thumb|340px|Les différents climats du pays (Alaska et Hawaï exclues). Cet article concerne les différents types de climat aux États-Unis. Généralités et facteurs de répartition thumb|Climat tropical d'Hawaï. thumb|right|Mesquite Sand Dunes dans la vallée de la Mort (Californie). thumb|Brouillard à San Francisco (Californie). Compte tenu de sa superficie et de son étalement en latitude (49°N / 25°N), le territoire américain est une mosaïque de climats. Tous les climats de la planète sont présents sur le territoire américain à l'exception du climat équatorial.
La majeure partie du pays se trouve dans la zone tempérée, ou plutôt dite « tempérée » car la position des États-Unis, à un carrefour d'influence climatiques opposées en fait le territoire des phénomènes climatiques extrêmes (voir ci-dessous). Seuls l'État d'Hawaï, le sud de la Floride et l'Alaska sont situés en dehors de cette zone.
Le caractère du climat est marqué par la présence des montagnes Rocheuses disposées nord-sud à l'ouest du continent et par la présence d'immenses plaines à l'est de ces montagnes. L'influence maritime du Pacifique est immédiatement bloquée par les montagnes et est limitée à une étroite bande côtière. Au contraire, le territoire est très ouvert aux masses d'air de caractères radicalement opposés qui viennent du nord et du sud (Canada et golfe du Mexique). Les sont principalement affectés par quatre masses d'airJean-Yves Cleach, Jacqueline Le Morvan, Benjamin Steck, La puissance américaine, Ellipses, Paris, 1994, : l'air polaire continental, sec et froid vient du nord et envahit le territoire par le bassin du Mississippi. Il est à l'origine, avec la continentalité, du record de froid hors Alaska : on a pu mesurer dans le Montana le Laurent Vermeersch, article « géographie des États-Unis », page 760. L'air polaire maritime, un peu moins froid et plus humide glisse le long de la façade atlantique. L'air tropical maritime, chaud et humide, qui apporte d'importantes précipitations vient du golfe du Mexique. Enfin, l'air tropical sec originaire du Mexique fait des plateaux et des bassins du sud-ouest des zones arides. Avec la disposition du relief, la position en latitude est le deuxième facteur déterminant, elle détermine d'une manière générale le niveau des températures moyennes annuelles : les régions les plus chaudes sont celles du golfe du Mexique et des déserts du sud-ouest. La vallée de la Mort en Californie détient le record américain de la température la plus chaude en 1913.
Le troisième grand facteur de distribution des climats est l'altitude : les températures diminuent avec l'élévation alors que les précipitations ont tendance à augmenter sur les versants exposés aux vents humides. Les montagnes exposées aux vents d'ouest comptent parmi les régions les plus arrosées du pays. La chaîne des Cascades reçoit plus d'un mètre de précipitations par an. Au contraire, les bassins à l'abri des influences océaniques sont arides ou semi-arides. À l'échelon local, les versants exposés au nord sont plus froids que les autres.
Les Grandes Plaines, d'orientation méridienne, sont ouvertes aux influences polaires et tropicalesJean-Yves Cleach, Jacqueline Le Morvan, Benjamin Steck, La puissance américaine, Ellipses, Paris, 1994, et connaissent un climat continental marqué. Les courants marins jouent un rôle fondamental dans la répartition des climats : ainsi le gulf Stream tropicalise le littoral atlantique jusqu'au New Jersey ; à l'inverse, le courant froid du Labrador apporte des glaces flottantes jusqu'au large de New York. Sur le littoral Pacifique, l'influence maritime apporte des perturbations chargées de pluies en hiver. Le courant froid de Californie provoque un contraste thermique avec la chaleur du continent et est responsable des nappes de brouillard caractéristiques de San Francisco.
La combinaison de ces différents facteurs donne lieu à une grande diversité de climats, à toutes les échelles.
L'apparition d'El Niño, un courant côtier saisonnier au large du Pérou et de l'Équateur, a des conséquences sur les climats américains : il provoque des précipitations d'hiver dans le sud-ouest désertique, limite le risque d'incendies en Floride, favorise les tempêtes hivernales en Californie et dans le SudStéphane Foucart, « El Niño est de retour, selon l'agence américaine de surveillance du climat », dans Le Monde du 12/0/2009, .
Contraintes et risques climatiques Selon la National Oceanic and Atmospheric Administration, en moyenne, personnes meurent chaque année aux États-Unis de chaleur excessive, soit un chiffre plus important que le nombre de morts dues aux cyclones, aux orages ou aux inondations.. Selon Richard Keller, professeur d'histoire de la médecine à l'université du Wisconsin à Madison, la chaleur tue dix fois plus de personnes aux États-Unis que ne le font les tornades ou d'autres catastrophes naturelles.. Et, selon Schiermeier dans le journal Nature, le changement climatique anthropique a rendu le risque de vague de chaleur mortelle en Amérique du Nord 150 fois plus probable.
Les deux désastres naturels les plus meurtriers de l'histoire des États-Unis sont l'ouragan de Galveston qui fit de le et l'ouragan Okeechobee qui fit de à en . Un total de 62 cyclones tropicaux a fait plus de entre 1851 et 2010 sur le territoire administré par les États-Unis ..
Les principales catastrophes climatiques entre 1988 et 2008 :
thumb|L'ouragan Katrina fut l'un des plus destructeurs de l'histoire américaine. Type decatastrophe Régionstouchées Année Nombre de mortsaux États-Unis Coût économique(milliards de dollars)SécheresseCaniculeSud-Ouest2013 Ouragan KatrinaSud-Est20051833125TornadesMidwest2004513,4SécheressecaniculeCentre et Est19885000/1000040InondationsMidwest19934821BlizzardEst19932706
Distribution des climats
À l'est du thumb|Charles River, Cambridge, Massachusetts. Dans la moitié est des États-Unis, les climats ont une répartition relativement simple, commandée par la position en latitude. Seule la chaîne des Appalaches, d'orientation Nord-Est/Sud-Ouest et qui s'étend sur plusieurs centaines de kilomètres, vient contrarier cette répartition zonale.
L'ensemble de la zone s'étend plusieurs états, du golfe du Mexique (sauf le sud de la Floride) jusqu'à la frontière canadienne, et du littoral atlantique au . Ces régions se caractérisent par un climat tempéré humide de façade orientale. Elles sont soumises à la circulation méridienne des masses d'air : des vagues de froid en hiver (cold waves en anglais) peuvent descendre jusqu'en Floride, et des vagues chaudes et humides (hot waves) remontent jusqu'à l'extrême nord du pays en provoquant des canicules puis les fameux « étés indiens ».
Ce climat est humide : les précipitations sont supérieures à par an. Cependant, on observe de grands écarts dans ce vaste ensemble de plusieurs millions de km², entre la côte et l'intérieur, mais aussi entre le nord et le sud. Les différences s'expliquent par la latitude, le degré de continentalité et la nature des courants marins. Ces dernières se combinent et permettent d'opposer une côte plus arrosée à un intérieur plus sec d'une part ; des régions méridionales plus chaudes que les états du nord-est. Les plus hauts sommets des Appalaches introduisent une nuance supplémentaire.
Les effets de la position en latitude sur les climats de la côte atlantiqueD'après les données de World Climate : Ville Latitude Précipitations totalesannuelles (mm) Température moyenneannuelle (°C) Amplitude thermiqueannuelle Température moyennede janvier (°C) Température moyennede juillet (°C)Miami25°48'N142024,38,619,628,1Jacksonville30°19'N130319,916,311,327,6Norfolk36°54'N113315,121,83,925,7New York40°47'N120012,625,2-0,324,9Portland43°39'N11267,426,5-6,220,3
Le Nord-Est atlantique
La moitié Nord de la Nouvelle-Angleterre connait un climat tempéré froid et humide (climat de type Acadien, Dfb dans la classification de Köppen), tout comme la majeure partie du Québec. Les précipitations totales dépassent généralement , l'hiver est froid (températures moyennes de janvier inférieure à ) et l'été est tempéré (températures moyennes de juillet comprises entre et ). Les pluies sont réparties régulièrement sur l'année, car la région reçoit des influences maritimes associées à des perturbations.
L'amplitude thermique est élevée (environ ), mais reste plus faible qu'à l'ouest des Appalaches. L'hiver est froid, neigeux et venteux : les blizzards sont fréquents et forment des congères.
La station de Portland dans l'État du Maine est la plus représentative du climat acadien. Elle subit l'influence du courant marin froid du Labrador.
New York, située plus au sud, a des étés plus chauds et plus humides. Les hivers sont moins rudes : New York se trouve dans une zone de transition vers le milieu subtropical. Il s'agit d'un climat continental humide à été chaud (Cfa dans la classification de Köppen),
Le Centre-Nord : climats marqués par la continentalité
thumb|Lac Michigan, en hiver. L'intérieur des terres (cf. Chicago, Des Moines et Duluth ci-dessous) est marqué par le caractère continental du climat et la circulation méridienne des masses d'air : la température moyenne annuelle est inférieure à . Les hivers sont froids voire très froids. Les étés sont chauds et humides (hot waves venues du golfe du Mexique), avec des nuances en fonction de la position en latitude: Duluth, à l'ouest du Lac Supérieur : en juillet (Dfb dans la classification de Köppen avec une température moyenne de juillet inférieure à ) ou Des Moines : (Dfa dans la classification de Köppen avec une température moyenne de juillet supérieure à ). L'amplitude thermique annuelle est forte (plus de ) et augmente à mesure qu'on progresse à l'intérieur des terres. Les précipitations qui ne dépassent pas par an sont plus irrégulières que sur le littoral atlantique et le maximum arrive en été, sous forme d'orages. Le total des précipitations décroît vers l'ouest (Chicago : /an ; Duluth : /an). La température et le temps peuvent changer brutalement en hiver comme en été.
Le gel persiste longtemps, généralement de novembre à mars. Il est engendré par les descentes d'air froid (cold waves) depuis le Canada qui ne trouvent aucun obstacle montagneux. Si la neige peut tomber au début de l'automne et du printemps, elle est plus importante en hiver qui est rigoureux. Dans le centre des États-Unis, la fin du printemps marque le début de la saison des tornades. Les remontées d'air tropical dernières provoquent des inondations comme celle de 1927, aggravées par la crue des cours d'eau. Elles compromettent certaines années les récoltes de céréales dans le bassin du Mississippi.
Les régions subtropicales du Sud-Est thumb|Wakulla Springs, Floride. thumb|La Nouvelle-Orléans après le passage de l'ouragan Katrina (août 2005). Le sud-est des États-Unis (stations de Norfolk, Atlanta et Jacksonville ci-dessous), hormis les Appalaches et l'extrême sud de la Floride, est une région subtropicale humide (climat de type cantonais, Cfa dans la classification de Koppen, mais Cra dans celle de Trewartha qui y a ajouté l'obligation de posséder > de moyenne). Elle concerne les états du golfe du Mexique et le sud de la façade atlantique. La limite sud du climat subtropical est proche de la ville de Miami et de la côte sud du Texas. Là commence la zone de climat tropical qui se distingue par des hivers insignifiants et sans gelée (températures moyennes de janvier supérieure à ).