Babrouïsk (en — łacinka : Babrujsk) ou Bobrouïsk (en ; en ) est une ville de la voblast de Moguilev, en Biélorussie, et le centre administratif du raïon de Babrouïsk. Sa population s'élevait à en 2017Estimation officielle de la population au janvier 2020, sur pop-stat.mashke.org..
Géographie Babrouïsk est arrosée par la rivière Bérézina et se trouve à au sud-ouest de Moguilev et à au sud-est de MinskDistances à vol d'oiseau ou distances orthodromiques.. La ville est située en dehors des territoires contaminés par la catastrophe de Tchernobyl.
Histoire Les fouilles archéologiques ont révélé que l'endroit est peuplé au moins depuis les , puisqu'un site de peuplement slave a été découvert au bord de la Bérézina, un peu plus en amont. De plus des restes de l'âge de pierre ont été également fouillés.
Pendant la période de la Russie kiévienne il y avait un village de pêcheurs et de trappeurs de castors, d'où le nom de la localité, provenant du mot bobr qui signifie castor en langue slave. Les premiers documents ecclésiaux écrits datent de 1387, les manuscrits indiquant les noms de Bobrovsk (Бобровск), Bobrouesk (Бобруеск), ou Bobroussek (Бобрусек). Sous le grand-duché de Lituanie, la bourgade est un chef-lieu de volost. Sous l'Union lituano-polonaise, un château-fort est construit au (il brûle en 1649). La bourgade subit l'assaut des Tatars en 1603. Les jésuites de Nieswiez, appelés par le voïvode, font construire une petite église dédiée à Saint Pierre et Saint Paul vers 1615 (elle est reconstruite en style baroque en 1732-1747 ; elle est aujourd'hui en ruines). Ils ouvrent une école en 1681 et un dispensaire en 1686. Ils font construire un collège en 1747, aujourd'hui disparu.
La région est rattachée à l'Empire russe en 1792. La ville devient chef-lieu d'ouiezd en 1795 et fait partie du gouvernement de Minsk. Elle reçoit ses armoiries, le . Le comte Opperman (1765-1831) fait construire la citadelle en 1810-1811. Bagration y fait relâcher son armée trois jours en , pendant la guerre contre l'armée napoléonienne. Sept mille soldats de la garnison y campent alors avec 330 canons. L'armée française assiège la citadelle, d'abord avec le régiment de Latour-Maubourg, puis avec les forces commandées par Dombrowski. Le siège dure jusqu'en novembre lorsque l'armée de Tormassov libère la citadelle. De futurs décembristes, comme Mouraviov-Apostol et Norov, participent aux combats. La décision est prise aussitôt de renforcer la citadelle qui passe au rang de forteresse de première classe. Les travaux, dirigés par Opperman, durent jusqu'en 1818, puis sont repris jusqu'au milieu du . Mais sa situation étant jugée moins stratégique, elle est déclassée en 1897 et en grande partie démolie. Les restes de la citadelle sont aujourd'hui une attraction touristique. Une partie est réservée à un monastère orthodoxe féminin.
Le recensement impérial de 1861 donnait une population de , d'origines biélorusse, ukrainienne, polonaise et juive. La plupart des maisons étaient construites en bois (comme dans les autres villes biélorusses). En 1866 il y avait , dont seulement 29 étaient en briques. En 1880Données du Słownik geograficzny Królestwa Polskiego i innych krajów słowianskich, paru à Varsovie, la population de la ville s'élevait à , dont et . Elle comptait orthodoxes, 258 Vieux-Croyants, 916 catholiques, 420 protestants, Juifs et 420 musulmans. Bobrouïsk connaît une forte croissance de sa population juive au . En 1897, elle comptait , dont 60,5 %, soit , étaient juifs, pour la plupart artisans, ouvriers ou commerçants. Il y avait alors une trentaine de petites synagogues de bois. Le commerce se développe avec le chemin de fer qui relie Libau et Romny au reste de l'Empire ainsi qu'à l'Europe occidentale. Les années 1880 et 1890 furent marquées à Bobrouïsk par plusieurs pogroms, qui commencèrent après l'assassinat du tsar Alexandre II, le . Les organisations juives d'auto-défense dites « boyuvkes » s'employèrent à repousser ces attaquesParagraphe adapté de l'article en anglais.
En 1902 un incendie ravage la villeIl laisse sans toit qui est reconstruite en pierre et en briques. La nouvelle église orthodoxe Saint-Georges est consacrée en 1907. Il existe un lycée de garçons et un lycée de jeunes filles.
Pendant la Première Guerre mondiale, la région de forêts et de marais est le terrain de batailles entre les armées russe et allemande. Une grande partie des habitants juifs quitte la ville et émigre en Europe occidentale ou aux États-Unis. Lorsque la Pologne recouvre son indépendance, la région est encore le terrain de combats entre Biélorusses (divisés entre pro-bolchéviques, et pro-polonais, avec des nationalistes d'un camp à l'autre), Polonais (commandés par Józef Dowbor-Muśnicki) et les armées de la Russie bolchévique. En 1919, elle est du côté polonais du front. La ville et ses alentours comptent déjà habitants, dont 74,4 % de Biélorusses, 14,3 % de Juifs, 4,9 % de Polonais. En 1920, à l'issue de la guerre, elle est intégrée à la république socialiste soviétique de Biélorussie.
La ville, qui fait donc partie de l'Union soviétique, est occupée par les armées du Troisième Reich allemand le . La féroce bataille de Smolensk enflamme la région en juillet. La ville de Bobrouïsk est en 1943 sous les ordres du général Adolf Hamann qui avait commandé auparavant la région d'Orel. Le restant de la population juive est enfermé dans le ghetto de Babrouïsk, dans le sud-ouest de la ville, avant d'être déporté dans les camps de la mort. Les Juifs qui échappent à la déportation rejoignent en majorité la résistance pro-soviétique.
La ville en ruines est libérée par l'Armée rouge le au cours de l'offensive de Bobrouïsk, dans le cadre de l'opération Bagration (-). Il ne reste plus que habitants. La ville est reconstruite par des prisonniers de guerre et des milliers d'ouvriers soviétiques. Elle est chef-lieu de l'oblast de Bobrouïsk, selon un décret du Présidium du Soviet suprême de l'URSS de , jusqu'en 1954. En 1959, elle a déjà habitants, habitants en 1965, et en 1989. La quasi-totalité de la population est russophone.
Le , la ministre israélienne des Affaires étrangères a protesté contre les déclarations antisémites et anti-israéliennes du président de la république de Biélorussie : le , Alexandre Loukachenko, parlant de la misère dans la zone rurale de Babrouïsk, avait déclaré à la radio : « Bien évidemment, c'est une ville juive. Les Juifs ne font pas attention à l'endroit où ils vivent. Regardez Israël. J'ai été là-bas. » Il a ajouté que la ville avait appelé les Juifs pour leur argent. À la suite de ces déclarations, Yakov Basin, le premier vice-président de l'Union biélorusse des organisations et communautés juives a déclaré : Sources : CRIF .
Population
Babrouïsk est la septième ville de Biélorussie par le nombre d'habitants.
Recensements (*) ou estimations de la population — :
Composition ethnique de la population en 2009 : Biélorusses : 83,06 % Russes : 13,22 % Ukrainiens : 1,89 % Juifs : 0,27 % Polonais : 0,27 % Autres : 1,29 %
La majorité des habitants de Babrouïsk dépendent de l'Éxarcat orthodoxe de Biélorussie, mais il existe en marge plusieurs communautés protestantes et une paroisse catholique (dont l'église principale est l'église de l'Immaculée-Conception), ainsi que deux synagogues en fonction et des lieux de prières de Vieux-Croyants.
Les minorités ethniques de la ville se réunissent aussi au sein de plusieurs associations: l'association culturelle juive (dont la renaissance de la communauté date de 1988), l'association arménienne Urartu, la filiale de Babrouïsk de l'Union des Polonais de Biélorussie, l'association ukrainienne Slavoutitch et la filiale biélorusse de l'association ukrainienne Vatra.
Économie L'activité économique de la ville repose principalement sur la métallurgie, la chimie et les industries du bois. Elle compte une cinquantaine d'entreprises manufacturières qui représentaient une production de 15,2 millions de dollars en 2012, dont 55 % l'entreprise pétrochimique et chimique Belchina, dont la principale activité est la fabrication de pneumatiques. La métallurgie et les machines-outils comptent pour un peu plus de 20 % et le secteur agroalimentaire 13,7 %. Babrouïsk et Moguilev assurent 70 pour cent de la production industrielle de la voblast.
Culture
Il existe en ville plusieurs centaines de rendez-vous culturels par an dont plusieurs festivals de musique, de danse et de théâtre.
Le théâtre régional (théâtre Dounine-Martsinkevitch), situé en centre-ville, a été inauguré en 1970.
Le musée régional présente l'histoire de la région, de la préhistoire, jusqu'aux conflits du , ainsi que son ethnographie, sa flore et sa faune.
Il existe six bibliothèques principales en ville : la bibliothèque centrale Maxime Gorki, la bibliothèque Alexandre Pouchkine, la bibliothèque Nicolas Gogol, la bibliothèque Ali Chogentsouk, la bibliothèque Arkadi Gaïdar et la bibliothèque du raïon.
La ville dispose de deux cinémas à deux salles : (500 places en 3D, Dolby Surround et 70 places) et « Mir » (276 et 220 places).
Enseignement et éducation vignette|Centre de créativité pour enfants de Bobrouïsk. la ville de Bobrouïsk comprend vingt-sept établissements d'enseignement moyen, deux écoles d'enseignement de base, deux écoles du soir d'enseignement général, trois lycées (dont le lycée slave qui est le plus ancien établissement secondaire de la ville : il a pris la suite du lycée de jeunes filles Alexis - inauguré en 1906 et dont les frais étaient de 60 roubles - devenu école mixte N°5 de 1918 à 1993), trois écoles d'enseignement musical, une école d'art, douze écoles et clubs sportifs pour la jeunesse, une école-collège d'État d'enseignement artistique, une maison de la culture pour la jeunesse, un club des jeunes naturalistes, un centre de réhabilitation de la jeunesse, une maison d'aide sociale à l'enfance, et plusieurs centres éducatifs spécialisés.
L'enseignement professionnel et spécialisé est particulièrement développé à Bobrouïsk, puisqu'il existe 9 établissements d'enseignement supérieur technique et spécialisé: automobile et transports, agro-économique, d'économie et de commerce, mécanique et machines-outils, mécanico-technologique et technique de la forêt, et enfin un collège supérieur d'enseignement professionnel d'art.
La ville possède également une filiale de l'université d'État d'économie de Biélorussie. C'est l'unique établissement d'enseignement supérieur général.
Sport thumb|Palais de glace «Bobrouïsk-Аrena». L'infrastructure sportive de la ville comprend l'une des patinoires omnisports les plus importantes du pays avec le palais de glace «Bobrouïsk-Аrena», un grand centre d'équitation, le club «Lomov», le complexe de sports aquatiques «Lesnoï», trois stades, deux piscines municipales, vingt-et-une piscines de petit format, une centaine de salles de sport, et environ trois cents aires de sport de ville. La ville dispose de plusieurs clubs de football et de hockey, et organise des matches avec d'autres villes ou d'autres pays.
La patinoire « Bobrouïsk-Arena » a été inaugurée le . Elle peut accueillir plus de sept mille personnes. Le club de hockey sur glace « Dynamo-Chinnik » s'y entraîne.
La ville dispose également de clubs de mini-football, de sambo et de lutte gréco-romaine, ainsi que de judo qui participent aux spartakiades. Elle constitue une étape de coupes nationales cyclistes et de dragsters, ainsi que de décathlon. La coupe BakharovDu nom du général Boris Bakharov (1902-1944), héros de la Grande Guerre patriotique est organisée tous les ans pour l'athlétisme (1 500 participants en 2008) et la lutte.
Club de football «Belchina»