L’économie de la Corée du Nord est une économie planifiée et centralisée, suivant le principe du Juche, où le rôle des systèmes d'allocation des marchés est limité, bien que toléré dans une certaine mesure depuis la fin de la guerre froide.. En 2025, la Corée du Nord continue d'adhérer à une économie planifiée. Avec un produit intérieur brut de de dollars en 2016, le régime a connu une légère , en particulier au cours des années 2010, après la prise de pouvoir par Kim Jong-un en 2011, mais des conflits sur la législation et la promulgation de lois sont signalés. Depuis les années 1990, le gouvernement a toléré une activité de marché limitée et informelle. Ces marchés sont appelés « Jangmadang » et ont été formés à la suite de l'effondrement économique des années 1990, qui a rendu le régime incapable de distribuer de la nourriture à sa population.Les réformes en Corée du Nord sont qualifiés de « mesures destinées à améliorer la gestion économique ».

Les autorités nord-coréennes n’emploient pas le mot « réforme » (kaehyok), mais ils préfèrent le mot « modification » (kaeson), « ajustement » (kaeson) ou « rénovation » (kaegon). Cela s’explique par le fait que pendant longtemps les autorités niais le besoin de faire des « réformes ». Source : .

Après le début de la pandémie de Covid-19, le gouvernement a renforcé le contrôle aux frontières et a lancé des mesures de répression majeures contre les activités économiques privées avec un passage à un monopole d'État sur les ventes de produits alimentaires. suivi d'une plus grande centralisation du commerce extérieur., et d'un contrôle général de l'économie.

L'effondrement du bloc de l'Est de 1989 à 1992, en particulier la principale source de soutien de la Corée du Nord, l'Union soviétique, a forcé l'économie nord-coréenne à réaligner ses relations économiques extérieures, y compris des échanges économiques accrus avec la Corée du Sud. La république populaire de Chine est le plus grand partenaire commercial de la Corée du Nord. L'idéologie du Juche du régime communiste nord-coréen a conduit l'État à poursuivre l'autarcie dans un environnement de sanctions internationales. Alors que l'économie nord-coréenne actuelle est toujours dominée par l'industrie d'État et les , les investissements étrangers et l'autonomie des entreprises ont modérément augmenté.

La Corée du Nord avait un PIB par habitant similaire à celui de sa voisine la Corée du Sud de la guerre de Corée jusqu'au début des années 1970Maddison, Angus "The World Economy A Millennial Perspective", OECD Development Studies Centre, , (Published 2004), Table A3-c, also available on the Internet at Retrieved May 8, 2013. Depuis la fin des années 1990, son PIB par habitant est resté inférieur à . Pour la première fois, en 2021, le ministère sud-coréen de l'Unification a estimé que le secteur privé nord-coréen avait dépassé le secteur public jusqu'en 2020. Cependant, le huitième congrès du Parti des travailleurs de Corée a introduit de nouvelles politiques en 2021 visant à renforcer l'ancienne économie planifiée ; ce qui a eu pour effet de restreindre considérablement les marchés et les activités économiques privées.

L'État de Corée du Nord ne publiant pas de statistiques officielles, les estimations concernant son économie ne sont donc pas fiables.. Les indicateurs traditionnels d'évaluation de la croissance économique (PIB) sont réalisés par une organisation de Corée du SudLe PIB en 2016 de la Corée du Nord, estimé par la Corée du Sud : PIB 2016 Corée du Nord, la Banque de Corée (de Corée du Sud), rendant les chiffres dépendants de l'état des relations internationales entre les deux États de Corée. Ceci rendant le PIB, tantôt sur-estimé ou tantôt sous-estimé, en fonction des moments d'amélioration ou de dégradation des relations diplomatiques inter-coréennesJuliette Morillot dans Arrêt sur images .

Histoire De l'origine à la chute de l'URSS (1948-1991) Lors de la partition de la péninsule coréenne, la plupart des ressources minières et des sites industriels, dont 86 % de l'industrie lourde, étaient localisés au NordCorée du Nord Encyclopédie Universalis. En revanche, le Sud disposait de meilleures terres agricoles que le Nord montagneux, au climat plus rude.

À la suite de la rupture des relations diplomatiques avec la Corée du Sud, qui produit la majeure partie de la nourriture de la péninsule, le besoin d'une réforme agraire se fait sentir. En 1945, les deux tiers des terres sont en fermage, et les propriétaires touchent 60 % de la récolte. Dès la libération, cette part est rabaissée à 30 % des récoltes.

Le , la propriété foncière féodale est abolie et la redistribution des terres décidée. Le les ressources naturelles sont nationalisées. Par rapport à d'autres pays, la réforme agraire se fait sans beaucoup de violences : les propriétaires terriens préfèrent rejoindre la Corée du Sud, encouragés en cela par la Corée du Nord qui les considère comme des opposants. La condition des paysans s'améliore, rendant populaire le régime.

Le , les industries sont nationalisées. Victime des pillages soviétiques et destructions japonaises de la fin de la guerre, celles-ci ne tournent alors qu'à 25 % de leurs capacités. Avec l'aide de l'URSS, ainsi que de techniciens japonais restants, la production industrielle est relancée.

La guerre de Corée, qui désorganise fortement l'économie des deux Corées, finit de facto en 1953 avec l'armistice de Panmunjeom et donne à la Corée du Nord ses frontières actuelles. Les bombardements massifs américains ont détruit les villes, le bétail est décimé et les hommes sont mobilisés ou morts. Au lendemain de la guerre, les deux tiers de la main-d'œuvre agricole est féminine.

L'économie est basée sur la nationalisation et la collectivisation de l'agriculture, l'industrie, le commerce et l'artisanat, décidées en . Ainsi le Parti du travail centralise, planifie et dirige l'économie.

vignette|droite|Statue en mémoire du mouvement Chollima. Le mouvement Chollima est mis en place en 1956 ou 1958 et vise à accélérer le développement économique du pays. Aidée par les États du bloc communiste (URSS, Chine, RDA, Bulgarie principalement), la Corée du Nord se lance prioritairement dans l'industrie lourde. Dans les années 1960, la Corée du Nord est l'économie la plus forte d'Asie derrière le Japon, alors que les républiques socialistes achètent acier, machine-outils et locomotives nord-coréennes en échange de pétrole et de céréales.

Le taux de croissance annuelle s'est élevé à 25 % dans les dix années qui suivirent la guerre de Corée, puis autour de 10 % dans les années 1960. Lors d'une visite à Pyongyang en 1965, Che Guevara déclare que la Corée du Nord était un modèle dont Cuba devrait s'inspirer. Le métro de Pyongyang a été inauguré en 1973.

L'historien Bruce Cumings note, se basant sur un rapport de la CIA, que la population bénéficie de soins médicaux, d'une espérance de vie et d'un taux de mortalité infantile comparable aux pays développés, avec un logement gratuit et un statut des femmes dans la société avancé; ce qui se dégrade à partir de la famine des années 1990.

À partir de 1970, cependant, la situation s'inverse, la croissance économique s'est fortement ralentie. Le pays entre ensuite en forte récession après la dislocation de l'URSS et du bloc soviétique en 1990 qui cause la perte de ses partenaires commerciaux. Contrairement à Cuba, qui confronté aux mêmes difficultés s'est lancé dans une diversification économique (tourisme notamment), la Corée du Nord a tardé à adapter son modèle économique au nouvel environnement international.

Les limites sont atteintes (années 1990) C'est au début des années 1990 que le modèle économique, concentré sur l'industrie lourde, atteint ses limites. L'embargo américain, la disparition de l'URSS et des catastrophes naturelles — sécheresse, inondations — ont entraîné d'importantes difficultés économiques et alimentaires après 1990. La fin des livraisons de pétrole soviétique à des tarifs préférentiels a aggravé la pénurie énergétique.

Les données publiées sont rares, et sont rarement fiables, mais il semble que dès 1991, la production agricole est devenue insuffisante tandis que l'aide des pays frères se tarissait. Officiellement, la production de céréales se serait envolée - de 1,9 million de tonnes en 1946 à de tonnes en 1961, de tonnes en 1974, de tonnes en 1984 et en 1993… avant de s’écrouler à de tonnes en 1995, année du premier appel à l’aide internationale. Mais les chiffres étaient sans doute nettement plus mauvais depuis longtemps, comme en témoigne le lancement, en 1991, de la campagne « ne mangeons que deux repas par jour », et les estimations sont que la production réelle était de l'ordre de 4 à de tonnes par an, et que le déficit était de l'ordre de de tonnes.

En , le gouvernement nord-coréen a fait appel au Programme alimentaire mondial pour résoudre une sévère pénurie alimentaire : entre 1995 et 1997, la famine aurait causé officiellement ; un million et plus selon les ONG. Les réfugiés (poursuivis par le gouvernement) ont alors fait état d'une situation économique très précaire.

Efforts de modernisation (années 2000) Croissance Redevenue positive en 1999, la croissance économique annuelle est comprise entre 1 % et 4 % depuis 2000 selon le ministère de l'unification sud-coréen, en l'absence de statistiques officielles nord-coréennes. Selon le ministère sud-coréen de la réunification, la croissance économique a atteint 6,2 % en 1999, 1,3 % en 2000, 3,7 % en 2001 et 1,2 % en 2002.

La croissance économique attendue en 2004 est équivalente à celle de l'année 2003, soit 1,8 %. D'autres sources universitaires sud-coréennes indiquent cependant une croissance économique en 2004 beaucoup plus forte, laquelle se serait élevée à 10 %.. Le département d'État américain estimait le PIB par habitant de la Corée du Nord à 1700 dollars US en 2004 (en PPA)Background Note: North Korea. Selon les estimations de la Banque de Corée (du Sud), la croissance économique s'est élevée à 3,8 % en 2005. En revanche, toujours selon la même source, en 2006, le taux de croissance a été négatif pour la première fois depuis 1999 (-1,1 %) : ce retournement s'explique par un recul de la production agricole et de produits maritimes, du fait de très graves inondations à l'été 2006Source : "Infomag" (revue de la chambre européenne de commerce en Corée), , septembre 2007, .. La croissance économique s'accélère en 2016 pour atteindre 3,9 %..

Mini-réformes économiques durant les années 2000 Les entreprises nord-coréennes se sont vu octroyer une autonomie de gestion accrue (telle que la maîtrise de la production et du prix de vente, la flexibilité salariale sous forme de primes et bonus aux salariés en plus du salaire de base lequel continue à être déterminé par l'État). En particulier, les travailleurs peuvent partager les excédents de production sortis de leurs usines. L'autonomie accrue de gestion des entreprises leur permet également de réinvestir une partie de leurs bénéfices : ainsi, l'usine de production du à Pyongyang (qui fabrique des câbles de télécommunications) a procédé à des investissements de modernisation autofinancés, à hauteur de de dollars, après avoir dégagé un bénéfice de de dollars en 2005.. En outre, la « Commission de planification », organisme d'État qui fixait auparavant la direction que devait prendre l'économie nationale, s'est vue reléguée à l'analyse de scénarios.

Ce mouvement de mutation économique en Corée du Nord avec un essor de l’économie de marché autour de l’économie planifiée est né de la base, fruit des conséquences de la chute de l’économie d’État. L’État nord-coréen fut suiveur pour contrôler ces transformations..

Ajustements de juillet 2002