Cet article décrit les calvaires et croix qui jalonnent les routes et sentiers de Rombach-le-Franc

Situation et bref historique

Il existe environ dix-huit calvairesRecensement des calvaires et croix rurales faites par l'auteur de l'article entre mars et août 2004. Ce travail a été facilité grâce aux informations déjà recueillies auparavant par Messieurs Edmond Didierjean et Henri Feil, deux anciens du village aujourd'hui décédés. qui se trouvent au bord des routes et sentiers forestiers de la commune et font partie de notre environnement, à tel point que les promeneurs n'y prêtent même plus attention. Ils sont le plus souvent en grès ou sculptés et représentent tous un témoignage de foi des anciens habitants. Du village à la lisière de la forêt, un nombre de calvaires de grès s’érige en signe d’un événement heureux ou malheureux. Cette coutume d’implanter des croix prend naissance au et s’amplifie au pour se perpétuer jusqu’au . Ainsi en parcourant les endroits les plus divers, le promeneur découvrira-t-il des calvaires qui correspondent à de véritables ex-voto. De nombreuses croix rappellent un événement, comme la mort d’une personne très chère dont on demande le repos de l’âme du défunt. D’autres croix dressées indiquent l’endroit où s’est produit un accident mortel. Signe de gratitude ou de supplication, les calvaires constituent d’émouvants vestiges liés à l’histoire locale. Tous les calvaires ont une histoire et une raison d’être là. Malheureusement le temps a effacé une partie des souvenirs et les anciens ne sont plus là pour témoigner. Ériger une croix était souvent un acte de dévotion et prier devant elle c'était gagner des indulgences. Souvent les prières demandées sont gravées sur les croixLes indications sur les indulgences et autres informations sont extraites des archives paroissiales de Rombach-le-Franc. Un calvaire implanté à l'entrée du village répondait au souci de préserver les habitants de toutes sortes de malédictions. Les calvaires au bord des chemins ou des chapelles étaient souvent utilisés comme stations lors des processions des rogations. On appelle rogations les processions qui avaient lieu tous les ans, le jour de la Saint-Marc () et les trois jours qui précèdent l'Ascension. Leur origine remonte au . Au cours de la grande procession qui se déroulait le premier jour, on s'arrêtait quatre fois. À chaque arrêt, le prêtre lisait le début d'un texte de chacun des quatre évangélistes. À Rombach-le-Franc, la veille de l'Ascension, la procession partait de l'église Sainte Rosalie pour se rendre d'abord au Cheval Poirier et de là passait par les beaux-champs en aboutissant à la croix de Saint-Marc. Les autres jours, on entamait un autre circuit, vers les calvaires de la Hingrie, puis vers la Chambrette. À chaque cortège les fidèles s'arrêtaient à la hauteur des croix pour prier. Depuis quelques années, la Fédération des Sociétés d'histoire et d'archéologie d'Alsace mène un inventaire complet des milliers de petits monuments d'Alsace dont les calvaires pour les sauver de l'oubli et d'éventuelles destructions. Elle intervient auprès des collectivités locales et départementales et du ministère de la culture pour tenter de sauvegarder tous ces petits monuments: bornes, calvaires, et petites chapelles.

Les différents types de calvaires

On distingue actuellement différents types de calvaires : les croix des morts : mis en place à la suite du décès d'un être cher dont on demande des prières les croix offrant des indulgences : les prières demandées, Ave ou Pater, sont généralement indiquées au pied du calvaire. Selon la formule consacrée, la récitation de la prière permet d'obtenir des indulgences plénières les croix commémoratives : elles marquent un évènement tragique, décès, accident, meurtre croix de mission croix de Jubilé croix de dévotion: ces croix financées par de riches familles auprès de sculpteurs locaux représentent un signe de témoignage pour la foi chrétienne les croix votives: en reconnaissance pour un vœu accompli

Toutes ces croix sont implantées le long des chemins du village et sont amoureusement entretenues par des voisins et fleuries tout au long de l'année.

La croix du Foa

thumb|left|200px|Croix du Foa (Hingrie) à Rombach-le-Franc (1820) Érigée en 1820. Elle se trouve en bordure du chemin à côté de la chapelle de la Hingrie, vers le ruisseau du Volbach et représente une croix toute simple en grès du pays. Elle a une hauteur de . La longueur et la profondeur de la croix est de .

Croix du Chaud Rain

thumb|right|Croix du Chaud Rain (Hingrie) à Rombach-le-Franc (1775) La croix se trouve après la chapelle de la Hingrie sur le chemin en partant à gauche, vers l'ancienne ferme Conreaux et H. Pauly sur un chemin en pente située plus loin. Elle se trouve en lisière de la forêt au lieu-dit du « Chaud Rain » . Elle a été taillée en grès du pays et porte l’année 1775. Selon Edmond Didierjean, un historien localDécédé en 2001, cette croix est représentée par une tête avec des rayons qui pourrait être celui du roi Soleil. La légende rappelle que Louis XIV serait passé par ce chemin pour emprunter la route du sel. Le chemin serait aussi celui utilisé par les seigneurs du château de Bilstein (Urbeis) et le château d'Échéry au petit Rombach, et qui a été baptisé « la route des Herr » par les habitants du Val de Villé. C’était l’unique trajet fréquenté dans le temps depuis Rombach-le-Franc pour se rendre au col de Schlingoutte, la Hingrie et le col du Creux-Chêne, le Grand Rombach et le Petit Rombach et qui passait par la forêt du Chaud Rain et qui rejoint aujourd’hui le « chemin des Allemands ». Longueur : Largeur : Profondeur :

Croix Gaucher

thumb|left|300px|Croix Gaucher à Rombach-le-Franc Croix édifiée en hommage à Jean Baptiste Antoine, bûcheron tué accidentellement en schlittant du bois. Elle est située au fond de la vallée de la Hingrie, entre la ferme Conreaux et le col de Noirceux sur le nouveau chemin. La croix abîmée indique le millésime 18-5Il pourrait s'agir du décès accidentel de Jean Baptiste Antoine, époux de Rosalie Pairis, décédé le 25 janvier 1815, la troisième lettre n’étant plus lisible. La croix est établie à la sortie du vallon de la Hingrie. Après le refuge du club vosgien prendre la route des Allemands jusqu’à l’intersection où l’on trouve plusieurs chemins. Prendre le chemin qui part à gauche balisé par une panneau indiquant un chemin interdit aux véhicules (R 331-3) La croix est située environ plus loin après un tournant, près du ruisseau du Volbach et sur la parcelle forestière . On peut la voir un peu à l’écart de la route légèrement vers la montée du tournant, cachée par la végétation abondante en été. Il s’agit d’un petite croix en grès où est gravé au bas le nom d’un certain Jean Baptiste. D’après Edouard Verdun, ancien bûcheron, la croix se trouvait auparavant sur le bord du chemin du Chaud Rain qui mène vers Bestegoutte. Elle avait été renversée lors d’un débardage et réinstallée un peu plus en avant du chemin au tournant et à l’écart de celui-ci. La croix repose sur un socle carré qui fait de chaque côté, surélevé par un autre plus petit sur lequel repose la croix. Derrière le socle de la croix se trouve une inscription plus récente : B.C. 5. vraisemblablement inscrit par un bûcheron. Hauteur de la croix : (à partir du socle) – La croix elle-même a une hauteur de Largeur : Profondeur :

Croix de Bestegoutte

thumb|left|200px|Calvaire de Bestégoutte à Rombach-le-Franc envahi par la végétation (1879) Cette croix est établie à l’intersection du chemin de Bestegoutte et de la Hingrie à environ du camping, au confluent du ruisseau de Bestegoutte et du Rombach, et avant le chemin qui se dirige vers le Creux-Chêne. C’est une croix en grès entourée d’une barrière métallique, haute de comportant une niche. Cette dernière a aujourd’hui disparu. Selon une habitante de Bestegoutte, la croix aurait été proposée à l’édification par la famille Bâtot en hommage à un frère qui a disparu en Russie à la suite de la désastreuse campagne napoléonienne. L’un des Bâtot se serait marié avec un Tonnelier. La croix a été ensuite érigée plus tard aux frais d'Anna Gasperment, veuve de Georges Tonnelier, exploitants agricoles qui habitaient les lieux, et bénie le jour des Rogations le par Alexandre Bresson. Le Christ en fonte a été offert par un descendant de la famille de Joseph Tonnelier. Décision épiscopale du 09.05.1879 Indulgence septennale accordée le 09.05.1879 (123/63) Bénédiction le 06.05.1866 Hauteur de la croix : Largeur : Profondeur :

Croix de Biagoutte

thumb|right|200px|Croix de Biagoutte à Rombach-le-Franc (1883) Croix érigée le à l’initiative de Joseph Velcin de Biagoutte (né le 9.7.1833 + le 14.12.1883) et de sa femme Chenal Marie Anne (née le 5.4.1836 + le 31.01.1913). Le calvaire se trouve au bord de la route qui part vers le vallon de la Hingrie, avant le terrain de camping des Bouleaux. C’est l’abbé Alexandre Bresson, curé de Rombach-le-Franc, qui bénira la croix le . Décision épiscopale du 25.04.1883 (reg.165/57) Indulgence septennale de : la récompense promise pour ceux qui prieront en ce lieu : 5 pater, 5 ave, symbole des apôtres ou credo Hauteur de la croix : - Largeur : - Profondeur :

Croix de Pierreusegoutte

thumb|left|200px|Calvaire de Pierreusegoutte à Rombach-le-Franc (1864) Érigée le par MM.N.Riotte et C. Repplé et bénie par le curé du village Joseph Maurer le . Hauteur de la croix : Largeur : Profondeur : Indulgence : 5 pater, 5 ave Décision épiscopale le 19.10.1864 renouvelée pour 7 ans les 09.01.1872 et 06.03.1879

Croix du Chamby

thumb|left|250px|Croix du Chamby à Rombach-le-Franc La petite croix du Chamby aurait été construite à la fin du pour remémorer la mort d’une petite fille qui s’est noyée dans une fontaine située quelques mètres plus bas. La croix construite en grès du pays représente un Christ taillé dans la pierre. La croix se trouve sur la route qui conduit à la Hingrie et aurait été financée par les familles Finance et Lauglaude. Aucune inscription ni date ne figurent sur la pierre. Cette croix a été exécutée sobrement par un tailleur de pierre du village et travaillé dans un bloc de grès rose provenant des pentes du Chalmont.Sur la croix ne figure aucune inscription. Selon d'autres informations non vérifiées, cette croix a été récupérée, lors des fouilles du , sur l'ancien emplacement du prieuré de Lièpvre et transférée à Rombach-le-Franc.

Croix du Feignet

thumb|left|300px|La croix du Feignet et au loin la Biaise à Rombach-le-Franc (1885) Située sur le chemin qui mène au Cheval Poirier au lieu-dit du Feignet à d'altitude.. Elle est aussi connue sous le nom de croix Propeck du nom de son donateur. Erigée en 1885 par Georges Propeck et son épouse Catherine Antoine. La croix en pierre de taille a été installée par J. Jardel, tailleur de pierres et bénie par Alexandre Bresson, curé de la paroisse. Dans les temps anciens, les paroissiens de Rombach-le-Franc se rendaient à l’endroit en procession jusqu’à la Croix de Grandgoutte à l’occasion des Rogations (en mai). Décision épiscopale du (reg.5/83) Indulgence septennale de 40 jours Récompense promise pour ceux qui prieront en ce lieu : 5 pater, 5 ave et symbole des apôtres (credo) Hauteur de la croix : Largeur : Profondeur :

Croix de la Chambrette

thumb|right|300px|Croix de la Chambrette à Rombach-le-Franc (1915)