Un homme marche dans la ville est un film français réalisé en 1949 par Marcello Pagliero et sorti en 1950.

Synopsis L'action se passe au Havre dans le milieu des dockers. Madeleine est mal mariée avec Laurent, colérique et alcoolique. Le ménage a du mal à s'en sortir financièrement. Laurent demande à son ami Jean d'intercéder auprès du patron de l'entreprise de déchargement afin de lui obtenir une promotion. La démarche échoue. Quelque temps plus tard, Laurent est responsable d'un accident de travail sur un collègue et il est licencié. Madeleine tente de se rapprocher de Jean, ce dernier commence par l'éconduire mais finit par céder et les deux amants couchent ensemble. Laurent s'en aperçoit quand il voit son fils attendre sur le terrain vague en bas de l'hôtel. Il clame à qui veut l'entendre son désir de se venger et le soir tombé part à la recherche de Jean. Il croit le trouver, lance par erreur une grosse pierre à un homme près des quais.

Fou de rage, la victime fait basculer Laurent par-dessus la rambarde ; il meurt sur le coup. Madeleine est alors persuadée que Jean a assassiné Laurent par amour pour elle, la police s'en mêle, Madeleine tente d'échafauder avec Jean des projets d'avenir mais ce dernier l'éconduit. De rage elle s'en va le dénoncer à la police. Mais Jean est innocenté, le soir du crime il était avec sa petite amie. Le patron du bistrot tente de temporiser la colère de Jean et explique qu'elle a fait ça par amour. Jean s'en va frapper à la porte de Madeleine, personne ne répond, il laisse un mot : « Je ne t'en veux pas, je veux te voir. »

Elle ne le lira jamais, s'étant donné la mort.

Fiche technique Titre : Un homme marche dans la ville Réalisation : Marcello Pagliero, assisté de Pierre Léaud Scénario : Marcello Pagliero, d'après le roman de Jean JausionGallimard, 1945. Photographie : Nicolas Hayer Son : Pierre Calvet Décors : Maurice Colasson Montage : Pierre Cholot Producteur : Sacha Gordine Directeur de production : Jean Rossignol Pays de production : Format : Son mono - 35 mm - noir et blanc - 1,37:1 Genre : Film dramatique Durée : Date de sortie : France : Affiche : Roger Rojac (France)

Distribution Jean-Pierre Kérien : Jean Sauviot Ginette Leclerc : Madeleine Grégoire Aslan : Ambilares, le patron de l'entreprise de dechargement Robert Dalban : Laurent, le mari de Madeleine Sylvie Deniau : la sœur de Madeleine Yves Deniaud : Albert, le patron du bistrot Dora Dol : une prostituée au bistrot d'Albert Fréhel : la femme de Buck Christiane Lénier : Georgette, petite amie de Jean Fabien Loris : Dago André Valmy : le commissaire Grégoire Gromoff : Olen Jérôme Goulven : Muller Maryse Paillet : Tantine René Pascal (non crédité)

Tournage et sortie Le film est tourné au Havre en juin-D'Italie et d'ailleurs par Marie-Claude Blanc-Chaléard, Anne Dulphy, Caroline Douki, aux Presses universitaires de Rennes , et le sujet fréquemment évoqué par la presse havraise, notamment Le Havre du évoquant la présence au générique du Havrais Jean-Pierre Kerien, tandis que Paris-Normandie du titre de son côté sur un fait divers d'actualité rappelant le scénario du film.

L'avant-première du film a lieu au Havre le et à cette occasion Paris-Normandie du estime que la ville est le vrai héros du film. La projection est organisée sous le patronage du quotidien Le Havre libre, au profit de la Caisse de solidarité et du Syndicat des ouvriers du port.

Le film est boycotté à sa sortie par le PCF, la CGT et la Centrale catholique du cinémaJacquette du DVD des éditions René Chateau vidéo.

Accueil critique Dans Le Parisien libéré du , Jacqueline Michel salue le film en évoquant et estime que . Le critique Henry Magnan, dans Le Monde est plus nuancé : même s'il n'a , il salue la sobriété du "misérabilisme"Un homme marche dans la ville, par Henry Magnan, dans Le Monde du 27 mars 1950 .

Le Parti communiste, au contraire, s'indigne que . Son hebdomadaire local L'Avenir du Havre publie le un long article du docker Jean Ferrand selon lequel le scénario « atteint le summum de l’abjection » et le film « tente de traîner une catégorie de travailleurs dans la fange », un ton critique qui conduira six mois plus tard à son interdiction d’exploitation dans la ville portuaire le , le journal communiste appelant les militants du PCF à la réclamer dans d'autres villes. Lors de la sortie à Paris, Georges Sadoul, dans Les Lettres françaises de , reproche au cinéaste de voir le peuple comme « une matière à des études naturalistes » et de dépeindre , dans le but aussi de .

Dans L’Écran français, Roger Boussinot s'étonne le que . Il ajoute : « Les dockers, des obsédés sexuels alcooliques : voilà comment ils apparaissent dans ce film. Vous avouerez que les victimes ont le droit d'être mécontentes. » Peu avant, dans L'Humanité du , Armand Monjo appelle à son boycottage ; deux semaines plus tard, le film est interdit au Havre.

Adaptation Le film est tiré du roman de Jean Jausion, fils du professeur de médecine Hubert Jausion, jeune Français, fiancé de la déportée Annette Zelman, et qui durant l’occupation avait travaillé comme docker au Havre et qui se fera tuer comme reporter de guerre en Allemagne à la veille de l’armistice, selon un article de Jacqueline Michel dans Le Parisien libéré du .

Distribution Le film est ressorti en DVD chez René Chateau vidéo en 2009.

Notes et références

Liens externes

Catégorie:Film réalisé par Marcello Pagliero Catégorie:Film français sorti en 1950 Catégorie:Film tourné au Havre Catégorie:Adaptation d'un roman français au cinéma Catégorie:Film français en noir et blanc Catégorie:Film dramatique français Catégorie:Film distribué par Les Films Corona