Louis Friant, né le à Morlancourt en Picardie et mort le à Seraincourt, dans le Val-d'Oise, est un général français de la Révolution et de l'Empire, comte de l'Empire et pair de France.

Biographie

Origines Louis Friant est issu d'une famille originaire de Morlancourt en Picardie, où il naît le . Il est le fils de Louis Friant, épicier et fabricant de cires dans ce village, et de Marguerite Quéquet.

Son père, modeste cirier, le destine à la même profession et le met en apprentissage à Amiens, mais la vue des exercices militaires révèle sa vraie vocation, et en 1781, âgé de 22 ans, il part s'engager à Paris.

Du simple soldat au général de division

Enrôlé dans les gardes françaises le , Friant y est promu caporal de grenadiers le avant d'exercer les fonctions d'instructeur. Il quitte son unité le mais reprend du service le , peu après l'éclatement de la Révolution française, dans la garde nationale parisienne. Il part à l'armée de la Moselle après que son de volontaires de Paris (dit « bataillon de l'Arsenal ») l'ait élu lieutenant-colonel en chef le . Il participe à la bataille d'Arlon, au siège de Charleroi et à la bataille de Fleurus. Remarqué par le général Schérer, il devient son chef d'état-major en avant d'être nommé général de brigade le suivant à l'armée de Sambre-et-Meuse. La même année, il sert sous Kléber qui lui confie hommes pour le siège de Maastricht. Il coopère à la prise de Luxembourg et le général en chef Jourdan lui donne le commandement de la province homonyme en . À Luxembourg, il commit des envers les citoyens luxembourgeois, en prenant le maire Jean-Georges Pfortzheim et d'autres citadins en otage, en emprisonnant sans jugement des habitants et en déportant d'autres secrètement vers une prison à MetzArchives de la Ville de Luxembourg, LU 11 II_2.25. Après plusieurs actions d'éclat sur le Rhin, il est transféré en Italie sous les ordres du général Bernadotte en 1796. Il se bat avec intrépidité notamment au passage du Tagliamento et à la prise de Gradisca d'Isonzo, le Biographie du général Louis Friant sur le site d'histoire de la Fondation Napoléon..

vignette|gauche|Portrait du général Friant à l'époque de la campagne d'Égypte (mine de plomb et eau-forte d'André Dutertre, musée Carnavalet, Paris).

Friant participe par la suite, à la campagne d'Égypte où il commande une brigade de la division Desaix en compagnie des généraux Morand et Davout. Il s'illustre lors de la bataille des Pyramides ainsi qu'aux combats de Sédiman et de Samanhoud. Nommé général de division le , il est vainqueur à Aboumanah le 17 et participe aux dernières opérations dans le delta ; défendant le fort Jullien, il capitule le 19 avril 1801 face à une armée turco-britannique. Il rentre en France à la fin de l'année 1801, pour être employé comme inspecteur général d'infanterie.

Général de l'Empire

À partir de 1803, le général Friant dirige une division d'infanterie au camp d'Ambleteuse, dans le cadre du projet de débarquement français en Angleterre. Le , cette division devient officiellement la du corps de la Grande Armée, commandé par le maréchal Davout. Elle compte, à la même époque, répartis en deux brigades sous les généraux Lochet et Grandeau. Le suivant, lors de la bataille d'Austerlitz, il arrive sur les lieux après une marche forcée de en et, pour contenir la poussée des Austro-Russes sur l'aile droite française, lance ses régiments sur les villages de Telnitz et de Sokolnitz ; ces deux localités changent plusieurs fois de mains dans les heures qui suivent, ce qui a pour effet de ralentir fortement la progression des forces coalisées dans ce secteur du champ de bataille. Friant, encourageant ses hommes au cœur de l'action, perd quatre chevaux tués sous lui. Contraint de reculer du fait de la disproportion des forces, il renouvelle en fin de journée son offensive contre Sokolnitz, repris à l'issue d'un combat féroce, afin de fixer sur place la colonne russe du général Przybyszewski, dont il contribue ensuite à la destruction conjointement avec les unités françaises débouchant du plateau de Pratzen. Il est fait grand aigle de la Légion d'honneur le .

À l'ouverture de la campagne de Prusse en 1806, sa division se compose de trois brigades commandées par les généraux Kister, Lochet et Grandeau, pour un total d'environ . Le , dans la matinée, ses fantassins débouchent sur le terrain d'Auerstaedt, alors que ceux de Gudin y sont déjà engagés contre les forces prussiennes, et prennent position à la droite du dispositif français. Les troupes de Davout, en dépit de leur infériorité numérique, résistent, tant et si bien que l'initiative des combats bascule progressivement en leur faveur ; dans un mouvement offensif d'ensemble, Friant marche sur la localité de Poppel, dont il s'empare à en faisant , avant de refouler l'aile gauche prussienne du champ de bataille. Les pertes de sa division s'élèvent, en fin de journée, à un peu plus de .

Vainqueur des Russes à Nasielsk le , il est présent à Golymin deux jours plus tard. Le , à la bataille d'Eylau, ses soldats repoussent dans un premier temps l'aile gauche russe, occupant successivement les villages de Serpalfen et Kutschetten, mais l'intervention inopinée du corps prussien de L'Estocq les obligent à reculer. Le tir bien dirigé de l'artillerie française empêche cependant le général en chef russe Bennigsen de pousser son avantage dans ce secteur. Au cours des combats, Friant reçoit une blessure par balle. Comte de l'Empire le ., il prend part à la campagne de 1809 contre l'Autriche. Le , à Teugen-Hausen, sa division et celle de Saint-Hilaire, déployées à l'arrière-garde du corps isolé de Davout, tiennent tête aux soldats de l'archiduc Charles, empêchant ainsi ce dernier de porter un coup sévère à l'armée française. Resté avec Davout pour former l'extrême-gauche du dispositif napoléonien, il participe le à la bataille d'Eckmühl, puis à celles de Ratisbonne et de Wagram ; au cours de cette dernière, il est touché par un éclat d'obus à l'épaule en prenant d'assaut la tour de Neusiedl. Sa division s'établit ensuite successivement à Vienne, Passau, Ulm et Francfort, où elle est envoyée en pour y mettre un terme à la contrebande de marchandises anglaises, ce dont elle s'acquitte en dépit de nombreuses protestations. À la fin du mois de , il commande les troupes qui envahissent la Poméranie suédoise.

vignette|L'artillerie du général Friant canonnant les « flèches de Bagration » lors de la bataille de la Moskova. Détail du Panorama de Borodino par Franz Roubaud (1912).

Lors de la campagne de Russie en 1812, il commande à nouveau la division du de Davout, traversant le Niémen le à l'aube. Le , il contribue à la prise de Smolensk, durant laquelle il est de nouveau blessé. Il a reçu, quelques jours plus tôt, le titre de colonel commandant les grenadiers à pied de la Garde impériale en remplacement du général Dorsenne, tout en étant maintenu à la tête de sa division. Après avoir participé à la prise de la redoute de Chevardino le , il s'empare avec ses troupes du village de Semionovskoïe le jour de la bataille de la Moskova, le ; Friant y est blessé à deux reprises, d'un biscaïen à la poitrine et d'une balle à la cuisse droite. Ses infirmités le réduisent à l'inaction pendant plusieurs mois, en dépit de sa nomination comme chambellan de l'Empereur en .

En juin de la même année, il est appelé au commandement de la division de Jeune Garde, qu'il quitte le pour diriger la division d'infanterie de Vieille Garde. Il est des grandes batailles de la seconde phase de la campagne d'Allemagne, combattant à Dresde, Leipzig et Hanau, même si Georges Rivollet souligne que . Il se fait encore remarquer en 1814 lors des batailles de Champaubert et Montmirail, où ses grenadiers et chasseurs enlèvent aux Russes la ferme des Gréneaux. Il sert encore à Vauchamps, Craonne, Laon, Reims et Arcis-sur-Aube. Souffrant, il ne peut assister aux adieux de l'empereur déchu à sa Garde dans la cour du château de Fontainebleau.

Restauration et Cent-Jours

vignette|Le général Friant.

Sous la Première Restauration, Friant est nommé colonel des grenadiers à pied de France le , mais ne tarde pas à quitter son poste du fait de ses ennuis de santé. Il se rallie avec diligence à Napoléon lors de son retour de l'île d'Elbe et, dès le , est rétabli dans son commandement des grenadiers à pied de la Vieille Garde. Le , l'Empereur le fait pair de France.

Ce même mois, durant la campagne de Belgique, ses hommes contribuent dans la soirée du à la prise du village de Ligny face aux troupes prussiennes de Blücher. Il sert le à la bataille de Waterloo à la tête de la d'infanterie de la Vieille Garde ( et à pied), où il participe, aux côtés du maréchal Ney, à l'attaque de la Garde impériale contre les lignes britanniques dans le secteur de La Haie Sainte. Évacué blessé du champ de bataille, il est ramené dans la voiture même de l'Empereur.

Louis XVIII le met finalement à la retraite le , après trente-quatre ans de service. Il comparaît en décembre au procès du maréchal Ney, inculpé pour haute trahison, en qualité de témoin. Le général Friant meurt le à Seraincourt (hameau de Gaillonnet), dans le Val-d'Oise où il avait fait restaurer un ancien prieuré. Il est inhumé dans le cimetière de ce village.

Son nom est inscrit sur le côté nord de l'arc de triomphe de l'Étoile à Paris. Surnommé « Sultan du feu » pendant la campagne d'Égypte., il est estimé de ses soldats autant que de son chef, le maréchal Davout. Proche des généraux Hoche, Lefebvre et Taponier depuis son passage aux gardes françaises, il est également l'ami du général Kléber.

Mariage et descendance

Il épouse en 1788, Joséphine-Emmanuelle-Rose Martin (décédée en 1793), dont il eut un enfantGustave Chaix d'Est-Ange, Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du , volume XIX. For-Fyo, 1927, pages 281-282.Base Roglo : arbre généalogique de Louis Friant. : Jean-François Friant (1790-1867), comte de l'Empire, général de brigade, aide de camp de Louis-Philippe et commandant de la Garde nationale de Paris, marié en 1821, à Paris avec Elisabeth Seguin (+1850), dont deux enfants) : Louis-Gilbert-François-Léon Friant (1822-1899), et dernier comte de l'Empire, général de division et inspecteur général permanent de cavalerie, sans postérité de son mariage le , avec Françoise-Elisabeth-Sidonie Ursin, veuve Ravier. Marie Émilie (1827-1851) (Madame Drake del Castillo).

Il se remarie le , à Paris, avec Louise-Charlotte Leclerc, sœur du général Charles Victoire Emmanuel Leclerc, époux de Pauline Bonaparte, ce qui fait de lui le beau-frère du maréchal Davout. De ce second mariage, il a une fille unique : Louise, née en 1815 à Paris et morte le , à Clermont (Oise).

Décorations Grand aigle de la Légion d'honneur|106px Commandeur de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis|106px Commandeur de l'ordre de la Couronne de fer|106px

Grand aigle de la Légion d'honneur Commandeur de l'Ordre de la Couronne de fer Commandeur de l'Ordre royal et militaire de Saint-Louis

Armoiries Figure Blasonnement Armes du comte Louis Friant et de l'Empire

Coupé : au I parti, des comtes militaires, et de gueules à la pyramide d'or, maçonnée de sable ; au II, de sable à quatre têtes de cheval d'argent, 2. 2..

Notes et références

Bibliographie

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Liens externes

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