Le Koguryo.. ou Koguryŏ. (, API : , ), ou Goguryeo en romanisation réviséePour le vieux-turc : 13x13px13x13px13x13px13x13px13x13px Böküli, 13x13px13x13px13x13px13x13px13x13px Čölüg el. Source : Koguryo et les ancêtres des Turcs, Lignes 5 et 8 de la stèle du complexe mémorial de Bilge Kaghan des Turcs orientaux, Lignes 4 et 8 de la stèle du complexe mémorial de Kul Tigin ou Köl Tegin (716-731), second fils de Elterich Kaghan des Turcs orientaux., est un royaume coréen ayant existé pendant près de sept siècles, de 37 av. J.-C à 668. Il était situé au nord de la péninsule coréenne, sur un territoire comprenant l'actuelle Corée du Nord, une partie de la Mandchourie ainsi qu'une partie de l'actuel Extrême-Orient russe.

L'existence du Koguryo est attestée durant deux périodes : celle correspondant aux confédérations Samhan qui se constituent au Sud de la péninsule, ainsi que celle dite des Trois Royaumes de Corée — le Koguryo étant l'un de ces trois royaumes, les deux autres royaumes étant Baekje et Silla. Durant cette dernière période, qui s'étend du de notre ère, le Koguryo fut le plus étendu des trois royaumes ; il perdura ainsi durant près de sept siècles jusqu'à sa destruction en 668.

Le nom moderne de Corée dérive du nom de ce royaume, mais son fond ethnique est débattu. Si le Koguryo a toujours été considéré comme coréen par les Coréens, ce n'est pas l'avis des Chinois qui lui prêtent une origine chinoise, cela suscitant des débats houleux. Une étude proprement historique et archéologique à ce sujet a été publiée en 2016.

Koguryo : le terme, localisation, aperçu historique Le terme « Koguryŏ » : Après le le terme « Koguryŏ » et sa forme condensée « Koryŏ » ou Goryeo (고려; 高麗; [ko.ɾjʌ]) ont été employés indifféremment.. Il faut, donc, faire particulièrement attention à ne pas le confondre avec le royaume de Goryeo (918-1392), une confusion qui est malheureusement très courante chez les non-spécialistes. vignette|Koguryeo à l'époque Samhan, au début de notre ère, avec les frontières actuelles de la Mandchourie (Chine), Russe, Corée du Nord et du Sud. Cet État est situé au nord de la péninsule coréenne, sur une partie de la Mandchourie, chinoise, et sur l'Extrême-Orient russe« Des vestiges de l'ancien royaume coréen du Koguryo découverts en Russie », site de l'Association d'amitié franco-coréenne.. Ce royaume apparaît, au avant notre ère (AEC), sur le cours moyen du fleuve Yalu et de l'un de ses affluents, la rivière Hun (affluent du fleuve Yalou). Aux s avant notre ère cette région est occupée par plusieurs populations. Les chefferies Okcho et des Ye orientaux (Dongye) se partagent le Nord-est. À côté des commanderies chinoises, les tribus Yemaek occupent le Nord-ouest et le Nord. À l'extrême Nord, dans le bassin du Soungari en Mandchourie, le Puyŏ (royaume de Buyeo) était connu des Chinois, dès le AEC, comme une menace. C'est, selon la tradition, une bande d'exilés de ce royaume qui fonde, en -37, le royaume de Koguryŏ dans les bassins du Yalu et du Tongjia, sur le territoire Yemaek.

Au départ fédération frontalière de la Chine, il conquiert peu à peu de vastes territoires en Mandchourie et chasse définitivement les Chinois de Nangnang, la commanderie de Lelang, en 313. L'influence culturelle des Chinois reste toutefois importante, puisque le bouddhisme fut adopté, en 372, comme religion officielle du royaume. À la fin du , ce dernier a donc un territoire immense couvrant la Mandchourie et le nord de la Corée actuelle. À cette époque, l'ancien royaume de Puyŏ, devenu depuis son protégé, tombe sous les attaques Xianbei mais il est finalement absorbé par Koguryŏ au . Ce royaume, tout entier consacré à la guerre du fait de sa position, intègre aussi, au début du , les territoires Ye orientaux (Dongye) et Okcho (Dongokjeo), deux chefferies qui ne s'étaient jamais réellement développées au nord-est de la péninsule.

À la même époque, Paekche détruit Mahan en 369 et occupe les anciens territoires de Pyeonhan. Silla occupe la partie sud-est de la péninsule. Mais en même temps, au Sud, entre Paekche et Silla, la confédération de Gaya leur dispute la suprématie. Ces trois royaumes, Koguryo, Paekche et Silla vont se combattre jusqu'à l'unification de la majeure partie de la péninsule par Silla, dans le dernier tiers du (vers 668-676).

Koguryŏ a été celui, des trois royaumes, qui a crû le plus vite et de la manière la plus spectaculaire. Devenu rapidement le plus grand des trois, il a eu plusieurs capitales, tout d'abord deux capitales situées actuellement en Chine dont, selon la tradition écrite, Kungnæsŏng sur le fleuve Yalou (ou Amnok), puis Hwando, puis Gungnae (en chinois : Wandu, puis Kungnae) et ensuite, Nangnang (près de l'actuelle Pyongyang). Mais la localisation réelle de la première capitale n'est pas résolue car un conflit oppose sources textuelles et archéologie.

État des recherches et conflits entre sources textuelles et archéologie Jusqu'à la publication, en 2016, du tout premier ouvrage universitaire consacré à Koguryo, il n'y avait eu que des recherches partielles et des débats, parfois violentsAriane Perrin, historienne de l’art (UMR 8173 « Chine, Corée, Japon ») fait une présentation claire des enjeux qui sont abordés dans l'ouvrage de , sur Arts de la Corée., comme en 2003, lors d'une controverse entre universitaires et politiciens chinois et coréens sur la question de l’origine chinoise ou coréenne de cet ÉtatLa « controverse Koguryo » débute en 2003 lorsque des universitaires et des politiciens chinois et coréens débattent violemment sur cette question. Mark Byington a initié en 2005 à Harvard la toute première conférence internationale sur Koguryo, vingt universitaires provenant de six pays furent invités. C’est sur cette base que l’étude des études de Koguryo a pu commencer, et l'ouvrage de 2016 The History and Archaeology of the Koguryŏ Kingdom est le premier qui lui ait jamais été consacré. : ..

D'autre part, il existe de très grandes différences, incompréhensibles (en 2008Kang Hyun-Sook dans : .) entre les informations fournies par les textes et les données recueillies sur le terrain archéologique. Ainsi des fouilles ont eu lieu dans la forteresse du mont Wunu, largement reconnu comme le site de Hulsunggol-songSelon le T'ung-tien - ou Tongdian - (composé de 766 à 801) cette forteresse est mentionnée comme le lieu de fondation de Koguryo par Chumon, venu s'y réfugier en provenance de Puyŏ, plus au Nord :., la première "capitale" de Koguryo. Or, loin d'y découvrir les traces d'une occupation datant des premiers temps du royaume, on n'y a seulement découvert (en dehors de présences lors de la Préhistoire) qu'une première occupation aux s.

De la même façon, la diversité des arguments concernant le déplacement de la capitale à Gungnae (Kungnae), résulte de l'impossibilité de trouver des témoins archéologiques pour donner raison à des documents historiques.

Histoire évènementielle

L'histoire évènementielle du royaume repose, essentiellement, sur le texte du Samguk Sagi, rédigé en 1145.

Selon le Samguk Sagi, le roi Jumong (dont le nom signifie expert à l'arc, et appelé de manière posthume Dongmyeongseong) fonda, selon la tradition, le royaume en 37 avant l'ère commune (AEC), sur les confins entre la Chine et la Corée. Le peuple de Koguryo est alors une alliance entre des éléments des tribus Puyŏ et Yemaek, occupants précédents de la péninsule dans ces régions.

Le royaume du Koguryo commence à se constituer avant le AEC sous la forme d'une cité fortifiée dans le nord de la péninsule. Après leur expulsion en 75 AEC de la commanderie chinoise qui les dirige (Commanderie de Xuantu), une confédération de chefferies commence à se constituer autour de cinq tribus. Jumong qui dirige l'une d'elles en prend la direction politique en 35 AEC, marquant le début effectif du royaume de Koguryo. De tribu nomade du sud de la Mandchourie, la nouvelle entité migre vers le sud, déplaçant au passage sa capitale de la ville de vers Gungnae, sur les berges de la Yalou en 3 EC. Le nouvel État se structure, et connait une phase d'expansion importante lors du règne du roi Taejo le Grand à la fin du . ; cette expansion se fait au détriment de terres détenues par d'autres tribus coréennes, mais aussi de la Chine, des raids étant menés au-delà de la rivière Liao.

Son expansion se fait, donc, sur la décrépitude de l'empire Han et l'éclatement de la Chine en de multiples royaumesVoir : Trois royaumes de Chine.. La fin du voit le règne de Gogukcheon de Koguryo consolider la structure du royaume. Son administration est réformée pour affirmer son autorité sur l'aristocratie.

En 235, le Koguryo prend contact presque par hasard avec le royaume de Wu, qui propose au roi Dongcheon que les deux royaumes s'allient contre le royaume de Wei et le clan Gongsun. Le clan Gongsun, client du Royaume de Wei, contrôlait la région du Liaodong, qui s'étend entre le Wei et le Koguryo. D'abord tenté, Dongcheon finit par refuser l'alliance et préfère s'entendre avec le Wei contre le clan Gongsun. En 236 il fait tuer les membres d'une ambassade du Wu et envoie leurs têtes aux Wei pour renforcer sa nouvelle allianceGardiner (1972), .. En 238, à la suite d'une ultime trahison des Gongsun, le royaume de Wei envahit le Liaodong. Les Wei conquièrent les commanderies de Lolang et TaibangMasumi Shibata, Le Kojiki : chronique des choses anciennes, Maisonneuve & Larose 1997 . avec l'aide du KoguryoGardiner (1972), , 169. Les noms des chefs de cette force armée du Koguryo n'ayant pas été enregistrés par les chroniqueurs de l'époque, ils nous sont inconnus..

Cette alliance, Koguryo et Wei, est brisée en 242, quand le roi Dongcheon du Koguryo attaque Xi'anping, un district du Liaodong situé à l'embouchure de la rivière Yalu, pour des raisons assez floues. Le Wei riposte en lançant deux expéditions contre le Koguryo., en 244 et 245. Ces expéditions sont dirigées par Guanqiu Jian, l'inspecteur de la province de You(幽州刺史), et son subordonné Wang Qi (王頎), le Grand Administrateur de Xuantu. Ils obligent Dongcheon de Koguryo à fuir et à trouver refuge dans la chefferie d'Okcho. Mais, même si le roi du Koguryo réussit à échapper à la capture à chaque fois, son royaume est dévasté, Hwando, sa capitale, est en ruine et les tribus d'Okcho et des Ye orientaux (Dongye) versent tribut au Wei et non plus au Koguryo, ce qui provoque une grave crise économique au sein du royaume.

Cependant la dynastie régnant sur le royaume de Wei est renversée en 265 par le clan Sima, qui fonde la dynastie Jin. Ce changement dynastique permit au Koguryo de reprendre ses raids au-delà de la rivière Liao. En 313, la commanderie de Lelang est prise par Micheon de Koguryo, ouvrant ainsi la voie à une implantation dans la vallée de la rivière Taedong. Les Chinois sont définitivement chassés de Corée. Le pays est cependant ravagé en 342 par Murong Huang, un chef de guerre Xianbei qui s'est autoproclamé "prince de Yan" et prétend vaguement être un vassal de la dynastie Jin. Par la suite , le fils du précédent, s'autoproclame empereur le 4 janvier 353 et fonde le Yan antérieur, qui devient rapidement un voisin hostile du Koguryo. En 346, les tribus Puyŏ sont définitivement absorbées par le royaume de Koguryo.