La gare de Vichy est une gare ferroviaire française de la ligne de Saint-Germain-des-Fossés à Darsac, située dans la ville de Vichy, dans le sud-est du département de l'Allier dans la région Auvergne-Rhône-Alpes. Mise en service en 1862 pour les cures thermales de Napoléon III, elle est modernisée en 1977, puis de nouveau entre 2007 et 2009, retrouvant alors une grande partie de son aspect extérieur d'origine.

Propriété de l'État et gérée par SNCF Gares & Connexions, cette gare d'intérêt national est desservie par des trains Intercités et TER Auvergne-Rhône-Alpes et un TER Bourgogne-Franche-Comté.

Elle est la deuxième gare la plus fréquentée, après celle de Clermont-Ferrand, de l'ancienne région Auvergne avec près de de voyageurs estimés en 2023..

Situation

Situation ferroviaire La gare de Vichy est située au point kilométrique (PK) 364,929 de la ligne de Saint-Germain-des-Fossés à Darsac et constitue l'origine de deux autres lignes : celle de Vichy à Riom, utilisée pour les trafics voyageurs (dont la relation de Paris à Clermont-Ferrand) et fret (continuité de l'électrification mise en service en 1990), et celle de Vichy à Cusset utilisée uniquement pour certains trains de marchandises desservant à Cusset un dépôt de carburant et la carrière des Malavaux. vignette|alt=Accès à la passerelle centrale, et au second plan, le bâtiment voyageurs|Passerelle centrale, côté Ouest. Jusque dans les années 1920, la gare était délimitée par deux passages à niveau (PN) de la ligne de Saint-Germain à Darsac. Au nord, le PN a laissé place en 1928 au pont-route de l'avenue de Gramont. Au sud, le PN , qui coupait la rue du Maréchal-Joffre et qui a été remplacé par une passerelle en acier, reliait le sud de l'actuelle gare routière au boulevard de l'HôpitalPasserelle de l'Hôpital sur Massif Central Ferroviaire.. Cette dernière, à la suite d'une importante corrosion, est fermée depuis fin 2019..

Le PN , en sortie sud de la gare, à la bifurcation des lignes de Darsac et de Riom, est supprimé et remplacé par un pont à tablier en béton armé, le pont Voltaire, livré à la circulation routière en .

Une autre passerelle, en béton armé, reliant par un escalier à l'ouest l'avenue des Célestins, entre le bâtiment voyageurs de la gare et la gare routière, et le boulevard de l'Hôpital à l'est, surplombe la gare (vue sur les voies et la gare routière).

Situation géographique vignette|upright=1.5|alt=Carte des environs de la gare de Vichy.|Carte de la gare et de ses abords dans leur dernière configuration après réaménagements. vignette|alt=Vue aérienne du quartier de la gare de Vichy|Vue aérienne du quartier de la gare le . D'un point de vue géographique, et , la gare de Vichy est , .

Elle génère , grâce à l'existence de trois ponts et passerelles, entre des quartiers à vocation résidentielle et certains équipements communaux, comme le centre hospitalier Jacques-Lacarin ou d'intérêt communautaire, comme le pôle d'activités tertiaires.

La gare est située à la limite entre les quartiers « Cœur de Ville – Jaurès – Victoria » (du centre-ville), à l'ouest du bâtiment voyageurs, et « Denière – Hôpital » à l'est (comprenant les emprises ferroviaires et les quais accessibles aux voyageurs). Elle est accessible par des voies de haute importance : vers le sud, l'avenue des Célestins (route classée dans la voirie départementale : ) aboutit au parc Kennedy et aux berges d'Allier (aucune direction locale n'est indiquée sur les panneaux menant à l'autoroute A89, à Thiers et au Puy-en-Velay) ; vers le sud-ouest, l'avenue du Président-Doumer donne la direction du parking de La Poste et de l'hôtel de ville. Accessible depuis le giratoire nord, dans le prolongement d'un passage piétons coupant les quatre voies parallèles, la rue de Paris permet d'accéder au centre-ville, en commençant à un ralentisseur où s'arrêtent les bus d'une ligne ; au nord-ouest, le boulevard Gambetta continue vers le marché couvert et l'autoroute menant à Clermont-Ferrand et à Montluçon ; au nord-est, l'avenue de Gramont, classée dans la voirie départementale (), mène à Roanne, Mâcon, Moulins, Cusset, au pôle d'activités tertiaires René-Bardet et au foyer des jeunes travailleurs.

Histoire Influence de Napoléon III dans les années 1860 vignette|alt=Le bâtiment voyageurs PLM de la gare de Vichy|Bâtiment PLM en . Avant l'arrivée de , Vichy était à l'écart du chemin de fer car la ligne de Paris à Clermont-Ferrand passait par Bourges et Nevers et un rebroussement à Saint-Germain-des-Fossés était nécessaire. Lors de sa première cure le , Napoléon III avait dû descendre du train à Saint-Germain-des-Fossés, au nord de Vichy. Les quelques kilomètres restants furent effectués par la route, en calèche. À la suite de cette première visite et avec la volonté de l'Empereur de développer Vichy comme station thermale, concurrente des grandes stations thermales européennes, les travaux de construction de l'antenne de Vichy ont été accélérés, pour une ouverture le . Les dix kilomètres de cette ligne étaient à voie unique : les voyageurs pouvaient arriver ou partir du même quai.

L'Empereur effectua sa deuxième cure le , le jour même où la gare fut achevée par la compagnie Paris Lyon Méditerranée, les trois séjours suivants (1863, 1864 et 1866) ayant pu être effectués en train... Paris et Vichy étaient alors reliées en huit heures. Le premier chef de gare fut Charles-Alexandre Gravier du Monsseaux (1827-1928).

L'emplacement de la gare était idéalement choisi avec un accès aisé à la ville et ses environs, de par sa structure et l'aspect des bâtiments affectés au service des voyageurs. Au nord de la gare, la voie ferrée coupait la route impériale à niveau tandis qu'une autre route passant au-dessous des voies permettait aux véhicules de grand gabarit d'éviter les barrières du passage à niveau. Avec la grande affluence en saison, il a fallu donner aux bâtiments, avec une circulation des trains plus active en saison.

La gare originale était composée de trois pavillons : le pavillon central, où au premier étage était logé le chef de gare, le pavillon de droite pour la salle d'attente et le pavillon de gauche pour les dépendances du service. Une salle annexe a été pensée, apportant un meilleur confort que la salle d'attente et pour répondre aux besoins de la haute société ; devant servir pour la « saison des eaux », elle est dénommée « salon d'été » avec vue sur la voie d'un côté et sur la cour de l'autre. L'ensemble de la gare a été construit d'après les projets et sous la direction de Pierre-Dominique Bazaine, ingénieur des ponts et chaussées et de la compagnie des chemins de fer duisPLM pour les lignes du Bourbonnais. Le bâtiment voyageurs est dû à l'architecte parisien Denis Darcy, les sculptures d'ornement à M. Flandrin et les peintures d'art à Eugène Lacoste.

Les dépenses s'élevaient à pour une surface de , comprenant le bâtiment des voyageurs et des bagages à l'arrivée, et des dépenses de décoration s'élevant à .

Parallèlement, huit routes thermales ont été créées par un arrêté, dont trois se terminaient à la gare : partant de l'enclos Chaloing, allant au clos des Célestins et vers la rue de NîmesNapoléon III, 27 juillet 1861, dans ..

Sous la Troisième République vignette|upright|alt=Affiche PLM de 1897|Affiche PLM de 1897 (Hugo d'Alesi). Le PLM vante la station thermale de Vichy au moyen d'affiches, dont celle de 1897 par F. Hugo d'Alesi..

En 1874, il fallait huit heures pour relier la station thermale à la capitale à raison de quatre allers et retours par jour (un express de première classe circulait en 1871, à une vitesse maximale de en plaine), sept heures vers Lyon et vingt heures vers Marseille à raison d'un aller et deux retours. La durée est réduite à cinq heures vers Paris et trois heures vers Lyon dans les années 1920, avec des liaisons directes vers le reste de la France..

La ligne de Saint-Germain à Darsac est prolongée au sud, jusqu'à Saint-Yorre et Thiers, afin de développer les expéditions de bouteilles de Saint-Yorre.

En 1892 est installée et inaugurée sur le parvis de la gare la statue du Génie des eaux, œuvre de Mombur. En 1936, elle fut déplacée sur la route d'Abrest et en 1942, pendant la guerre, elle fut fondue en application de la loi du .

En 1906, une marquise métallique à lanterneau vitré a été ajoutée pour , avec .

En 1907, un train de luxe au départ de Paris est mis en service face à l'augmentation de l'activité thermale. Supprimé pendant la Première Guerre mondiale, il est rétabli en 1921, uniquement en été.

En 1912, une antenne vers Cusset est ouverte par la PLM mais elle ne n'exploitera que pour le trafic de marchandises (carrière de Malavaux), affermant le trafic voyageurs à la Société des Chemins de fer du Centre (CFC) qui venait deux ans plus tôt d'ouvrir une ligne à voie métrique entre Cusset et Lavoine (le ). Aussi quelques mois après l'ouverture de cette ligne Vichy-Cusset, une voie métrique est imbriquée dans la voie normale existante afin que les trains de la ligne de Cusset à Lavoine puissent arriver jusqu'à la station thermale. Mais cette voie métrique s'arrête alors au nord de la gare, dans une gare temporaire dénommée Vichy-Local ou embarcadère de la CFC, la PLM prétextant de futurs travaux à venir dans la gare de Vichy pour y prolonger la voie métrique jusqu'à celle-ci. Finalement, cela sera fait seulement en 1930. Cette voie métrique est déposée en 1950-1951 à la suite de la fin de l'exploitation du tacot en 1949..

Menés depuis 1921, après présentation du projet en 1911 par l'administration supérieure au PLM, les travaux d'agrandissement de la gare répondent à une augmentation du trafic voyageurs et marchandises : acquisition de terrains en bordure des emprises ferroviaires, abaissement du sol au niveau de la plate-forme des voies, remaniement des installations existantes, création d'une station de lavage et d'un faisceau de remisage.

Un pont situé à l'extrémité nord de la gare de Vichy est construit en 1928 pour remplacer le passage à niveau fluidifiant et sécurisant l'une des principales voies routières entre Vichy et la ville voisine de Cusset et qui est nommée avenue de Gramont en 1937. Le pont est surélevé et élargi en 1988 à la suite des travaux d'électrification de la ligne ferroviaire.

vignette|gauche|alt=Un autorail Bugatti|Autorail Bugatti en 1934. Une relation Pullman Londres-Vichy est inaugurée en 1927 pour faciliter la venue de curistes britanniques durant la saison thermale. Ce train de luxe, numéroté , fonctionnait du au entre la gare de Boulogne-Maritime et celle de Vichy, jusqu'en 1930.

Pendant longtemps, la situation de la gare, alors en cul-de-sac, est devenue . Une seconde voie sur la ligne de Saint-Germain à Darsac fut construite en 1924. Le projet d'une ligne nouvelle reliant Vichy à Riom par Randan, promulgué par une loi de 1906, a été retardé par la crise économique.

Le , l'itinéraire de Paris à Clermont-Ferrand par Vichy peut être emprunté de bout en bout grâce à l'ouverture de cette ligne et l'achèvement en 1924 du viaduc d'Abrest franchissant l'Allier à au sud de la gare. Le PLM en profite pour lancer une liaison vers Marseille. En outre, l'ouverture de cette ligne desservant Vichy (mais le Paris – Nîmes de nuit continue à passer par Gannat avec un franchissement de l'Allier à Saint-Germain-des-Fossés). Depuis 1934, Paris et Vichy sont reliées en quatre heures grâce à une relation entre Paris et Clermont-Ferrand assurée en autorail Bugatti avec des arrêts intermédiaires à Montargis, Nevers, Moulins-sur-Allier et Saint-Germain-des-Fossés ainsi qu'à Riom, du lundi au samedi, que le PLM vante l'année suivante. avec une durée de ., contre six heures en train à vapeur.

La mise en place des congés payés en 1936 permet l'étoffement de la desserte ferroviaire, avec, en été, une relation directe au départ du Mans via Tours, Vierzon et Saincaize, la mise en place d'un Paris – Vichy les samedis après-midi, ainsi qu'un Vichy – Lyon – Vintimille.