Le groupe Dassault Aviation est un constructeur aéronautique français fondé en 1916 par Marcel Dassault et qui reste le dernier groupe d'aviation au monde détenu par la famille de son fondateur et portant son nom.
C'est une entreprise multinationale qui emploie 14 600 personnes en 2025, dont 77 % en France et exploite une flotte recensant plus de Falcon en service et plus de de combat en service dans .
L'exportation représente 68 % du chiffre d'affaires en 2024.
Ses activités, couvrant l’amont (conception, développement et production) et l’aval (vente et support). s’organisent autour de : l’aéronautique avec la création d’une centaine de prototypes et la vente de plus de dans 90 pays depuis 1945, principalement des avions d'affaires qui représentent 36 % de l'activité en 2024 (Falcon) et également des avions militaires (Mirage 2000, Rafale) ; les activités spatiales (études des véhicules spatiaux, systèmes sols de télémesure et activités pyrotechniques) ; les services (Dassault Procurement Services, Dassault Falcon Jet et Dassault Falcon Service) ; les produits et services aux systèmes d’aéronautiques et de défense (Sogitec Industries).
Dans l'activité principale d'exportation d'avions d'affaires à réaction haut de gamme, Dassault Aviation occupe en 2012, une part de marché de 29 % en troisième position mondiale derrière le Canadien Bombardier et l'Américain Gulfstream Aerospace (filiale de General Dynamics)mars 2012 - Aerospace and Defense - MorganMarkets - JP Morgan.
Depuis le , la direction du groupe Dassault Aviation est assurée par Éric Trappier. Lors de l'assemblée générale annuelle des actionnaires du , son mandat à la présidence de l'entreprise est renouvelé pour quatre années avec les administrateurs Charles Edelstenne et Olivier Dassault. Loïk Segalen est quant à lui confirmé comme directeur général délégué.
Dassault Aviation se classait en 2025 au mondial pour la production d'armementD'après Defense News Top 100 Liste pour 2025.
Historique Depuis le début du , à l'origine de l'aviation, Dassault Aviation a commencé dans le monde aéronautique, par la conception, la réalisation et la production d'appareils. L'entreprise s'est diversifiée, commençant par l'Hélice Éclair de 1916 arrivant au Falcon 8X en 2015, plus de cent prototypes ont été mis à l'étude par Dassault aéronautique.
1918-1945 : les origines de Dassault Aviation thumb|200px|Marcel Bloch, vers 1914. Dès la Première Guerre mondiale, Marcel Bloch, qui prend le nom de Marcel Dassault en 1949, constitue une équipe et crée, en 1918, la Société d'études aéronautiques (SEA). Cette dernière étudie et construit un biplace de chasse appelé SEA IV qui est commandé à par l'armée française.
Après un intermède au cours des années 1920, une nouvelle équipe est formée en 1930 et réalise successivement toute une série d'appareils allant du trimoteur postal entièrement métallique MB.60 au bombardier lourd MB.210 en passant par le quadrimoteur de transport MB.160 et le chasseur monoplace MB.152.
En 1935, la société, qui dispose d'une protection sociale, d'une organisation du travail et d'une grille de rémunérations en avance par rapport au reste de l'industrie, accorde une semaine de congés payés à ses ouvriers.
À la suite de la nationalisation des entreprises aéronautiques en 1936 (voir Front populaire), les usines de la société des avions Marcel Bloch, créée en 1928, sont intégrées à la Société nationale des constructions aéronautiques du sud-ouest (SNCASO).
Disposant librement de son bureau d'études, Marcel Bloch crée, le , la « Société anonyme des avions Marcel Bloch (SAAMB) » en regroupant ses moyens dans le but de concevoir et réaliser des prototypes qui seront fabriqués par les sociétés nationalisées. Mais, l'indépendance ne dure pas. Le , le ministère de l'Air intègre le bureau d'étude à la SNCASO.
Marcel Bloch, ne pouvant plus construire d'avions, se lance alors dans la fabrication de moteurs puis d'hélices et fait construire une usine à Saint-Cloud en 1938Claude Carlier Marcel Dassault, la légende du siècle, Page 91, éditions Perrin, 1992., une autre à DoratAssouline, p. 139. et fonde Bordeaux-Aéronautique, le En 1939, Marcel Bloch, toujours pressé, continue de recruter. Le février, il embauche Claude de Cambronne : « Après Sup'Aéro, je travaillais dans une compagnie d'assurance qui ne couvrait que le risque aviation de tourisme, j'étais directeur des expertises. Marcel Bloch m'a proposé d’entrer dans sa Société en me disant : " Je vous propose une situation chez moi car nous allons avoir la guerre ". J'ai été très étonné. Plus tard j'ai compris que quand il ouvrait la bouche ce n'était que pour dire des choses sensées. Avec lui, je suis passé du niveau de l'élève de Sup'Aéro au plus haut niveau de la profession. (…) Le 27 novembre 1940, Marcel Bloch reçoit la visite de son collaborateur, Claude de Cambronne. Il lui remet une lettre, manuscrite, destinée à l'Association des anciens élèves de Sup'Aéro dont il est le président : « Mes chers camarades, si l'heure est difficile, ne désespérez pas de l'avenir. (…) Après cette guerre où les bateaux, le matériel roulant, les avions commerciaux auront été anéantis, l'aviation commerciale connaîtra un essor inouï car elle remplacera la plupart des moyens de transport. (…) « Nul doute que le gouvernement de l'État français, dans une Europe reconstruite, saura conserver à notre pays la part de production aéronautique qui revient à notre technique et à notre position géographique dans le monde. (…) « Président de votre Association, je reviendrai un jour me placer à côté de vous et mon concours amical vous sera comme toujours acquis. » (…) Bordeaux Aéronautique a été créée, le , selon acte sous seings-privés déposé chez maître Bonnel, notaire à Paris, le . Sur les actions, 650 appartiennent à Marcel Bloch, 655 à André Curvale, 390 à Henri Deplante et 260 à Claude de Cambronne, qui sont les principaux actionnaires. (Extrait de la biographie de Claude Carlier, Marcel Dassault : La légende d'un siècle, Éditions Perrin, mai 2002).
1945-1986 : expansion industrielle La Seconde Guerre mondiale, entraîne le refus de collaboration avec l'envahisseur, l'internementEmmanuel Chadeau, L'Économie du risque, Paris, éd. O. Orban, 1988. et la déportation à Buchenwald le de Marcel Bloch, la dispersion de ses collaborateurs.
Jusqu'à la mi-1944, le meilleur avion de reconnaissance en service au cours de la Seconde Guerre mondiale, le Fw 189 est produit en grande quantité, à l'usine Focke-Wulf de Brême et à l'usine de Bordeaux-Mérignac, dans la France occupée.
Dès son retour en , Marcel Bloch intègre à la SAAMB les usines de Saint-Cloud, Boulogne et Talence. Le , les actionnaires l'adaptent à son nouveau fonctionnement en la transformant en une Société à responsabilité limitée qui s'appelle « Société des Avions Marcel Bloch ». Il crée des filiales pour faciliter la gestion de la société : le , l'usine de Saint-Cloud devient la « Société des Moteurs et Hélices Marcel Bloch » qui est renommée le , « Saint-Cloud Avions Marcel Bloch ». Le même jour, sont constituées les sociétés Boulogne Avions Marcel Bloch à Boulogne-Billancourt et Talence Avions Marcel Bloch à Talence.
thumb|200px|Dassault Mystère IV MD 454. Bordeaux-Aéronautique est dissoute le ; la société reprend son activité et conçoit rapidement, en 1947, pour l'armée de l'air française, un bimoteur de transport et de liaison, le MD 315 Flamant, à partir des plans du Ba 30.
Marcel Bloch change son nom en Marcel Dassault, ce patronyme ayant été, pendant la guerre, le pseudonyme de son frère Paul, un des chefs de la Résistance. La « Société des Avions Marcel Bloch » devient la « Société des Avions Marcel Dassault » le .
Le , le Conseil d'administration de la « Société Talence Avions Marcel Dassault » décide, pour prévenir une éventuelle fermeture de l'usine de Talence située en ville, d'ouvrir une usine sur l'aérodrome de Mérignac pour le montage et les essais en vols du Flamant. En effet, c'est la volonté du ministère de l'Air de l'époque. Par la même occasion, « Talence Avions Marcel Dassault » devient « Mérignac Avions Marcel Dassault ».
Le , le colonel Auguste Le Révérend est nommé gérant directeur général des trois filiales, car Marcel Dassault souhaite se présenter aux élections législatives. Il conserve la direction technique et industrielle en tant qu'ingénieur conseil. thumb|Dassault Ouragan israëlien en 1965. C'est l'aviation à réaction, en 1951, qui permet à DassaultAvec le MD 450 Ouragan dont découle la famille Mystère-Etendard. de réaliser les premières exportations (Inde, Israël) de l'industrie aéronautique française d'après-guerre. En effet de sa propre initiative, Dassault se lance dans l'étude du MD-450 Ouragan qui est le premier avion à réaction de conception française construit en série, il marque une étape importante dans l'histoire de l'aéronautique nationale française. thumb|Étendard IVM et Super Étendard sur le Foch en 1983. Directement dérivé de l'Ouragan, le Mystère II est le premier avion français à franchir le mur du son en 1952, avec le pilote Roger Carpentier. Le MD 454 Mystère IV consacre le succès de Dassault lorsque les États-Unis en commandent 225 appareils dans le cadre d'un accord de l'OTAN. Des appareils issus de cette lignée, l'Étendard IV M et son successeur, le Dassault Super-Étendard équiperont ultérieurement (en 1962 et 1978) les porte-avions français Clemenceau et Foch, ainsi que la marine argentine.
La Société des avions Marcel Dassault se spécialise. En 1953, le Département Réacteurs est créé. L'année suivante, c'est le Département Électronique qui s'installe à Argenteuil.
Le , Bention Grebelsky, qui vient de changer son nom en Benno Claude Vallières (son nom de guerre), est nommé second gérant de Saint-Cloud Avions Marcel DassaultClaude Carlier et Luc Berger, Dassault, 50 ans d'aventure aéronautique, 1945-1995, éditions Le Chêne, 1996, Tome 1 : L'Entreprise, p. 42.
Conformément aux directives gouvernementales encourageant le regroupement des entreprises, Marcel Dassault décide de concentrer toutes ses sociétés d'aviation en une seule : la société Saint-Cloud Avions Marcel Dassault. Le , il notifie au Comité de Direction que Benno Claude Vallières sera dans l'avenir le gérant de l'ensemble des activités aéronautiques Marcel Dassault, Cellule, Moteur et Électronique. thumb|200px|Un Mirage IIIE de l'Escadron de Chasse 2/4 La Fayette en 1986. Le , la Générale aéronautique Marcel Dassault (GAMD), dont la gérance est confiée à Benno Claude Vallières, est créée en réunissant les trois sociétés Mérignac Avions Marcel Dassault, Boulogne Avions Marcel Dassault et Saint-Cloud Avions Marcel DassaultClaude Carlier et Luc Berger, Dassault, 50 ans d'aventure aéronautique, 1945-1995, éditions Le Chêne, 1996, Tome 1 : L'entreprise. Page 47.
Le premier vol du prototype MD 550-01 a lieu le démarrant le programme Mirage III qui marque le passage à Mach 2 et une nouvelle augmentation à l'exportation en mettant en place la famille d'avions Mirage.
En 1957, est créé le Département Engins pour l’étude d’engins air-sol et sol-sol. thumb|Mirage 5F du 3/13 Auvergne dans les années 70. La coopération de Sud-Aviation avec la Générale aéronautique Marcel Dassault (GAMD) amorcée auparavant se poursuit dans les années 1960 pour des avions civils (Super-Caravelle, Mystère 20 et Mercure) et militaires (Balzac, Mirage III V, Spirale). Elle se réitère avec le Concorde, avec la British Aircraft Corporation et Sud-Aviation.
Le département des ventes à l’étranger qui est chargé de la prospection et de la vente est réorganisé le , séparant les deux activités civile et militaire de façon distincte.
L’activité électronique de Dassault s’étant beaucoup développée, le Centre d’études et de recherches électroniques (CEREL) est créé et s’installe à Saint-Cloud. Le , il change de statut pour être une SARL, Électronique Marcel Dassault, puis, le , une Société anonyme en gardant le même nom.