Le tramway de Brest est un réseau de tramway desservant Brest et son agglomération. Faisant partie du service Bibus exploité par RD Brest, il se compose de deux lignes. La première (ligne A) a été inaugurée en 2012 et la seconde (ligne B) en 2026.

La mise en service de la ligne A, le , marque le retour de ce mode de transport dans la « cité du Ponant » après d'absence. Cette première ligne a rencontré un rapide succès, avec près de neuf millions de voyages sur sa première année d'exploitation. Elle transporte en moyenne par jour ouvré, soit à l'année.

Histoire L'ancien réseau

vignette|Ancien tramway de Brest (surnommé le péril jaune) sur le pont National, avant 1905. thumb|Carte animée de l'évolution des infrastructures ferroviaires de l'agglomération de Brest, dont celle des anciens et actuels tramways, de 1890 à nos jours.

En 1898 furent ouvertes les deux premières lignes du premier tramway brestois. Il fut exploité jusqu'en 1944, au moment des bombardements de la ville. puis remplacé en 1947 par des trolleybus. À partir de 1963, les bus sont introduits afin de moderniser le parc et, en 1965, de nouveaux bus exploités à un agent (le conducteur) au lieu de deux (le conducteur et le receveur chargé de la vente des titres) font leur apparition et condamnent les trolleybus, qui seront définitivement arrêtés le .

Chronologie 1984 : premières réflexions sur le retour du tramway ; 1990 : référendum sur le tram, le non l'emporte à plus de 80 % ; 2001 : le projet refait surface ; 2003 : concertation préalable ; 2007 : définition du tracé ; mars à : enquête publique ; : déclaration de projet préalable à la déclaration d'utilité publique ; début 2010 : début des travaux préparatoires ; : soudure du ; : début des essais ; : ajout de la ; : inauguration de la ligne A ; : début des travaux préparatoires de la ligne B ; : début des essais de circulation sur la ligne B ; : mise en service de la ligne B.

Un retour avorté vignette|gauche|upright=0.5|La couverture du d'octobre 1990 du magazine municipal Sillage, à propos du référendum.

En 1984, l’agence d’urbanisme AUCUBE remet une étude, sur la faisabilité et l’opportunité de faire une ligne de tramway à Brest, et confirme que c’est possible de réaliser la ligne. La communauté urbaine de Brest (CUB) alors présidée par Georges Lombard évoque le retour du tramway dans le cadre de l'élaboration de son plan de déplacements urbains, comme hypothèse de transport en commun en site propre.. Une étude est financée par une subvention de l'État l'année suivante. En 1985, l’AUCUBE remet un dossier avec 2 lignes de tram dans le cadre de l’élaboration du PDU (Plan de Déplacement Urbain) avec un réseau de TCSP :De CHU Cavale Blanche à Pontanézen et Porte de Plouzané à Lambézellec. En 1987, un dossier argumentaire sur la réalisation d’un réseau de tramway est remis. On découvre dans le dossier que l’ancienne ligne 1 entre Place de Strasbourg et Prat Ledan transportait 25 000 voy/j, avec des bus articulés passant toutes les 5min. Le projet soumis propose une ligne à 4 branches de 8,50km à double voie et de 4,70km à simple voie pour une fréquentation estimée à 59 000 voy/j pour un coût de 552M Frs

Le , le conseil communautaire de la CUB vote à l'unanimité la réalisation d'un réseau de deux lignes.

Nouvellement élu maire de Brest et devenant président de la CUB, Pierre Maille reprend en main le dossier et le la communauté urbaine décide de mener jusqu'à leur terme les études techniques et financières qui aboutissent à un projet de deux lignes d'une longueur totale de et il est prévu de transporter 60 000 voy/j. Mais le référendum de 1990, au cours duquel la population vote à plus de 80 % contre le projet, l'enterre jusqu'à la décennie suivante..

Un second projet vignette|upright|François Cuillandre (au micro), qui relança l'idée du tramway.

En 1998, la CUB relance un projet de transport en commun en site propre (TCSP), cette fois-ci il s'agit d'un ensemble de sites propres pour autobus de de long entre le centre-ville et l'Hôpital de la Cavale blanche, sur un axe Nord-Sud, estimé à de francs et qui est construit entre 2002 et 2004...

Aux élections municipales de 2001, François Cuillandre succède à Pierre Maille à la mairie de Brest et devient aussi le président de la communauté urbaine et lance conformément à son programme de campagne, les études concernant un tramway à Brest. L'évolution du contexte fait que les études du précédent projet n'ont pu être reprises, le nouveau projet est voulu en complémentarité du TCSP Nord-Sud, sur un axe commercial de de long plus de voies de services pour accéder au dépôt pour un investissement de d'euros. L'opposition crie au scandale, arguant que ce nouveau projet viole le résultat du référendum des années 1980 et en demande un nouveau, ce que la majorité de gauche refuse.

Le projet est subventionné à 30 %, les premières consultations et études préalables sont lancées fin 2002 pour une mise en service alors prévue pour 2010, puis en 2003 la date prévisionnelle de début des travaux est fixée à 2009...

En , alors que la concertation préalable touche à sa fin, le maire de Brest annonce que la ligne reliera le Technopôle Brest-Iroise à la zone d'activités de Kergaradec, en desservant la rue de Siam et la rue Jean-Jaurès, soit une ligne de de long.. Il est annoncé que le versement transport, alors fixé à 1,05 % soit l'un des plus faibles de France sera réévalué progressivement afin de financer la ligne, il atteint le taux de 1,65 % en 2007...

En 2006 une nouvelle étape est franchie avec la constitution de la SemTram, la Société d'économie mixte qui sera chargée de la maîtrise d'ouvrage de la ligne, d'une longueur alors annoncée de pour un montant de d'euros.. Elle compte notamment la CCI de Brest parmi ses actionnaires, alors qu'elle était initialement opposée à ce projet.

La SemTram est un groupement d'entreprises constitué des entreprises SEM du TCSP (SEM du transport en commun en site propre de la communauté urbaine de Brest) et Egis Rail.. La SEM du TCSP est une société d'économie mixte locale au capital de , créée en sur délibération du , qui a pour but d'assurer la maîtrise d'ouvrage des travaux de la première ligne de tramway de Brest.

Elle réunit sept partenaires qui sont : Brest Métropole Océane (53 %) ; la Caisse des dépôts et consignations (15 %) ; le conseil général du Finistère (10 %) ; la CCI de Brest (7 %) ; le Crédit agricole du Finistère (5 %) ; la Caisse interfédérale de Crédit mutuel (5 %) ; la Caisse d’épargne de Bretagne (5 %).

En , le conseil communautaire de Brest Métropole Océane vote la réalisation de la branche Froutven en même temps que le reste de la ligne, portant sa longueur totale à près de , pour un montant estimé en à d'euros.

Achevée en , la concertation présentant le projet à la population a permis de rajouter deux stations supplémentaires, une en centre-ville et une à Kergaradec, soit au total. Les aménagements annexes sont aussi annoncés : quatre parc relais dont un de sous la place de Strasbourg, la piétonisation des rues de Siam et Jean-Jaurès et le franchissement du pont de Recouvrance en site banalisé avec la circulation automobile. La ligne accompagnera la rénovation du quartier de Pontanézen, la création de nouveaux équipements publics, comme la Brest Arena ou l'installation de grandes enseignes au Froutven comme IKEA.

En , c'est au tour de la maîtrise d'œuvre d'être désignée, le choix s'est porté sur le groupement Systra, Dubus-Richez et Atelier de l’île-Sogreah. Pour le dépôt, elle est assurée par Ferrand-Sigal-Archipole-Technip-AUA, l'ouvrage est estimé à d'euros ; les appels d'offres ont lieu fin 2008..

Construction de la ligne A

vignette|La rue de Siam en travaux en 2010. vignette|gauche|Pose de la voie rue de Siam en 2011. vignette|gauche|Logo du projet. vignette|Une rame au début des essais, en octobre 2011.

À l'issue de l'enquête publique qui a lieu du au .., les commissaires enquêteurs ont rendu un avis favorable le en émettant certaines réserves comme l'extension au sein du Technopôle Brest-Iroise jugé non prioritaire ou une amélioration du réseau de bus.. Les travaux démarrent dès le avec les déviations de réseaux, la métropole prend en effet le risque de commencer avant même que la ligne soit déclarée d'utilité publique. En réalité, quelques travaux préalables avaient été menés le mois précédent afin de permettre les modifications de circulation liées aux travaux (retrait de mobilier urbain, de bordures de trottoir, dispositions préparatoires pour mise à double sens de voies jusque-là à sens unique…), et les travaux mentionnés ne sont pas, officiellement, ceux du tramway, ce qualificatif nécessitant la déclaration préalable d'utilité publique du projet. La première phase de travaux est donc une phase de « dévoiement de réseaux ».. La déclaration de projet préalable à la déclaration d'utilité publique est adoptée par le conseil communautaire de Brest Métropole Océane au cours de la séance du .. L'objectif est de voir la fréquentation du réseau Bibus augmenter de 40 % à l'horizon 2014..

Les travaux de construction de la plateforme débutent début 2010, suivi en juin par la pose de la première pierre du centre de maintenance...

Le chantier est marqué par des opérations de déminage d'obus de la seconde Guerre mondiale, la ville ayant été bombardée durant près de quatre ans.. Le site du centre de maintenance est particulièrement concerné, plusieurs mois de déminage entre et ont été nécessaires pour retirer d'explosifs et détruire 11 blockhaus avant de pouvoir entamer sa construction... La pose et la soudure du premier rail a lieu à la fin du mois d'.. Si l'année 2010 a été consacrée à la construction de la plate-forme et à la pose des voies, l'année 2011 est consacrée à la pose des équipements et à l'alimentation électrique, de la signalisation et à l'aménagement des stations..

En une polémique éclate sur le choix du fournisseur des dalles de granit qui décorent les espaces publics le long du tram, les professionnels bretons craignent en effet que Eurovia, l'entreprise chargée du chantier se fournisse en Chine, qui offre des prix plus compétitifs.. Début mai, la métropole annonce que les entreprises locales décrocheront une partie des contrats, en particulier le dallage de la place de Strasbourg, grâce à une clause sur le bilan carbone du transport des matériaux favorisant de fait la production locale.

Dans la nuit du 22 au a lieu une étape majeure du chantier avec la pose du nouveau tablier du pont de Recouvrance, l'ancien tablier datant de 1954 au tonnage limité () a été remplacé pour un nouvel ouvrage permettant de supporter les d'une rame de tramway, et doté d'encorbellements pour les piétons de part et d'autre.... Totalement fermé le afin de permettre son remplacement, l'ouvrage rouvre le , la circulation automobile et les bus ont été déviés par le pont de l'Harteloire..

Les essais débutent le sur un court tronçon entièrement barriéré à proximité du dépôt, avant de s'étendre progressivement au reste de la ligne au cours des mois suivant, le dernier tronçon vers Gouesnou voit les essais débuter en ... Les lourds travaux s'achèvent fin 2011 pour laisser place aux finitions et aux essais..

Fin , il est annoncé que le tram comptera 28 stations au total, avec la mise en service dès 2012 de la station Kerlaurent, dont le nom était initialement attribué à la station Eau Blanche, définie à l'origine comme une station « réserve » de la branche de Guipavas, mais dont la construction de à proximité a motivé la métropole à la construire de suite..

La marche à blanc, ultime phase d'essais consistant à tester la ligne en conditions réelles d'exploitation, a lieu du 5 au ..

Inauguration et distinctions

vignette|gauche|La foule le jour de l'inauguration. vignette|La rame inaugurale, venant de traverser le pont de Recouvrance, s'engage rue de Siam.