Les Jeux olympiques de 1920, officiellement nommés Jeux de la , sont la sixième édition des Jeux olympiques modernes. Ils ont lieu à Anvers en Belgique du au . Le comité de candidature est créé le et comprend notamment le président du Comité olympique belge Édouard de Laveleye et le membre du Comité international olympique Henri de Baillet-Latour. Les Jeux olympiques de 1916 sont annulés en raison de la Première Guerre mondiale et, après l'armistice de 1918, ceux de 1920 sont attribués à la ville flamande le en hommage à la souffrance et à la bravoure des Belges pendant la guerre. Les épreuves sont disputées à Anvers et dans d'autres villes du pays telles que Bruxelles et Ostende.
Vaincus et considérés comme responsables de la guerre, les empires centraux et leurs successeurs (Allemagne, Autriche, Bulgarie, Empire ottoman et Hongrie) ne sont pas invités aux Jeux. La participation atteint tout de même un record de et (dont ). Ils s'affrontent dans et qui regroupent un total de . Six délégations font leurs débuts aux Jeux olympiques : le Brésil, l'Estonie, Monaco, la Nouvelle-Zélande, la Tchécoslovaquie et la Yougoslavie.
En ont lieu les épreuves de patinage artistique et de hockey sur glace, sport présent aux Jeux olympiques pour la première fois. Ils seront intégrés aux nouveaux Jeux olympiques d'hiver à partir de 1924. Deux symboles font leur apparition lors de la cérémonie d'ouverture le : le drapeau olympique imaginé par le baron Pierre de Coubertin en 1913 et le serment olympique prêté pour la première fois par l'athlète belge Victor Boin. Le , le korfbal est disputé en tant que sport de démonstration.
Comme lors des Jeux de 1912, les nations les plus médaillées sont les États-Unis, la Suède, la Grande-Bretagne et la Finlande. La Belgique remporte trente-six médailles dont quatorze en or et termine au cinquième rang, ce qui constitue le meilleur résultat de son histoire. Le tireur américain Willis Lee est l'athlète le plus médaillé avec sept distinctions dont cinq en or alors que l'escrimeur italien Nedo Nadi remporte les cinq épreuves auxquelles il participe. Le tireur à l'arc Hubert Van Innis, Belge le plus titré de l'histoire aux Jeux olympiques, gagne six médailles dont quatre en or. Lors des épreuves d'athlétisme le Finlandais Paavo Nurmi remporte les trois premiers des neuf titres olympiques de sa carrière. La nageuse américaine Ethelda Bleibtrey (trois médailles d'or en trois épreuves) et la joueuse de tennis française Suzanne Lenglen (trois médailles dont deux d'or) dominent leur discipline respective et le nageur américain Duke Kahanamoku conserve le titre olympique du nage libre qu'il a obtenu en 1912. Deux Suédois établissent des records qui sont toujours d'actualité un siècle plus tard : le plongeur Nils Skoglund devient à le plus jeune médaillé olympique dans une épreuve masculine individuelle alors que le tireur Oscar Swahn est à le médaillé le plus âgé aux Jeux olympiques.
Contexte Candidatures initiales vignette|alt=Portrait photographique montrant Édouard de Laveleye de trois-quarts.|Le baron Édouard de Laveleye annonce la candidature de la Belgique au CIO puis rejoint le comité de candidature d'Anvers. En 1912, lors de la session du Comité international olympique (CIO) organisée à Bâle en Suisse, le président du Comité olympique belge Édouard de Laveleye annonce la candidature de la Belgique pour organiser les Jeux olympiques de 1920.. Lors de la session suivante organisée à Stockholm en marge des Jeux olympiques de 1912, les candidatures de Budapest, Amsterdam et Bruxelles sont enregistrées..
Le vice-président de la Fédération belge d'escrime, Charles Cnoops, qui a assisté aux Jeux de 1912, souhaite cependant que les Jeux aient lieu dans sa ville d'Anvers. Il organise une réunion au Royal Yacht Club d'Anvers le et forme un comité de candidature provisoire comprenant également Édouard de Laveleye, le comte Henri de Baillet-Latour (fils d'un ancien gouverneur de la province et membre du CIO) et Robert Osterrieth (président du Royal Yacht Club de Belgique) ainsi que 22 vice-présidents. Une déclaration de candidature est envoyée au Comité olympique belge et au CIO. En , le comité de candidature et le baron Pierre de Coubertin, président du CIO, visitent le stade du Beerschot et déterminent qu'après quelques améliorations il pourra être utilisé comme stade principal des Jeux olympiques. La candidature d'Anvers est alors soutenue par l'État belge ainsi que par la ville et la province d'Anvers..
Le comité de candidature produit ensuite un dossier de 109 pages intitulé « Aurons-nous la à Anvers en 1920 ? » mettant en avant l'héritage artistique de la ville. Il le remet au CIO lors de la session organisée du 15 au à Paris pour célébrer les vingt ans de la rénovation des Jeux olympiques. La sélection de la ville hôte est fixée à 1916 mais un vote indicatif a lieu et Budapest, la ville du membre fondateur du CIO Ferenc Kemény, a une légère avance sur Anvers... Les villes d'Amsterdam et Rome étaient également candidates..
Première Guerre mondiale gauche|vignette|alt=Photographie montrant le casino de Montbenon et ses jardins.|En 1915, le baron Pierre de Coubertin installe le siège du CIO au Casino de Montbenon à Lausanne en Suisse (photographie de 2020). La Première Guerre mondiale éclate peu après la fin de la session de Paris. Les Jeux de la prévus à Berlin en 1916 sont ensuite annulés mais le calendrier n'est pas modifié : les Jeux de 1920 restent ceux de la .
En , alors que Coubertin parcourt la France dans le cadre d'une mission confiée par le gouvernement français, il se rend à plusieurs reprises à Lyon. Le maire Édouard Herriot lui montre alors le stade de la ville en construction et l'informe que Lyon est intéressée à organiser les Jeux olympiques en 1920 ou en 1924. Coubertin obtient en 1915 que Lyon soit candidate pour les Jeux de 1920 mais se désiste en faveur d'Anvers si cette dernière maintient sa candidature, se reportant sur 1924...
Confirmant l’intérêt d'Anvers pour les Jeux olympiques, le comte Henri de Baillet-Latour écrit ceci au baron de Coubertin le :
L'accord entre Lyon et Anvers est ensuite officialisé en par les signatures du maire de Lyon et du Comte d'Assche. En , le maire de La Havane annonce à Coubertin, avec l'accord du président Mario García Menocal, son intention d'accueillir les Jeux. Les villes américaines d'Atlanta, Cleveland et Philadelphie s'intéressent également à l'organisation des Jeux olympiques de 1920.
Retour des Jeux olympiques vignette|redresse=1.2|alt=Portrait photographique de Pierre de Coubertin se tenant debout, main dans le poche, en costume, entre des piles de livres posées au sol.|Le baron Pierre de Coubertin souhaite qu'Anvers accueille les Jeux olympiques de 1920 (photographie de 1921). Après l'armistice de 1918, Coubertin agit pour que les Jeux reprennent rapidement et retrouvent leur rythme quadriennal. Le baron van Tuyll van Serooskerken qui mène la candidature d'Amsterdam se retire au profit d'Anvers pour saluer le courage des Belges pendant la guerre et Budapest n'est plus prise en compte car l'Autriche-Hongrie faisait partie des Empires centraux considérés comme responsables du conflit mondial..
En hommage à la souffrance et à la bravoure des Belges pendant la guerre, Coubertin transmet au gouvernement et au roi des Belges Les Belges sont d'abord sceptiques mais le comité provisoire promet une garantie d'un million de francs belges et, le , le Comité olympique belge annonce que la ville sera prête à accueillir les Jeux de 1920. Selon l'historien Paul Dietschy, les raisons qui ont mené au choix d'Anvers sont les suivantes : ..
La première session du CIO après la guerre a lieu en présence des représentants de huit pays à Lausanne, ville suisse devenue en 1915 le siège du CIO. Les trois membres français, favorables à un report des Jeux en 1921, sont absents. Le , seize mois avant la cérémonie d'ouverture, le choix de Coubertin est confirmé à l'unanimité et Anvers devient officiellement la ville hôte des Jeux de la .
Organisation vignette|gauche|alt=Photographie montrant le haut du corps de Henri de Baillet-Latour.|Le comte Henri de Baillet-Latour, photographié vers 1936, est le président du comité d'organisation en 1920.
Comité d'organisation Le Comité olympique belge organise une réunion le et le comité d'organisation des Jeux est mis en place. Le « Comité belge des Jeux de la » est créé sous le haut patronage du roi et sous la présidence d'honneur du prince Léopold. Il est présidé par le comte Henri de Baillet-Latour et ses membres d'honneur sont des politiciens et représentants de l'armée.. Le comité exécutif effectue la plus grande partie du travail d'organisation. Il est mis en place avec quatre membres du Comité olympique belge et les quatre présidents du comité provisoire créé en 1913. Alfred Verdyck et Rodolphe William Seeldrayers, représentants de l'Union belge de football qui n'avait pas été consultée, estiment d'abord qu'il sera impossible de préparer un si grand événement au sortir de la guerre en seulement un an et demi. Ils acceptent finalement les postes de secrétaire général et secrétaire rapporteur de ce comité également présidé par Henri de Baillet-Latour.
Le , les représentants des fédérations sportives belges sont convoquées à une assemblée générale et des comités techniques sont constitués pour chaque discipline sportive. Sept commissions spéciales sont ensuite mises en place : Finances, Logement, Presse, Propagande, commission Technique et du Programme, Voies et Moyens d'Accès et Fêtes et Réceptions..
Aspects économiques Le , la « Société de l'Exposition » est fondée avec un capital de trois millions de francs belges pour organiser une exposition universelle à Anvers. Le comité de candidature pour les Jeux olympiques est créé quatre mois plus tard et la Société promet de participer au financement des Jeux à hauteur d'un million de francs. Cet objectif devient cependant irréalisable à cause de la guerre et la société est liquidée en .. Le , le comte de Baillet-Latour informe la ville d'Anvers des difficultés financières que cela provoque pour le comité d'organisation. Le , le « Comité des Fêtes d'Anvers » est créé dans le but de lever le million nécessaire pour les Jeux olympiques et mettre en place une exposition plus modeste que celle prévue à l'origine. Il est composé de propriétaires de navires, marchands et négociateurs de diamants et dispose d'un capital de . Le comité utilise cet argent à ses propres fins, ce qui prive les Jeux olympiques du million prévu, et organise des événements qui entament l'intérêt et l'argent du public avant le début effectif des Jeux...
Le , la « Société de la » est créée en tant que société coopérative avec douze membres, les huit membres du comité exécutif et quatre membres du comité des finances, pour pouvoir obtenir les subventions des collectivités publiques. Les Jeux olympiques reçoivent 1,5 million de francs du gouvernement belge, de la province d'Anvers, de la ville d'Anvers et de la ville de Bruxelles.. La vente des billets d'entrée rapporte de francs et, au total, les recettes s'élèvent à de francs..
vignette|alt=Photographie aérienne du stade olympique.|Les travaux du stade olympique représentent la principale dépense du comité d'organisation.