L'Express est un magazine d'actualité hebdomadaire français, d'obédience libérale., créé en 1953 par Jean-Jacques Servan-Schreiber et Françoise Giroud. L'Express est l'un des cinq magazines d'actualité hebdomadaires de dimension nationaleAvec L'Obs, Le Point, Marianne et Valeurs actuelles, en exceptant Le Figaro Magazine, qui est un supplément http://www.acpm.fr/Classement-personnalise/page/presse?section=1GP&sous-thematic=161..

Après avoir été intégré à SFR Presse entre 2016 et 2019, il devient une filiale du groupe L'Express, rebaptisé « L'Express Global Tech » en janvier 2026 à l'occasion du lancement d'une édition européenne du titre.

L'Express est détenu depuis à 100 % par l'homme d'affaires Alain Weill via la société NextNow...

Ligne éditoriale vignette|Françoise Giroud en 1974, en Italie. Le titre est fondé en 1953 par Jean-Jacques Servan-Schreiber et Françoise Giroud comme supplément politique du journal libéral Les Échos, sur lexpress.fr., dont il a hérité l'habitude de recouper et sélectionner ses informations tout en protégeant les sources. À sa création, L'Express agit comme le « porte-parole » du président du Conseil de l'époque, Pierre Mendès France, et permet l'adhésion d'une partie de la population à un régime qui était jusqu'alors jugé décevantPierre Milza et Serge Berstein, Histoire du , 1945 à 1973, le monde entre guerre et paix, .. Jean-Jacques Servan-Schreiber, antigaulliste militant et atlantiste convaincu, en fait originellement un magazine proche du centre-gauche.. En 1956 Albert Camus en devient un des éditorialistes les plus célèbres.

Positionné jusqu'en 1971 au centre-gauche, le journal revendique ensuite souvent son refus d'endosser une étiquette. ou sa volonté d'être « au-dessus de la mêlée ».. « Créé au service de Pierre Mendès France » en 1953., anti-gaulliste et atlantiste, il se veut aujourd'hui moderniste, favorable à l'économie de marché et au projet européen..

Le journal fut très critique à l'encontre de la SFIO et du socialisme, et son anticommunisme racinaire à partir des années 1960 Michel Jamet, « L'Express, du journal d'opinion au news-magazine », Communication et langages, Année 1983, Volume 56, Numéro 56, .. Depuis, le journal se rapproche d’une formule plus proche de celle du magazine Time. L'ancien directeur de la rédaction Christophe Barbier affirmait en que L'Express n'est « ni de droite ni de gauche, il est au-dessus de la mêlée ». Cependant, l'analyse de ses « unes » privilégie selon Acrimed une ligne que sa direction croit susceptible de plaire aux dirigeants de petites entreprises et aux cadres supérieurs : conseils santé ou financiers aux cadres, conseils d’activités culturelles, grands dossiers récurrents sur les francs-maçons, les sectes, la mafia, l'islam ou les complotistes, portraits de personnalités politiques et peu de place aux sujets internationaux, économiques ou sociaux.

Le magazine met en avant le néolibéralisme sur le plan économique et est orienté politiquement au centre..

Histoire

La naissance de L'Express Le premier numéro de L'Express paraît le samedi comme supplément hebdomadaire du journal économique Les Échos, sous le nom Les Échos du samedi, d'une douzaine de pages et tiré à 35 000 exemplairesFrançoise, par Laure Adler, aux Éditions Grasset, 2011., avec une couverture austère, sans photo, annonçant une interview de Pierre Mendès France, dans laquelle il plaide pour des négociations en Indochine, qui auront lieu un an plus tardLe siècle des intellectuels, par Michel Winock..

Les quelques journalistes du supplément sont hébergés par Les Échos et dirigés par deux journalistes qui ont « le projet explicite de mettre les idées de Pierre Mendès France au pouvoir » dès 1951« Irremplaçable Mendès ! » : interview de Françoise Giroud réalisé par Sylvie Pierre-Brossolette et Sylvaine Pasquier dans L'Express du 15/10/1992 . : Françoise Giroud, alors directrice de la rédaction du magazine ElleDenis Jeambar et Roland Mihaïl, « Entretien avec Françoise Giroud, cofondatrice du journal », L'Express, 3 juin 1999., et Jean-Jacques Servan-Schreiber (JJSS), 29 ans, ancien éditorialiste au Monde. L'équipe fondatrice inclut son cousin Jean-Claude Servan-Schreiber« Histoire politique des intellectuels en France (1944-1954) : Le temps de l'engagement », par Ariane Chebel d'Appollonia aux Éditions Complexe, 1991 - page 158, âgé de 35 ans« L'Express, du journal d'opinion au news-magazine », Michel Jamet, Communication et langages, 56, 1983, 85-97., sa cousine Marie-Claire Servan-Schreiber, qui devient peu après la maîtresse de Pierre Mendès France, et a pour rédacteur en chef Pierre Viansson-Ponté, jusque-là chef adjoint au service politique de l'Agence France-Presse. Les cousins Servan-Schreiber, dont les pères Émile et Robert ont chacun la moitié des parts, sont chargés de rencontrer les annonceurs des Échos pour leur proposer de la publicité dans le supplémentL'Esprit de liberté, Mémoires de Marie-Claire Mendès France, par Catherine David, aux Éditions FeniXX avec une formule qui vient de permettre la croissance des Échos : des contrats sur 4 ans à prix fixes mais parution modulable. L'équipe inclut aussi Léone Georges-Picot, venue de la Société Générale de Presse (SGP) et future secrétaire particulière de Mendès France.

Avant la création de L'Express, Pierre Mendès-France avait signé quelques articles dans Le Monde, d'Hubert Beuve-Méry, et écrivait régulièrement dans Paris-Presse-L'Intransigeant, quotidien où écrivait aussi le jeune Jean-Jacques Servan-Schreiber.

La croissance de L'Express L'Express se fait rapidement connaître pour ses positions anti-colonisation, ce qui attire dans ses colonnes les plumes illustres d'Albert Camus, Jean-Paul Sartre, André Malraux, Françoise Sagan ou encore François Mauriac, alors collaborateur du Figaro, à qui son directeur avait demandé de se modérer sur l'Algérie. L'écrivain rejoint L'Express, en , à la demande de Françoise Giroud, avec un article retentissant : Les prétendants. À partir du , il publie chaque semaine son « Bloc-notes ». Le nouvel hebdo est l’un des premiers à utiliser massivement les sondages d’opinion pour mesurer les attentes des Français« Les Métamorphoses des pages Politique dans la presse écrite française (1945-2000) », thèse de doctorat en science politique de Nicolas Kaciaf, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, 2005 ., mais aussi témoigner du , par des tableaux de bord de sa popularité via le recueil des déclarations d’hommes politiques, des réactions de syndicalistes ou des éditoriaux. En , peu après son départ, la commande de sondage auprès de l’IFOP par L'Express s’est , pour pallier le fait qu'il ne .

À la même époque commence la brouille entre les actionnaires du journal Les Échos, dont L'Express n'est que le supplément. Marie-Claire Mendès France, fille de Robert, fondateur du journal Les Échos, informe André Pelabon, directeur de cabinet de Pierre Mendès France et ami de longue date, de la santé déclinante de son père. Le , celui-ci l'informe que son père, déjà chevalier de la Légion d'honneur, sera élevé au grade de grand officier. Les autres actionnaires du journal estiment qu'elle s'est servie alors du journal sans les en avoir informés.

L'hebdomadaire fait partie des premiers journaux français avec Témoignage chrétien, Le Monde, L'Humanité et France Observateur à révéler, puis dénoncer, la torture pratiquée par une partie des troupes de choc de l'armée française pendant la guerre d'Algérie, dans le sillage de la torture pendant la guerre d'Indochine. Dès , François Mauriac écrit qu'il faut « coûte que coûte éviter de torturer », tandis que Claude Bourdet évoque dans France Observateur du les conditions de détention des opposants qui subissent la torture et la « Gestapo en Algérie ».

En réponse, la censure est votée par l'Assemblée nationale, mi-, et le journal est saisi et censuré à de nombreuses reprises sous la Quatrième République alors qu'il est encore vendu avec le sous-titre Les Échos du samedi. Le par exemple, le journal sera saisi par les autorités à la suite de la publication d'un article de Jean-Paul Sartre consacré à l'usage de la torture en Algérie..

Du au , il devient pour quelques mois quotidien durant la campagne des élections législatives pour soutenir le Front Républicain mené par Mendès France qui gagne ces élections. La croissance de L'Express est à ce moment-là aidée financièrement par Antoine Riboud, Henry GoüinYann Moncomble, Quand la presse est aux ordres de la finance, 1986.Gabriel Milési, Les dynasties du pouvoir de l'argent, , Éditions Michel de Maule, 2011., le comte Charles de Breteuil, Lucien Rachet (Lazare Rachline), les GradisJean Paulhan, Chroniques de Jean Guérin : 1953-1964, , Éditions des Cendres, 1991.Défense de l'Occident, Numéros 20 à 29, 1955., tandis que Jean-Claude et Marie-Claire Servan-Schreiber versent chacun à la Société des amis et lecteurs de L'Express, suivis par Jean Riboud et René SeydouxFrançoise Giroud, On ne peut pas être heureux tout le temps, Fayard, 2001..

Les journalistes étant des spécialistes du modèle hebdomadaire, le journal décide de revenir à cette formule pour éviter de perdre de son audience..

L'Express est infiltré pendant 35 ans par le KGB, son directeur Philippe Grumbach étant l'un des principaux espions soviétiques en France... Les lecteurs des Échos pointent ainsi que le journal L'Express met longtemps à mentionner la férocité de la répression communiste en Hongrie après la tentative de révolution en 1956 ; et il s'interdit de parler d'écrivains situés « à droite », par exemple les « Hussards »Christian Millau, Au Galop des Hussards. Dans le tourbillon littéraire des années 50, Éditions de Fallois, 1998..

Le journal jouit d'un prestige international. Proclamé premier président de la République tunisienne le , Habib Bourguiba s'est exprimé un mois avant, le , dans les colonnes de L'Express pour souhaiter que De Gaulle soit sollicité pour résoudre la question algérienne« Les Hommes providentiels. Histoire d'une fascination française » par Jean Garrigues, Éditions Le Seuil - 2011.. Mais en 1958, l'opposition du journal au retour du général de Gaulle lui fait perdre des lecteurs, tandis que son directeur se brouille avec Mendès France, puis se rallie un peu plus tard à De Gaulle.

En 1964, L'Express se transforme en magazine d'actualité En 1964, L'Express se transforme en magazine d'actualité pour s'adapter au marché et sera suivi par Le Nouvel Observateur, Le Point, L'Événement et Marianne. Il devient un magazine d'information français sur le modèle de Der Spiegel ou de Time. Il n'est pas le premier, contrairement à sa légende : en 1956, Jean Ferré a créé le mensuel d'actualité C'est-à-dire sur le modèle du « news magazine » américain Time, tout aussi résolument à droite.

Ce profond bouleversement entraîne le départ d'un des journalistes phares, Jean Daniel qui reprend France Observateur pour en faire Le Nouvel Observateur… un magazine d'actualité lui aussi. Le journal se généralise de plus en plus et devient le reflet des changements de la société française. De nombreux journalistes français y font leurs premières armes : Jean-François Kahn, Catherine Nay, Michèle Cotta ou encore Ivan Levaï et Danièle Granet. Le tirage augmente de semaine en semaine. L'Express est le grand succès de presse des années 1960.

Sous la houlette de Claude Imbert, qui en dirige la rédaction à partir de 1966, L'Express suit politiquement la ligne centre-gauche et anti-gaulliste de son éditorialiste politique Jean-Jacques Servan-Schreiber. La même année, il lance une édition internationale. La crise importante de 1971