Un disc jockey, prononcé en français , est la personne responsable de la manipulation (en anglais ) des disques et par extension l'animateur qui sélectionne, diffuse et mixe de la musique pour un public, que ce soit dans une émission radiophonique, une discothèque ou lors d'un événement particulier.

vignette|upright=1|Disc jockey utilisant une platine disque et un , petite table de mixage utilisée pour la transition entre les chansons.

Histoire 1919-1930 - De l'animateur radio au disc jockey vignette|Animateur de radio de la station radio CKVL à Montréal en 1948 La première guerre mondiale a été, aux États-Unis, un stimulant pour la recherche et le développement de la radio en grandes ondes, et en 1916, à la demande de son employeur, la société Westinghouse (aujourd'hui Audacy Inc.), l'ingénieur Frank Conrad lance une radio amateur expérimentale 8XK (identifiant radiophonique américain) pour tester la technologie, ce qui lui permet de diffuser malgré l'interdiction des radio amateurs à cause de la guerre.

Le premier , l'interdiction des radios amateur est levée et le , Frank Conrad surprend ses auditeurs radioamateurs () en annonçant le branchement d'un phonographe 78 tours pour y diffuser des requêtes musicales. Croulant sous les demandes, il décide alors de les regrouper sur une plage de deux heures diffusée les mercredi et samedi soir..

En 1935, toujours aux États-Unis, l'appellation disc jockey fait son apparition. Le terme imagé est employé par l'animateur de radio Walter Winchell pour décrire l'habileté à jongler avec les disques de phonographe dont fait montre un certain Martin Block lorsqu'il fait ses partitions ou compositions () dans l'émission Make believe Ballroom (WNEW). En 1941, le terme passe dans la langue écrite avec un article du magazine Variety..

1940-1950 - Des salles de bal aux discothèques Au début des années 1940, les « disquaires » , comme on les appelle en France, sont mal vus par le monde de la musique, car les artistes sont toujours payés au set live, et parce que les salles de bal ne les considèrent que comme une solution de piètre qualité entre deux sets qui nécessite un matériel de sonorisation peu qualitatif, complexe et coûteux.

En 1942, voyant que la commodité et le gain financier prennent le pas sur la qualité des orchestres live, les artistes musicaux se mettent en grève de 1942 à 1944. Mais l'effet est encore pire puisque cette grève va inciter les salles de bal à utiliser davantage les disques. Avec l'arrivée du transistor, les systèmes de sonorisation vont se développer, et c'est cet enchaînement de facteurs qui va précipiter le déclin des big bands et de l'essor de l'activité de disquaire, même si elle reste considérée comme une activité technique (comme barman ou serveur).

1950-1970 - Du disco et des DJ

Le métier se développe à la radio, grâce à l'influence des États-Unis : la musique prend de plus en plus de place dans la programmation. Les premières radios pirates lors de la décennie suivante vont mettre en exergue le rôle du « disc jockey-animateur » jusqu'à influencer les grandes radios nationales. Ceux-ci ne cherchent pas à enchainer les morceaux au rythme, ils annoncent et parlent durant la phase d'introduction de chaque morceauVoir l'article Hubert Wayaffe considéré comme l'un des premiers DJ de radio.. Les premiers jingles radiophoniques sont utilisés. Dans les années 1960, ces hommes de radio vont influencer les disquaires des discothèques jusque là muets. Dans les années qui vont suivre, deux types de disquaires vont cohabiter suivant les lieux : celui, technique, qui va enchaîner les disques en parlant rarement au micro et le second, plus centré sur l'animation. Mais progressivement, les simples enchaînements de titres deviennent un ensemble cohérent qui accompagne les danseurs.

1970-1980 - Le saut du DJ dans le mix

Durant les années 1970, l'essor du Hip hop vont favoriser l'émergence de nouvelles techniques de mixage. Kool Herc (Bronx) va avoir l'idée de mixer un disque sur lui-même (le même disque chargé sur les 2 platines), en plein milieu du morceaux en recalant le second au début du break (hip hop) alors que le premier le finit.. Le break boucle sur lui-même, c'est le début du looping.

En 1975, Grand Wizzard Theodore est interpelé par le son que fait un disque qui s'arrête sous la tête de lecture, et qu'on bouge ensuite. Pour le coup il joue avec ce son et se met à "frotter" ses disques pour "gratter" le saphir. c'est le début du scratch.

1980-1990 - De l'ombre à la lumière

Par ailleurs, a force d'améliorer les techniques de scratch et de looping, le terme de est finalement proposé par DJ Babu en 1995 pour décrire cette pratique.

vignette|Afrika Bambaataa.

2000-Auj. Starification et industrialisation

Fonctions Animateur

Il peut simplement enchaîner les morceaux de musique les uns après les autres en fonction des envies des auditeurs. Il peut aussi modifier ou superposer deux musiques, ou une musique et une version a cappella, et faire preuve de créativité et d'ingéniosité, voire utiliser des équipements spéciaux ou des ordinateurs pour refondre entièrement le morceau utilisé. Dans le milieu du « DJing », cette technique est connue sous le nom de « » ou encore de « » ou « ».

L'animateur DJ de soirée privée comme le mariage ne peut pas être considéré comme un artiste du spectacle. Par contre, depuis fin 2015, le DJ ayant une activité en discothèque est considéré comme un grâce à une loi votée par les députés français. Il peut à ce titre prétendre au statut d'intermittent du spectacle pour autant que le lieu qui le reçoit cotise en conséquence.

Musicien

DJ star vignette|upright=1|Armin van Buuren, l'un des disc jockeys les plus titrés au monde, au Madison Square Garden en 2013.

Certaines têtes d'affiches, particulièrement en EDM, sont devenues de véritables vedettes, à l'instar de David Guetta, Tiësto ou Avicii par exemple. , annonce Alesso.

Les salaires se mettent alors en adéquation avec leur statut : ils . D'après les études du magazine , une douzaine de DJ gagnent plus de quinze millions de dollars dans l'année : les quinze premiers DJs mondiaux représentent à eux seuls de dollars de chiffre d'affaires en 2014 puis plus de 300 millions l'année suivante, sachant que le chiffre global estimé du domaine de l'EDM atteint six à sept milliards de dollars dont plus de 400 millions d'euros rien qu'en France d'après la Sacem. Selon ce même magazine économique, les gains de Calvin Harris se montent alors à plusieurs dizaines de millions de dollars, comprenant, outre ces prestations scéniques, son travail de production ou les revenus de ses labels et droits d'auteur, et ce, quatre ans de suite. , précise Martin Garrix qui est passé en peu d'années d'un salaire individuel à quatre chiffres pour six chiffres, rémunérant aussi une importante équipe technique derrière luiDe nos jours, les DJ stars emploient un agent, un manager, un charger d'organiser leurs agendas, des vidéastes, des lightjockeys, des graphistes, des designers et toutes sortes de métiers techniques ou d'assistance logistique. Ceux-ci préparent souvent pendant plusieurs jours ou semaines les shows, en avance. Les cachets, semblant parfois faramineux, comprennent le fait de rémunérer l'ensemble de ces équipes et pas seulement l'artiste. ; mais cela ne profite guère aux majors du disque, reléguées en fin de peloton en ce qui concerne l'influence ou les gains financiers. Cette course aux enchères des cachets peut aller jusqu'à des contrats annuel de plusieurs dizaines de millions pour certains DJ résidents de Las Vegas ; la Chine ou Dubaï suivent cette escalade.

Si la transition du marché de l'electro, des discothèques aux festivals relayés mondialement, a évolué en une quinzaine d'années, c'est David Guetta qui reste considéré comme l'élément clef avec sa production avec Fred Rister I Gotta Feeling en 2009 faisant rapidement décoller l'electro aux États-Unis. Jusque là, précise le rédacteur en chef de DJ Mag et ajoute . En parallèle, Internet a changé la donne par la diffusion globale de vidéos ; , les grands événements, rentables, se multiplient sur un modèle unique : l'Ultra, Tomorrowland ou l'Electric Daisy Carnival se déclinent à travers la planète, avec globalement une programmation identique. Résultat, cette uniformisation savamment marketée laisse les disc-jockeys acquérir un succès plus seulement national, mais bien mondial. Une réciprocité s’établit alors entre la réputation des grands festivals et la renommée de l'artiste, chacun ayant besoin de l'autre pour obtenir revenus et reconnaissance du public. Le vedettariat de la profession et l'inflation des festivals oblige les discothèques à se renouveler et à s'agrandir.

Mais cette starisation coûteuse, combinée à l'industrialisation de cette culture musicaleÀ titre d'exemple à propos de ce point, lire l'article SFX Entertainment., font disparaître ces mêmes disc-jockeys des clubs dont ils sont pourtant issus. De plus, David Guetta précise que la fonction de DJ reste également de faire connaître des nouveautés, mais .. En définitive, cet avènement d'une frange de disc-jockey entraîne comme conséquence de renforcer une scène underground, plus accessible, dans le domaine de la dance : , commente l'artiste français.

Pratiques musicales courantes vignette|upright=1|Le disc jockey russe Arty au Spring Awakening Music Festival à Chicago en juin 2014. Fondu enchaîné : la fin d'un morceau de musique est mélangée avec le début du morceau suivant de manière à assurer une transition progressive. Calage tempo : les rythmiques des deux disques sont superposées pour adopter le même BPM (battement par minute). Mixage : les disques sont synchronisés manuellement à l'aide des réglages de vitesse des platines et sont mélangés avec diverses variations, portant notamment sur les égalisations (niveau des fréquences graves, médium et aiguës), ainsi que sur l'utilisation des et . Scratch : utilisation d'un ou pour découper le son enregistré sur le vinyle, de manière à le transformer et à le rendre plus rythmé ou incisif. Dans la musique hip-hop, le disc jockey peut être parfois accompagné d'un MC (Master of Ceremony, rappeur). Le DJ scratche, c'est-à-dire qu'il pose ses doigts sur le vinyle et en modifie la vitesse et le sens de lecture afin de déformer et de rythmer les sons existants. Cette déformation de sons est associée à l'utilisation, sur la table de mixage (élément central), d'un ou . Cet élément permet de passer du son d'une platine à l'autre et de couper le son d'une des deux platines. Il existe diverses techniques de scratch, comme le , le , ou encore le , qui peuvent être cumulées et alternées.

Les disques sont enchaînés de plusieurs façons : en (principalement utilisé en hip-hop et en rap) ; en mélangeant (mixant) progressivement les deux titres : il est alors question d'un fondu-enchaîné ( ou ) ; en mélangeant (mixant) progressivement les deux titres, et en calant le tempo du premier morceau (en réglant sa vitesse, il aussi question de ), il est alors question de mix dans le tempo () ; en jouant le deuxième titre juste après le premier (un ) ; en fait, le premier battement du deuxième titre (premier ) est joué en même temps que le dernier beat du premier. par l'utilisation d'effets permettant entre autres de faire des loops, un echo, un brake, un backspin, etc. ou de les combiner avant de transiter sur la musique de l'autre plateau.

Certains musiciens se disent également DJ du fait qu'ils utilisent les mêmes outils, bien que ce ne soit pas dans le but d'enchaîner des morceaux, mais bien d'en créer de nouveaux à partir d'éléments de plusieurs supports musicaux selon le principe des boucles et du (litt. échantillonnage).