Le Cormier ou Sorbier domestique (Sorbus domestica L.) est une espèce de plantes à fleurs de la famille des Rosacées. C'est un arbre qui donne des fruits appelés « cormes » ou « sorbes » ressemblant à des petites pommes ou poires, d'où leur surnom de poirillons.

Au Canada, l'espèce appelée Cormier est le Sorbier d'Amérique, espèce voisine. Il est souvent confondu avec le Sorbier des oiseleurs.

Description vignette|gauche|redresse| Espèce d'origine méditerranéenne, il vivait à l'origine sur tout le pourtour du bassin. Il fut répandu au temps de l'Empire romain jusque dans le reste de l'Europe.

Dans son biotope du Sud, il ne dépasse guère 10 à de hauteur et un diamètre de tronc de 30 à . En remontant dans les régions plus humides et aux sols plus riches, il atteint des circonférences deux fois plus grandes et, en forêt, atteint . Une variété parmi les espèces de sorbiers possède une facilité d'acclimatation dans beaucoup de zones différentes. Avec les migrations végétales actuelles et des aires de répartition qui s'agrandissent avec les températures changeantes, il n'aurait aucun problème quant à son intégration dans de nouvelles aires.

Sa multiplication par germination n'est pas très efficace ; les rejets pas toujours suffisants pour pérenniser l'espèce. C'est pour cela qu'il est souvent planté (notamment dans la partie nord de la France, au-delà de la ligne allant de la Drôme du nord au sud de la Dordogne).

C'est un arbre à l'écorce brun-orangé, qui ressemble à celle du chêne, aux feuilles caduques pennées (13 à 21 folioles) et aux fleurs blanches. Ses fruits verts tachés de brun-rougeâtre à maturité peuvent ressembler à de petites pommes (maliformes) ou à de petites poires (piriforme) selon les cultivars. Ces fruits sont très appréciés des petits mammifères, en particulier du blaireau (Meles meles) qui joue un rôle primordial dans la dissémination des graines. (excréments enterrés contenant les graines).

Cette espèce est post-pionnière qui a des besoins en lumière élevés (même si elle préfère un léger ombrage au plein soleil). C'est un arbre à forte croissance et à axe continu capable de développer un grand houppier. On le retrouve souvent sur des stations un peu difficiles, non pas que les meilleurs sols ne lui conviennent pas (au contraire, l'arbre en profite très bien), mais parce que des arbres d'espèces concurrentes en profitent mieux et le supplanteront à moins d'une intervention humaine.

La longévité moyenne du cormier est de 150 à , des individus pouvant atteindre plus de quatre sièclesSur l'espèce en milieu forestier.

Caractéristiques Selon Philippe Julve :

Organes reproducteurs : Type d'inflorescence : corymbe Répartition des sexes : hermaphrodite Type de pollinisation : monogame Période de floraison : avril à juin Graine : Type de fruit : drupe, appelée corme ou sorbe Mode de dissémination : endozoochore Habitat et répartition : forêt Habitat type : bois quadrifoliés proeuropéens, basophiles, oligotrophes Aire de répartition : méditerranéen.

Milieu naturel Le Cormier pousse dans la Chênaie buissonnante (Quercion pubescenti-petraeae), sans exclusive. Il s'agit d'une forêt claire thermophile de bas de pente rocheuse, autrefois utilisée pour la tannerie, actuellement non exploitée. Ces biotopes sont en diminution en Suisse car remplacés par des vignes ou des zones bâties.

Espèce en danger thumb|Pépins de cormes fin novembre. Le cormier est un arbre de plus en plus rare. Il figure sur la liste des espèces en danger en Suisse et en Autriche. L'atlas de la flore lorraine le considère comme « rare » sur le territoire considéré. Cultivé en pépinière en France, il apparaissait en en position dans le palmarès des essences ( position des essences feuillues) avec vendus, nombre en régression par rapport à celui de l'année précédente.

Les pépins, débarrassés d'une enveloppe transparente, nécessitent plusieurs mois de stratification froide à 4°. Même enterrés, ils sont la cible des mulots.

Le cormier a quelques ennemis comme les insectes ou les champignons parasites, le chancre nectrien particulièrement virulent.

Arbres remarquables Le plus grand et certainement le plus ancien spécimen d'Europe se situe près de la ville de Strážnice dans la province de Moravie, en République tchèque. Son tronc mesure plus de de circonférence et on estime qu'il aurait plus de . Mais le plus gros cormier est slovaque, avec de circonférence et plus de . vignette|Le cormier de Commercy.

En France En Moselle, à Ebring, un spécimen atteint un diamètre de et une hauteur de seize mètres. À Théding, toujours dans le département de la Moselle, il en subsiste aussi quelques spécimens de belle taille dont un de de tour qui prospère dans une haie champêtre. Dans la forêt domaniale du Buchholz à Sarreguemines (Moselle), un individu de de circonférence et une taille de a un âge estimé entre . À Puttelange-aux-Lacs, le chemin d'accès à la ferme du Welschof, entre le lac du même nom et l'autoroute, sont plantés une douzaine de cormiers en alignement d'un diamètre de et d'une vingtaine de mètres de hauteur. Des semis de cormiers sont victimes du gibier (très appétents pour le chevreuil comme tous les fruitiers). Dans la forêt communale de Guenviller existe un individu très bas, branchu, dont le diamètre est d'environ .

Dans la forêt de Commercy (Meuse), un cormier de atteint de hauteur (+/-) pour environ de circonférence (mesure 2011). Dans les Vosges, dans la forêt de Moriville, un cormier de de haut et de diamètre a été découvert en 1980.

En Alsace, à Marmoutier, un cormier de , de haut et de circonférence a été classé arbre remarquable national en 2016.

En Anjou, dans le parc du château du Martreil, à Sainte-Christine, on pouvait admirer un spécimen remarquable dont le tronc mesurait de circonférence à de hauteur. C'était un des plus beaux spécimens de l'Ouest de la FranceLe parc du château du Martreil à Sainte-christine.. Mais entièrement creux, il s'est écroulé et les restes ont été retirés.

En Champagne, dans la Forêt du Chêne à la Vierge, sur la commune de Sermiers, dans le département de la Marne, au cœur du parc naturel régional de la Montagne de Reims, deux cormiers remarquables sont répertoriés : le Gros cormier et le cormier de Montrieul, lequel atteint une hauteur de et une circonférence de près de selon le panneau de l'ONF qui présente l'arbre. Tous deux se trouvent sur la route forestière de la Fontaine de l'Aulne, au nord de l'étang de Nanteuil, et sont répertoriés comme arbres remarquableshttps://www.onf.fr/foret-exception/tous-les-contenus/+/1223::le-sentier-des-arbres-remarquables.html Sur cette page du site de l'ONF, téléchargez le pdf d'une plaquette montrant le balisage des sentiers de découverte des arbres remarquables de cette forêt, dont le Gros Cormier et le Cormier de Montrieul.

Usages

Le bois du cormier est très dense : (par comparaison : pour le chêne et pour le merisier), et figure parmi les bois indigènes les plus durs en France. Aussi sert-il à la fabrication de manches d'outils particulièrement résistants. Il a longtemps été prisé aussi pour la confection des fûts d'outils de corroyage (rabots, riflards, varlopes, guillaumes...) ou pour la réalisation d'outils de traçage (règles, trusquins) et de toise. Dans les moulins, les dents rapportées (alluchons) sur couronne en fonte de l'engrenage multiplicateur étaient faites en cormier. Les graveurs sur bois ont aussi utilisé le cormier pour l'impression d'images. D'une façon générale, le bois du cormier est apprécié comme bois d'œuvre en ébénisterie.

Le cormier est utilisé en agroforesterie pour protéger des vignes du soleil par son feuillage léger ou pour favoriser le développement de la truffe car la corme, en se décomposant, libère du carbone qui lui est favorable. Par ailleurs, les fleurs du cormier sont mellifères.

Il semble que les fruits du cormier, cormes ou sorbes, comestiblesPetit atlas... des plantes comestibles, éd. Soregraph, Delachaux et Niestlé, .., aient été appréciés des Grecs dès l'Antiquité. Platon y fait référence (τὰ ὄα) dans Le Banquet, dans le discours d'Aristophane, et y évoque un processus de conservation, sans entrer dans le détailLe Banquet, 190d : ὥσπερ οἱ τὰ ὄα τέμνοντες καὶ μέλλοντες ταριχεύειν (traduction de Paul Vicaire, C.U.F., 1989 : « comme on coupe les cormes pour les mettre en conserve »), mais selon d'autres éditions τὰ ὠὰ « les œufs » (traduction de Luc Brisson, GF, 1998 corrigée en 2007 : morceau de phrase non traduit, considéré en note comme interpolé à partir de la suite « comme on coupe les œufs avec un crin »)..

Après blettissement, comme pour la nèfle, les fruits de cormier peuvent être utilisés pour préparer une boisson gazeuse faiblement alcoolisée, le cormé. Après macération, ils peuvent être distillés pour fabriquer une eau de vie la sorbette. Il est également possible de les transformer en confiture.

Le cormier fait partie des espèces testées en agroforesterie en France, dans des champs ou vignesVidéo « Agroforesterie tempérée : intensification écologique décortiquée à l'aide d'outils de simulation innovants », par Christian Dupraz durant le séminaire 2011-11-08, d'Agropolis International .

Calendrier républicain Le cormier voit son nom attribué au du mois de brumaire du calendrier républicain ou révolutionnaire françaisPh. Fr. Na. Fabre d'Églantine, Rapport fait à la Convention nationale dans la séance du 3 du second mois de la seconde année de la République Française, ., généralement chaque du calendrier grégorien.

Galerie

Toponymes Villes françaises dont le nom vient de cormier : 50px|left Corme-Royal (17)

50px|left Le Cormier (27)

50px|left Saint Aubin du Cormier (35)

Notes et références

Voir aussi Bibliographie .

Articles connexes Sorbier Sorbier d'Amérique

Liens externes

Présentation du cormier et sa multiplication par l'INRA Avignon De nombreuses informations par AC2F = Association Cormier et Fruitiers Forestiers Favoriser les essences rares - Le Cormier Le traité du Cormier / SEPENES Centre régional de la propriété forestière de Bretagne, Le Cormier (Sorbus domestica), sur le site du Centre national de la propriété forestière

Quelques spécimens remarquables Photos des cormiers de l'arboretum de Chevreloup du Museum National d'Histoire Naturelle

+ Catégorie:Espèce de Rosaceae (nom vernaculaire) Catégorie:Dicotylédone d'Europe Catégorie:Arbre en Europe Catégorie:Arbre en France Catégorie:Arbre en Suisse Catégorie:Plante médicinale