Bruno Le Roux, né le à Gennevilliers (Seine, aujourd'hui Hauts-de-Seine), est un homme politique français. Député socialiste de la première circonscription de la Seine-Saint-Denis de 1997 à 2017, il préside le groupe socialiste, écologiste et républicain à l'Assemblée nationale de à . Il est ministre de l'Intérieur du au .
Biographie Formation Bruno Le Roux grandit à Épinay-sur-Seine, commune de l’ouest de la Seine-Saint-Denis, où il est élève du collège Roger-Martin-du-Gard.
Il est titulaire d'une maîtrise en sciences économiques, d'une maîtrise en gestion et d'un DEA en stratégie et management, délivré par l'université Paris X-Nanterre, « en partenariat avec HEC et l'ESSEC ».. alors que jusqu'au , les différents curriculums vitae de Bruno Le Roux sur des sites officiels indiquaient qu'il avait étudié dans ces deux écoles de commerce réputées. Son entourage a parlé d'une erreur. L'information a été effacée sur toutes les plateformes, le lendemainSelon le journal Le Point, une polémique semblable avait touché le premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis..
Émergence au sein du Parti socialiste séquano-dyonisien Bruno Le Roux est vice-président de la Mutuelle nationale des étudiants de France (MNEF) de 1988 à 1991« Bruno Le Roux élu président du groupe socialiste à l'Assemblée », lexpress.fr, 21 juin 2012« De la MNEF à la Mutuelle des Étudiants: à qui profite le crime? », mediapart.fr, 5 juillet 2014..
Il commence sa carrière politique en 1989 lorsqu'il devient adjoint au maire socialiste d'Épinay-sur-Seine Gilbert Bonnemaison, chargé de la culture. Entre 1990 et 1992, Pierre Mauroy, alors premier secrétaire du Parti socialiste, le nomme directeur adjoint de son cabinet. Il est alors également premier secrétaire de la fédération socialiste de la Seine-Saint-Denis. Il est élu conseiller général de la Seine-Saint-Denis en 1992, puis maire d’Épinay-sur-Seine en . Ayant perdu les élections municipales de mars 2001, il reste conseiller municipal d'Épinay jusqu'aux élections de 2008.
En 1995, alors qu'il est membre du conseil national du Parti socialiste, il devient délégué national du PS chargé des questions de sécurité et de police à la demande de Lionel Jospin. Ses travaux en matière de sécurité de proximité inspirent le programme du futur Premier ministre en 1997.
Il est élu député de la première circonscription de la Seine-Saint-Denis (incluant Épinay-sur-Seine) en juin 1997 avec l’arrivée de la Gauche plurielle au pouvoir.
Il préside depuis 2000 la Fédération Léo-Lagrange, réseau d'associations d'éducation populaire dans le domaine de la culture, des loisirs et de la formation professionnelleOrganisation de la Fédération Léo Lagrange, consulté le 24 juillet 2015..
Au printemps 2001, il est le rapporteur du projet de loi sur la « sécurité quotidienne » pour le Parti socialiste. Il a également travaillé sur le dossier de la Corse sur laquelle il a rendu un rapport. Il est auteur d'un ouvrage intitulé La Sécurité pour tous ; une exigence de justice sociale, paru aux éditions Balland en .
Présidence de François Hollande Il est réélu député dans la même circonscription en juin 2002, en juin 2007 et en juin 2012.
Il est élu président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale le . Fidèle du nouveau président de la République, il fait partie du dispositif initial imaginé par François Hollande lors de son installation à l'Elysée. A ce poste, il parvient à contrôler l'aile gauche du PS durant les deux premières années, opposée à certaines décisions des gouvernements Ayrault. Surnommé dans la presse « Monsieur compliments », Le Roux ne cesse de défendre l'action du chef de l’État qu'il rencontre très régulièrement.
Il est candidat sur la liste « Une ambition nouvelle pour Saint-Ouen » aux élections municipales à Saint-Ouen en . La liste arrive en troisième position au premier tour et se retire au profit de la liste menée par la maire Front de Gauche sortante Jacqueline Rouillon, laquelle est battue au second tour par l'UDI William Delannoy.
Alors que la défaite socialiste aux municipales pousse Hollande à changer de Premier ministre, de secrétaire général de la présidence de la République et de Premier secrétaire du PS, Bruno Le Roux, malgré sa défaite à la mairie de Saint-Ouen, est maintenu à son poste, après avoir été pressenti pour devenir ministre de l'Intérieur.
Cependant, les tensions augmentent au sein du parti avec l'annonce du Pacte de responsabilité et de solidarité, l'échec aux municipales et la nomination de Manuel Valls à Matignon. La nomination de Jean-Marie Le Guen secrétaire d’État chargé des Relations avec le Parlement et l'élection de Jean-Christophe Cambadélis comme premier secrétaire doivent offrir au président un renforcement de son contrôle sur le parti, tiraillé par les Frondeurs (onze députés socialistes ne votent la confiance à Manuel Valls) que Le Roux peine de plus en plus à maitriser.
Il défend les réformes libérales menées par le gouvernement prenant même appui sur la victoire de David Cameron aux élections britanniques de 2015 pour affirmer qu'elles apporteront le succès électoral au PS. Il ne semble plus en mesure de discipliner ni d'aplanir les tensions entre les composantes de sa majorité.
Figurant parmi les européennes auxquelles la Russie a décidé d'interdire l'accès à son territoire en riposte aux sanctions européennes, il décrit comme le voyage en de dix parlementaires français en Crimée, territoire annexé par la Russie..
Le , il est nommé ministre de l'Intérieur du gouvernement Cazeneuve. Pendant la primaire citoyenne de 2017, il soutient Manuel VallsVoir sur lejdd.fr.. Il démissionne du gouvernement le , à la suite de révélations sur la signature de 24 contrats de collaboratrices parlementaires à ses filles dès l'âge de 15 ans, et redevient député. En , il laisse l'investiture socialiste pour la première circonscription de la Seine-Saint-Denis à son suppléant Yannick Trigance pour les législatives de juin..
Prises de position Contrôle des armes à feu Bruno Le Roux s'est beaucoup investi dans la lutte contre les armes légères. En 1998, il est l'initiateur d'une proposition de loi visant à interdire la possession de toute arme à feu aux civils, exception faite des tireurs licenciés FFTir et des chasseurs disposant d'un permis de chasse, estimant dangereux les civils armés : Marc Pivois, « Une proposition de loi pour mettre hors la loi les citoyens armés. L'Assemblée discute du texte de Bruno Le Roux (PS), qui veut réserver les armes à l'État », Libération, 29 mai 1998.. Il a notamment travaillé sur les mesures du gouvernement Jospin pour renforcer le contrôle des armes détenues par les tireurs sportifs après la tuerie de Nanterre. En 2010, il rédige, avec deux députés de la majorité UMP, Claude Bodin et Jean-Luc Warsmann, la proposition de loi Proposition de loi ..
Légalisation du cannabis Confronté à l'important trafic de drogue qui ronge Saint-Ouen et aux limites de la répression (), il propose d’ sur la légalisation ou la dépénalisation du cannabis..
Controverses Condamnation pour emplois fictifs concernant ses filles
Cette affaire prend place pendant l'élection présidentielle de 2017, en parallèle de l'affaire Fillon. Elle débute le . Edwy Plenel, dans l'émission C à vous sur France 5, annonce des « révélations » sur un membre du gouvernementVoir sur mediapart.fr., tandis que l'émission Quotidien sur TMC révèle les emplois des deux filles de Bruno Le Roux comme collaboratrices parlementaires de leur père, alors député de la Seine-Saint-Denis, lorsqu'elles étaient lycéennes et étudiantes entre 2009 et 2016. Ces faits sont confirmés par le cabinet du ministre le même jour dans l'émission de Yann Barthès. L'affaire concerne respectivement 14 et 10 CDD conclus avec ses filles (âgées de 15 et 16 ans le jour des premières signatures), pour un montant total de . Des soupçons d'emplois fictifs concernent des CDD qui auraient été effectués en même temps que des stages en entreprises ou sur du temps universitaire, respectivement pendant l'été 2013 pour une des filles et 20 jours en pour l'autre.
Cette affaire renvoie aux révélations du Canard enchaîné sur les contrats d'attachée parlementaire de Penelope Fillon. ..
Bruno Le Roux est convoqué le à Matignon par Bernard Cazeneuve pour s'expliquer sur l'emploi de ses filles à l'Assemblée. En fin de journée, depuis Bobigny, il annonce en conférence de presse . Il est remplacé par Matthias Fekl, alors secrétaire d'État chargé du Commerce extérieur, de la Promotion du tourisme et des Français de l'étranger.
Le Parquet national financier ouvre une enquête préliminaire le jour même. Il est ensuite entendu par les policiers de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF), le .
Il est jugé les 12 et par le tribunal correctionnel de Paris pour détournements de fonds publics. Deux ans de prison avec sursis probatoire et d’amende sont requis contre l’ancien ministre. Le représentant du parquet national financier demande également qu’une peine complémentaire de cinq ans d’inéligibilité, avec exécution provisoire, soit prononcée. Le tribunal correctionnel de Paris le condamne, le , à deux ans de prison avec sursis, d'amende, cinq ans d'inéligibilité et de réparation à l'Assemblée nationale, décision dont il déclare faire appel.
Pratiques de lobbying Bruno Le Roux a été plusieurs fois attaqué dans les médias pour être à l'initiative d'amendements à l'Assemblée nationale en faveur d'une « sulfureuse société suisse » active sur la traçabilité des produits du tabac (SICPA). Pour le journaliste Matthieu Pechberty sur BFM TV, "L'éphémère ministre de l'Intérieur a largement participé à cette bataille de lobbying menée de longue date par la société suisse Sicpa", en particulier en déposant des amendements ou en faisant soutenir ces amendements par des députés. Et le journaliste d'insister : « La présence de Bruno Le Roux sur ce sujet ne date pas d'hier. Président du groupe socialiste à l’assemblée nationale, il avait déjà tenté de supprimer le système de traçabilité du tabac à deux reprises, en novembre et , lors de la loi de finances 2016. Son initiative s’était heurtée au secrétaire d’État au Budget, Christian Eckert. ». Le Nouvel Observateur avait aussi attaqué Bruno Le Roux sur ses pratiques de lobbying en 2016, propos repris aussi dans d'autres médias.
Mandats et fonctions Mandats Assemblée nationale : 1997-2017 (sauf de janvier à ) : député de la première circonscription de la Seine-Saint-Denis
Conseil général de la Seine-Saint-Denis 1992-1997 : conseiller général élu du canton d'Épinay-sur-Seine
Communauté d'agglomération Plaine Commune 1999-2008 : conseiller communautaire
Commune d'Épinay-sur-Seine 1989-1995 : adjoint au maire 1995-2001 : maire 2001-2008 : conseiller municipal
Fonctions de à : ministre de l'Intérieur
Notes et références Notes
Références
Liens externes
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