Michel Conte, de son vrai nom Michel Seunes, connu aussi sous le pseudonyme de Melki, est né le à Villeneuve-sur-Lot et mort le en Tunisie. Il fut un chorégraphe français pour la télévision et pour la scène, auteur-compositeur-interprète, metteur en scène d'opéras, d'opérettes et de comédies musicales.
Biographie Michel Conte est issu d'une famille paysanne. Il a une sœur. Son père fut membre de la résistance pendant la Seconde Guerre mondiale.
Il quitte sa Gascogne natale à treize ans pour étudier le piano et la composition au Conservatoire de Paris. Grâce à une dispense, il obtient à quinze ans la première partie du bac. Il ne pourra pas terminer ses études à cause de la tuberculose et de la leucémie dont il est atteint. Il interrompt ses études musicales après avoir obtenu un deuxième prix de piano à dix-sept ans, et après avoir suivi des cours d’orchestration avec Elsa Barraine.
Nom de scène Lors de son inscription à l’âge de dix-neuf ans au Ballet de Strasbourg, il adopte le nom de « Conte », un nom qu’il emprunte à la comédienne Louise Conte, pensionnaire du Théâtre-Français, admirée dans Bérénice et Phèdre, Nu… comme dans nuages, op.cit..
Chorégraphe Il débarque au Québec en , aux débuts de la télévision. Il met en place des ballets classiques, présentés par Henri Bergeron dans L’Heure du Concert . Il compose les fonds scéniques de l’émission de music-hall du dimanche, aux heures de grande écoute. Ces numéros de danse accompagnent une chanteuse populaire, ou bien, diffusés en direct, servent de liens entre les numéros de magicien et d'acrobate. Ils accompagnent Petula Clark dans une version française de Downtown : la chanson commençait à se positionner favorablement dans les palmarès britanniques.
Il chorégraphie plusieurs ballets pour la télévision. Il compose de la musique qui sera utilisée par les troupes de ballet canadiennesLe Ballet Royal de Winnipeg avec Un et un font deux en 1961 et Les Grands Ballets canadiens avec Cantique des cantiques en 1974.. Il met en scène plusieurs opéras, opérettes et comédies musicales, tant à la télévision que sur les planches.
Parmi ses compositions pour le ballet : Un et un font deux, créé par le Ballet Royal de Winnipeg en 1961, Cantique des cantiques, chorégraphié par Fernand Nault des Grands Ballets canadiens et créé lors du « Festival Expo-Théâtre » en 1974Voyez l’affiche et le programme dans les archives de la Bibliothèque de la danse de l’École supérieure de ballet contemporain.. Parmi ses créations chorégraphiques pour la télévision : Le Porte-rêve de Clermont Pépin, en 1958.
Ludmilla Otzoup-Gorny Chiriaeff, la fondatrice des Grands Ballets Canadiens, travaille aussi à la télévision d’État. Le noyau de sa troupe se retrouve parmi les danseurs classiques de l’institution.
La troupe des émissions de variétés travaille dans le style « ballet-jazz ». Conte avait abordé brièvement ce style avec la troupe de danse d’un studio de télévision new-yorkais
Mandat du Conseil des Arts .
Auteur-compositeur Au cours des années 1960, il entreprend une carrière d’auteur-compositeur. Il sera chanté par Lucille Dumont, Monique Leyrac, Renée Claude (Shippagan, Viens faire un tour chez moi), Isabelle Pierre (Évangéline), Suzanne Stevens (Celui qui ne sait pas aimer, L'amour ne s'en va pas) ou Julie Arel (Kamouraska) et. Julie Arel reçoit le premier prix au Festival d’Athènes de la chanson avec Kamouraska en 1973La chanson est inspirée du film homonyme de Claude Jutra, film lui-même tiré du roman d’Anne Hébert..
Interprète En 1966, il enregistre Michel Conte chante, sous étiquette Columbia. Le disque Michel Conte chante une histoire d’amourMichel Conte chante une histoire d’amour, Paris, Columbia, 1967 . est enregistré à Paris, sous étiquette Columbia, en 1967Voir aussi : discographie de Michel Conte..
Tragédie musicale En 1968, Michel Conte écrit, avec Robert Gauthier Monica la mitraille, qu'il met en scène. C'est une comédie musicale basée sur des faits vécus. L’œuvre raconte, de manière romancée, la vie de Monica Proietti, dite « Monica la mitraille ». Cette braqueuse de banques, à Montréal à la fin des années cinquante et durant les années soixante, fut abattue après un braquage raté en 1967. La famille de la criminelle décédée lui intente un procès, ainsi qu’à l’artiste tenant le rôle-titre. Les parents seront par la suite intéressés aux bénéfices du spectacleMonica Proietti, braqueuse. ..
Spectacle Aimons-nous les uns les autres Au début des années 1970, Conte enregistre Aimons-nous les uns les autresAimons-nous les uns les autres, Polydor, Montréal, 1969. (Voir la fiche de la BNQ). Titres de l’album : Prologue — En ce temps-là — Les roses de Marie-Madeleine — Il est revenu — Pierre — La colombe et le serpent — Je reviendrai parler d'amour — Aimons-nous les uns les autres. Il part ensuite en tournée promotionnelle, avec quatre musiciens et une équipe technique d’éclairage, de sonorisation et de transport. Cette tournée, avec retour à Montréal après chaque spectacle, s’effectue dans des églises du Québec. Les chansons portent le message évangélique des chrétiens, tel qu'il est perçu par l’auteur. Le spectacle est défendu par un membre de l’archevêché de Montréal, Jean-Guy Dubuc.
Musique de films Michel Conte signe la musique des films du réalisateur Jean-Claude Lord, Les Colombes, en 1972, et Bingo, en 1974. La réalisatrice de Évangéline en quête, Ginette Pellerin, le convainc, à son retour de Tenerife en 1996, de réaliser la trame musicale de ce film produit par l’ONF.
Les enfants du ciel, la comédie musicale En 1977, il présente Les enfants du ciel, une comédie musicale. Le spectacle est simultané au lancement d’un disque analogique London Records. La chanson La Source Coule connaît un succès commercial, la partition paraît la même année.
Publications En 1980, Michel Conte fait son coming out en publiant Nu… comme dans nuages, après la parution l’année précédente de son premier ouvrage, Le Prix des possessionsLe Prix des possessions, Éditions de Mortagne, Boucherville, 1979..
Après 1980 En 1981, il abandonne le pseudonyme de Michel Conte, devient « Melki ». Il déménage à Tenerife, dans les îles Canaries. Il y enregistre en 1982 Un piano en amourMelki, Un Piano en Amour, A Piano in Love, Un Piano Enamorado, UFM-999, un disque de « easy listening music » sous étiquette UFMUnidentified Flying Music ; cf. fiche de la BAnQ Un piano en amour et distribué par Trans-Canada.
À travers le personnage de « Melki », il anime des émissions de télévision et de radio axées sur les médecines alternatives et les nouvelles thérapies. Il séjourne une quinzaine d’années dans les îles espagnoles, s’initie au yoga, au tai-chi et donne des conférences sur la danse sacrée, la « musicosophie », l’harmonisation des énergies féminine et masculineSelon l’information parue dans un article sur le site des éditions Guzzi, en 1999. cf. ..
Il revient à Montréal en 1996, prépare un spectacle qu’il présente, en , à l’Atelier À l’Écart (Longueuil). Il reprendra ce récital en , au café-théâtre de la PdALe café-théâtre en question, où dans une atmosphère détendue on peut écouter des vers dits, des chansons ou voir du théâtre, s’appelait autrefois « Théâtre du Café de la Place » et a été renommé « Studio-théâtre » en 1994, appellation sous laquelle il est connu depuis. C’est un théâtre parmi le public, un lieu d’esprit élizabéthain..
En 1998, paraît Comme un grand cri d’amour : un récit entre le cœur et l’âmeComme un grand cri d’amour : un récit entre le cœur et l’âme, Éditions Guzzi, 1998. (Voir la fiche de la BNQ), à la fois sous forme de roman, de cassette et de disque numérique, dans sa version chantée.
En 2001, reparaît la partition de Évangéline, écrite plusieurs années auparavant, qui fut interprétée par Isabelle Pierre, Marie-Jo Thério, Lyne Lapierre, Marie Williams et Annie Blanchard. L’auteur-compositeur-interprète s’est inspiré en 1971 du poème Evangeline, A Tale of Acadie de l’auteur américain Henry Wadsworth Longfellow (1847), pour écrire cette chanson sur l’héroïne fictive des Acadiens, Évangéline et son bel amant, Gabriel, lors du Grand Dérangement. Isabelle Pierre l'enregistre pour la première fois en 1971 sur son album Heureuse. Cette chanson est considérée comme son plus grand succès.
En , à l’âge de soixante-quatorze ans, il reçoit de la SOCANcf. article à la SOCAN une plaque rappelant la première position d’une de ses chansons à divers palmarès au cours de l’année écoulée. Le , lors du Gala de l’ADISQ, sa chanson Evangéline gagne le prix de la chanson de l’année. À cette occasion, Michel Conte se déclare.
Il meurt à l’âge de soixante-quinze ans, d'une crise cardiaque, le , en Tunisie.
Discographie
Michel Conte chante Conte, Columbia, Paris, 1966. Michel Conte chante une histoire d’amour, Columbia, Paris, 1967. Monica la mitraille, Polydor, Montréal, 1968. Aimons-nous les uns les autres, Polydor, Montréal, 1969. Les enfants du ciel, London Records of Canada, Mont Saint-Hilaire, 1977. Un Piano en Amour, A Piano in Love, Un Piano Enamorado, sous le nom de Melki, UFM, Montréal, 1981. Comme un grand cri d’amour, Éditions Guzzi, Laval, 1998. Viens faire un tour, Disques XXI-21 et Intermède Music, Montréal, 2008.
Musique de ballet et chorégraphie Musique Un et un font deux, créé par le « Montreal Theatre Ballet », une compagnie éphémère, et repris par le Ballet Royal de Winnipeg en 1961. À la création de l’œuvre, Conte était auteur de la musique, chorégraphe et premier danseur de la compagnie. Cantique des cantiques, Les Grands Ballets canadiens, Fernand Nault, 1974. Chorégraphie Adagio, un pas de deux avec Geneviève Kergrist sur l'Adagio d’Albinoni, à l’âge de vingt-deux ans, Paris, 1954. Le Porte-rêve, ballet écrit pour la télévision par Clermont Pépin et diffusé à L’Heure du concert, Radio-Canada, 1958. Pointes sur glace, pour les GBC sur des airs de Calixa Lavallée, 1967.
Chansons Certains titres, enregistrés par lui, ont été repris par d’autres interprètes. Certains ont été écrits à la demande d’une artiste ou en pensant à une chanteuse en particulier. La majorité des interprètes de Michel Conte sont des femmes.
Le tableau qui suit n’est pas exhaustif.
TitreInterprète Année †Tes vingt ans Lucille Dumont1963Agapi mou Ginette Ravel1967Je veux t’aimer longtemps Donald Lautrec1967Évangéline Isabelle Pierre1971Jean Sébastien Bach Monique Leyrac1967Kamouraska Julie Arel1973La source coule Michel Conte, Angela Laurier1977Le jour où tu viendras Renée Claude1969Les colombes Lise Thouin1973Ouvre un petit peu les yeux Renée Claude1969Shippagan Renée Claude1967Tout mais pas çaMonique Leyrac1964Celui qui ne sait pas aimer Suzanne Stevens1973Un homme dans une îleRenée Claude1969Viens faire un tourRenée Claude1970 † Année de création ou d’enregistrement de la chanson
Publications 1979 : Le prix des possessions, Éditions de Mortagne, Boucherville. 1980 : Nu… comme dans nuages, Éditions de Mortagne, Boucherville. 1984 : Les bergers, Éditions de Mortagne, Boucherville. 1998 : Comme un grand cri d'amour : un récit entre le cœur et l'âme avec Michel Conte et Melki, Éditions Guzzi, Sainte-Dorothée (Laval). 2007 : Évangéline, ou, L’amour en exil : chansons et récits, Éditions VLB, Montréal.
Notes et références
Liens externes
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