Gérard Leman (Prononciation en français standard retranscrite phonémiquement selon la norme API.), né le à Liège (Belgique) et mort le à Liège, est un lieutenant-général de l'armée belge, commandant de la Position fortifiée de Liège et de la division d'armée. Il s'est illustré lors de la bataille de Liège en ce qui lui a valu, en 1919, le titre nobiliaire de comte.

Biographie Jeunesse Il est le fils de Georges-Auguste Leman, capitaine d'artillerie et professeur à l'École militaire, et de Marie Gertrude Félicité Kips. Après de brillantes études secondaires à l'Athénée royal de Bruxelles, il entre comme élève à l'École militaire en 1867 et en sort premier de promotion en 1872 avec le grade de lieutenant du génie.

Carrière militaire Avant la Première Guerre mondiale Durant la guerre franco-prussienne de 1870, il sert dans un corps d'observation belge. En 1882, il est nommé membre du corps enseignant de l'École royale militaire. En , il est promu colonel. Il est commandant de l'Ecole royale militaire du à . Il exerce une influence considérable sur la matière militaire enseignée, et pousse notamment les mathématiques. Durant cette période, il devient aussi le responsable de l'éducation militaire du futur roi Albert .

Préparation de Liège

Il est nommé lieutenant-général dans l'infanterie le et membre du Conseil supérieur de la défense nationale. Il est nommé, le 31 , commandant de la position fortifiée de Liège et de la d'armée. Déterminé à ralentir autant que possible une (encore) hypothétique attaque allemande, il mobilise plus de pour renforcer les fortifications bâties, entre 1888 et 1891, par Henri-Alexis Brialmont autour de la ville.

Durant une visite d', lui fait la remarque que ces travaux, qui sont tournés vers l'Allemagne, compromettent la neutralité de la Belgique telle que définie dans le traité des XXIV articles. Leman, peu impressionné, rétorque que .

Bataille de Liège

Le , la Deutsches Heer, sous le commandement du général Otto von Emmich, apparaît devant Liège et lance un ultimatum. Le général Leman refusant de se rendre, la Position fortifiée de Liège est attaquée et la bataille de Liège débute dans la nuit au 5 au . À , le quartier général de Leman installé rue Sainte-FoyLa rue Sainte-Foy a été rebaptisée du nom de l'officier de garde au moment de l'attaque le Commandant Marchand. Le bâtiment du quartier général, quant à lui, fut démoli en 1973 pour permettre l’extension de l'Athénée royal de Liège-Atlas. est attaqué par une compagnie allemande infiltrée. Bien que l'attaque soit repoussée, le général Leman transfère ce qui reste de son quartier général et de son état-major au fort de Loncin commandé par le colonel Victor Naessens.

Les troupes allemandes en présence étant initialement incapables de vaincre et de soumettre les forts, elles doivent attendre l'arrivée des zeppelins et, surtout, de l'artillerie lourde (« Grosse Bertha ») pour ce faire. Après un bombardement intensif qui aura duré 24 heures avant d'atteindre l'arsenal du fort de Loncin, Gérard Leman est capturé, le , inconscient, fortement commotionné et blessé dans les ruines du fort.

Captivité vignette|Le 14 juillet 1918 au Havre avec l'amiral Didelot et le général Coulter. En signe de respect, les Allemands lui permettent de conserver son épée durant sa captivité. Il insiste pour que, sur le rapport de sa capture, soit mentionné le fait qu'il ne s'est pas rendu mais a été capturé inconscient.

Il est d'abord transféré dans la citadelle de Magdebourg où il subit l'amputation d'un orteil le dont la cicatrisation ne s'achève qu'en . Il écrit, entre autres,

Le général Leman est, alors, déplacé le vers le camp de Blankenburg-im-Mark. Son état de santé devenant préoccupant, car il a des problèmes diabétiques et cardiaques, il est libéré sans conditions le .

Après une convalescence en Suisse, il rejoint le gouvernement belge exilé en France, près du Havre où une réception solennelle est organisée en son honneur le .

Après-guerre thumb|right|Le général Leman en 1918. En , il est accueilli en héros dans sa ville natale et s'y installe pour rédiger son Rapport au Roi sur la défense de Liège en (édité seulement en 1960). Le roi le maintient dans ses fonctions sans limite d'âge et lui donne ses lettres de noblesse de comte le . Son « rapport » à peine achevé, il meurt le d'une pneumonie.

Funérailles thumb|La tombe de Gérard Leman au cimetière d'Ixelles à Bruxelles.

Le gouvernement belge décrète l'organisation d'obsèques nationales. Celles-ci ont lieu le par un hommage, corps présent, au Palais de la Nation à Bruxelles, avant l'inhumation civile, selon les désirs du défunt, au cimetière d'Ixelles où il repose auprès de ses parents.

Près de 400 étudiants de l'Université libre de Bruxelles, fortement marqués par la Grande Guerre, assisteront aux obsèques sous la bannière de l'Association Générale, du Cercle Solvay, du Cercle Polytechnique et du Cercle des Etudiants Libéraux.

Distinctions et honneurs Concession du titre de Docteur Honoris causa de l'Université de Gand en . Concession de noblesse avec le titre de comte transmissible par primogéniture le .

50px grand cordon de l'Ordre de Léopold avec palme ; 50px grand officier de l'Ordre de la Couronne ; 50px 50px croix de guerre 1914-1918 belge et française ; 50px médaille interalliée de la victoire ; 50px grand-croix de l'Ordre national de la Légion d'honneur ; 50px grand Croix de l'Ordre de Saint-Michel et Saint-Georges de Grande-Bretagne ; sans cadre|50x50px Commandeur de l'ordre du Sauveur de Grèce ; 50px commandeur de l'Ordre de l'Étoile de Roumanie ; 50px grand officier de l'Ordre du Mérite Militaire d'Espagne ; 50px croix militaire de Classe ; 50px médaille commémorative de la guerre 1914-1918 ; 50px commandeur de l'Ordre du Double Dragon de Chine impériale ; médaille de Liège.

Ouvrages écrits Leçons de statique graphique, 1887 ; Cours de résistance des matériaux, 1895 ; Note sur la stabilité des routes circulaires, 1900 ; Sur l’enseignement de l’analyse infinitésimale, 1901 ; Rapport au Roi sur la défense de Liège en , 1920 (mais édité en 1960 par Georges Hautecler)

Mémoire Dans les noms de lieux thumb|right|Reliefs commémoratifs du Pont Albert Ier à Liège. Belgique : à Liège la place de Fragnée est rebaptisée place du Général Leman en 1918, à Etterbeek, la rue des Rentiers est rebaptisée rue Général Leman en . Elle avait déjà pris cette dénomination au début de la guerre mais l'occupant allemand avait exigé de revenir à l'ancienne, à Ans, Châtelet, Colfontaine, Dour, Enghien, Flémalle, Frameries, Hensies, Heusy, Hyon, Jemappes, Jemeppe-sur-Meuse, Leuze-en-Hainaut, Mouscron, Nivelles, Rouveroy, Roux, Seneffe et Vezon : l'avenue, la rue ou la place Général Leman, à Assebroek, Berchem, Bourg-Léopold, Hasselt, Hoeilaart, Knokke, Machelen, Wavre-Sainte-Catherine, Leeuw-Saint-Pierre : la Generaal Lemanstraat ou la Generaal Lemanlaan, à Flémalle : la gare de Leman ; Canada : dans les montagnes Rocheuses, le Mount Leman () et le Leman Lake () ont tous deux été ainsi renommés en 1918.

Dans l'art

thumb|alt=Plat ovale à bords festonnés gravé 2 médaillons en relief en laiton, représentant Gérard Leman et des soldats morts, au sol.|Plat commémoratif de la bataille de Liège, de Gérard Leman (à droite) et du fort de Loncin, 15 aout 1914. Étain gravé et médaillons en laiton. Signé Jos. Cornelis et G. De Reuck, Gand. Peinture à l'huile réalisée par Edmund Tarbell ; Peinture à l'huile de James Ensor intitulée Ensor et Leman parlant peinture, 1890, collection privée ; Peinture à l'huile, portrait en pied à l'École Royale Militaire ; Émile Verhaeren lui dédie un poème édité en 1916. Portrait en eau-forte par Servais Detilleux, réalisé en 1919 et conservé au Musée royal de l'armée Médaille en bronze de Godefroid Devreese avec sur une face le nom, le grade et le portrait du général Leman et sur l'autre face le corps gisant sur les décombres du fort de Loncin avec l'inscription sur le listel "fort de Loncin ".

Notes et références Notes

Références

Voir aussi

Bibliographie

(KBR code 1_28287)

Articles connexes Position fortifiée de Liège Bataille de Liège École royale militaire (Belgique) Forces armées belges: Liste chronologique de généraux et chefs d'État-Major de La Défense. Général Antonin de Selliers de Moranville, chef d'état-major de l'armée belge en 1914

Liens externes

« Primary Documents: The Fall of Liege - A German Officer's Letter, August 1914 » Biographie du Général Leman sur Ars Moriendi La lettre, du 16 août 1914, du général Leman au roi Albert

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