L’Anabase (du grec ancien , « action de monter, expédition dans l’intérieur d’un pays, en s’éloignant de la côte ».), ou Expédition d'Alexandre, est l’œuvre principale d'Arrien, historien romain de langue grecque du (v. 95 — v. 175). Il offre une description fiable et détaillée des campagnes militaires d'Alexandre le Grand.
Généralités L'ouvrage compte sept livres et une annexe intitulée l'Inde. De toutes les œuvres d'Arrien, c'est essentiellement l'Anabase qui a fait sa gloire. Par son titre, par le nombre de ses livres, par sa langue archaïsante et atticisante, par sa composition, cet ouvrage renvoie surtout à l’Anabase de Xénophon. Et si Xénophon narrait la longue marche des Dix-Mille, Arrien, lui, va narrer celle d'Alexandre, des conquêtes qui l'accompagnent, jusqu'à la mort de ce dernier.
Ce choix s'explique aussi par le fait qu'Arrien estime que
Sources de l’Anabase
Pour composer son Anabase, qui relate des événements qui se sont produits environ quatre siècles auparavant, Arrien est obligé de puiser dans des sources antérieures. Nombreux sont les historiens qui ont rapporté les faits et gestes d'Alexandre. Arrien en choisit deux : Ptolémée Sôter et ses Mémoires, ainsi qu'Aristobule. Leur narration des événements historiques n'est au moins pas entachée de flatterie, puisqu'ils écrivent après la mort d'Alexandre. De leurs textes, il reprend les éléments sur lesquels les deux auteurs s'accordent; et là où cet accord ferait défaut, il choisit la version qui lui semble le plus vraisemblable, et qui aussi qui mérite d'être portée à la connaissance des lecteurs. Autant d'arguments qu'Arrien relève explicitement dans le préambule de son ouvrageHistoire d'Alexandre, Minuit, 1984, (v. bibliographie)..
Il donne donc le récit de la conquête de l'empire perse en se basant sur ces deux officiers macédoniens qui ont participé aux événements qu'ils relatent, tout en faisant preuve d'une relative objectivité: Ptolémée Sôter a été compagnon du jeune Alexandre, il l'a accompagné dans ses expéditions, et son Histoire d'Alexandre porte avant tout sur les activités militaires; Aristobule, qui a aussi pris part à ces campagnes, est, lui, la source qu'Arrien utilise de préférenceSuzanne Saïd, Monique Trédé et Alain Le Boulluec, Histoire de la littérature grecque, PUF, 2019, .. Quant à certains futurs diadoques, tels Perdiccas, Eumène de Cardia ou Antigone le Borgne, ils n'occupent qu'une place très réduite dans les sources d'Arrien.
Le livre complémentaire consacré à l'Inde (Indica) relève de la tradition fondée par Hérodote et de l'ethnographie. On n'y trouve cependant rien de neuf: l'image de l'Inde donnée par Arrien se fonde sur trois œuvres hellénistiques: le Périple de Néarque (qui a exploré les côtes depuis les bouches de l'Indus jusqu'à l'Euphrate), les Indika de Mégasthène, ainsi que la Géographie d'Ératosthène. . centré|vignette|420x420px|Le périple d'Alexandre le Grand.
Jugements sur l'ouvrage
L’Anabase est considéré comme le récit antique le plus fiable et le plus complet des conquêtes d'Alexandre encore conservé, avec celui de Plutarque (sa Vie d'Alexandre s'inspire aussi d'Aristobule et de Ptolémée), voire de Diodore de Sicile (Bibliothèque historique, livre XVII). Arrien ne témoigne pas de la même prétention moralisante que Diodore ou Plutarque ; son Anabase est un récit de campagnes militaires, qui exclut éloges et blâmes aux illustres personnages (excepté Alexandre). Finalement, le récit d'Arrien (donc celui de Ptolémée) s'oppose à la Vulgate d'Alexandre issue de l’Histoire d'Alexandre de Clitarque dont Quinte-Curce et Diodore sont les principaux héritiers.
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie
Traductions
Français
Anglais
Latin Arrien, Arriani Anabasis et Indica : Scriptores rerum Alexandri Magni [Historiens d'Alexandre], éd. grecque et trad. latine par Jean-Frédéric Dübner et Karl Müller, Paris, F. Didot, 1846 (Scriptorum graecorum bibliotheca, 25) (en ligne) ; repr. Chicago, 1979 .
Études
Liens externes Expéditions d'Alexandre : l'Anabase (trad. de ???, dans Essai sur la tactique des Grecs publ. par MM. Ch. Liskenne et Sauvan Anselin, 1835) sur remacle.org. Arrian Anabasis, trad. anglaise de E. J Chinnock (1893), et E. Iliff Robson (1933). Anabase sur cosmovisions.com. Arria'nus (sic) dans William Smith (Ed.), A Dictionary of Greek and Roman Biography and Mythology, Londres, 1870, .
Catégorie:Historiographie grecque Catégorie:Littérature grecque d'époque romaine Catégorie:Livre paru au IIe siècle Catégorie:Empire achéménide dans l'art et la culture