Nicolas Durand de VillegagnonÉgalement épelé « Villegaignon », voir . (1510 à Provins - à Beauvais-en-Gâtinais) est un militaire et explorateur français, fondateur de l’éphémère colonie française au Brésil nommée « France antarctique ».

Biographie Ses origines Nicolas Durand de Villegagnon est né à Provins vers 1510. Il est le fils d’un procureur du roi au bailliage de Provins. Il est élève aux collèges de La Marche et de Montaigu à Paris, en compagnie de CalvinJean Amsler, La Renaissance (1415-1600), tome II de Histoire Universelle des Explorations publiée sous la direction de L.-H. Parias, Paris, Nouvelle Librairie de France, 1957, .. Il obtient ensuite sa licence de droit à Orléans.

Carrière militaire Sur la recommandation de son oncle Philippe Villiers de l’Isle-Adam, grand maître de l’ordre, il entre en 1531 dans l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem et devient chevalier de Malte. Il prend part, en 1541, à l’expédition de Charles Quint contre Alger dont il relate les faits. En 1548, il commande la flotte envoyée en Écosse pour ramener à la cour de France, pour ses fiançailles au dauphin François, Marie Stuart. Il réalise alors un exploit naval considéré jusqu’alors comme impossible pour tromper la vigilance des Anglais : après le débarquement des Français à Perth, il contourne en galères l’Écosse par le nord au large des Orcades. Il descend la mer d’Irlande et fait embarquer Marie Stuart à Dumbarton dans l’estuaire de la Clyde pour gagner Morlaix. En 1551, il tente en vain, depuis Malte, de défendre Tripoli contre les Turcs. Rentré en France, il est nommé en 1553 vice-amiral de Bretagne après ses campagnes en Hongrie et au Piémont.

La France Antarctique et le Brésil

vignette|upright|left|Porte principale du fort Coligny sur l’île Villegaignon. vignette|Carte de la France Antarctique. Il reçoit en 1554 le commandement de la flotte mise par Henri II à la disposition de Gaspard II de Coligny pour installer une colonie au Brésil où les protestants français pourraient exercer librement leur religion.

Il part du Havre le .Ou le 12 juillet 1555 selon Pierre Pluchon dans son Histoire de la colonisation française, Fayard, 1991 .,

Des protestants de Genève débarquent alors à Fort Coligny, le .. Catholiques et protestants ne tardent pas à s’opposer, et les derniers, dirigés par Philippe de Corguilleray, avec deux pasteurs, Pierre Richer et Guillaume Chartier, s’installent fin sur la terre ferme en un lieu appelé la Briqueterie où s’étaient déjà établis d’autres Français dissidents. Controversé, Villegagnon quitte fort Coligny pour la France en 1559. En 1560, le fort Coligny est attaqué par les Portugais et les Français qui l’occupent en sont chassés. Réfugiés dans les forêts environnantes où ils s’installent avec les Indiens, ils parviennent à maintenir une relation commerciale avec la France jusque vers 1567, période à laquelle les Portugais se décident à une occupation véritable de la région. Aujourd’hui appelée Ilha Villegaignon, cette île est le site de l’École navale brésilienne.

Le récit de l’expédition a été écrit en 1578 par l’un de ses membres, le cordonnier puis étudiant en théologie Jean de Léry : Histoire d’un voyage faict en la terre du Brésil..

Fin de carrière

Le , Nicolas Durand de Villegagnon devient le seigneur du domaine de Torcy par don du roi Henri II pour le rembourser des travaux de fortifications du château de Ponteflures du marquisat de Montferrat..

De retour en France, Villegagnon poursuit sa polémique avec les calvinistes et prend part aux guerres de Religion dans le camp catholique. Il fut notamment blessé au siège de Rouen en 1562.

Nommé gouverneur de Sens en 1567, Il meurt, quatre ans plus tard, dans la commanderie hospitalière de Beauvais-en-Gâtinais.

Littérature Jean-Christophe Rufin s’inspire de l’expédition de Villegagnon au Brésil pour son roman Rouge Brésil, prix Goncourt 2001.

Notes et références

Annexes Sources et bibliographie

Jean-Pierre Niceron, Mémoires pour servir à l'histoire des hommes illustres, chez Briasson, Paris, 1733, tome 22, (lire en ligne) Mickaël Augeron, « Célébrer les Martyrs de la Guanabara : Rio de Janeiro, lieu de mémoire pour les communautés presbytériennes du Brésil », Les huguenots et l’Atlantique, vol. 2 : Fidélités, racines et mémoires, dans Mickaël Augeron, Didier Poton et Bertrand Van Ruymbeke, dir., Paris, Les Indes savantes, 2012, p. 404-419. . . . . . . .

Articles connexes France antarctique Île de Villegagnon

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