Stalingrad est une station des lignes 2, 5 et 7 du métro de Paris, située à la limite des 10 et 19 arrondissements de Paris.

Situation La station est implantée à la limite administrative entre le quartier Saint-Vincent-de-Paul au sud-ouest, le quartier de l'Hôpital-Saint-Louis au sud et le quartier de la Villette au nord-est, tout en se situant à proximité de la pointe sud-est du quartier de la Chapelle (lequel fait partie du arrondissement). Elle se trouve aux abords de l'intersection du boulevard de la Villette avec l'avenue de Flandre d'une part et la rue du Faubourg-Saint-Martin d'autre part, les quais étant établis : sur la ligne 2, en viaduc au-dessus du terre-plein central du boulevard de la Villette à sa jonction avec le boulevard de la Chapelle, entre la rue de Tanger et le croisement avec la rue d'Aubervilliers au nord et la rue du Château-Landon au sud ; sur la ligne 5, légèrement plus à l'est sous le même boulevard, entre la rue de Tanger et l'avenue de Flandre, en alignement avec la station de la ligne 2, orientée est-ouest ; sur la ligne 7, plus au nord-est sous l'amorce de l'avenue de Flandre et orientés nord-est/sud-ouest, cette ligne étant ainsi relativement éloignée des deux précédentes. La station de la ligne 2 s'intercale entre les stations La Chapelle et Jaurès, dont elle est séparée respectivement par la tranchée ferroviaire en provenance de la gare de Paris-Est et la jonction entre le Bassin de la Villette et le canal Saint-Martin, d'où le recours au passage aérien sur cette section de la ligne (entre les stations Anvers et Colonel Fabien) afin de les enjamber. Celle de la ligne 5 se trouve quant à elle entre Jaurès et Gare du Nord (tout en étant également suivie d'un passage sous les voies venant de la gare de l'Est), tandis que la station de la ligne 7 est encadrée par Riquet et Louis Blanc.

Malgré sa taille relativement importante, le pôle de Stalingrad ne dispose d'aucun raccordement de service entre les différentes lignes de métro qui s'y croisent, tout comme le pôle voisin de Jaurès.

Histoire Mises en service La station est ouverte le avec la mise en service du deuxième prolongement de la , depuis Anvers jusqu'à Rue de Bagnolet (actuelle station Alexandre Dumas) ; cette ligne deviendra plus simplement la le , à la suite de l'absorption de la (correspondant à une large part de l'actuelle ) par la le de la même année. Établie à l'air libre, cette station est alors dénommée Rue d'Aubervilliers.

Le , la station souterraine Boulevard de la Villette est ouverte à proximité sur la , inaugurée le jour même entre le terminus provisoire d'Opéra et la station Porte de la Villette.. Sa desserte est assurée dans un premier temps par l'ensemble des circulations de la ligne, puis par un train sur deux à compter du , date à laquelle intervient l'inauguration de la section entre Louis Blanc et Pré-Saint-Gervais, exploitée sous la forme d'un embranchement recevant l'autre moitié des trains. La correspondance avec le point d'arrêt de la n'est alors possible que par la voirie en raison de sa relative distance, grâce à la remise d'une contremarque.

Le , en pleine Seconde Guerre mondiale, la station de la ligne 5 est ouverte à son tour avec la mise en service de l'avant-dernier prolongement de celle-ci, depuis Gare du Nord jusqu'à Église de Pantin. Cette extension est alors permise par la cession définitive du tronçon entre Étoile (actuelle station Charles de Gaulle - Étoile) et Place d'Italie de la à la , intervenue le 6 octobre précédent, ce transfert évitant ainsi un rallongement excessif des temps de parcours sur ladite .. À cette occasion, les trois points d'arrêt fusionnent en un même pôle par la création de couloirs de liaison, ce qui met fin à la correspondance par la voie publique entre les . L'ensemble prend alors logiquement le nom d'Aubervilliers - Boulevard de la Villette avant d'adopter son nom actuel de Stalingrad le , moins d'un an après le début de l'après-guerre, 45...

Depuis le , la station de la est de nouveau desservie par l'ensemble des circulations de celle-ci à la suite du débranchement de l'antenne vers Pré-Saint-Gervais, laquelle constitue depuis lors une navette indépendante, l'actuelle . Cette séparation est décidée en raison de la moindre fréquentation de cette branche par rapport à celle de Porte de la Villette, cette dernière destination constituant le point de départ de nombreuses lignes d'autobus de banlieue.

Origine des noms La station de la ligne 2 doit sa dénomination originelle de Rue d'Aubervilliers à sa proximité avec l'amorce de cette même voie, ainsi dénommée parce qu'elle correspond à un ancien chemin vicinal qui conduisait historiquement au village d'Aubervilliers, au nord-est de Paris..

Le nom du Boulevard de la Villette, repris à l'origine par le point d'arrêt de la ligne 7 avant d'être étendu à celui de la ligne 2, fait référence à l'ancienne commune de La Villette auquel le boulevard précité conduisait jadis, avant son annexion à Paris par l'arrêté du .

Le toponyme actuel de Stalingrad, adopté le , vient de la proximité de la station avec la place de Stalingrad (actuelle place de la Bataille-de-Stalingrad), créée l'année précédente afin de commémorer la bataille de Stalingrad qui, durant la Seconde Guerre mondiale, se déroula entre et et vit la victoire de l'Armée rouge soviétique sur celle du Troisième Reich.

Modernisations Comme un tiers des stations du réseau entre 1974 et 1984, les quais des lignes 2 et 5 sont modernisés par l'adoption du style décoratif « Andreu-Motte », selon un traitement particulier pour la station aérienne de la ligne 2 avec une peinture bleu turquoise sur les huisseries des baies vitrées et la pose d'un carrelage blanc plat sur les allèges (en remplacement des faïences biseautées d'origine), tandis que les quais de la ligne 5 sont plus simplement traités en bleu avec le maintien du carrelage biseauté originel (hormis sur les tympans où il est remplacé par du carrelage bleu plat).

Le point d'arrêt de la ligne 7 est choisi quant à lui pour constituer le prototype des aménagements du style « Ouï-dire », dont la mise en œuvre s'achève en Jean Tricoire, op. cit., éd. 1999, ., avant d'être reconduits à une vingtaine d'autres stations à rénover. La faïence blanche biseautée d'origine est alors remplacée par du carrelage blanc plat, lequel sera généralisé par la suite à la quasi-totalité des stations modernisées selon ce nouveau style décoratif.

Dans le cadre du programme « Renouveau du métro » de la RATP, les couloirs souterrains de la station sont rénovés à leur tour le .

Durant l'été 2015, la RATP procède à la rénovation des verrières sur les quais de la ligne 2, afin d'assurer l'étanchéité de la structure aux eaux pluviales et de remplacer les vitrages endommagés. Ce chantier nécessite alors la pose d'un imposant échafaudage surplombant les quais et voies, ainsi que la fermeture des quais durant toute la durée de l'opération. Les entourages des vitrages sont repeints en gris anthracite, comme dans la plupart des stations aériennes de cette ligne, tandis que les sièges blancs de style « Motte » sont remplacés par des assises bleues du même modèle.

En , sur les quais de la ligne 5, les banquettes maçonnées en style « Andreu-Motte » voient leurs sièges « Motte » bleus complétés de bancs métalliques à pans inclinés, de même couleur. L'expérimentation de ce mobilier inédit déclenche rapidement une polémique, les voyageurs reprochant à la RATP une mesure anti-sociale visant, selon eux, à empêcher l'occupation intempestive des quais par des personnes sans domicile fixe.

Du au , les quais de la ligne 2 sont à nouveau fermés au public afin de procéder au renouvellement à l'identique des verrières protégeant les voyageurs des intempéries, ces travaux nécessitant là encore la pose d'un vaste échafaudage surplombant la station.. En parallèle, les éléments décoratifs des façades extérieures de la station aérienne sont retirés pour être remplacés à l'identique à partir de .

En , une œuvre colorée de l'artiste Amsted est réalisée en partenariat avec l'association Le MUR, dans un couloir d'accès à la ligne 7 en direction de Mairie d'Ivry et de Villejuif - Louis Aragon. Financée par la ligne 2 et la Mission de lutte contre le harcèlement et les violences sexistes et sexuelles, son emplacement fut choisi à l'issue de plusieurs « marches exploratoires » de voyageurs et voyageuses dans les espaces de la RATP.

Durant l'été 2025, la RATP procède à l'installation de séparateurs de voies dans la station la ligne 5, puis le point d'arrêt de la ligne 7 fait l'objet du même traitement durant l'hiver 2026. Ces clôtures anti-franchissement, déjà mises en place dans quelques stations du tronçon nord de la ligne 12 depuis fin 2024, sont étendues à plusieurs stations de la section centrale de la ligne 5 et du tronçon nord-est de la ligne 7, afin de limiter les intrusions illicites de personnes sur les rails, récurrentes sur les trois lignes précitées (notamment en raison de la présence régulière de toxicomanes).

Fréquentation Selon les estimations de la RATP, la station a vu entrer en 2019, ce qui la place à la des stations du métro de Paris pour sa fréquentation. En 2020, avec la crise du Covid-19, son trafic annuel tombe à , la reléguant alors au , avant de remonter progressivement en 2021 avec comptabilisés, ce qui la classe à la des stations du réseau pour sa fréquentation cette année-là.

Stalingrad est également l'une des stations du métro de Paris les plus fréquentées par les consommateurs et trafiquants de crack, de par sa situation aux abords de la place de la Bataille-de-Stalingrad qui constitue historiquement l'un des épicentres de la crise du crack à Paris.

Services aux voyageurs Accès La station dispose de cinq accès répartis en sept bouches de métro : l'accès « Rue de l'Aqueduc » comprenant deux trémies établies dos-à-dos, l'une constituée d'un escalier fixe et l'autre disposant d'un escalier mécanique montant, débouchant sous le viaduc de la ligne 2 sur le terre-plein central du boulevard de la Villette, à l'intersection avec la rue de l'Aqueduc au sud et la rue de Kabylie au nord ; l'accès « Boulevard de la Chapelle », constitué d'un escalier fixe permettant un accès direct à la station aérienne de la ligne 2, se trouvant également sur le terre-plein du boulevard de la Villette face à l'amorce du boulevard de la Chapelle, au croisement avec la rue d'Aubervilliers d'une part et la rue du Château-Landon d'autre part ; l'accès « Caisse d'Assurance Maladie » comprenant deux trémies d'escaliers fixes disposées dos-à-dos, situées au droit des de l'avenue de Flandre et permettant un accès direct aux quais de la ligne 7 uniquement ; l'accès « Avenue de Flandre », également constitué d'un escalier fixe donnant directement accès aux quais de la ligne 7 uniquement, débouchant face au de l'avenue de Flandre ; l'accès « Bassin de la Villette », constitué d'un escalier fixe permettant uniquement la sortie depuis les quais de la ligne 7, se trouvant au droit du du quai de la Seine qui fait l'angle avec l'avenue de Flandre.

Il existait jusque dans les années 2010 un accès intitulé « Boulevard de la Villette », ce qui explique la présence d'un « trou » dans la numérotation des sorties qui passe directement de 1 à 3 de nos jours. Il s'agissait d'une simple issue depuis l'espace de correspondance situé sous l'extrémité orientale des quais de la ligne 2, sur le terre-plein central du boulevard de la Villette face au de ce dernier.

Les accès sont agrémentés de balustrades en fer forgé de type Dervaux, le premier étant également orné d'un candélabre dans ce même style décoratif datant des années 1930. Les accès disposent quant à eux d'entourages d'aspect plus sobre, en acier peint en vert et assortis d'un mât avec un « M » jaune inscrit dans un cercle, ces modèles plus récents étant apparus après la Seconde Guerre mondiale.

Couloirs