Le Carreau du Temple, situé dans le de Paris, est un ancien marché couvert du . Sauvé de la démolition à la suite d'une mobilisation citoyenne, il est désormais un lieu culturel et sportif reposant sur une économie mixte publique-privée.
Inauguré le , le Carreau du Temple accueille plus de 50 associations et de nombreux grands événements culturels et sportifs. Il propose une programmation artistique éclectique, faite de temps forts et d'événements réguliers.
Sandrina Martins est directrice générale du Carreau du Temple depuis 2015.
Situation Le Carreau du Temple se trouve à quelques mètres de la mairie du , dont il est séparé par la rue Perrée, de l'École supérieure des arts appliqués Duperré, de l'autre côté de la rue Eugène-Spuller, et du square du Temple.
Le site est desservi par la ligne de métro 3 à la station Temple.
Histoire À cet emplacement, qui est celui du centre de l'ancien enclos du Temple, se trouvait un marché qui remontait au Moyen Âge. Des orfèvres principalement y furent nombreux dès le . On a évalué du reste à 4000 le nombre des personnes qu'il renfermait à la fin du , et l'on peut s'expliquer sa prospérité par ce fait que cet enclos jouissait du droit d'asile, en particulier pour les débiteurs insolvables, et du privilège très exceptionnel de la franchise de métiers.
Avant 1789, une foire très fréquentée, où l'on vendait notamment des fourrures et merceries, y avait lieu pendant trois jours, et il s'y tenait aussi un marché alimentaire.
La halle au vieux linge thumb|La Rotonde du Temple et les halles de bois à gauche. thumb|Vue de l'ancien marché du Temple, démoli en 1863. thumb|Vue du marché depuis la rue du Temple vers le nord-est, juste avant sa démolition, en 1901. thumb|upright|Vestige de la Rotonde.
De 1788 à 1790 fut construit par Pérard de Montreuil à la demande de Jean-Baptiste le Febvre de la Boulaye, un premier édifice avec galerie couverte, formée de quarante-quatre arcades, qu'on appela la Rotonde ; les magasins des arcades remplacèrent des boutiques. Partie intégrante de l’enclos du Temple, la Rotonde bénéficiait des privilèges d'extraterritorialité accordés à cette enceinte : les boutiques s’y louaient donc à prix d’or et les banqueroutiers y trouvaient un refuge.
La Rotonde, qui avait été vendue en 1797, devint l'accessoire d'un marché public de friperie, lorsqu'en 1802, un décret du Premier Consul transfère le commerce de « vieux linge, des hardes et des chiffons » qui se tenait auparavant au marché des Innocents (l'ancien cimetière des Innocents) et de la Place aux Veaux dans une partie des terrains vagues de l'enclos concédés à la ville de Paris. Ce marché découvert fut considérablement augmenté en conformité d'un décret, puis d'une loi de 1807, et remplacé entre 1809 et 1811 par quatre hangars en bois élevés par l'architecte Jacques Molinos, allant de la Rotonde à la rue du Temple. Ces hangars, qu'on appelait la halle au vieux linge, comprenaient quatre pavillons qui avaient chacun sa spécialité : Carré du Palais-Royal : tapis, soieries, rubans, gants, plumes et articles à la mode. Carré de Flore : linge de maison Carré du Pou-volant : ferraille et friperies Carré de la Forêt-Noire : cuir…
En arrière du marché, la rotonde était une propriété privée affectée à peu près au même commerce. Entre celle-ci et le marché, il y avait, suivant une ordonnance de police du , une place découverte dite Carreau des brocanteurs ou chineurs, parce qu'ils pouvaient s'y réunir de 11 heures du matin à 2 heures de l'après-midi, mais sans avoir le droit d'y déposer leurs marchandises à terre plus que sur tout autre point de la voie publique. Cette bourse du vêtement d’occasion durera jusqu’à l’après-guerre.
Le marché même avait une superficie de et comprenait 1888 boutiques. L'édifice fut reconstruit en 1864 par les soins d'une compagnie concessionnaire, la ville devait entrer en jouissance de l'exploitation du marché à l'expiration de la concession, soit en 1945. Il se composait de deux corps de bâtiment, en fer et en fonte, d'une superficie de et de , séparés par une voie de 15 m de largeur. Dû à Jules de Mérindol, il fut ouvert le et contenait six pavillons. La rotonde était expropriée et le carreau disparut alors ; cependant les brocanteurs eurent la faculté de vendre au premier étage du marché, que l'on continua à surnommer le carreau et dans lequel le public admis de 9 heures à midi paya un droit d'entrée de 0,05 F.
La prospérité de ce marché commença à décroître précisément à partir de 1865. On a d'ailleurs pu dire souvent que la réputation de mauvais aloi dont jouissait cet endroit bizarre où les marchandes voulaient rendre l'achat obligatoire lui avait été des plus nuisibles. Un marché alimentaire y fut ouvert en 1882 sur une partie du marché à la friperie, en remplacement de celui de Saint-Martin-des-Champs.
En 1901, le marché fut démoli et remplacé par l'édifice actuel.
Un ancien lieu festif La chanson vivante au Carreau du Temple En 1824, le goguettier Jean-Baptiste Grange, indique dans sa chanson Le visiteur des Enfants de la Goguette, que la rotonde du Temple est le lieu où se rassemble tous les mercredis la goguette des Enfants de la Goguette.
Cette société chantante prend à ces occasions le nom de : les Bons Amis du plaisirLe Troubadour, recueil de chansons inédites, par J.-B. Gougé, édité par l’auteur, Paris, 1824, ..
La cavalcade du marché du Temple thumb|upright|Annonce de la cavalcade de la Reine des Reines de Paris et de celle du marché du Temple organisées le L'Intransigeant, daté du vendredi 15 mars 1901, page 4, .. left|thumb|upright| Desrousse, reine du marché du Temple 1898Supplément littéraire illustré au Petit Parisien, 20 mars 1898, page 90. Son nom est précisé page 94, .. left|thumb|Char du Marché du Temple à la Mi-Carême 1902Le Petit Journal, 7 mars 1902.. À la fin du et au début du , le marché du Temple élit chaque année une reine pour la Mi-Carême et organise son défilé avec une très grande et fameuse cavalcade carnavalesque dans Paris.
Le nom de la reine du Temple et quelquefois également son portrait apparaisse à cette occasion dans la presse parisienne, lui assurant ainsi une célébrité momentanée.
Cette cavalcade longtemps très populaire à Paris est à présent oubliée par les Parisiens.
Les bâtiments actuels
En 1863, les halles et la Rotonde sont démolies pour être remplacées par six pavillons modernes en fonte, verre et brique, conçus par les architectes Ernest Legrand et Jules de Mérindol.
En 1904, le Carreau accueille la première Foire de Paris. L'année suivante, quatre des six pavillons sont démontés. Il n’en reste plus aujourd’hui que deux, formant une vaste halle (actuel marché du Temple). La rue Gabriel-Vicaire et la rue Paul-Dubois passent sur la partie supprimée, et le reste se trouve entre la rue de Picardie et la rue Eugène Spuller.
Le marché du Carreau du Temple connaît un énorme succès et « devient le marché incontournable du vêtement populaire pour les petites bourses et les coquets » (Meryam Khouya). Les années 1950 à 1970 voient les clients affluer. Il y aurait eu jusqu'à marchands dans le Carreau. En 1976, il en restait 360, et dans les années 2000, ils ne sont plus qu'une dizaine.
En 1976, le maire de l’arrondissement, Jacques Dominati, veut raser les lieux pour édifier un parking : une pétition opposée à ce projet recueille signatures et obtient son abandon.
En 1982, le bâtiment est inscrit au titre des monuments historiques.. Le commerce des vêtements décline au fil des ans. Le site sert occasionnellement à des défilés de mode et accueille diverses manifestations. Pendant l'été 2005, le Carreau a été aménagé pour héberger une exposition dans le cadre de l'Année du Brésil - le président Lula et le musicien et ministre Gilberto Gil y sont venus à cette occasion le Bertrand Delanoë reçoit le Président de la République du Brésil, Luiz Inacio Lula Da Silva, communiqué de la mairie de Paris, 12 juillet 2005.
Réorganisation du bâtiment dans les années 2000 et 2010 vignette|Carreau du temple vu de l’extérieur (février 2008). vignette|Le Carreau du Temple en travaux (2011). vignette|Le carreau du Temple sur la rue Eugène-Spuller (décembre 2025).
Dès 2001, le maire nouvellement élu Bertrand Delanoë fait part de sa volonté de restaurer entièrement le bâtiment. Le principe en est acté au Conseil de Paris.
En 2003, en amont des travaux, les fouilles archéologiques ont permis la découverte de l’abside de l'église Sainte-Marie-du-Temple..
Lors d'un concours d'idées lancé en 2003, 133 projets sont déposés, puis synthétisés en trois propositions de projets, soumises en février 2004 à un vote local. Les personnes habitant, étudiant ou travaillant dans le sont alors appelées à participer à cette grande expérience de démocratie participativeLe vote était ouvert à toute personne remplissant une de ces trois conditions, sans restriction de nationalité et à partir de 15 ans - une population estimée à personnes par la mairie. Le scrutin a duré une semaine. Les trois propositions étaient nommées "Tout pour le sport", "La culture d'abord" et "Un espace pour tous".. C'est le dernier projet qui a été choisi, avec 35,9 % des voix, annonce à la clôture du scrutin le dimanche le maire Pierre Aidenbaum, devant le sport (34,4 %).
Un concours d'architecture entre cinq agences a lieu en 2007. Le , le projet est confié à l'architecte lauréat par un jury d'élus et de hauts fonctionnaires de Paris, et d'architectes. Le nouveau Carreau du Temple sera réalisé par l'agence Studio Milou Architecture, dirigée par l'architecte Jean-François Milou, qui a notamment réalisé l'extension du musée national de l'automobile à Mulhouse.
Un auditorium de 250 places sera aménagé au rez-de-chaussée, doté d'une entrée autonome. sont dédiés aux sports et aux activités économiques, ainsi qu'aux expositionsCarreau du Temple : le projet est choisi !, Le Parisien du 7 septembre 2007, Eric Le Mitouard.
D'un budget initial de 30 millions d'euros, l'évaluation du coût est passée début 2007 à 44,5 millions, avec des dépenses supplémentaires notamment d'isolation phoniqueCarreau du Temple : le budget des travaux s'envole, Le Parisien du 9 février 2007.
En janvier 2008, le Conseil de Paris a délibéré sur l'approbation du marché de maîtrise d'œuvre architecturale. En 2009 ont lieu des fouilles archéologiques - le Carreau est dans l'ancien enclos des Templiers - puis les travaux d'aménagement.
En septembre 2012, Jean-Luc Baillet est nommé directeur général du Carreau du Temple pour développer un projet d'activités de loisirs, événementiel et culturel.
À l'occasion de la Nuit blanche 2013, le lieu a été ouvert pour la première fois à nouveau au public, avant son inauguration officielle le jeudi .
En , Lucie Marinier et Sandrina Martins ont été nommées par la Ville de Paris, co-directrices générales du Carreau du Temple autour d'un projet originellement centré sur les usages urbains contemporains.
Le Nouveau Carreau du Temple À son ouverture, la pluridisciplinarité est la ligne éditoriale établie du Carreau du Temple : sports, arts vivants, concerts, salons, amateurs de spectacles, artistes et praticiens sont amenés à cohabiter en son enceinte.
Il accueille des programmations « maison », des programmations en partenariat avec des structures institutionnelles parisiennes et nationales, des résidences artistiques, et des privatisations permettant d’enrichir le projet artistique, avec un intérêt fort pour les enjeux internationaux.
Néanmoins, la programmation pluridisciplinaire du Carreau du Temple se voit ensuite axée principalement sur la danse contemporaine, avec l'adoption du « corps » comme fil conducteur.
Une offre sportive de proximité à destination des scolaires, des jeunes et des amateurs