — via la N150, à Saint-Sulpice-de-Royan, Arvert et La Tremblade (sur la rive gauche de la Seudre) via la D14, au Gua, Saint-Just-Luzac et Marennes (sur la rive droite du fleuve) via la D 1 et la D131 et au Chay, Grézac et Cozes, en direction de Bordeaux, via la D17. Enfin, un réseau de routes secondaires et de chemins vicinaux quadrille le territoire communal, permettant de désenclaver les différents hameaux et lieux-dits.
vignette|La rocade (N150) extrémité occidentale de la route Centre-Europe Atlantique.
Le schéma routier départemental (2010-2030) prévoit de faire de Saujon une des « portes d'entrées » du Pays Royannais. Déjà contournée par une voie rapide à 2X2 voies, la N150 (extrémité occidentale de la Route Centre-Europe Atlantique), qui lui permet de n'être qu'à environ dix minutes du centre-ville de Royan et à moins de vingt minutes de Saintes, Saujon deviendra dans les années à venir un pôle majeur à partir duquel le trafic routier sera réparti vers les différentes communes du Pays Royannais, afin d'éviter les fréquents engorgements aux entrées de Royan et faciliter l'accès aux communes périphériques.
La 2X2 voies Saintes-Saujon serait ainsi prolongée vers Royan, évitant le centre-ville de Médis et venant se raccorder à la rocade de Royan. Ce nouvel axe serait traité en boulevard urbain ponctué de giratoires entre l'aérodrome et l'échangeur de Belmont, « améliorant esthétiquement l'entrée dans Royan ». Dans la même optique de fluidifier le trafic et de raccourcir les trajets interurbains, un nouvel axe devrait être tracé entre Saujon et Cadeuil (commune de Sainte-Gemme), permettant d'améliorer l'accès Pays Royannais/Pays Rochefortais, avec possibilité de mise à 2X2 voies de Saujon à Rochefort. Enfin, l'amélioration des routes Saujon/Semussac et Saujon/Cozes est en cours d'étudeSchéma routier départemental 2010-2030.
Ces idées, déjà exposées dans les années 1970, ont longtemps été repoussées à plus tard, en dépit d'embouteillages récurrents, en particulier en haute saison, et du caractère accidentogène de cette route. Or, comme le révélait un article de Sud Ouest en 2011, « ce qui était vrai il y a plus de trente ans l'est encore. L'enclavement routier de la côte de Beauté s'est même accentué, si on compare les conditions d'accès à Royan, par la route, aux autres liaisons interurbaines en Charente-Maritime. Le tableau présentant, dans le schéma routier départemental, la vitesse moyenne observée lors des déplacements entre les pôles urbains de Charente-Maritime voit rouge dès qu'il mentionne Royan, qu'on rejoint, presque de partout, à la vitesse d'une cagouille [escargot, en saintongeais] »Saujon-Royan, un jour... article de Ronan Chérel paru dans Sud Ouest, 10 novembre 2011
Le retour sur le devant de la scène de ce projet de modernisation des infrastructures routières s'est cependant rapidement heurté à un collectif d'opposants, regroupés au sein d'une association baptisée « Terres de Saintonge ». Cette dernière, qui voit le jour à l'initiative de l'agricultrice Christine BouquetLes agriculteurs saintongeais iront jusqu'au bout, article de David Labardin paru dans Le Littoral, 15 septembre 2012, entend dénoncer ce qu'elle appelle « le saccage de la Saintonge » et des « faisceaux de routes inutiles et futiles en ce temps de crise »Site de Terres de Saintonge.
Dans une volonté de mieux faire connaître la ville aux automobilistes empruntant la N 150, des panneaux touristiques « Saujon, ville thermale » ont été mis en place en 2010, à l'occasion des 150 ans des thermes de Saujon.
Voies ferroviaires vignette|Le train des mouettes, ligne touristique reliant la ville à La Tremblade.