Les Aventures du prince Ahmed () est un film d'animation allemand réalisé par Lotte Reiniger, sorti en 1926. Réalisé en papier découpé, ce film de 65 minutes est le plus ancien long-métrage d'animation conservé.
Synopsis
Un mage africain crée un cheval volant, et le propose à un calife, qui lui achète contre ce qu'il voudra parmi ses trésors. Le mage choisit la fille du calife, la princesse Dinarsade, mais Ahmed, le frère de la princesse, refuse que le mage emmène sa sœur de force. Le mage montre ensuite à Ahmed, comment faire monter le cheval. Le prince l'essaie et s'envole aussitôt, mais le mage ne lui a pas montré comment faire descendre le cheval.
Le prince Ahmed est emporté dans le pays lointain des Esprits de Wak-Wak, où il rencontre la belle Pari-Banou, dont il tombe amoureux et qu'il emmène. Ils poursuivent leur périple vers la Chine, mais là le mage les retrouve et enlève Pari-Banou pour la vendre à l'empereur de Chine. Ahmed fait la connaissance d'une sorcière, ennemie du mage.
Fiche technique
Titre original : Titre français : Les Aventures du prince Ahmed Réalisation : Lotte Reiniger et Carl Koch (non crédité) Scénario : Lotte Reiniger Musique : Wolfgang Zeller Animation : Lotte Reiniger, Walter Ruttmann, Berthold Bartosch et Carl Koch (non crédité) Production : Lotte Reiniger Pays de production : Allemagne Langue originale des intertitres : allemand Format : noir et blanc (teinté en couleur) - muet Durée : 65 minutes (24 images par seconde) Dates de sortie : France : (Paris) Allemagne : (Berlin) États-Unis : (New York)
Techniques employées thumb|Image du film. Lotte Reiniger signe avec Les Aventures du prince Ahmed l'un des tout premiers longs métrages d’animation de l’histoire du cinéma. Ce film, entièrement conçu de silhouettes de papier découpées, est un véritable chef-d’œuvre d’enchantement. Les Aventures du prince Ahmed sont inspirées des contes des Mille et une nuits, en particulier Le Cheval volant, Aladin et la lampe merveilleuse et Histoire du prince Ahmed, et de la fée Pari-Banou. Elles transportent dans un univers magique peuplé de princesses en fuites, d’amours contrariées, de luttes entre les forces du bien et du mal. Une des scènes les plus remarquables est d’ailleurs la bataille entre la bonne sorcière et le terrible magicien.
Pour cette œuvre d’une grande précision technique, Lotte Reiniger a dessiné quelque ; seules ont été retenues pour la version finale du film, dont la projection, à une vitesse de par seconde, dure un peu plus de . Trois années furent nécessaires, de 1923 à 1926, pour réaliser un pareil exploit de finesse et de souplesse dans le mouvement Document sur la réalisatrice, le film et la restauration. À Reiniger s’ajoutaient Carl Koch à la prise de vue, Berthold Bartosch aux effets spéciaux et Walter Ruttmann pour les arrière-fonds qui étaient manipulés séparément des personnages.
Le film est en noir et blanc, mais il a été teint en trempant le positif dans un bain de couleur. Cette technique de coloration, comme tous les moyens cinématographiques de cette époque, était assez élémentaire.
Projections et restauration
Une première représentation, le à la Volksbühne de Berlin, devant invités, remporte un grand succès et un bon accueil de la presse, permettant au film de trouver un Français pour avancer des fonds. Début , à Paris, une première a lieu à la Comédie des Champs-Elysées de Louis Jouvet. Jean Renoir participe à son organisation, car une longue amitié le lie à Koch et Reiniger.
Ce succès en France permet de trouver en Allemagne un autre bailleur de fonds, et le la première projection officielle du film a lieu à Berlin, au cinéma Indication dans le générique de la version restaurée en 1999, ainsi que dans cette page en allemand sur Lotte Reiniger.
Les négatifs et positifs ont été détruits pendant les bombardements de Berlin. Une copie a été retrouvée par le British Film Institute en 1954Véronique Le Bris, 100 Grands films de realisatrices, ed. Gründ, Arte éditions, 2020, .
Une restauration menée en 1999 permet de ressortir le film, en recolorant les fonds d'écran, et en le sonorisant avec la musique originelle composée par Wolfgang Zeller, et avec une narratrice en voix off, en français l'actrice Hanna Schygulla. Le film ressort en France le . En 2008, la version restaurée est commercialisée en DVD par les éditions Carlotta, accompagnée de 5 courts métrages.
Postérité
Un personnage nommé Prince Achmed fait également une courte apparition dans Aladdin de Walt Disney, probablement en allusion au film.
Voir aussi
Bibliographie Jean-Pierre Pagliano, Les Aventures du prince Ahmed: Mille et une dentelles, revue Positif, , . Hervé Joubert-Laurencin, Les Aventures du prince Ahmed, collection Cahier de note sur..., ed. Les Enfants de Cinéma, 2012. Xavier Kawa-Topor, "Les Aventures du prince Ahmed", in Le Cinéma d'animation en 100 films (dir. Xavier Kawa-Topor et Philippe Moins) ed. Capricci, 2016. Journal of Film Preservation , 2000
Liens externes The Adventures of Prince Achmed, notes sur le film et commentaires de Lotte Reiniger Document sur la réalisatrice, le film et la restauration Chronique du film sur DVDClassik.com
Notes et références
Catégorie:Film allemand sorti en 1926 Catégorie:Film d'animation allemand Catégorie:Film d'animation en papier découpé Catégorie:Adaptation des Mille et Une Nuits au cinéma Catégorie:Film muet allemand Catégorie:Film allemand en noir et blanc