Les langues parlées en Italie sont, en plus de l'italien qui est la langue officielle et nationale, au nombre de treize qui ont un statut protégé par la loi. Constituent l’un des patrimoines linguistiques les plus riches et les plus variés du panorama européenMaiden Parry, 1997, p.1 : « L’Italie recèle des trésors particuliers pour les linguistes. Il n’existe probablement aucune autre région d’Europe où une telle profusion de variation linguistique soit concentrée dans un espace géographique aussi restreint. ». En effet, seulement environ 45,9% de la population italienne parle l’italien à la maison.

Langue nationale vignette|300px|Fréquence d'utilisation des langues régionales en Italie (ISTAT, 2015). En Italie, l'italien est la langue officielle par consuétude. La Constitution italienne n'apporte pas de précision à ce sujet, tandis que son Article 6 consacre la protection des minorités linguistiques à réaliser par le biais de dispositions spécifiques. De surcroît, les articles 3, 6 et 21 de la Constitution interdisent toute discrimination fondée sur la langue.

Seul le statut du Trentin-Haut-Adige, ayant valeur de loi constitutionnelle aux termes de l'Article 99 de la Constitution, emploie des termes explicites en prévoyant que .

Toutefois, certaines dispositions législatives prescrivent l'usage de l'italien en tant que langue officielle de la République :

L'article 1er, § 1 de la Loi ordinaire n° 482/1999 concernant la protection des minorités linguistiques lit :

L'art. 122 du Code de procédure civile dispose que :

À l'instar de la procédure civile, l'article 109 du Code de procédure pénale dispose que :

Langues régionales et minoritaires De nombreuses langues régionales et nombreux dialectes locaux sont parlés sur le territoire italien, sachant que l'unification tardive a contribué en partie à leur persistance. D'autres phénomènes, tels que les migrations économiques intra-nationales et le développement des réseaux routiers et des médias, ont favorisé l'uniformisation linguistique du pays.

En tout état de cause, l'existence de ces langues et dialectes n'est pas perçue comme une menace à l'identité nationale italienne, mais, au contraire, comme un patrimoine culturel à préserver. Certaines de ces langues et dialectes, dont notamment le napolitain, sont reconnues comme des langues à part entière et parlées par des millions de personnes.

Langues italo-romanes

Langues septentrionales Gallo-italique piémontais lombard émilien-romagnol ligure dialectes des Marches du Nord Vénitien

Italo-dalmate Toscan Corse Gallurais, continuum linguistique du corse en Sardaigne du Nord, proche du sartenais Sassarais, transitionnel vers le sarde Dialectes italiens médians romanesque du Latium parlers des Abruzzes parlers d'Ombrie parlers du centre des Marches Dialectes italiens méridionaux Dialectes du sud des Marches dialectes des Abruzzes dialectes du Molise dialectes du nord et du centre des Pouilles Napolitain dialectes de la Basilicate dialectes du nord de la Calabre Dialectes italiens méridionaux extrêmes Salentin Calabrais centro-méridional Sicilien Au nord de l'Adriatique : Vénitien

Sarde Logoudorais Campidanais

Langues rhéto-romanes Frioulan ou ladin oriental, et ses six dialectes : le frioulan central ou moyen, le frioulan carnique, le frioulan oriental, le frioulan occidental, l'agordino et l'atesino, principalement dans la région autonome du Frioul-Vénétie Julienne (provinces de Pordenone, d'Udine et de Gorizia), en Vénétie (Portogruaro) et dans la diaspora frioulane dans le monde. Ladin dolomitique, dans les provinces autonomes du Haut-Adige et du Trentin, et dans la province de Belluno (région de Cortina d'Ampezzo et du Cadore) en Vénétie.

Famille occitano-catalane Occitan du Piémont, de Calabre (Guardia Piemontese) et de Ligurie. Catalan de Sardaigne (alghérois).

Famille gallo-romane Français (coofficiel en Vallée d'Aoste). Francoprovençal en Vallée d'Aoste (dialecte valdôtain), dans les vallées arpitanes du Piémont (dialecte valsoanin, entre autres) et dans les colonies francoprovençales des Pouilles (dialecte faetar, entre autres).

Langues germaniques

Allemand (coofficiel dans la province autonome de Bolzano) dialectes austro-bavarois sud-tyroliens dans la province autonome de Bolzano et en Carnie, dans la province frioulane d'Udine dialectes haut-alémaniques walser parlers d'Issime (Töitschu), de Gressoney-Saint-Jean (Titsch) et de Gressoney-La-Trinité (Titsch) en Vallée d'Aoste (Vallée du Lys) parler mochène (Province autonome de Trente) parler cimbre (Provinces de Trente, de Vicence et de Vérone) minorités walser du nord du Piémont

Langues slaves Slovène (coofficiel dans certaines communes des provinces de Trieste, de Gorizia et d'Udine), et ses sept dialectes : le carinthien, le slovène du littoral, le slovène de Rovte, le haut-carniolien, le bas-carniolien, le styrien et le pannonnien Croate (usité encore à Montemitro, à Acquaviva Collecroce et à San Felice del Molise, en Molise).

Famille hellénique vignette|droite|Aperçu diachronique de la diffusion du Griko calabrais. Bleu : jusqu'au , Violet : jusqu'au , Jaune : jusqu'au , Orange : jusqu'au , Rouge : situation présente de la langue Griko (en Calabre et dans les Pouilles)

Albanais Arbëresh (groupe dialectal issu du tosque), dans les îlots linguistiques du Centre et du Sud de l'Italie et en Sicile.

Statut des langues vignette|gauche|300px|Emprise géographique des minorités ethnolinguistiques déclarées au titre de la loi de 1999Lingue di minoranza in Italia, miur.gov.it. L'italien est la langue officielle dans tout le territoire national, mais la décentralisation très poussée en Italie permet aux régions et communes de prendre des mesures concrètes pour protéger, valoriser et promouvoir activement d'autres langues parlées sur leur territoire.

Deux langues bénéficient d'une co-officialité : le français dans la Vallée d'Aoste, et l'allemand dans la province autonome de Bolzano. Douze langues bénéficient d'une reconnaissance nationale conformément à la loi du qui incite les autorités locales à prendre des mesures concrètes : l'occitan vivaro-alpin, le francoprovençal, l'allemand, le français, le sarde, le slovène, le frioulan, le ladin, le croate, le grec, le catalan et l'albanais..

L'article 3 de la loi précise toutefois que c'est aux autorités locales (conseils provinciaux et municipalités) qu'incombe la responsabilité de prendre des mesures de protection et de délimiter l'emprise de leur effectivité. Dans les faits et conformément à l'article 13 de la loi, de nombreuses régions intègrent ces enjeux dans leurs statuts ou dans des lois régionalesGiovanni Poggeschi, « L'évolution des droits linguistiques en Europe : Structures territoriales décentralisées et impact de l'immigration en Italie », L'Europe en Formation, 1/2012 (n° 363), p. 391-397 (en ligne)., qu'il s'agisse de régions autonomes comme la SardaigneLoi régionale du 15 octobre 1997, n° 26, sur la promotion et la valorisation de la culture et de la langue de la Sardaigne. ou le Frioul-Vénétie JulienneLoi du 23 février 2001, n°38 : Normes en matière de protection de la minorité linguistique slovène de la région du Frioul-Vénétie Julienne, ou de régions à statut ordinaire comme le MoliseLoi régionale du 14 mai 1997, n°15 : Tutela e valorizzazione del patrimonio culturale delle minoranze linguistiche nel Molise, la BasilicateLoi régionale du 9 novembre 1998, n°40 Norme per la promozione e tutela delle Comunità Arbereshe in Basilicata ou la CalabreLoi régionale du 30 octobre 2003, n°15 : Norme per la tutela e la valorizzazione della lingua e del patrimonio culturale delle minoranze linguistiche e storiche di Calabria. Ainsi, l'occitan est protégé dans certaines communes des Vallées occitanes du Piémont, le francoprovençal reconnu dans certaines communes du Piémont et dans presque toute la Vallée d'Aoste, l'allemand dans plusieurs secteurs alpins du nord du pays (quelques communes de la Vallée d'Aoste, du Frioul-Vénétie Julienne ou de Vénétie, le français dans certaines communes du Piémont, le sarde en Sardaigne, le slovène et le frioulan en Frioul-Vénétie Julienne, le ladin dans certaines communes du Trentin-Haut-Adige, le croate dans certaines communes du Molise, le grec dans certaines communes de Sicile et de Calabre, le catalan à Alghero et l'albanais dans plusieurs communes du sud de l'Italie et de Sicile.

L'Italie a signé mais n'a pas ratifié la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires. Pour Giovanni Poggeschi, l'Italie protège fortement les minorités linguistiques liées à des nations voisines (slovènes, allemands, français), mais peu celles qui ne le sont pas (frioulans, albanais et grecs historiques).

Galerie

Notes et références Notes

Références

Voir aussi

Bibliographie Textes de langues minorées (de l'aire italo-romane) présentés et traduits : département EIR de Paris 3 (Sorbonne Nouvelle), rubrique "Frontiere / Marches". .

Articles connexes Italien Signalisation routière bilingue en Italie Ethnies en Italie linguistique liste de langues langues par zone géographique langues en Europe

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