Les Commentaires sur la guerre des Gaules (en ), ou simplement La Guerre des Gaules ( ou ), constituent un ouvrage d'histoire en sept livres où Jules César raconte sa victorieuse guerre des Gaules (58-52 ) ; ils sont complétés par un huitième livre, écrit plus tard par Aulus Hirtius. Les Commentaires sont composés de notes rédigées au fil de la guerre, à la troisième personne du singulier, dans lesquelles César relate ses opérations militaires. Pour une bonne part, il s'agit de la collation des rapports qu'il rédige partie avec ses à l'intention du Sénat qui surveille l'activité des proconsuls tels que César. Les dates et conditions de publication de l'œuvre sont débattues : une publication unique après la défaite de Vercingétorix, ou bien sous forme de lettres parues séparément, ou encore une publication en trois foisRésumé de ces thèses chez Pierre Fabre, Guerre des Gaules, Folio classiques, 1981, ..

Résumé center|thumb|Commentaires sur la guerre des Gaules du MuséoParc d'Alésia près d'Alise-Sainte-Reine en Bourgogne. Livre I (58) : description des peuples gaulois, migration des Helvètes et campagne contre eux, puis contre les Germains d'Arioviste. Livre II (57) : campagne contre les Belges. Livre III (56) : campagne de César contre les Armoricains et de Publius Crassus en Aquitaine. Livre IV (55) : campagne contre des Germains (premier franchissement historique du Rhin), première expédition en Bretagne. Livre V (54) : deuxième expédition en Bretagne, révolte des Éburons et des Trévires. Livre VI (53) : deuxième franchissement du Rhin, pacification du Nord et du centre de la Gaule. Livre VII (52) : soulèvement général des peuples gaulois, sièges d'Avaricum, de Gergovie et d'Alésia. Livre VIII (51-50) : pacification, achèvement de la conquête à Uxellodunum, situation en 50.

Livre I (58) thumb|Citation d'un passage du chapitre XII du Livre I décrivant la Saône sur un monument situé à Trévoux dans l'Ain. Le monument rend hommage au de fusiliers marins libérant la ville le . Il fait le parallèle avec une des premières batailles de la guerre des Gaules, opposant les Tigurins aux troupes de César. Le premier livre s’ouvre sur une description de la Gaule et de ses habitants. Les Belges sont présentés comme les plus braves des Gaulois, et les Helvètes décrits comme un peuple courageux et belliqueux.

Insatisfait de la situation territoriale de son peuple, qu’il estime indigne de sa grandeur, Orgétorix, l’homme le plus noble et le plus riche d'Helvétie, rassemble des forces sous sa conduite. Celui-ci convainc différents chefs de s’allier à lui, et fait préparer des réserves de blé. Les Helvètes apprennent cette tentative de s’emparer du pouvoir et le condamnent. Orgétorix vient avec des milliers de partisans pour se soustraire au jugement, mais finit par mourir, s'étant peut-être suicidé. À sa mort, les projets de conquête ne s’éteignent pas et les Helvètes partent après avoir brûlé leurs villages. Mais César empêche la migration des Helvètes, qui voulaient avancer jusque chez les Santons, sur la côte atlantique, et repousse le Germain (Suève) Arioviste, qui s'était installé sur une partie du territoire des Séquanes et étendait son empire sur la région en attirant de plus en plus de tribus germaniques sous ses ordres. César n'en dit mot, mais les deux évènements semblent liés, les Helvètes ayant fui devant les Germains.

Voir bataille de Bibracte.

Livre II (57) Le livre II commence par l'évocation d'un nouveau danger : pour diverses raisons, selon César, les Belges se préparent à attaquer les légions stationnées en Gaule. En 57, il anticipe cette attaque en marchant sur le territoire belge. Les Rèmes, voisins des Belges, se rallient aux Romains et leur fournissent des informations sur la coalition des peuples qui composent les armées belges et l'état des troupes. Les Belges, qui ont été surpris par l’avancée rapide des légions, se regroupent et marchent sur les Romains et leurs alliés. César installe son camp sur les rives de l'Aisne, secourt les Rèmes assiégés dans Bibrax et patiente. Les Belges se retranchent à leur tour dans un camp non loin de celui des Romains. Les deux ennemis s'observent et se testent sans vouloir prendre l'initiative de l'engagement. Enfin la bataille a lieu. Les Belges sont repoussés et subissent de lourdes pertes. Renonçant à mener une guerre offensive, ils décident de maintenir leur alliance pour une guerre défensive. Les Bellovaques, notamment, sont inquiets de l'offensive des Éduens, qui, poussés par César, menacent leur territoire. Les armées belges se retirent.

Talonnée par César, l'arrière-garde belge se fait massacrer et la retraite tourne à la déroute. César s'avance alors en territoire belge où il obtient la soumission des Suessions, des Bellovaques et des Ambiens sans coup férir, tandis que les Nerviens et leurs voisins se préparent à résister. Ils s'opposent aux légions sur les rives du fleuve Sabis (la Sambre ou la Selle ou encore la Lys) : c'est la Bataille du Sabis. D'abord pris de court par l'attaque ennemie, les Romains se retrouvent en fâcheuse posture, mais reprennent l'avantage et remportent la victoire malgré la résistance héroïque des Nerviens dont les forces sont quasiment anéanties. César se montre clément envers les survivants qui gardent leurs terres et bénéficient de sa protection. Restent les Atuatuques, retranchés dans une place forte dont César commence le siège. Impressionnés par la technologie de l'armée romaine, les Atuatuques font mine de vouloir se rendre pour tromper la vigilance des légions et profiter de la nuit pour tenter une sortie. Celle-ci échoue et les Atuatuques paient chèrement leur duplicité. d'entre eux sont vendus comme esclaves.

Les autres peuples gaulois se soumettent, l'autorité de Rome est restaurée. César profite de la paix pour rentrer en Italie en triomphateur. À la fin de cette année 57, l'optimisme de César est grand :

Livre III (56) Galba est envoyé avec ses troupes dans les Alpes, chez les Nantuates, les Véragres et les Sédunes pour y faciliter le commerce, puis chez les Allobroges pour le repos d’hiver. Sur le chemin, ils sont attaqués par les Véragres qui craignent d’être à leur tour soumis, et qui entendent profiter de l’infériorité numérique des Romains. Leur camp assailli, ils tentent une audacieuse sortie qui surprend l’adversaire et leur permet de l'emporter. Alors que César pense la Gaule entièrement soumise et qu’il part pour l’Illyrie, plusieurs peuples de l’Armorique, à l’initiative des Vénètes, se soulèvent pour récupérer les otages confiés au jeune Publius Crassus, que César avait envoyé. Chaque camp prépare la guerre navale. César insiste beaucoup sur la supériorité de la flotte et du savoir-faire nautique des Vénètes. Mais grâce à la stratégie mise au point pour attaquer un bateau après l’autre, puis à la chute du vent, les Romains triomphent et mettent fin à la guerre. La guerre suivante a lieu en Aquitaine, contre les Sotiates et sous le commandement de Crassus. Divers peuples sont battus avec difficulté malgré l’aide d’alliés de l’Hispanie citérieure voisine. Restent seulement deux peuples insoumis en Gaule, les Morins et les Ménapes, que César fait traquer : il va jusqu’à quadriller d'avenues d'abattis la forêt dans laquelle ils se sont réfugiés.

Livre IV (55) Le livre IV, qui commence au début de l’année 55, sous le consulat de Crassus et Pompée, est celui des guerres de Germanie. Il commence par un terrifiant portrait des Suèves, peuple aussi dangereux par son caractère belliqueux que puissant par son nombre, sa bravoure, et la rudesse de ses mœurs. Les Suèves, agressifs, avaient acculé plusieurs peuples germains sur les rives du Rhin. Craignant que les Gaulois, « peuple pusillanime », ne pactisent avec les Germains, César prend les devants et s’engage vers le Rhin. Il rencontre les émigrants-envahisseurs entre la Meuse et le Rhin. Voyant avancer sa cavalerie, des cavaliers germains moins nombreux l'attaquent par erreur et la mettent en déroute. Après avoir fait prisonniers leurs chefs revenus parlementer, il vainc facilement le reste des troupes. César décide alors de franchir le Rhin, afin de neutraliser toute menace pouvant venir de peuples comme les Suèves ou les Sugambres. Il lance un pont d’un type nouveau, compte tenu de la difficulté du milieu, traverse le fleuve, incendie en représailles les villages désertés des Sugambres, s'enfonce une bonne semaine en territoire suève sans rencontrer personne et estime avoir délivré ainsi les alliés ubiens de la menace qui pesait sur eux. Il repasse le Rhin et coupe le pont. Il décide d’utiliser la fin de l’été pour faire une reconnaissance de la Bretagne, qui avait envoyé des renforts aux Gaulois au cours des guerres. Caius Volusenus envoyé en reconnaissance, César et ses armées partent s’équiper chez les Morins. Ils traversent la Manche au pas de Calais. Les Bretons les attendent en armes sur la côte. Malgré les difficultés liées au combat dans l’eau, les Romains débarquent et obtiennent la reddition des Bretons. Mais ils se trouvent bloqués sur l’île à cause des grandes marées qui détruisent partiellement la flotte qu'ils croyaient avoir suffisamment tirée au sec. Les voyant ainsi affaiblis, sans provisions de blé, sans renfort possible et presque sans cavalerie, les Bretons reprennent la lutte. Les Romains les battent à nouveau et rentrent en Gaule.

Livre V (54) Comme chaque année, César rentre à Rome, pendant que ses hommes constituent une nouvelle flotte, selon un cahier des charges que César lui-même avait établi. Après un détour par l’Illyrie pour régler un problème avec les Pirustes, il retourne en Gaule, ordonne à ses troupes de se masser dans un port pour se préparer à un nouvel assaut sur l'île de Bretagne. En dépit de l’insoumission de certains, vite corrigée, César se fait accompagner par beaucoup de chefs gaulois. Une flotte de huit cents navires arrive en Bretagne. Une tempête oblige à mettre les navires à sec, et, pendant ce temps, l’ennemi rassemble ses forces. César fait ensuite une description géographique et ethnographique de la Bretagne assez juste, bien que grossière (il lui donne la forme d’un triangle, mais l’orientation et les îles évoquées sont aisément identifiables). La poursuite des ennemis mène les légions jusqu’à la Tamise, qu’ils traversent. Les Trinovantes puis d’autres peuples à leur exemple se rallient à César contre Cassivellaunos, le chef des forces bretonnes, qui se rend après plusieurs échecs. Rentré en Gaule, il répartit pour l'hivernage, à cause d'une mauvaise récolte, ses légions dans différentes régions du nord de la Gaule. Les Romains doivent alors affronter un soulèvement de tous les peuples gaulois menés par l’Éburon Ambiorix lors de l'hivernage. Les Gaulois, par ruse, anéantissent une légion et en assiègent deux autres (bataille d'Aduatuca). Le camp romain commandé par Quintus Tullius Cicero réussit finalement à alerter César, qui arrive en urgence avec les renforts disponibles et soumet ses adversaires. C'est ensuite le tour des Trévires de comploter contre Rome. Leur chef Indutiomaros est pourchassé et tué, et la Gaule est désormais presque pacifiée.

Livre VI (53) Cependant César se méfie encore et se fait envoyer des renforts par Pompée ; effectivement, les Gaulois sont en train de reformer une ligue pour reprendre la lutte. Lorsque César, après avoir écrasé les Nerviens, réunit tous les chefs Gaulois, les Sénons, les Carnutes, les Ménapiens et les Trévires refusent de s’y rendre. Les deux premiers se rallient, effrayés par les légions romaines en marche. Les Ménapes sont défaits facilement. Contre les Trévires, Labienus, qui a la charge de la légion locale, fait mine de s'enfuir, attire les Gaulois sur un terrain défavorable et les vainc. Les Suèves, qui doivent arriver en renfort, rentrent chez eux, mais cela suffit à décider César à refranchir le Rhin. Il apprend par les Ubiens que les Suèves l’attendent en embuscade dans une forêt.