Le mah-jong est un jeu de société d'origine chinoise qui se joue à quatre, avec des pièces appelées tuiles dans les principales langues européennes, pái (牌), « tablettes », en chinois. Associant tactique, stratégie, calcul et psychologie, ainsi qu'une part plus ou moins importante de chance selon la règle jouée, le mah-jong est un jeu d'argent très populaire en Asie orientale et dans la plupart des communautés chinoises, japonaises, coréennes, vietnamiennes et thaïlandaises du monde.

Le principe du jeu s'apparente au rami par certains aspects et à certaines variétés de poker par d'autres, mais le mah-jong est beaucoup plus riche en possibilités que ces deux familles de jeux : chaque joueur, à son tour, prend une tuile, l'incorpore à sa main, puis, dans celle-ci, choisit une tuile à écarter. Le but du jeu est identique dans presque toutes les règles pratiquées : rassembler des tuiles identiques ou consécutives, à raison de quatre groupes de trois ou quatre tuiles, ainsi que d'une paire.

En Asie, la composition et le déroulement du jeu varient peu, mais les règles — transmises oralement, principalement — sont susceptibles de fluctuer d'une ville, d'une région ou d'un pays à l'autre. En Occident, sa pratique a connu des modes, mais est restée confidentielle jusqu'au début du . Parallèlement au jeu d'argent, une pratique de compétition s'est développée — d'abord au Japon, plus récemment en Chine et en Europe — avec des règles standardisées, diffusées selon les diverses variantes pratiquées internationalement.

vignette|upright=1.2|Jeu de mah-jong : 144 tuiles, 4 tuiles blanches (de rechange), 3 dés, 4 jetons pour les 4 Vents, jetons pour compter les points.

Nom et étymologie Le nom original, 麻雀, má què (aussi prononcé má qiǎo), « moineau du lin (ou du chanvre) »., serait une allusion au bruit fait par les tuiles qui s'entrechoquent lors de leur mélange. Ce nom est aujourd’hui toujours utilisé en cantonais, où il se prononce maa zoek (en romanisation jyutping). Très tôt, le jeu a aussi été nommé en mandarin má jiàng, écrit 麻将, son nom actuel en chinois. Ce nom a clairement influencé la prononciation en japonais, majan, même si les Japonais écrivent eux aussi encore 麻雀.

Le nom Mah-Jongg est une marque déposée par l'Américain qui voulait vendre le jeu aux États-Unis sous un nom à consonance plus chinoiseFAQ 11. HISTORY OF MAHJONG, Solperama MAHJONG HISTORY, 23 avril 2012. En français, l'orthographe communément acceptée est « mahjong », mais d'autres orthographes existent, provenant de l'anglais pour la plupart : Mah-jongg (marque commerciale américaine), majong (rectifications orthographiques du français en 1990), mahjong (orthographe officielle en anglais), Mah Jong et Mah-Jong.

Histoire

Origines Les historiens s’accordent sur le fait que les jeux de cartes et de dominos (qui sont des dés accolés) ont été inventés par les Chinoishttps://www.i-p-c-s.org/faq/history_1.php/ sur le site de l'International Playing-Card Society. Au fil des siècles, ces derniers ont joué à toutes sortes de jeux de dominos et de cartes, et notamment aux cartes monétaires (peut-être inspirées par les billets de banque), aux cartes d’échecs (xiangqi), et aux cartes dominos.

Il a été démontré L'Univers du Mahjong, Pascal Reysset et Thierry Depaulis, Paris, Bornemann, 1996 que le mahjong est la forme aboutie de plusieurs jeux ou variantes de jeux Perspectives chinoises, Elisabeth Papineau, N°57, février 2000 se pratiquant avec les cartes monétaires qui a pris l’aspect d’un jeu de dominos (tuile en os et/ou bambou). Les cartes monétaires (guan pai) faisaient déjà apparaitre 3 séries de 4 cartes identiques (les sapèques, les ligatures et les myriades) correspondant aux cercles, aux bambous et aux caractères, auxquels s’ajoutaient les honneurs supérieurs ou dragons. Se sont successivement ajoutés les vents, ainsi parfois que les « fleurs et les saisons ».

Si les plus vieux jeux (et mentions écrites du jeu) retrouvés datent de 1875 et sont conservés aux États-Unis http://mahjong.madisonsolutions.co.uk/ de Michael Stanwick, il est difficile de savoir où et par qui a été mis en forme le mah-jong. Plusieurs hypothèses ont été évoquées. Il aurait été créé vers 1860 pendant la rébellion Taiping par des officiers de l'armée rebelle, mais c'est très improbable, ou par un notable de Shanghai dans les années 1870, ou encore par deux frères de Ningbo.

Il semblerait, par ailleurs, que le mah-jong ait été pratiqué au début du , parallèlement, sous une forme de jeu de cartes (moins coûteux) et sous sa forme actuelle de tuiles (plus luxueux).

Expansion et diversification C'est pendant la Première Guerre mondiale que le mahjong est découvert par les Occidentaux, et il commence à se répandre aux États-Unis et en Europe dans les années 1920 sous l'impulsion de Joseph P. Babcock. Les règles sont traduites et adaptées, et le jeu apparaît sous des noms très variés, comme Mah-Jongg, Pung-Chow ou Game of Thousand Intelligences.. À la mode vers 1930, le mah-jong continue à être joué en Occident, généralement dans la sphère privée, avec les règles écrites à cette époque, sans connaître d'évolution majeure. Les amateurs occidentaux, qui contrairement aux Chinois ne jouent pas au mahjong pour de l’argent, ont également apprécié de jouer à des variantes invitant les joueurs à réaliser des figures ou jeux (profils ou combinaisons gagnantes, dont certains parlent de « faire mahjong ») exceptionnels portant des noms très poétiques (« cueillir les fleurs du prunier sur le mur », « pêcher la lune au fond du puits », « les treize orphelins » ou encore « les neuf lanternes merveilleuses »…).

En Asie orientale, le mah-jong se répand avec la diaspora chinoise et les échanges commerciaux, et connaît un développement très rapide dans le Japon d'après 1945. La pratique du jeu s'organise, se professionnalise et se standardise pour aboutir, dans les années 1960, aux règles japonaises modernes connues sous le nom de riichi. Dans les communautés chinoises, la transmission orale des règles engendre une très grande diversité de pratiques d'un bout à l'autre du monde chinois. La tendance est à la simplification du jeu et de la marque, comme à Hong-Kong toujours en contact avec l'Occident, et à la multiplication ou la rationalisation des mains spéciales selon la variante régionale, ou encore, du pointage.

En Chine continentale, le mah-jong est illégal pendant la révolution culturelle et la prohibition n'est levée qu'à partir de 1976. En 1996, devant la recrudescence du jeu d'argent illégal, le gouvernement chinois décide de développer et promouvoir une pratique « olympique » et « saine », avec la promotion du mah-jong au rang de sport et la création d'une règle de compétition (guobiao majiàng, ou règle chinoise officielle (CO), maintenant Mahjong Competition Rules (MCR)), dont une première édition est publiée en 1998.

Institutionnalisation et compétition Règles de compétition de mah-jong (MCR) Avec la publication de règles standards, la pratique du mah-jong sort progressivement de la sphère privée et des salles de jeu. En 2002, la Japan Mahjong Organization Committee organise le premier Championnat du monde de mah-jong avec les règles officielles chinoises. En Europe, les règles chinoises officielles ont séduit les joueurs déjà plus ou moins associés et s'est imposée comme standard européen à partir de 2005. La création de la World Mahjong Organization (WMO) et l'édition du Green Book, en , ont consolidé une standardisation de la pratique du mah-jong de compétition en Europe et dans le monde, et la Chine a accueilli le premier championnat du monde homologué en 2007.

Règles du mah-jong japonais (riichi)

Avant les années 2000, la pratique du mah-jong japonais était essentiellement limitée au Japon. L'existence de salons de jeux en tant qu'industrie lucrative date depuis les années 1950, et même avant. La pratique du jeu se limitait alors exclusivement aux jeux d'argent. Divers ouvrages et magazines dédiées au jeu (dont Kindai Mahjong) ont contribué à l'essor du jeu d'argent, mais ont aussi contribué à la mise en place de ligues professionnelles qui opteront plutôt pour projeter une image de jeu de talents, pouvant être pratiqué sans nécessairement miser pour jouer dans un milieu plus propre, à l'abri de l'image négative généralisée du jeu (paris, alcool, fumée de cigarettes, yakuzas...). La première association professionnelle est alors créée en 1976, et une deuxième association rivale voit le jour en 1981. Depuis, 5 grandes organisations ont plus de 1800 membres en 2020 : ce sont les professionnels de mah-jong, sans oublier l'existence de talents amateurs à travers le pays. Chaque organisation est libre de publier ses règles, accessibles au public afin de pouvoir suivre avec engouement les ligues, tournois et championnats des professionnels à travers les magazines, la télévision, et maintenant internet avec la vidéo sur demande et les jeux dématérialisés permettant de jouer contre des joueurs au hasard, des amis, ou encore, avec des vedettes professionnelles et amateures, parfois gratuitement au hasard, ou en payant des abonnements à divers clients de jeu.

À partir des années 2000, l'engouement mondial pour une version hautement stratégique du mah-jong commence à se manifester avec des clubs et joueurs un peu éparpillés en Occident. Dès 2008, l'Association européenne de mah-jong (EMA) a admis le riichi comme standard européen, avec sa propre édition de règles compétitives. Les années 2010 ont vu un essor de joueurs, de clubs, et de tournois dédiés au riichi, au point qu'il y a eu l'organisation de championnats mondiaux avec les World Riichi Championship(s) de 2014 en France et 2017 aux États-Unis. L'intérêt européen est maintenant divisé environ 50:50 entre les variantes MCR et riichi depuis 2018, variant grandement entre les divers pays.

En ce qui a trait aux proportions de joueurs ailleurs, ou encore comptées globalement, celles-ci varient grandement, souvent avec d'autres variantes pratiquées dans un nombre limité de régions et pays à travers le monde. Impossible de tous les noter.

Représentation nationale et supranationale La Fédération Française de Mah-jong (FFMJ) a été fondée en 2005 et regroupe 30 clubs. La FFMJ, ainsi que l'Association suisse de mah-jong (ASM-SMV) et la Belgian Mahjong Association (BMA), font partie des 22 pays membres de l'Association européenne de mah-jong (EMA, European Mahjong Association), qui encadre la pratique dans plus de 180 clubs et associations à travers l'Europe. Outre-mer, il y a un réseau de clubs et associations en Océanie, en Asie sud-orientale, et dans les Amériques : certains de ces pays avec des représentants nationaux, d'autres sans.

Championnats

Depuis 2002, divers championnats mondiaux de mah-jong ont eu lieu. Veuillez consulter le lien ci-haut pour plus d'information.

Généralités Le mah-jong se joue à quatre joueurs avec un nombre de tuiles qui peut différer selon la variante, généralement 136 ou 144. Cette section décrit le matériel, le but et le déroulement du jeu, sous une forme très générale.

Matériel Un jeu de mah-jong se compose de 144 tuiles, de dés, et quelquefois de jetons pour compter les points ou indiquer des phases de jeu.

Tuiles Un jeu de mah-jong comprend généralement 144 tuiles, plus d'éventuelles tuiles de remplacement ou pour certaines variantes. 136 tuiles se retrouvent dans tous les jeux depuis le début du à raison de 4 exemplaires de 34 types de tuiles. À l'origine, les tuiles étaient faites en bambou avec le plus souvent une face en os de bœuf ou, dans les jeux luxueux, en ivoire. La plupart des tuiles sont maintenant faites en matière plastique.

Tuiles numérales Les tuiles numérales, dites aussi tuiles-chiffres, sont numérotées de 1 à 9 dans trois familles :