Le Pilatus PC-21 est un avion d'entraînement militaire avancé construit par l’avionneur suisse Pilatus Aircraft..

Conception

Le PC-21 est, comme son prédécesseur le Pilatus PC-7 et le moins connu PC-9, un avion d'entraînement destiné à la formation avancée des pilotes et à leur perfectionnement. Beaucoup moins coûteux que les avions à réaction (en 2022, une heure de vol revient à pour le PC-21, contre pour un Alpha Jet)., il présente de nombreuses qualités aéronautiques, ainsi qu'un cockpit moderne. Selon la Royal Australian Air Force, le PC-21 est l'avion d'entrainement le plus avancé au monde.

Dispositifs Le PC-21 est équipé d'un habitacle ultra-moderne. Il est pressurisé, son cockpit affiche trois écrans à cristaux liquides pour les informations des systèmes standards. Il dispose également d'un afficheur tête haute (HUD). L'appareil est également doté d'un système anti-g, d'un système embarqué de génération d'oxygène, de deux sièges éjectables et d'une verrière résistante aux collisions de volatiles. ..

Système d'entraînement intégré Le Pilatus PC-21 ne se conçoit pas comme un simple avion d'entraînement, mais comme le composant central d'un « système d'entraînement intégré » (Integrated Training System ou ITS). Ce concept clé en main vise à faire basculer l'instruction militaire initiale et avancée dans l'ère numérique, en gommant la frontière technique entre l'entraînement au sol et le vol réel PC-21, The 21st Century Trainer, pilatus-aircraft.com..

Le déploiement de l'ITS chez les différentes forces aériennes utilisatrices a redéfini les standards de formation. En rationalisant le cursus, ce système permet de réduire le coût global d'obtention du macaron de pilote de chasse de 30 à 50 % par rapport aux anciens cursus sur jets légers analogiques [PC-21 Fleet Achieves 500,000 Flight Hours in Safety], 19 octobre 2024, pilatus-aircraft.com..

Philosophie et architecture globale L'architecture ITS repose sur une interconnectivité totale et bidirectionnelle entre l'avion, les simulateurs de vol et les outils de planification. Elle est conçue pour déporter une part importante des heures de vol (généralement coûteuses et soumises aux aléas météorologiques) vers des solutions au sol, sans perte d'efficacité pédagogique. Ce système permet à l'élève-pilote d'évoluer dans un environnement informatique unique, de sa première leçon théorique jusqu'à sa transition sur avion de chasse de dernière génération (4e et 5e générations) PC-21, The next generation trainer, Factsheet, pilatus-aircraft.com..

Le système s'articule autour de quatre piliers technologiques majeurs :

L'émulation d'armes et de systèmes embarqués : Le cockpit numérique du PC-21 intègre le système Synthetic Cockpit. Ce logiciel permet de simuler virtuellement, sur les écrans multifonctions et l'afficheur tête haute (HUD) de l'avion en vol, la présence d'un radar de bord moderne, la gestion de missiles air-air ou missiles air-sol, ainsi que des menaces sol-air. L'élève apprend ainsi à gérer des scénarios tactiques complexes et une surcharge cognitive de combat, sans qu'aucun équipement militaire lourd ne soit physiquement installé sur l'appareil Simulators – Part of Ground-Based Training, 17 août 2017, pilatus-aircraft.com.. La compensation automatique du couple de l'hélice (Auto-trim) : Pour parfaire l'illusion d'un vol sur avion à réaction, le système informatique de gestion du vol compense électroniquement et de manière transparente le couple aérodynamique généré par le turbopropulseur de 1 600 chevaux. L'appareil adopte ainsi un comportement dynamique rigoureusement neutre et fluide, identique à celui d'un avion à réaction, facilitant la transition future vers les jets de combat PC-21 Training System, 2010, General meeting of the Centre of Advanced Technologies AERONET “Aviation Valley“, 28-29 June 2010, Rzeszow University of Technology.. Les dispositifs de simulation au sol (Ground Based Training System - GBTS) : Le segment sol comprend des entraîneurs de procédures de cockpit (Cockpit Procedure Trainers ou CPT), des simulateurs de vol à dôme complet (Full Flight Simulators) et des systèmes de formation assistée par ordinateur (CBT). La fidélité de restitution des commandes et des logiciels est totale, permettant d'interconnecter plusieurs simulateurs en réseau pour des missions de patrouille virtuelle. Le système de préparation et de restitution de mission (UMDS) : Chaque vol, réel ou simulé, fait l'objet d'un enregistrement intégral des données télémétriques, vidéos et audio. Lors du débriefing, l'outil informatique fusionne ces flux pour rejouer la mission en trois dimensions, permettant à l'instructeur d'analyser précisément les trajectoires, la gestion des systèmes et les réactions de l'élève Roberto Yáñez, Alex Rodríguez, Arrival of PC-21 ushers in new era of aircrew training for Spain, 5 octobre 2022, key.aero..

Développement vignette|gauche|Le premier prototype Pilatus PC-21 (s/n P01 HB-HZA) au meeting aérien de Payerne en 2004. Le développement du PC-21 a officiellement commencé en , lorsque Pilatus a fait voler pour la première fois son PC-7 , évolution du PC-7 Turbo Trainer. Ce modèle comportait de nombreuses améliorations pouvant présager d'un prochain avion d'entraînement à turbopropulseur. Le premier prototype est sorti d'usine en et effectue son premier vol le de la même année. Le second prototype a volé le . Le second prototype s'est écrasé le à Buochs à la suite d'une erreur de pilotage lors d'un entraînement en vue d'une démonstration aérienne. Le pilote d'essai est mort et une personne au sol a été blessée..

Caractéristiques vignette|280px|Pilatus PC-21 des Forces aériennes suisses en 2011. Masse Masse maximale au roulage : Masse maximale au décollage : Masse maximale à l’atterrissage : Emport maximal de carburant interne : Altitude maximale d’exploitation : - Vitesse Vitesse maximale d’exploitation : - - Vitesse de décrochage en configuration d’atterrissage : Température d'exploitation Minimum : – (– température de l’huile pour le démarrage) Maximum : + Facteur de charge Maximum positif : + 8,0 g Maximum négatif : – 4,0 g Performance Distance maximale franchissable : Temps de vol en croisière : env. Montée (niveau de la mer) : Décollage : Atterrissage :

Production Le , le est sorti de la chaine d’assemblage finale de Pilatus. Cet appareil, destiné à la force aérienne saoudienne, est également le produit par Pilatus..

Commandes Le PC-21 ayant reçu les autorisations nécessaires, les Forces aériennes suisses ont reçu et réceptionné les quatre premiers exemplaires en .. La Suisse a commandé , la république de Singapour en a commandé 19, les Émirats arabes unis 25..

Le , l'Arabie saoudite passe commande de . Les six premiers appareils sont livrés en .

Le le Qatar commande . Le contrat comprend également la fourniture de systèmes de formation au sol, d’un simulateur et du matériel associé, ainsi que des services de maintenance. Les premiers sont livrés en .

Le , Saab et Pilatus signent un mémorandum d'entente en vue de fournir à la Force aérienne suédoise une vingtaine de PC-21. pour le remplacement des avions écoles à réaction ().

Australie vignette|gauche|280px|Deux PC-21 de la RAAF à la base aérienne de Wagga en septembre 2018.

En , en vue du remplacement des Pilatus PC-9 et des PAC CT/4 Airtrainer et dans le cadre du projet , la Royal Australian Air Force, pour qui le PC-21 est l'avion d'entrainement le plus avancé au monde, a passé commande de . Son concurrent était le Beechcraft T-6 . Afin que le système de formation du PC-21 soit spécifiquement adapté à la transition des pilotes sur le futur avion de combat de la RAAF, le Lockheed Martin F-35 , Lockheed Martin travaillera en tant que soumissionnaire avec Pilatus Aircraft.. Ils seront basés à la et à la . Les deux premiers doivent être livrés en 2017.. Un avion de démonstration Pilatus PC-21 (HB-HZD/ s/n 102) avait effectué un voyage en Australie en février et . Le vol inaugural du premier PC-21 australien se déroule en . Le dernier appareil est livré en .

Jordanie En 2016, la Force aérienne royale jordanienne a commandé huit PC-21 ainsi qu'un simulateur, du matériel de formation et un ensemble de soutien logistique. Cet achat remplace la commande de PC-9M faite en ..

France En 2013, l'Armée de l'air française indique vouloir acquérir une vingtaine d'appareils à l'horizon 2016 pour former ses pilotes..

Le , Babcock Mission Critical Services France (BMCSF) signe pour , qui les mettra à la disposition de l'École d'aviation de chasse de l’Armée de l'air française. Les avions sont aux couleurs de l'Armée de l'air et ont une livrée bleu nuit.. Le contrat comprend également le matériel de formation, dont deux simulateurs, et la logistique, qui est assurée par Pilatus. Le Pilatus était en concurrence avec le Leonardo-Finmeccanica M-345 HET et le Aero Vodochody L-39 Albatros.. Ils sont stationnés sur la base de Cognac et remplacent les Alpha Jet de Tours pour la formation des pilotes, son avionique et son cockpit permettant de passer directement au Dassault Rafale.. En des pilotes de Pilatus et de l'Armée de l'air ont testé les quatre premiers PC-21 à Buochs.. Fin août, Babcock réceptionna les premiers appareils, et dès mi-septembre, ils furent livrés à l'Armée de l'air. L'arrivée du PC-21 et des nouveaux outils de formation fut officialisée le lors d'une cérémonie à Cognac..

En 2021, neuf PC-21 et autres systèmes de formation au sol et pièces détachées sont commandés. Les deux premiers appareils sont livrés en .

En décembre 2024, dans le cadre du programme « », la France commande 22 Pilatus PC-7MKX et pour la formation initiale et la formation tronc commun..

Espagne vignette|CASA C-101 Aviojet en vol avec son successeur le PC-21 au .

Le , le ministère de la Défense espagnol annonce avoir choisi le Pilatus PC-21 pour remplacer, à partir de , les CASA C-101 Aviojet de l'Armée de l'air espagnole encore en service, entrés en service en 1980 et rénovés au début des années 1990.. Le contrat, signé , porte sur un système d'entraînement intégré (Integrated Training System ITS) comprenant PC-21, quatre simulateurs de vol, dont deux de missions (vol en réseau), toute la logistique associée pour un montant de d’euros. Les premiers appareils sont livrés en (contre initialement prévue) et porter la désignation locale E.27. Ces concurrents étaient les aéronefs avec turbopropulseur PZL-130TC III Orlik (MPT) (présenté par Airbus Defence and Space, évalué en 2015), KAI KT-1 (pas évalué, projet avec des KAI T-50 Golden Eagle en contrepartie de 4 à 6 de A400M excédentaires espagnols), Super Tucano EMB-314 d'Embraer (appel d'offres (RFI/RFQ) de 2019, pas évalué) et T-6C Texan II de Textron Aviation (évalué en 2011, rejet lors de l'appel d'offres de 2019), et l' avion à turboréacteur Aermacchi M-345 HET (appel d'offres de 2019, pas évalué).