Le réseau Pat O'Leary fut un réseau de résistance, pendant la Seconde Guerre mondiale, connu pour être l'un des plus grands réseaux d'évasion qui a été actif en France. Il devint le réseau Françoise, après l'arrestation en de son chef Pat O'Leary, pseudonyme du médecin militaire belge Albert Guérisse.

Le réseau Pat O'Leary était principalement chargé de rapatrier les militaires britanniques restés en France et les aviateurs alliés abattus, cachés et hébergés par des patriotes. Il a fonctionné sous l'égide du MI9MI9 - Escape and Evasion britannique ( et Donald Darling), branche du MI6 chargée des évasions. La liaison avec Londres était assurée au début par courrier avec le consulat britannique à Barcelone, puis par radio. Le réseau a fait fuir vers Gibraltar, puis l'Angleterre plus de 650 prisonniers et aviateurs alliés, par des embarquements clandestins sur la côte méditerranéenne et par les Pyrénées vers Gibraltar via Figueras et Barcelone ou Andorre et Madrid.

L'activité du réseau La ligne d'évasion a été mise place en janvier 41 par le capitaine Ian Garrow dans le but de rapatrier les militaires britanniques restés sur le territoire français après la capitulation. Tous les membres du réseau sont des résistants français. Garrow a installé à Lille une cellule de recherche et d'acheminement vers la zone non-occupée et établi à Marseille et Perpignan des centres d'hébergement. L'évasion est organisée selon une filière par les Pyrénées, vers Barcelone puis Gibraltar ou Lisbonne.

O'Leary rejoint Garrow début , après qu'il s'est évadé de St Hippolyte du Fort. Officier de la Royal Navy, il servait sur le HMS Fidelity, bateau-piège, et avait été capturé par la police de Vichy lors d'une mission de débarquement d'agents près de Port-Vendres. L'amirauté britannique, interrogée par radio, donne son accord pour que O'Leary reste en France pour seconder Garrow, plutôt que de rentrer en Angleterre, du fait qu'il parle couramment le français et qu'il a bénéficié d'un entrainement aux missions d'infiltration en territoire ennemi. Garrow, recherché par la police, confie la direction de l'organisation à O'Leary. De nouvelles filières s'organisent pour évacuer des « colis » vers l'Espagne ou la Méditerranée. Un aviateur abattu dans le Nord peut ainsi être évacué par l'Espagne en douze jours. À partir d', O'Leary organise des évasions régulières de prisonniers anglais de la prison de St Hippolyte du Fort. De juillet à , il se charge de convoyer et de rapatrier lui-même environ 75 hommes par les Pyrénées. En octobre, Garrow est capturé par la milice de Vichy et emprisonné. Londres confirme O'Leary dans sa fonction de chef du réseau.

À partir de ce moment, l'organisation va se développer et se structurer en une douzaine de régions autonomes. Les aviateurs abattus sont de plus en plus nombreux, et comme beaucoup de militaires britanniques sont en prison ou en camp d'internement, des plans d'évasion groupée sont étudiés. Le réseau va étendre son activité jusqu'au sud de la Belgique et au grand duché de Luxembourg. Son chef doit déléguer le recrutement de nouveaux agents à des responsables locaux, ce qui va faciliter la pénétration de deux agents corruptibles qui trahiront le réseau.

Fin , sur ordre de Londres, O'Leary passe les Pyrénées et rejoint Gibraltar pour recevoir des ordres du MI9 (Military Intelligence). Début avril, il est de retour en France, déposé clandestinement avec un opérateur-radio (Drouet) par un bateau-mystère (HMS Tarana) sur la côte, il reprend son activité de chef du réseau. En mai, procès de Garrow qui est condamné à dix ans de prison. Jusqu'à l'occupation en de la zone libre par les Allemands, cinq embarquements d'aviateurs sont organisés sur la côte méditerranéenne : en juin de Port Miou (calanque de Cassis), en juillet et en août de St Pierre Plage et en septembre et octobre de Canet-Plage. L'autre filière est organisée avec les passeurs d'hommes de Francisco Ponzan Vidal, vers Barcelone, Madrid ou Lisbonne puis enfin Gibraltar.

En décembre, les Britanniques demandent le retour à Londres de Garrow qui est emprisonné au camp de Mauzac (Dordogne). Grâce à un uniforme de contrefaçon de gardien que O'Leary et Nancy Wake lui font parvenir, Garrow s’échappe le et sera rapatrié vers l'Angleterre. O'Leary poursuit l'extension du réseau, récupérant des aviateurs jusqu'au nord de la France et en Belgique, mais la Gestapo resserre son emprise autour du réseau.

En la filière est infiltrée et trahie par le Français Roger Le Neveu dit «Le légionnaire» : Tom Groome est arrêté en pleine transmission radio an même temps que les Cheramy. Le , Louis Nouveau est arrêté près de Tours alors qu'il convoie cinq aviateurs américains. Le , O'Leary est arrêté avec Paul Ulmann au Super Bar café de Toulouse. Soumis à la torture, aucun ne parle. La Gestapo ne connait O'Leary que sous son identité de canadien français, officier de la Royal Navy, et jusqu'à la fin de la guerre, personne de son entourage ne connaîtra sa véritable identité de médecin militaire belge. Il sera déporté, mais rentrera vivant de Dachau.

De janvier 41 à mars 43, la filière aura rapatrié vers l’Angleterre près de 600 aviateurs abattus, britanniques, américains et polonais et quelque 50 agents des services secrets anglais, ainsi que des rescapés de Saint-Nazaire et de Dieppe. La filière d'évasion sera reprise par Marie-Louise Dissard sous le nom de réseau Françoise qui parviendra encore à accompagner une centaine d'hommes vers l'Angleterre.

Opérations d'évasion Évasions régulières de soldats britanniques de la prison de St Hippolyte du Fort, d' jusqu'en , jusqu'à un total de plus de 50 hommes. Ces opérations réussiront grâce à: Bruce Dowding ("André Mazon") Jean de la Olla, qui était en comptable de cette prison et qui rejoindra le réseau peu après Maurice Dufour, officier français gardien à St Hippolyte du Fort lieutenant Richard Parkinson, officier britannique dans le fort Marcel Debeaume, prisonnier de guerre évadé d'Allemagne début de 1941, que O'Leary avait connu lorsqu'ils étaient enfermés à la Prison Maritime de Toulon Mme Morel, qui résidait à la Bastide (près de St Hippolyte du Fort) et qui a hébergé et nourri de nombreux évadés du fort Mr Nutter, un ingénieur américain, qui habitait boulevard Victor Hugo à Nîmes et qui accueilli chez lui plus de 30 prisonniers évadés de St Hippolyte. Il parviendra ensuite à regagner les États-Unis via Lisbonne avec un passeport américain régulier, grâce au fait que l'Amérique n'était pas encore en guerre.

Évasion massive du camp de la Turbie en , organisée avec le major Antony Friend, officier britannique.

Évasion du camp de Chambarran (près de Grenoble) le .

Évasion de Ian Garrow du camp de Mauzac en .

Évasion de la prison de Castres (à 65km de Toulouse) en .

Opérations d'embarquement En , de Port Miou (calanque de Cassis).

En juillet et en août, de St Pierre Plage

En septembre et octobre, de Canet-Plage.

Les chefs du réseau Successivement : Ian Garrow, arrêté en , défendu brillamment devant un tribunal de Lyon par Gaston Defferre, grâce à qui la condamnation à mort demandée par le procureur sera commuée en dix ans de détention François Duprez, animateur du réseau d'évasion en région lilloise dès Albert Guérisse, officier et médecin belge, alias Pat O'Leary, officier de la Royal Navy, à partir de jusqu'à son arrestation en . Marie-Louise Dissard, alias « Françoise ». Toulousaine engagée dans la lutte depuis 1940, elle intègre le réseau en 1942, et en prend la tête en , après l'arrestation de Pat O'Leary.

L'organisation et les membres du réseau Avec l'arrivée de Pat O'Leary, le réseau va se structurer en une douzaine de régions sur la France entière, le sud de la Belgique et le Grand Duché de Luxembourg. À la tête de chacune d'elles opère un chef autonome assisté d'un état-major plus ou moins étoffé selon la nécessité. Le chef de région s'occupe de la recherche des aviateurs abattus, de leur hébergement et leur alimentation, de leur procurer des vêtements civils, de l'établissement de fausses pièces d'identité, du convoyage vers la zone non-occupée, Lyon, Marseille ou Toulouse selon le cas.

Le quartier général du réseau est centré à Marseille,

A Marseille

le docteur George Rodocanachi. Dans son appartement, rue Roux de Brignolles, une chambre est dédiée à O'Leary, qu'il partage au début avec Garrow, qu'il occupera ensuite régulièrement jusqu'à son arrestation. Louis Nouveau dit "Saint-Jean", chef de la région Sud, adjoint direct de O'Leary, dont l'appartement 27A quai de Rive Neuve, a accueilli plus de 150 évadés, en attente de leur évasion vers l'Angleterre, dont il consignera les noms en marge d'un ouvrage d'une collection de livres de Voltaire, dissimulé dans sa vaste bibliothèque. Arrêté le , au franchissement de la ligne de démarcation près de Tours, alors qu'il convoyait des aviateurs, il sera déporté à Buchenwald, dont il reviendra. Son fils Jean-Pierre rejoindra les FFL à Londres, et participera aux combats avec la 2e division blindée. Gaston Nègre, chef de la région du Gard, tenancier d'un restaurant à Nîmes, 18 avenue Victor Hugo, possédant la fonction de 'répartiteur départemental des denrées alimentaires', ce qui lui permettait de tenir table ouverte autant aux aviateurs alliés qu'il hébergeait qu'aux Allemands qui n'y ont vu que du feu ! Il aura hébergé plus de 60 prisonniers alliés. Bruce Dowding, jeune Australien, parfaitement bilingue, premier collaborateur actif de Garrow Robert Leycuras, dit "Albert" et Guy Berthet, tous deux ex commissaires de police de la région parisienne, qui sortaient d'un emprisonnement d'un an pour activités "subversives" rejoignent le réseau en mars 42. Mario Prassinos, adjoint de O'Leary, qui travaillera avec Robert Leycuras. Mr et Mme Leoni Savinos, 6 rue Dieude à Marseille. Mme Haden-Guest, secrétaire de Leoni Savinos Tom Groome, radio-opérateur, qui sera arrêté en et qui retrouvera Pat O'Leary à Dachau Henri et Andine Dijon, à Nîmes, tenanciers du "Petit Poucet" à Marseille Mr et Madame Lebreton, qui tenaient l'Hotel du Tennis à Canet-Plage, qui ont abrité de nombreux évadés dans l'attente d'un embarquement

Dans la région de Toulouse

Guy Berthet, chef de la région Toulouse et Pyrénées. Arrêté en 1943, il mourra au camp de concentration de Mauthausen en . les frères Lauffer, juifs, qui ont les premiers recrutés des passeurs mis au service du réseau pour la traversée des Pyrénées. Francisco Ponzan Vidal, plus connu sous le nom de François Vidal. Militant de la CNT. À partir de , Vidal organise un réseau de passeurs d’hommes dans les Pyrénées pour faire sortir d’Espagne les militants en danger. Fait prisonnier en 1944 par la police française, Francisco Ponzan Vidal est livré aux Allemands et exécuté le par les nazis qui gardent la prison où il est enfermé à Toulouse. José Ciprés, dit « Sarramian », né à (Huesca), et mort se, militant libertaire aragonais, se réfugie en France à la fin de la guerre civile et est interné au camp du Vernet où il rencontre Francisco Ponzan Vidal. Intégré au réseau d’évasion monté par Francisco Ponzan en liaison avec la résistance, il est arrêté à la fin de 1942 à Toulouse mais rapidement libéré. Ponzan l’installe alors dans une maison de campagne située près de Varilhes (Ariège) et appelée la ferme d’Archelles-du-Haut, qui sert de base de repos à tous ceux qui doivent franchir les Pyrénées. Le la ferme est prise d’assaut par la Milice. José Ciprés n’est pas présent ce jour-là. Il se réfugie ensuite avec sa famille à Cante, près de Saverdun, puis à Toulouse. Après la guerre, José crée avec ses enfants une entreprise de bâtiment à Cugnaux (Haute Garonne). Il meurt dans un accident de voiture le à ToulouseA. Tellez, La red de evasion del grupo Ponzan : anarquistas en la guerra secreta contra el franquismo y el nazismo, Ed. Virus, 1996 // M. Iñiguez, Esbozo..., op. cit. //.