LEure-et-Loir (Prononciation en français de France standardisé retranscrite phonémiquement selon la norme API.) est un département français dont la préfecture, Chartres, est située à à l'ouest-sud-ouest de Paris. Les villes de Dreux, Châteaudun et Nogent-le-Rotrou en sont les sous-préfectures. Il fait partie de la région Centre-Val de Loire.

Son nom provient des deux principales rivières qui le traversent, l'Eure, affluent de la Seine, et le Loir, affluent de la SartheLe nom du département est quelquefois écrit Eure-et-Loire, ce qui est une faute d'orthographe causée par une méconnaissance de la géographie : il ne faut pas confondre le Loir, rivière affluent de la Sarthe, et la Loire, le grand fleuve bien connu, qui ne passe nullement en Eure-et-Loir, mais à une cinquantaine de kilomètres au sud.. L'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) et La Poste lui attribuent le code 28.

Géographie

vignette|gauche|Carte d'Eure-et-Loir.

Le département d'Eure-et-Loir s'étend à l'ouest-sud-ouest de l'agglomération parisienne et comprend plusieurs plateaux : le Thymerais au nord-ouest, le Drouais au nord, et la Beauce qui s'étend sur l'est, et dont fait partie le Dunois au sud. Dans l'ouest du département, le relief s'élève et forme les collines du Perche, attenantes à la fois à la Normandie et aux Pays de la Loire. Le « Faux Perche » marque la transition entre la Beauce et le Perche. Le département a par ailleurs bénéficié de la création du parc naturel régional du Perche.

Les principales rivières du département alimentent deux bassins versants, celui de la Seine au nord avec son affluent l'Eure et ses sous-affluents l'Avre et la Blaise, et celui de la Loire au sud, rejoint par le Loir via la Sarthe et la Maine, avec ses affluents Ozanne, Conie et Yerre.

La forêt, avec près de (dont 80 % appartiennent au domaine privé et sont des forêts domaniales.) est également présente, notamment dans le Nord-Ouest du département. Les forêts de Senonches (), Dreux (), Châteauneuf () et de Montécot () abritent les massifs les plus importants. La vallée de l'Eure constitue également une trame verte et boisée qui contraste avec le plateau beauceron attenant.

L'Eure-et-Loir est limitrophe des départements du Loir-et-Cher et du Loiret, qui font également partie de la région Centre-Val de Loire. Il jouxte la région Île-de-France avec les départements de l'Essonne et des Yvelines, la région Normandie avec les départements de l'Eure et de l'Orne et enfin la région des Pays de la Loire avec le département de la Sarthe.

Géologie et relief

Schématiquement, quatre « régions » partagent le département : le Perche, au sud-ouest ; le « Faux Perche », à sa marge ; à l'est et au sud, la Beauce, avec la « Beauce chartraine » autour de Chartres ; et au nord-ouest, on trouve le Drouais-Thymerais (autour de Dreux et de Châteauneuf-en-Thymerais). Le relief et la disposition des cours d'eau dans le Perche et en Beauce peuvent se déduire à partir d'une carte.

La répartition des cours d'eau La répartition des cours d'eau est différente : il y en a plus au sud-ouest, dans le Perche, qu'en Beauce. S'il y a une petite différence de la pluviométrie, elle ne peut expliquer à elle seule cette disposition. Quoi qu'il en soit, on constate que dans le Perche l'eau ruisselle en surface, et qu'en Beauce ce n'est pas le cas. Elle s'infiltre : cela est dû à une différence géologique au niveau des roches du sous-sol. Le sous-sol du Perche est plutôt fait de sable et de grès, avec de l'argile à silex, et le sous-sol de Beauce est, lui, plutôt constitué de calcaire..

Le sous-sol du Perche Concernant la géologie du Perche, la structure actuelle serait en lien avec la formation des Alpes. Lors de cet évènement, les roches sédimentaires se sont plissées et cela a formé un bourrelet (anticlinal) dans la région du Perche. En effet, comme les roches du Massif armoricain sont « rigides » (il s'agit surtout de granite), elles se sont comportées comme un « mur » contre lequel se sont bloquées les roches sédimentaires du Bassin parisien, donc du Perche. Le Perche se retrouve donc plus haut que la Beauce. D'autre part, les anciennes failles hercyniennes (ici du Massif armoricain) ont rejoué et permis l'affaissement du sommet du bourrelet. Ainsi, actuellement, la zone centrale est de l'argile à silex, et autour on trouve du sable ou du grès. La présence d'argile, de grès ou de sable permet, somme toute, à l'eau de ruisseler et de se rassembler en cours d'eau. La pluviosité est relativement importante ().

Le sous-sol de la Beauce Dans le calcaire de Beauce, on trouve des fossiles, notamment des planorbes et des limnées (des espèces d'eau douce – qui existent toujours) : il y avait donc un lac en Beauce ; c'est lui qui a permis la formation de ce calcaire. On trouve aussi de l'argile à silex, par décalcification du calcaire (qui n'était donc pas pur). Le calcaire s'est dissous, l'argile et les morceaux de silex sont restés. Ainsi, en Beauce, le calcaire se dissout facilement et permet à l'eau de ruissellement de s'infiltrer et il n'y a pas (ou peu) de rivières. De plus, la pluviosité est relativement faible ().

Le relief Le relief est différent au sud-ouest et au nord et au nord-est : vallonné dans le sud-ouest, relativement plat au nord et au nord-est. D'une part, l'érosion (l'eau) a creusé des vallées dans le Sud-Ouest, donc des reliefs. En plus de cela, le sud-ouest du département se situe dans le Perche, qui est une transition entre le massif armoricain et le bassin parisien. Dans le Nord et le Nord-Est, l'eau a « ramolli » la roche et a donc permis que la surface soit plate : c'est du calcaire plus ou moins argileux (en fait, le calcaire est naturellement dissous par l'eau de ruissellement qui est enrichie par du dioxyde de carbone rejeté par les êtres vivants du sol, et à la fin, cela peut former des « trous » ou des « fissures », appelées diaclases). Ainsi, l'eau s'infiltre relativement rapidement en profondeur (sans vraiment ruisseler) pour rejoindre la nappe phréatique retenue par les couches plus profondes et imperméables..

L'habitat en lien avec la géologie Les constructions anciennes montrent en général le contenu du sous-sol : en Beauce, les anciennes maisons sont en calcaire, dans le Perche, elles sont en torchis, en conglomérat appelé « grison » (morceaux de silex cimentés par du calcaire et de l'argile), en brique et en grès « roussard » (il est de couleur rousse, car assez riche en fer oxydé : la rouille).

Ces constructions sont aussi en lien avec l'activité agricole. Dans le Perche, les fermes sont allongées (maison d'habitation que l'on agrandit avec le temps, lorsque les besoins s'en font sentir ou lorsqu'il y a suffisamment d'argent […]) : on les appelle « longères » ; les champs sont délimités par des haies. Les animaux sont « parqués » par ces haiesCertaines habitations construites un peu plus tard sont fermées, comme celles construites en Beauce et présentées ci-dessous.. En Beauce, les cours des fermes sont fermées, mais les champs sont ouverts (« openfield »). Cela permet de maintenir les animaux d'élevage dans la cour.

L'évolution du paysage Il y a eu une diminution du nombre de parcelles (donc une modification du paysage) en Beauce et dans le Perche à la suite du remembrement entre le et 1980, pour accroître la surface et permettre l'utilisation du matériel agricole.

Climat

Le département présente un contraste climatique entre sa partie ouest et sud-ouest, humide et bocagère (qui fait partie du Perche) et sa partie sud et est, beauceronne, qui fait partie des régions les moins arrosées de France.

Transports

Histoire

vignette|L'Eure-et-Loir et les provinces qui occupaient son territoire avant 1790 : l'Orléanais, le Perche et l'Île-de-France. vignette|Carte de l'Eure-et-Loir en 1790. vignette|Carte du département d'Eure-et-Loir en 1852.

Le département est créé à la Révolution française, le en application de la loi du , à partir, principalement, de parties des anciennes provinces de l'Orléanais (Beauce) et du Perche (partie Est), mais aussi de l'Île-de-France (Drouais, Thymerais, Vallée de l'Avre, Hurepoix)Le blason, non officiel, du département d'Eure-et-Loir a été créé à partir de ceux du comté du Perche (partie occidentale du département) et de l'Orléanais..

Au Moyen Âge, le territoire actuel du département est dominé par la ville de Chartres. La ville se développe grâce à la culture des riches terres de Beauce (marché au blé) et à sa vocation religieuse due notamment à la présence de la relique du Voile de la Vierge (don de Charles II le Chauve en 876). Sur l'impulsion de Fulbert de Chartres, elle sera le berceau d'une renaissance intellectuelle avec la fondation de l'École de Chartres. Au nord, Dreux, la vallée de l'Avre et le Thymerais, de même que le comté du Perche à l'ouest, constituent des postes avancés des rois de France face aux ducs de Normandie. Les terres d'Eure-et-Loir, par leur intérêt stratégique, sont donc très tôt ancrées dans la mouvance capétienne et progressivement rattachées aux anciennes provinces de l'Orléanais et de l'Île-de-France.

Durant la guerre de Cent Ans, le territoire du département est au centre de plusieurs conflits (dont la Journée des Harengs à Rouvray-Saint-Denis), en raison de sa proximité avec Paris et Orléans. Le traité de Brétigny, qui met fin provisoirement à la guerre, y sera signé près de Chartres.

À la Renaissance, l'Eure-et-Loir devient également une région prisée par les rois François et Henri II avec la présence du château d'Anet, appartenant à une grande dame de la cour : Diane de Poitiers.

Le département est également marqué par la présence de Madame de Maintenon, Madame de Pompadour (Crécy-Couvé), Maximilien de Béthune, duc de Sully, décédé en son château de Villebon et inhumé à Nogent-le-Rotrou.

À la Révolution française, il est dans un premier temps envisagé de créer un département beauceron. La Beauce a en effet l'avantage de n'avoir jamais été une province sous l'Ancien Régime. Sa dimension essentiellement géographique et non politique s'inscrivait donc parfaitement dans l'idéologie révolutionnaire. Ce projet est mis en échec principalement par la volonté du roi de ne pas voir dispersées en un nombre trop important de départements ses possessions franciliennes. La création du département dans sa configuration actuelle tient également aux résistances des terres du Thimerais et du Drouais à se voir agrégées à celles de l'ancienne Normandie, et à l'impossibilité de conserver au Perche son unité, en partie pour des raisons politiques (ancien comté), et surtout à cause de l'absence d'une ville suffisamment importante pour se prévaloir du rang de chef-lieu de département. Chartres, avec entre autres le général François Séverin Marceau, l'abbé Emmanuel-Joseph Sieyès ou encore Jacques Pierre Brissot, chef de file des Girondins, donne plusieurs grands hommes à la Révolution.