Les Salins d'Hyères sont une zone de marais salants situés sur les côtes de la mer Méditerranée, sur le territoire de la commune de Hyères, dans le département du Var et de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Constituant l'un des espaces naturels les plus remarquables du rivage méditerranéen, ils ont été, jusqu'en 1995, utilisés pour la production du sel.
Reconnus pour leur avifaune depuis les années 1970, on a dénombré présentes aux Salins, depuis le début des suivis, commencés en 2001, dont 51 sont nicheuses, plus ou moins régulièrementAurélien Audevard, Bilan ornithologique des Salins d’Hyères - année 2014 Document PDF tiré du site Faune-Paca. Consulté le 20 novembre 2016..
Géographie
Ce territoire comporte deux unités géographiques distinctes mais complémentaires des points de vue écologique et paysager : les Vieux Salins, situés à l'est de la commune, en direction de La Londe-les-Maures, et le Salin des Pesquiers, situé au sud de la ville, dans le double tombolo de la presqu'île de Giens, unique en France.
Le Salin des Pesquiers Le Salin des Pesquiers, qui couvrent une surface de , sont situés au cœur du double tombolo de la presqu'île de Giens. Ces salins, datant de 1848, sont beaucoup plus récents que le site des Vieux Salins.
On peut y observer plus de d'oiseaux. Il existe plusieurs milieux : un réservoir d'eau profonde, des salines, des marais d'eau douce, des pinèdes littorales et des dunes.
Les Vieux Salins
Les Vieux Salins couvrent une surface de .
Plus de d'oiseaux sont présentes tout au long de l'année.
Datant probablement du , les Vieux Salins sont composés de plusieurs exploitations regroupées au cours du ..
Histoire
Antiquité Du sel aurait déjà été exploité au , lors de l'Antiquité, par les habitants de la cité antique d'Olbia. Par ailleurs, il est possible que la sédentarisation à Hyères ait eu lieu, en partie, à cause de la présence de ces salins.
Moyen Âge Les salins sont mentionnés pour la première fois en 963 , dans une charte de l'empereur Conrad. Le , une charte accorde à la ville de Gênes le quasi-monopole de la production de sel hyérois. Des ouvriers saisonniers du nord de l'Italie viennent, chaque fin d'été, récoler le sel.
Époque contemporaine Fortement concurrencés par les sels étrangers et par les productions camarguaises, ainsi que soumis à la pression de la gabelle, le sel hyérois perd peu à peu de sa valeur et, une à une, les productions disparaissent et se concentrent à l'emplacement actuel des Vieux Salins.
En 1848, la demande de sel augmentant fortement, la famille Gérard fonde la Société des Salins et Pêcherie de Hyères et crée le Salin des Pesquiers, alors qu'une simple pêcherie. En 1856, la Compagnie des Salins du Midi acquiert le site des Vieux Salins et, après plusieurs années de concurrence avec la Société des Salins et Pêcherie de Hyères, finit par la racheter, ce qui met le site des Vieux Salins « en sommeil ».
La gare des Salins-d'Hyères est mise en service en 1876 par la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée (PLM). Elle est fermée au service des marchandises en 1987..
En 1984, les Vieux Salins sont remis en activité, mais, avec une production de de sel par an, ils ne font pas le poids contre les sites d'Aigues-Mortes ou de Giraud, qui produisent plus de 10 fois la production hyéroise.
En 1995, en raison de la concurrence trop forte et de l'entretien trop coûteux, la production de sel dans les salins cesse définitivement.
Site Ramsar
Le 15 septembre 2008, les Salins d'Hyères sont reconnus site Ramsar, pour l'importance de leurs habitats.
Faune Avifaune De nombreuses espèces d'oiseaux ont été observées sur le site. À la fin de 2014, 298 espèces d'oiseaux avaient été observées depuis le début du suivi ornithologique, en 2001. Parmi elles, 51 espèces sont considérées comme nicheuses, 138 comme hivernantes et 259 comme migratrices, certaines espèces cumulant plusieurs statuts à la fois, étant sédentaires (nicheuses ou non).
Espèces nicheuses
Parmi les espèces nicheuses les plus intéressantes, on peut signaler en particulier certaines espèces de limicoles, de laridés et une d'anatidé, avec des effectifs remarquables pour certaines de ces espèces (données de 2014), compte tenu de la taille du site, représentés par l'avocette élégante (Recurvirostra avosetta), avec , l'échasse blanche (Himantopus himantopus), avec , le gravelot à collier interrompu (Charadrius alexandrinus), avec , la mouette rieuse (Chroicocephalus ridibundus), avec , le goéland railleur (Chroicocephalus genei), avec , la sterne naine (Sternula albifrons), avec , la sterne pierregarin (Sterna hirundo), avec , la sterne caugek (Thalasseus sandvicensis), avec et le tadorne de Belon (Tadorna tadorna), avec .
Toutes ces espèces sont intégralement protégées et classées en annexe I de la Directive oiseaux, en Annexe II de la Convention de Berne et en Annexe II de la Convention de Bonn, à l'exception de la mouette rieuse, classée en Annexe II de la Directive Oiseaux et en Annexe III de la Convention de Berne. Le site des Salins-d'Hyères constitue l'unique lieu de reproduction de ces espèces pour le département du Var, à l'exception du tadorne de Belon, nichant également sur les Îles d'Hyères, relativement proches du site.
La présence de la colonie de goéland railleur, espèce menacée, inscrite « vulnérable » sur la liste rouge des espèces nicheuses de France métropolitaine de 2016, UICN France, MNHN, LPO, SEOF & ONCFS (2016) La Liste rouge des espèces menacées en France – Chapitre Oiseaux de France métropolitaine. Paris, France. Consulté le 20 novembre 2016., installée sur le site des Pesquiers depuis 2009, constitue un fait notable, étant la seule colonie de la région avec celle de Camargue, historiquement présente sur les Salin-de-GiraudAurélien Audevard, Bilan ornithologique des Salins d’Hyères - année 2013 Document PDF tiré du site Faune-Paca. Consulté le 20 novembre 2016.. En 2013, à la suite de l'échec de la reproduction dans les Bouches-du-Rhône, le Gard et l'Hérault, la colonie des Pesquiers a constitué l'unique colonie française de l'espèce.
Parmi les autres espèces d'oiseaux d'eau nicheurs sur le site, on retrouve le cygne tuberculé (Cygnus olor), le cygne noir (Cygnus atratus), une espèce allochtone originaire d'Australie, le canard colvert (Anas platyrhynchos), le râle d'eau (Rallus aquaticus), la gallinule poule-d'eau (Gallinula chloropus), la foulque macroule (Fulica atra), le goéland leucophée (Larus michaellis) et probablement le grèbe castagneux (Tachybaptus ruficollis), ainsi qu’occasionnellement le chevalier gambette (Tringa totanus), nicheur rare en France et dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, dont l'unique mention de reproduction pour le site et le département date de 2013, avec un poussin observé. Ce cas de reproduction est également le seul de la région pour l'année 2013.
De nombreuses espèces de passereaux, rapaces et autres oiseaux non strictement apparentés à l'eau sont également nicheuses, l'épervier d'Europe (Accipiter nisus), le faucon crécerelle (Falco tinnunculus), le coucou geai (Clamator glandarius), nicheur rare en France, le petit-duc scops (Otus scops), le guêpier d'Europe (Merops apiaster), nicheur à surveiller, sa population nicheuse étant estimée à 400 couples dans le département, le cochevis huppé (Galerida cristata), nicheur rare, ayant quasiment disparu dans le Var et en déclin, l'alouette calandrelle (Calandrella brachydactyla), nicheuse très rare dans le département, la reproduction n'étant prouvée que sur le site et suspectée dans l'extrême nord du Var, le pipit rousseline (Anthus campestris), nicheur peu commun dans le département, la bergeronnette printanière (Motacilla flava ssp), la bergeronnette grise (Motacilla alba), le rossignol philomèle (Luscinia megarhynchos), la bouscarle de Cetti (Cettia cetti), la cisticole des joncs (Cisticola juncidis), la rousserolle effarvatte (Acrocephalus scirpaceus), la rousserolle turdoïde (Acrocephalus arundinaceus), nicheuse en déclin dans la région et rare dans le département, essentiellement présente dans les zones humides hyéroises et les étangs de Villepey, à Fréjus, la fauvette mélanocéphale (Sylvia melanocephala), la fauvette à tête noire (Sylvia atricapilla), le roitelet à triple bandeau (Regulus ignicapillus), la mésange bleue (Parus caeruleus), la mésange charbonnière (Parus major), la mésange huppée (Lophophanes cristatus), le grimpereau des jardins (Certhia brachydactyla), le geai des chênes (Garrulus glandarius), la pie bavarde (Pica pica), la corneille noire (Corvus corone), l'étourneau sansonnet (Sturnus vulgaris), le moineau domestique (Passer domesticus), le moineau friquet (Passer montanus), le pinson des arbres (Fringilla coelebs), le chardonneret élégant (Carduelis carduelis), le martin-pêcheur d'Europe (Alcedo atthis), donc la nidification est prouvée depuis 2015 et probablement le pic vert (Picus viridis) et le pigeon ramier (Columba palumbus), ainsi que le tarier pâtre (Saxicola torquata).
On peut enfin noter une tentative de reproduction de la mythique espèce du flamant rose (Phoenicopterus roseus) (ne nichant en France qu'en Camargue, à l'étang du Fangassier) sur le site des Pesquiers en 2013, avec la construction de trois nids et la ponte d'un œuf. Cependant, les mauvaises conditions météorologiques et surtout des dérangements occasionnés par des canadairs, lors d’entraînements dans le golfe de Giens, à proximité immédiate du site, ont provoqué un abandon du site, les flamants roses étant très sensibles aux dérangements en période de reproduction.
Espèces hivernantes
Différentes espèces ne sont présentes sur le site qu'en hiver. Chez les oiseaux d'eau, on retrouve rarement le plongeon catmarin (Gavia stellata), le plongeon imbrin (Gavia immer), le plongeon arctique (Gavia arctica), le fou de Bassan (Morus bassanus) et le cormoran huppé de Méditerranée (Phalacrocorax aristotelis desmaretii) sur le site même, étant bien plus régulièrement observés en mer, à proximité immédiate du site dans le golfe de Giens, le grèbe à cou noir (Podiceps nigricollis) et le grand cormoran (Phalacrocorax carbo), appréciant les bassins les plus profonds, riches en poissons, des ardéidés comme le héron garde-bœufs (Bubulcus ibis) et la grande aigrette (Casmerodius albus), de nombreuses espèces d'anatidés, tels que le canard siffleur (Anas penelope), le canard chipeau (Anas strepera), la sarcelle d'hiver (Anas crecca), le canard pilet (Anas acuta), le canard souchet (Anas clypeata), la nette rousse (Netta rufina), le fuligule milouin (Aythya ferina) et rarement le harle huppé (Mergus serrator), le fuligule morillon (Aythya fuligula) et l'oie cendrée (Anser anser), quelques limicoles comme l’huîtrier pie (Haematopus ostralegus), le vanneau huppé (Vanellus vanellus), le bécasseau variable (Calidris alpina), le bécasseau minute (Calidris minuta), la bécassine des marais (Gallinago gallinago), le grand gravelot (Charadrius hiaticula), le pluvier argenté (Pluvialis squatarola), le chevalier gambette (Tringa totanus) et le chevalier guignette (Actitis hypoleucos), ainsi qu’occasionnellement le chevalier arlequin (Tringa erythropus) et rarement la bécassine sourde (Lymnocryptes minimus). Le goéland railleur peut exceptionnellement hiverner sur le site.