Aziz Akhannouch (en amazighe : , Ɛaziz Axnnuc ; en arabe : , ʿAzīz ʾAẖannūš), né le à Tafraout, est un homme politique et homme d'affaires marocain qui occupe le poste de Chef du gouvernement depuis le .

Entre 2007 et 2021, il est le ministre de l'Agriculture et de la Pêche.

De 2016 à 2026, il dirige le Rassemblement national des indépendants (RNI), parti de centre droit. Le RNI étant arrivé en tête des élections législatives de 2021, le roi le charge de former le nouveau gouvernement.

Il est également maire d’Agadir depuis les élections communales de 2021.

Situation personnelle

Origines Aziz Akhannouch est né le . à Tafraout.. Il est originaire de la tribu amazighe du Souss des Aït Ammeln...

Il est l'héritier d'un mini-empire crée par son père, qu'il contribue à moderniser et développer. Son père, Haj Oulhaj Akhanouch est originaire de Aguerd Oudad, un douar proche de Tafraout, dont les forces vives ont émigré dès les années 1920 à Casablanca.

Arrivé à Casablanca en 1932, Oulhaj Akhannouch ouvre un magasin où il revend du pétrole au litre. Doué d'un sens des affaires, il développe rapidement un réseau de distribution comptant sept échoppes, dont certaines sont confiées en gérance.

Une dizaine d'années plus tard, il retourne à Agadir pour y ouvrir une conserverie et une taillerie de marbre. Il s'engage en soutenant le mouvement indépendantiste marocain. Il défend également dans les années 1940 un mouvement populaire de boycott économique contre les Français. Les autorités du protectorat le mettent en prison, brûlent ses commerces. Libéré, ses affaires périclitent.

Oulhaj se lance ensuite dans les hydrocarbures en créant Afriquia SMDC, en association avec Mohamed Wakrim, un homme auquel il est lié par les affaires et une origine géographique commune.

Au lendemain de l’indépendance, Oulhaj peut se refaire grâce au renvoi d’ascenseur des nationalistes. Soucieux de bien de se faire voir, Oulhaj Akhennouch fournira des bonbonnes de gaz lors de la Marche verte.

À la fin des années 1970, il décide d'entrer en politique en créant le Parti de l'Action.

Formation Dans les années 1970, Aziz Akhannouch fait ses études primaires et secondaires dans la ville de Casablanca. Après son baccalauréat, il effectue son cursus universitaire au Canada, au Québec, à l'université de Sherbrooke, où il obtient un MBA en 1986..

Vie privée

Aziz Akhannouch est marié avec la femme d'affaires Salwa Idrissi, propriétaire de la holding Aksal et petite fille de Haj Hmad Benlafkih, richissime homme d'affaires, qui a fait fortune en dominant le commerce au Maroc en partenariat avec Hassan Raji, le propriétaire des thés Sultan.

Il est père de trois enfants. dont Soukaïna, qui lui a succédé en tant que présidente d'Akwa Group en 2021, à l'âge de 28 ans après sa nomination comme chef du gouvernement ., de son côté, sa seconde fille, Kenza, a créé sa propre entreprise de services esthétiques en collaboration avec M by Majda., et Ahmed, DJ international reconnu par le nom d’Ahmed Spins.

Carrière professionnelle

Retour au Maroc Aziz Akhannouch retourne au Maroc au milieu des années 1980 et s'implique dans les affaires familiales. Après la disparition de son père dans les années 1990, il hérite d’un empire florissant et d'un important patrimoine foncier important dans le quartier Ain Sbaa.

Dans les années 1990, il se rapproche alors de Driss Basri.

De 1996 à 1999, sur proposition de Driss Basri, Akhanouch est nommé au G14, un think-tank économique créé par le roi Hassan II pour tracer les grandes stratégies du pays.

Parmi les autres membres du G14, on retrouve Mostafa Terrab, Adil Douiri, Driss Benhima, Hassan Benabderrazik et Saâd Bendidi.. Il est le seul non-ingénieur.

En 1996, il investit dans le secteur des médias en rachetant Caractères, devenant ainsi propriétaire de :

La Vie économique ; Aujourd'hui le Maroc. Femmes du Maroc ; Maisons du Maroc ; Nissaa Min Al Maghrib ;

Il acquiert également des actions dans le journal L'Économiste.

Après avoir racheté La Vie Économique, il tente plusieurs fois de s'emparer de l’Économiste, sans succès..

En 1999, il entre dans le capital de Meditelecom, derrière Maroc Telecom.

La même année, deux sociétés du Akwa Group sont introduites en bourse : Afriquia Gaz et Maghreb Oxygène.

Tournant des années 2000 Au début des années 2000, il s'éloigne très rapidement de Driss Basri, alors en disgrâce et dont l'image est fortement dégradée.

Alors que ce dernier fait la une de la presse marocaines avec ses déclarations chocs depuis Paris, le journal La Vie économique ne parlera jamais du cas Driss Basri. Soucieux de se rendre utile, il introduit ses connaissances d’extrême gauche aux conseillers du Roi.

En 2003, Aziz Akhanouch est élu président du Conseil de la région Souss-Massa-Drâa, avec 98 voix sur 110.

En 2005, il rachète la Somepi, principale entreprise concurrente de Afriquia, et propriété de Mustapha Amhal, pour la somme de 1 milliard de dirhams (93 millions d’euros). Le deal est financé en grande partie par Khalid Oudghiri, directeur de Attijariwafa Bank.

La fusion avec la Somepi transforme Afriquia en un véritable géant économique.

En 2006, il entre au capital du journal La Nouvelle Tribune.

Fortune Sa fortune personnelle est estimée en 2019 à 1,9 milliard de dollars selon Forbes.

Il détient via sa Holding Akwa des dizaines d'entreprises dont Afriquia, Afriquia Gaz, Tissir Gaz, Ultra Gaz, Mini Brahim, Oasis Café, Maghreb Oxygène, La Vie économique, Nissa Min Al Maghrib, Femmes du Maroc, Aujourdhui le Maroc, Le Courrier de l'Atlas ainsi que les Hôtels Ibis BudgetAu Maroc, tous les hôtels de marque Ibis Budget sont détenus à 50% par Risma (une filiale de Accor) et à 50% par Akwa Group.

Voir l'explication dans le rapport annuel de Risma..

En 2021, il est l'homme le plus riche du Maroc après le roi.

En 2025 il est la 16e position des milliardaires du classement Forbes avec 1,6 milliard de dollars..

Parcours politique Président de région Entre 2003 et 2007, il est président de la région Souss-Massa-Drâa.

Ministre de l'Agriculture et de la Pêche

Gouvernement Abbas El Fassi En 2007, sous Abbas El Fassi, il est nommé Ministre de l'Agriculture et de la Pêche par le roi Mohammed VI.

Dès sa première année au ministère, en 2008, il annonce le lancement du Plan Maroc Vert, une stratégie agricole visant à convertir l’agriculture marocaine en un véritable moteur de développement économique et social.

Il rejoindra durant cette période le parti politique Rassemblement national des indépendants (RNI).

Gouvernement Benkirane Après les manifestations du Printemps arabe en 2011, le roi annonce une modification de la constitution. La constitution l'oblige désormais à nommer comme chef du Gouvernement le chef du premier parti politique arrivé en tête aux élections législatives.

Aziz Akhannouch soutient publiquement Salaheddine Mezouar qui, président du RNI, appelle à une coalition de tous les partis politiques du Maroc contre le PJD. Cela n’empêchera pas le PJD de remporter le scrutin de 2011.

En 2012, sous le gouvernement de Abdelilah Benkirane, il est nommé par le roi Mohammed VI comme ministre de l'Agriculture et de la Pêche maritime. Il annonce alors qu'il gèle son adhésion au RNI..

Le , en plus de son portefeuille ministériel de l'agriculture, il est nommé par le chef de gouvernement Abdelilah Benkirane, ministre de l'Économie et des Finances par intérim, en remplacement de Nizar Baraka, démissionnaire du gouvernement Benkirane car nommé par le roi Mohammed VI à la tête du Conseil économique, social et environnemental.

Gouvernement El Othmani Lors des élections législatives de 2016, le PJD renforce son score, devenant le premier parti politique marocain en obtenant 125 sièges contre 37 sièges pour le RNI. En , Aziz Akhannouch est chargé par le roi Mohammed VI de la stratégie de développement agricole du royaume jusqu'en 2030. Ce nouveau plan, du nom de « Génération Green » prend la suite du Plan Maroc Vert..

En , via sa société Afriquia, filiale du groupe Akwa, il affirme participer à hauteur d'un milliard de dirhams au fonds de gestion de la pandémie de Covid-19 fondé à l'appel du roi Mohammed VI..

Chef du gouvernement

Le RNI arrive en tête des élections législatives du 8 septembre 2021.. « Aziz Akhannouch a déployé les grands moyens pour sa campagne électorale, il a mené une véritable campagne à l'américaine, avec un énorme budget », constate l'universitaire Omar Brouksy. Lui et les cadres de son parti ont parcouru le pays et investi massivement les réseaux sociaux, promettant la création d'un million d'emplois. « Le RNI a beaucoup imité le PJD en créant des réseaux d'associations dotées de fonds pour entretenir une clientèle et s'implanter localement », ajoute le politologue Mohamed Tozy.

Conformément à la Constitution, qui prévoit que le chef du gouvernement soit choisi au sein du parti arrivé en tête des élections législatives, le roi Mohammed VI le charge de former le nouveau gouvernement.. Il est également élu maire de la ville d'Agadir.

Il est considéré comme un proche et ami intime du roi du Maroc.

Le , Aziz Akhannouch annonce avoir formé une coalition avec le Parti authenticité et modernité (PAM) et le Parti de l'Istiqlal (PI).. Son gouvernement entre en fonction le ..

Dans le même temps, Aziz Akhannouch annonce se désengager de la gestion de la holding familiale., tout en restant actionnaire majeur.

Budget 2023 La présentation par le Gouvernement Akhannouch du budget pour l'année 2023 intervient dans le contexte d'une crise économique et sociale, la crise énergétique mondiale provoquant une flambée des prix des carburants et des denrées alimentaires. Plus de 3 millions de Marocains supplémentaires basculent selon les chiffres de l’État, tandis que le déficit commercial et l'endettement public s’accroissent légèrement et que la croissance économique reste faible (0,8 % selon le Fonds monétaire international et 1,5 % selon le gouvernement marocain pour l'année 2022). Le budget 2023 est présenté comme favorisant les intérêts des grandes entreprises afin de stimuler l’investissement, avec notamment une baisse de onze points (de 31 % à 20 %) de l’impôt sur les sociétés pour les entreprises réalisant moins de 100 millions de dirhams de profits. Le patronat, représenté par la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), se félicite alors de l'adoption de ce budget, tandis que l'opposition fustige le renoncement à tout projet de réforme fiscale visant à diminuer les inégalités sociales ou soulager la pauvreté..

Le gouvernement rejette par ailleurs la proposition de taxe sur les superprofits défendue par l'opposition, une décision qui provoque une polémique dans le pays en raison des liens d'Akhannouch avec le secteur des hydrocarbures, à l’origine de sa fortune.. La taxe visait en effet tout particulièrement ce secteur, dont les entreprises ont vu leurs bénéfices s'élever à 1,68 milliard de dirhams de 2018 à 2022. Leader en termes de part de marché, l'entreprise Afriquia, filiale du Groupe Akwa , engrange ainsi depuis quatre ans des bénéfices de 497 millions de dirhams, les troisièmes plus importants après TotalEnergies (883 millions) et Vivo Energy (555 millions), selon un rapport du Conseil de la concurrence, publié fin , qui qualifie l'activité de .. Historiquement très dépendant des importations d'hydrocarbures, ce dernier avait déjà été le théâtre d'une polémique similaire en 2018 après la parution d'un rapport parlementaire jugeant les marges du secteur . Alors ministre de l'agriculture au sein du Gouvernement El Otmani I, Aziz Akhannouch avait déjà été la cible de critiques, le ministre alors la collusion entre le monde des affaires et la classe dirigeante. Condamnés en 2019 pour entente sur les prix, Afriquia, Total et Shell ne font finalement l'objet d'aucune sanction, tandis que le projet de rétablissement de la subvention sur les carburants supprimée en 2015 est abandonné..