vignette|Logo des sites Ramsar.

Un site Ramsar est la désignation d'une « zone humide d'importance internationale » inscrite sur la liste établie par la convention de Ramsar par un État partie. Un site Ramsar doit répondre à un ensemble de critères, tels que la présence d'espèces vulnérables de poissons et d'oiseaux d'eau.

Le label Ramsar récompense les sites et les acteurs du développement local qui ont su préserver et conserver les zones humides, tout en permettant un maintien des activités traditionnelles et économiques. L'inscription d'un site Ramsar n'impose pas de protection réglementaire particulière, celui-ci devant être préalablement protégé selon la législation nationale. Ainsi, un site Ramsar correspond à une reconnaissance internationale de l'importance de la zone humide désignée. En outre, cette désignation peut se superposer à un site du réseau Natura 2000, un site inscrit sur la liste du patrimoine mondial ou bien sur une zone appartenant à une réserve de biosphère de l'Unesco.

En , il existait plus de pour une surface cumulée supérieure à . En , le réseau compte sites transfrontières.

Critères d'admission et classement

Lorsqu'un pays ratifie la convention de Ramsar, il est tenu de proposer au minimum un site à inscrire. Seuls les États ayant ratifié la convention de Ramsar peuvent proposer un site éligible. En outre, il est demandé à chaque État l'élaboration d'un plan stratégique à l'échelle nationale pour conserver leurs zones humides.

Les États sont tenus d’identifier les zones humides répondant à un ensemble de neuf critèresLes différents critères sont accessibles sur le site web de la convention., sur leur territoire. Le premier critère est la présence de zones humides , les huit autres critères s'attachent à la qualité de la biodiversité : trois critères concernent les espèces et les communautés en général, deux se focalisent sur les populations d'oiseaux et deux sur les poissons, enfin le dernier concerne les espèces animales autres que les oiseaux. Ils doivent en garantir l'usage responsable et la protection.

Une fois le dossier d'admission accepté, le site candidat est inscrit sur la Liste des zones humides d’importance internationale, ainsi que dans la base de données accessible en ligne du Service d'information sur les sites Ramsar.

Gestion Responsabilité des États vignette|Les marais salants de Guérande et du Mès, en France, forment une zone humide artificielle, où une colonie d'aigrettes garzettes niche depuis 1983, elles y trouvent une nourriture abondante en toute saison. vignette|250px|droite|La pêche sur le lac Tanganyika, produit annuellement de poissons, ce qui couvrirait possiblement jusqu'à 60 % de l'apport en proteines animales pour les populations riveraines. Il est classé par la convention de Ramsar depuis 2007.

Les États parties s'engagent à une utilisation rationnelle des zones humides qu'ils inscrivent sur la liste des sites Ramsar. Cette « utilisation rationnelle » a été définie avec de plus en plus de précision au fil des années, elle vise à garantir le maintien de la biodiversité, des services écosystémiques ainsi qu'à maintenir le bien-être des populations locales et à réduire la pauvreté, rejoignant en cela les objectifs du millénaire pour le développement.

Chaque site Ramsar doit, autant que possible, posséder un plan de gestion et d'aménagement. La recherche scientifique, pour améliorer les connaissances sur les zones humides, est fortement encouragée par la convention de Ramsar. Parmi les recommandations émises par le conseil scientifique et technique, il est conseillé de prendre en compte la totalité du bassin versant ou du paysage, sans limiter la gestion au seul site Ramsar, car la ressource en eau en amont a une grande importance quantitativement et qualitativement.

Depuis 2014, les États-parties sont encouragés à (mieux) prendre en considération les besoins des populations dépendantes des zones humides dans leur vie quotidienne. Selon le secrétariat de la convention Ramsar :

Les États membres de la convention bénéficient d'outils, mis en place par la convention, pour les accompagner dans la gestion des sites. Des équipes pluridisciplinaires d'experts peuvent être envoyées en mission consultative, à la demande des états contractants pour apporter des solutions à des problèmes de gestion. Ces équipes peuvent comprendre des partenaires extérieurs comme des spécialistes de l'UICN, du programme sur l'homme et la biosphère et du patrimoine mondial de l'UNESCO.

Registre de Montreux des sites menacés vignette|Le parc national de Keoladeo, haut site de l'ornithologie mondiale, au Rajasthan, est menacé par la réduction de la ressource en eau et la mauvaise gestion du pâturage. Site Ramsar depuis 1981, il est classé sur le « registre de Montreux » à partir de 1990.

Lorsque les efforts de gestion ne sont pas suffisants et qu'un site subit des changements défavorables en conséquence des activités humaines, il peut être inscrit sur le « registre de Montreux », après discussion avec l'état concerné. En Europe, c'est le cas du parc national de Doñana (Espagne), depuis 1990, par exemple. Ce site est menacé par la surfréquentation touristique et l'extension des zones agricoles, entre autres pour la culture des fraises.

La pollution de l'eau d'origine agricole ou urbaine, la pêche illégale et le braconnage, la surexploitation de la ressource en eau, les espèces envahissantes ou la présence de bandes armées violentes, sont des exemples de menaces qui pèsent sur un certain nombre de sites Ramsar.

En 2014, 48 sites étaient inscrits sur le registre de Montreux, une proportion extrêmement faible. C'était l'Iran et la Grèce qui comptaient le plus de ces zones humides en danger.

Cependant ce classement n'est pas permanent et après des améliorations importantes de la gestion des sites, ceux-ci peuvent être retirés du registre de Montreux. Ainsi, entre 1990 et 2014, 32 sites ont été inscrits puis retirés du registre susmentionné.

Prix Ramsar À l'inverse le « prix Ramsar » récompense les actions menées par des acteurs publics ou privés en faveur de la conservation des zones humides, il est décerné tous les trois ans depuis 1999.

Coopération internationale vignette|le site de Saloum - Niumi est un exemple réussi de gestion transfrontalière entre le Sénégal et la Gambie. La convention permet le classement de zones humides transfrontalières, chaque État inscrivant sa partie.

Seize zones humides transfrontalières (sur un potentiel de plus de 200) disposaient de plan de gestion commun, en 2014. En 2019, 22 sites étaient désignés comme « transfrontières ». La désignation d'un site Ramsar transfrontalier ne joue pas le rôle d'une réglementation à portée internationale, il s'agit uniquement de la reconnaissance de la coopération entre plusieurs états pour la gestion d'une zone humide écologiquement cohérente à cheval sur plusieurs pays.

Par ailleurs, il existe 15 réseaux régionaux visant à renforcer la coopération entre les gouvernements, les experts techniques et les acteurs privés locaux des sites Ramsar.

Effets et limites de la désignation La labellisation des sites Ramsar n'entrainant pas de contraintes réglementaires de protection, limite de facto son effet. Cependant, la labellisation peut avoir un aspect positif en matière de communication pour mettre en valeur et donc protéger les zones humides, en particulier pour les pays en développement.

Statistiques et études de cas Statistiques par pays Le nombre de pays signataires de la convention de Ramsar augmente régulièrement, tout comme le nombre de sites inscrits et corollairement la surface totale des zones humides d'importance internationale protégées.

+Sites Ramsar par pays Pays Année de ratification Nombre de sites Superficie (ha) mise à jour 1975 2022 1996 2020 1984 2020 1976 2020 2012 2020 20212022 2005 2020 1992 2022 1993 2020 1975 2020 1983 2020 2001 2020 1997 2020 1998 2020 1992 2020 2006 2020 1986 2020 1998 2020 2000 2020 2012 2020 1977 (URSS) 2020 2005 2020 1990 2020 1977 (Yougoslavie) 2020 1997 2020 1993 2020 1976 2020 1990 2020 2002 2020 1999 2020 2006 2020 1981 2020 2005 2020 1981 2020 1992 2020 2001 2020 1998 2020 1995 2020 2018 2020 1997 2022 1992 2020 1996 2020 1977 2020 2001 2020 1978 2020 2003 2020 1988 2020 2007 2020 1991 2020 1982 2022 1994 2020 2013 2020 1986 2020 2006 2020 1975 2020 1986 2022 1987 2020 1997 2020 1997 2020 1988 2020 1975 2020 2012 2020 1990 2020 1993 2020 1990 2020 2003 2020 1993 2022 1979 2020 1982 mars 2023 1992 2020 2008 2020 1975 2020 1985 2020 1978 2020 1997 2020 1977 2022 1998 2022 1980 2022 1977 2020 2007 2020 1990 2020 2003 2020 2013 2020 2015 2020 2010 2020 2004 2020 1995 2020 1999 2020 2003 2020 2000 2020 1991 2020 1993 2020 1998 2020 1977 (Yougoslavie) 2022 1999 2020 1995 2020 1997 2020 1987 2020 1989 2020 1980 2020 2004 2020 2001 2020 1983 2020 1986 2020 2000 2020 1997 2020 1998 2020 1977 (Yougoslavie) 2020 2004 2020 1995 2020 1988 2020 1997 2020 1987 2022 2001 2020 1975 2020 1976 2020 2013 2020 1988 2020 2002 2020 1976 2020 2003 2020 1990 2020 1993 2020 1995 2020 1980 2022 1992 2022 1994 2022 1978 2020 1981 2020 2006 2020 1998 2020 1996 2020 2002 2020 1993 2020 1991 2022 1976 2020 1977 (URSS) 2020 2006 2020 2002 2020 1999 2020 2005 2020 2006 2020 1977 2022 1977 (Yougoslavie) 2020 2005 2020 2000 2020 1993 2020 1977 (Yougoslavie) 2020 2005 2022 2013 2020 1990 2020 1975 2020 1976 2020 1985 2020 1998 2020 2001 2020 2000 2020 1990 2020 1998 2020 1995 2020 1993 2020 2017 2022 2009 2020 1994 2020 1991 2020 1984 2020 1988 2020 1989 2020 2008 2020 1991 2020 2013 2020

Statistiques par continent vignette|redresse=1.3|Surfaces des sites Ramsar par continent, en pourcentage (2020)

+Pourcentage de sites Ramsar par continent rapporté au nombre total de sites Continent % de sites en 2014 % de sites en 2020 Afrique 16 % 17,1 % Amérique 18 % 17,1 % Asie 13 % 18,5 % Europe 49 % 43,8 % Océanie 4 % 3,6 %

Amérique du Sud L'Amérique du Sud est le continent où les zones humides sont le plus présentes, en effet elles occupent environ 20 % de sa surface. L’expansion des zones agricoles, la déforestation, l'exploitation minière incontrôlée et polluante, la pollution urbaine et agricole, la mauvaise gestion de la ressource en eau et de grands travaux comme la construction de barrages ont des impacts négatifs sur les zones humides. Les menaces sur ces écosystèmes subsistent en raison du manque de moyen financier, humain, législatif et en infrastructures dans les pays du continent.

vignette|Le parc national d'Anavilhanas, sur le Rio Negro un affluent de l'Amazone. En 2015, la convention y avait enregistrée 113 sites pour environ , dont 10 sites marins, 39 sites côtiers et 74 à l'intérieur des terres. Vingt sites comprennent des mangroves et six des récifs coralliens.

Amazone L'Amazone est le plus grand fleuve du monde, quel que soit le paramètre mesuré. Neuf sites Ramsar protègent son bassin pour une surface de soit 14 % de la surface estimée des zones humides de la zone.

Afrique L' avifaune du Maroc

Le Maroc a ratifié la convention de Ramsar en 1980. En 2014 les 24 sites Ramsar, alors désignés, étaient classés comme « Sites d'intérêt biologique et écologique (SIBE) ».

Une étude menée au Maroc, a essayé de mesurer l'influence de la convention de Ramsar sur la protection des oiseaux d'eau sur plus de 200 zones humides en comparant l'évolution des populations entre des sites Ramsar et des zones non classées, mais aussi dans les premières entre les tendances avant et après le classement. Les habitats favorables aux oiseaux sont significativement plus étendus dans les sites Ramsar que dans les sites contrôles. les populations d'oiseaux d'eau sont dans un état favorable au Maroc, contrairement aux attentes. L'évolution des populations est corrélée avec les précipitations dans le Sahel.

L'augmentation des populations d'oiseaux a été plus rapide dans les sites Ramsar après leur désignation qu'avant.