Henry Parkes ( – ) est un homme politique australien qui fut surnommé le « père de la fédération » (the Father of Federation) pour le rôle primordial qu'il joua dans la création de la fédération australienne.

Il fut le premier partisan de la création d'un Conseil fédéral australien, un précurseur de la Fédération australienne à l'époque où celle-ci n'était qu'une colonie britannique et il est généralement considéré comme le plus éminent des fondateurs du pays. Parkes a été décrit au cours de sa vie par le Times comme « le dirigeant le plus figuratif de la politique australienne ». Alfred Deakin l'a décrit ainsi :

« bien que ni riche ni polyvalente, sa personnalité était de grande envergure, solide et imposante, reposant sur des qualités élémentaires de la nature humaine transcendées par un esprit puissant. Il était coulé dans le moule d'un grand homme et même s'il a souffert de nombreuses mesquineries, rancunes et carences, il était un Titan autodicdate au cerveau brillant qui a trouvé au Parlement son champ de bataille et dont les ressources de caractère et l'intelligence lui ont permis lors de ses dernières années d'éclipser tous ses contemporains. »

Parkes était grand, robuste, à la personnalité imposante. C'était un orateur qui évitait les envols de la rhétorique et parlait comme un homme des champs à des hommes des champs, avec beaucoup d'efficacité, en dépit de quelques difficultés à contrôler ses pensées. Il n'était pas allé à l'école longtemps mais il avait lu beaucoup. On a dit de lui qu'il avait des manières rustres et qu'il avait trop conscience de sa supériorité, mais le fait d'avoir été bien reçu par Carlyles et Tennyson donne à penser qu'il ne manquait pas de charme. Il s'est intéressé aux débuts littéraires des premiers écrivains australiens hommes et fut l'ami de deux d'entre eux: Charles Harpur et Henry Kendall. Il était mauvais gestionnaire de ses affaires, il dépensait tout ce qu'il avait et il est mort sans le sou.

Pourtant, il savait évidemment être bon gestionnaire quand il le voulait, car il a su s'entourer de ministres des finances compétents dans ses gouvernements et qui ont su gérer les finances de l'état. Il était vaniteux et capricieux et a souvent démissionné de son siège parlementaire simplement pour se faire réélire peu après. Il n'était pas socialiste mais il était partisan des droits d'expression du peuple et pendant la plus grande partie de sa vie parlementaire a été un grand défenseur de leur cause. Dans ses dernières années, cependant, il semble avoir été entraîné par la forte opposition conservatrice qu'il a rencontré et il a pratiqué une législation sociale moins avancée que celle à laquelle on aurait pu s'attendre. Très tôt, il reconnut la nécessité d'une fédération et, quand il a vu que cette création allait vraiment devenir possible il s'est battu vigoureusement pour elle, alors que de nombreux dirigeants politiques en Nouvelle-Galles du Sud avaient peur de franchir le pas. Son caractère indomptable qui a fait d'un ouvrier agricole le premier ministre de la colonie et son intuition de la nécessité d'une fédération australienne, lui ont permis de rentrer par la grand porte dans l'histoire de son pays.

Enfance

Parkes est né à Canley, dans le Warwickshire, en Angleterre. Son père, Thomas Parkes, était un petit fermier. On connaît peu de choses sur sa mère, mais quand elle mourut en 1842, Parkes dit que pour lui une partie de la beauté de la Terre s'en était allé à tout jamais. Il alla peu à l'école et, dès son jeune âge, il travailla dans une fabrique de cordages pour "quatre pennies par jour". Il travailla ensuite dans une briqueterie, puis chez un fabricant d'objets en os et ivoire, John Holding à Birmingham et c'est probablement en 1832 qu'il rejoignit la "Birmingham political union". Entre 1832 et 1838, il participa aux mouvements syndicaux pour l'amélioration des conditions des classes laborieuses.

Il continua à s'instruire en lisant beaucoup, notamment les poètes anglais et, en 1835, il envoya quelques vers à Clarinda Varney, la fille d'un majordome qu'il épousa le . Parkes commença alors à travailler pour son propre compte à Birmingham et eut beaucoup de peine pour faire marcher son affaire..

Émigration en Australie

Après la mort de deux de ses enfants en bas âge, incapable de trouver du travail à Londres, la famille Parkes décida d'émigrer en Nouvelle-Galles du Sud et embarqua sur le "Strathfieldsaye" pour arriver à Sydney le . Il eut un nouveau fils deux jours avant de débarquer. Il chercha du travail en vain sur Sydney et dut vendre les quelques biens apportés avec lui pour survivre. Il fut finalement embauché comme ouvrier agricole par Sir John Jamison près de Penrith, pour £25 par an et une ration et demi de nourriture (faite surtout de riz, de farine et de sucre et quelquefois de viande immangeable). Au bout de six mois, il revint à Sydney où il trouva d'abord un travail mal payé chez un quincailler puis dans une usine de cuivre.

Environ un an après son arrivée, Parkes fut embauché comme employé au Service des douanes de Sydney. Il avait été recommandé pour ce poste par Sir John Jamison dont la plus vieille fille avait épousé le fils du chef des douanes de Nouvelle-Galles du Sud, le Colonel John Gibbes. La situation financière de la famille s'améliora bien qu'elle eût de lourdes dettes à rembourser. Après un désaccord avec le Colonel Gibbes, il quitta son poste d'employé des douanes mais en restant en bons termes avec son employeur. Parkes avait réussi à se faire dans l'intervalle quelques solides amis et quand il publia son premier livre de poèmes en 1842, de nombreuses personnes l'achetèrent dans la haute société (notamment le Colonel Gibbes, à qui le livre était dédié). C'est vers cette époque qu'il rencontra Charles Harpur et William Duncan, les éditeurs du "Weekly Register" et dont Parkes dit qu'ils furent ses maîtres à penser.

Parkes commença alors à travailler pour son compte en 1844, d'abord comme fabricant d'objets en os et en ivoire dans "Kent Street" à Sydney. Il ouvrit ensuite un magasin de meubles et jouets dans "Hunter Street". À cette époque, il devint propriétaire de plusieurs journaux notamment "The People's Advocate", "New South Wales Vindicator" et "The Empire" mais il ne sut pas gérer correctement ses affaires et fit banqueroute après avoir accumulé £ de dettes. Il avait dans l'intervalle publié un certain nombre de ses œuvres dans les journaux qu'il avait possédé.

Militant politique

Parkes commença à s'intéresser aux problèmes politiques de la colonie et au problème-clef de l'époque: l'arrêt de l'envoi de bagnards en Australie ("transportation"). L'autonomie du gouvernement était aussi une question importante, la première étape ayant été franchie en 1843 quand le nouveau Sénat fut formé pour parti de membres élus et quand les pouvoirs du gouverneur furent réduits. Un autre problème était celui des lois sur la propriété des terres qui était un point d'affrontement depuis de nombreuses années. Parkes commença à développer ses idées dans "the Atlas" et "the People's Advocate", mais ce n'est pas avant 1848 qu'il commença à parler en public. C'est cette année-là que Robert Lowe, de Sherbrooke, fut candidat au poste de Sénateur en tant que champion de la cause "anti-transportation". Parkes devint membre de son comité de soutien, puis devint un de ses adjoints et fut à l'origine du texte qui permit à Lowe d'être élu. Ceci fut le point de départ de la carrière politique de Parkes.

En 1849, Parkes fut un meneur actif pour faire diminuer les garanties financières pour pouvoir voter et il fit même la demande du suffrage universel qui ne put être obtenu avant plusieurs années. L'arrivée de bagnards à bord du Hashemy le à Sydney provoqua, malgré le temps pourri de ce jour-là, une gigantesque manifestation sur le quai circulaire et cela se répéta jusqu'à l'abandon de l'envoi de bagnards en 1852. Parkers participa à toutes ces manifestations en y prenant la parole et en écrivant dans la presse locale.

En , il créa le journal "the Empire" d'abord comme hebdomadaire puis comme quotidien. Parkes était un homme loyal envers l'empire anglais mais il était conscient qu'un honnête journal indépendant qui ne serait pas aveugle sur les fautes du gouvernement serait très utile au pays. Or le gouverneur, Sir Charles Augustus FitzRoy, n'avait pas le même charisme ni la même volonté que ses prédécesseurs et de vigoureux articles du journal n'hésitèrent pas à faire remarquer ses défauts ou ceux de son entourage. En tant que propriétaire et éditeur de journal, Parkes joua un grand rôle dans la vie politique australienne, travaillant sans cesse à rédiger des articles, à révéler des informations, à diriger son journal ...mais Parkes n'était pas un bon gestionnaire.

Dans son journal, il se battit pour une nouvelle constitution et combattit vigoureusement le projet de William Charles Wentworth. En , Wentworth obtint l'appui d'une commission pour son projet de constitution par 33 voix pour et 5 contre. Parkes avait cependant montré que la minorité représentait le parti qu'il fallait créer pour diriger le pays.

Wentworth partit en Angleterre pour défendre son projet devant le Parlement anglais en 1854 et démissionna de son siège de député à Sydney. Charles Kemp et Parkes se présentèrent au poste laissé vacant et ce dernier l'emporta avec 1427 voix contre 779. Parkes se fit le défenseur de l'augmentation des pouvoirs du peuple, des possibilités d'éducation et d'une politique dynamique de développement des transports ferrés.

Parkes commença sa carrière politique très calmement. Il était dans la minorité au Parlement qui pensait avoir du temps avant qu'une nouvelle constitution ne voit le jour. Il démissionna du Parlement en et un mois plus tard se présenta à Sydney-City comme candidat libéral aux nouvelles élections législatives.

Député

La première session parlementaire eut lieu le et pendant quelques mois il ne s'y passa que peu de choses. On allait de gouvernements en gouvernements. On proposa le poste une fois à Parkes mais il repoussa l'offre car il savait qu'il devrait se séparer de ses amis. Son journal "The Empire" n'était pas bénéficiaire malgré sa réputation et si Parkes voulait le sauver, il devait y consacrer tout son temps. Fin 1856, il démissionna de son poste de député. Il mit toute son énergie pour essayer de sauver son journal et il travailla sans compter mais en vain. Les dettes du journal se montaient à £ et bien que ses amis se soient rassemblés autour de lui et aient essayé de l'aider en avançant £ en 1858 pour rembourser un emprunt, la situation devint vite sans solution.

Débarrassé de son journal qui était passé dans d'autres mains, Parkes retourna au Parlement et fut élu député de Sydney-Est le . Il se présenta comme candidat indépendant mais le journal Sydney Morning Herald le plaça dans les "radicaux". Il était partisan de la politique de distribution des terres de Sir John Robertson, du développement de l'enseignement et du libre commerce. Il fit voter des lois pour créer des postes d'enseignants et des écoles privées, supprima l'éducation religieuse et améliora les prisons.

Parkes croyait aussi en l'immigration et ses talents bien connus d'orateur lui valurent d'être choisi pour aller en Angleterre avec William Bede Dalley pour attirer des émigrants. Ils partirent en pour faire connaitre leur pays lors d'une soixantaine de réunions que Parkes tint dans les villes de l'ouest et du nord de l'Angleterre ainsi qu'en Écosse. Pendant les quatorze mois de son séjour, il rencontra beaucoup de personnes intéressantes et devint en particulier ami avec Carlyle et sa femme. Il retourna en Australie en .