Les Aventures extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec est une série de bandes dessinées créée par l'auteur Jacques Tardi, d'abord publiée directement en albums cartonnés en 1976 pour les deux premiers épisodes par l'éditeur Casterman, et, ensuite, prépubliée notamment dans (À suivre) en 1980 avant une mise en albums cartonnés par l'éditeur Casterman. La série compte dix albums et s'achève en 2022.

Synopsis À l'exception de l'album Le Secret de la Salamandre où sa présence est anecdotique, le personnage central de l'histoire est Adèle Blanc-Sec. Ses aventures se déroulent entre 1911 et 1922. Adèle « disparaît » toutefois entre 1913 et le 11 novembre 1918 et n'assiste pas à la Grande Guerre de 1914 à 1918. L'ensemble de ces péripéties se déroule à Paris ou dans la proche banlieue parisienne.

Bien que surveillée par la police, Adèle échappe aux poursuites grâce aux révélations qu'elle pourrait livrer sur des affaires ayant été étouffées. Elle est particulièrement détestée par des policiers idiots ou violents, des notables plus ou moins fous et mégalomanes. Sa simple présence semble réveiller des monstres venus de la préhistoire, des sectes ayant traversé l'histoire et, d'une manière générale, des personnages illustrant la bêtise humaine. Elle échappe régulièrement à des attentats plus insensés les uns que les autres : blessée à plusieurs reprises, elle est même assassinée mais ramenée à la vie par des méthodes scientifiques.

Adèle Blanc-Sec Résidence En 1911, elle habite une maison à Meudon, puis à partir de 1912 un appartement à Paris. Tardi, qui a habité près de la station de métro Alésia, a choisi le bâtiment situé au n° 43 de la rue Bezout, dans le de Paris, comme domicile de son héroïneVoir . Bien que le facteur pense qu'elle habite au troisième étage, son appartement se situe en fait au cinquième gauche.

Quoiqu'elle soit officiellement morte et enterrée en 1913, et alors qu'elle n'avait aucune famille connue à ce stade de ses aventures, elle retrouve ses clefs sous le paillasson, son appartement intact et parfaitement entretenu à son retour en 1918, la seule trace des six années passées se trouvant être le courrier glissé sous la porte comme si elle était simplement partie en vacances. L'explication de ce phénomène est donnée dans Le Noyé à deux têtes.

Les murs du séjour de son appartement sont recouverts de livres. Elle possède une momie conservée dans une vitrine qui lui a été léguée par un arrière-grand-oncle qui l'a apportée d'Égypte. Durant les évènements de Momies en folie, la momie sort de la vitrine en brisant la vitre de l'intérieur : Adèle conservera la vitrine avec sa vitre cassée par la suite.

Adèle a un bon niveau de vie : son appartement dispose d'une ligne téléphonique, de l'eau courante et d'une salle de bain, des luxes à son époque. Pour faire le point sur les affaires dans lesquelles elle s'embarque, Adèle se détend en prenant des bains.

Personnalité Adèle Blanc-Sec est jolie et plaît beaucoup aux hommes, qui le lui disent. En revanche, les femmes la haïssent et la jalousent. Jeune femme indépendante à l'esprit sceptique et investigateur, faisant preuve d'une perpétuelle curiosité et ne résistant jamais à un rendez-vous, même (et surtout) bizarre, Adèle Blanc-Sec attire les ennuis et la haine de ses contemporains. Elle est attirée par les garçons aventureux, marginalisés par la société comme le malfrat Lucien Ripol, son amant assassiné en 1911 ; les hommes falots mais bienveillants comme le paléontologue Zborowski, l'un des deux scientifiques qui l'aiment sans oser se déclarer, l'autre étant Mouginot, un spécialiste de la cryptobiose (comme chez les Tardigrades) qui meurt également assassiné, en lui sauvant la vie ; ou les victimes du bellicisme comme le pithécanthrope, le seul mort pour lequel on la voit verser une larme, ou encore son beau-frère et illustrateur, le pacifiste Honoré Fiasco, un jeune homme terrorisé par la guerre. A contrario, elle se méfie des savants mégalomanes, méprise les policiers comme l'inspecteur Caponi ou le commissaire Laumanne, les notables iniques et profiteurs comme son éditeur Bonnot, et exècre les généraux comme le Général Bouclard dont l'assassinat la laisse de glace. Selon elle, ces personnes jouent avec les vies avec désinvolture.

Elle est souvent représentée en train de fumer, ne dédaigne pas boire quelques verres dans les bistrots et n'hésite pas à soigner une rage de dents au « Pisco Máximo », un alcool titrant 50°. Adèle a mauvais caractère, elle ne se prive pas d'insulter, de brailler, et devient violente lorsque quelque chose la dérange surtout après avoir bu lorsqu'elle est gauchement draguée par des machos. Même lorsque cela est fait amicalement comme par Brindavoine cette lourdeur masculine l'agace. Elle est solitaire et indépendante et n'aime pas être appelée au téléphone. Elle est d'une grande intelligence qui lui permet de trouver des solutions et des explications aux mésaventures qu'elle affronte. Toujours élégante, Adèle a des cheveux longs, qu'elle fait couper le .

Famille Adèle vit seule. Elle a perdu sa mère le , dans des circonstances inconnues, et son père le à la suite d'un accident domestique. Après ces décès, elle est séparée de sa sœur qu'elle ne retrouve qu'en 1922. Au moment de la séparation, sa sœur avait cinq ans alors qu'Adèle travaillait. On peut donc estimer qu'Adèle a environ 24 ou 25 ans au début de ses aventures. Sa sœur exerce la profession de modèle nu dans une école de dessin.

Profession Adèle est feuilletoniste et écrit des romans populaires. À l'origine, elle écrit des romans policiers, puis décide un jour de raconter ses propres aventures. Elle tape ses manuscrits à la machine. Adèle est une littéraire qui a lu Frankenstein. Elle n'aime pas les illustrations que veut lui imposer son éditeur : .

On connaît certaines de ses œuvres comme Le Démon de la Tour Eiffel, Adèle et la Bête (1912), Momies en Folie (1922). Le reste de son œuvre ne nous est pas parvenu. Pendant la Première Guerre mondiale, ses romans ont rencontré un grand succès. En 1918, devant ce succès, son éditeur, les éditions Bonnot dirigées par L.J. Bonnot, procèdent à des rééditions. Cependant, Adèle ne se dit pas satisfaite des contrats qui la lient à la maison d'édition.

À chaque faillite des éditions Bonnot, elle est publiée chez d'autres éditeurs non identifiés entre 1918 et 1922. Cependant, à chaque nouveau départ des éditions Bonnot, elle signe un contrat.

Opinions politiques Adèle semble être apolitique, elle méprise les politiques et se moque ouvertement de la police, elle vit comme bon lui semble, n'hésite pas à enfreindre la loi, et constate à plusieurs reprises et sans s'en étonner, l'implication de personnes hauts placées dans certains crimes. Elle confie d'ailleurs à Lucien Brindavoine : . Pour l'auteur, Adèle https://web.archive.org/web/20140430092853/http://www.fivespirit.eu/Les-Aventures-extraordinaires-d-Adele-Blanc-Sec,-entretien-avec-Jacques-Tardi_a474.html..

Autres personnages Scientifiques Professeur Ménard : professeur de paléontologie, c'est un savant du Muséum de Paris, au Jardin des Plantes. Il cherche à faire revivre des espèces disparues de dinosaures. Il réagit mal si on le dérange dans ses travaux. C'est un personnage récurrent des premiers tomes, qui apprécie paternellement Adèle. Zborowsky : assistant du professeur Ménard, il tombe amoureux d'Adèle, mais il n'ose pas l'avouer et cet amour à sens unique tourne à l'obsession : il finit interné. Néanmoins, il reprendra son travail d'assistant quelque temps après mais à la suite d'une rencontre avec Adèle il fait une rechute et repart à l'asile. Robert Espérandieu : ami de Ménard, c'est un érudit généraliste. Personnage récurrent des premiers tomes, il apparaît d'abord comme un homme timide et charitable mais se révélera par la suite dur et cruel, animé par un esprit chauvin et revanchard : il veut effacer toutes les défaites passées de la France grâce à ses armes secrètes, reprendre l'Alsace et la Lorraine (perdues en 1871) à l'Empire allemand et conquérir la Russie qui a échappé à Napoléon Ier. En poursuivant son cobaye Alexandre, un pithécanthrope, il mourra, comme Claude Frollo, d'une chute du haut de la cathédrale Notre-Dame de Paris . Professeur Dieuleveult : médecin, il voue une haine féroce à Adèle dont il devient l'antagoniste principal à partir du tome 4. Il n'hésite pas à tomber dans le banditisme pour arriver à ses fins : éliminer Adèle. Il n'y réussira jamais : ses tentatives l'amènent d'abord à être brûlé à l'acide et défiguré, puis il est victime d'un infarctus, et pour finir de l'implosion de la machine qui lui permet de survivre, qui le réduit en bouillie. Félicien Mouginot : chercheur dans le domaine de « la vie après la mort ». Il est amoureux d'Adèle et conserve son corps dans de la glace après l'assassinat de l'héroïne, en attendant de trouver le moyen de la ramener à la vie. Lorsqu'il met finalement au point la solution (grâce à une suggestion de la momie d'Adèle), il est tué par Thomas Rove, sur ordre de Dieuleveult, qui veut voir Adèle morte pour de bon. Professeur Dieudonné : collègue de Ménard, Espérandieu et Dieuleveult. On le voit peu car il n'est présent que dans le tome 3. On apprend qu'il est retourné dans les steppes de l'Asie centrale. Les patronymes d'Espérandieu, Dieuleveult et Dieudonné rappellent ceux de l'époque des guerres de religion en France et selon Christophe Quillien, le préfixe « dieu » souligne que ce sont des savants fous qui se prennent pour des dieuxChristophe Quillien et al., Méchants - Crapules et autres vilains de la bande dessinée, Huginn & Muninn, 2013. Docteur Jullien : spécialiste des reptiles et amphibiens du Muséum de Paris, il apparaît dans Le secret de la Salamandre, tenant une salamandre géante de Chine naturalisée. Il est content de la savoir restaurée après avoir été dégradée 4 années avant par des vandales. Cette joie est de courte durée car Brindavoine doit arracher la tête de la salamandre, le Docteur Jullien tente de l'en empêcher mais est assommé par Beppe qui filait Brindavoine. A son réveil il ne peut que constater amèrement les dégâts. Dans le dernier épisode se passant 4 année après il refait une apparition ramenant la salamandre qui vient d'être à nouveau restaurée. Séraphin Vertuchou (dit le Docteur Chou) : Il est payé par les Chevillard pour transformer génétiquement des animaux pour les rendre robuste, donc plus rentable. Malgré ces services rendus à l'agroalimentaire, il n'obtient aucune reconnaissance, ni prix Nobel, ni légion d'honneur. Il devient alors très aigri et décide de se venger de la société. Il continue ses expériences mais maintenant sur des cobayes humains à leurs insu et trouve un traitement transformant les humains en Minotaure. Il le mélange alors à ses produits, pharmaceutiques ou viticoles. En outre, il crée des clones explosifs d'Adèle destinés à commettre des attentats sur des personnalités. Il finit dévoré par l'une de ses victimes, le Commissaire Laumanne qu'il a transformé en Minotaure.

Policiers Inspecteur Caponi. : personnage récurrent des premiers tomes, c'est un homme intègre mais idiot, qui cherche désespérément à devenir commissaire. À cause de son honnêteté, il sera rétrogradé comme sergent de ville. Il sombrera ensuite dans la délinquance, puis sera réintégré. Il n'apprécie guère Adèle qu'il cherche à arrêter à plusieurs reprises. Il meurt à la fin de l'album Le Secret de la salamandre, tué par un membre de la mafia qu'il tuera en même temps lors d'un tir simultané. Inspecteurs Rivière et Ribière : agents infiltrés pour surveiller Caponi lors de sa courte tentative d'être "chef de gang", ils travaillent de nouveau avec lui lorsque ce dernier est réintégré dans la police. Ils sont tués en même temps que Caponi.