L’Étourdi ou les Contretemps ou L'estourdy ou les contre-tempsVoir édition de 1663, est une comédie en cinq actes et en alexandrins de Molière, représentée pour la première fois à Lyon en 1655La date exacte de création de cette pièce est incertaine, car les deux sources principales de datation se contredisent. Le registre de La Grange donne la date de 1655, alors que la préface de l'édition donne la date de 1653. Georges Forestier estime que la pièce a été créée ou (). Scott la place en 1655 ().. Une représentation en a également éfé faite à Paris au Théâtre du Petit-Bourbon le par la troupe de Monsieur, frère unique du Roi.
Cette pièce s'inspire d'une comédie italienne de 1629 : L'Inavvertito, overo Scappino disturbato e Mezzetino travagliato, de Niccolò Barbieri.
Résumé Par son étourderie ou sa maladresse, Lélie fait échouer onze machinations successives que son serviteur Mascarille, « fourbum imperator », a imaginées pour lui assurer la possession de Célie, une jeune esclave que le vieux Trufaldin garde chez lui sans savoir que c'est sa propre fille.
Quelques répliques Voir L'Étourdi, Acte I, scène II. Voir aussi le monologue de Mascarille, L'Étourdi, Acte III, scène I, p. 71.
Distribution Acteurs ayant créé les rôles Personnage Acteur Lélie, fils de Pandolfe La Grange Célie, esclave de Trufaldin de Brie Mascarille, valet de Lélie Molière Hippolyte, fille d’Anselme Du Parc Anselme, père d’Hippolyte Louis Béjart Trufaldin, vieillard Pandolfe, père de Lélie Béjart aîné Léandre, fils de famille Andrès, cru égyptien Ergaste, ami de Mascarille Un courrier Deux troupes de masques
Molière paraît travesti en femme dans l'acte III, scène VIII. C'est le seul rôle créé par lui où il doit jouer un personnage du sexe opposé. Le déguisement féminin de Mascarille fait partie d'un plan pour tromper Trufaldin et lui prendre Célie ; mais, bien entendu, l'intervention de Lélie fait promptement échouer la ruse. Le frontispice de l'édition de 1682 (qu'on peut voir dans cette page) illustre le moment où Lélie enlève le masque de la supposée « femme » et révèle le visage de son valet MascarilleMolière, Œuvres Complètes, Éditions du Seuil, 1962; p. 63-64.
Jugements de la postérité Dans sa Vie de Molière, Voltaire écrit à propos de cette première comédie de Molière :
… Le dénouement, qui a trop souvent été l'écueil de Molière, n'est pas meilleur ici que dans les autres pièces ; cette faute est plus inexcusable dans une pièce d'intrigue que dans une comédie de caractère. On est obligé de dire (et c'est principalement aux étrangers qu'on le dit) que le style de cette pièce est faible et négligé, et que surtout il y a beaucoup de fautes contre la langue. Non seulement il se trouve dans les ouvrages de cet admirable auteur des vices de construction, mais aussi plusieurs mots impropres et surannés.
Victor Hugo est bien éloigné de ces réserves de puriste ; il fait part à Paul Stapfer de sa prédilection pour L'Étourdi :
Sur Molière, le jugement de Victor Hugo est fort original. La mieux écrite de toutes les pièces de notre grand comique, à son goût, c'est l'Étourdi, sa première œuvre. "L'Étourdi, me disait-il, a un éclat, une fraîcheur de style, qui brillent encore dans le Dépit amoureux, mais peu à peu s'effacent, à mesure que Molière, cédant malheureusement à d'autres inspirations que la sienne, s'engage de plus en plus dans une nouvelle voieHugo écrivait déjà dans son William Shakespeare : « Avoir, par peu de Boileau, éteint bien vite le lumineux style l'Étourdi, avoir, par crainte des prêtres, écrit trop peu de scènes comme le Pauvre de Don Juan, c'est là la lacune de Molière. »." J'avoue que je suis sur ce point de l'avis de tout le monde et que je préfère le style parfait d'Amphitryon ou des Femmes savantes au style un peu trop inégal de l'Étourdi. Mais je comprends très bien que Victor Hugo préfère le style de l'Étourdi, si étincelant d'esprit et d'imagination, si plein de la fougue de deux adolescences, l'adolescence de Molière et celle de la littérature française ; la langue de Louis XIII a toujours été chère à l'école romantique. Comme preuves à l'appui de son paradoxe, Victor Hugo me récitait avec une verve admirable deux passages de sa comédie favorite…
Notes et références
Sources
. (Les sept autres volumes sont également accessibles en ligne).
Liens externes
Page consacrée à L'Étourdi, (Université de Paris-Sorbonne)
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