La Fédération nationale de l'enseignement, de la culture et de la formation professionnelle - FO (FNEC FP-FO) regroupe les syndicats Force ouvrière des personnels de l'Éducation nationale, de la Culture et de la Recherche.

Historique La Fédération nationale de l'enseignement, de la culture et de la formation professionnelle - FO (FNEC FP-FO) est issue de la Fédération des membres de l'enseignement laïque de France crée en et de la Fédération générale de l'enseignement CGT constituée le Laurent Frajerman, Françoise Bosman, Jean-François Chanet, Jacques Girault, La Fédération de l'Education Nationale (1928-1992), Presses Universitaires du Septentrion, 2010, p.27,

1948-1970 : la Fédération de l'Éducation Nationale Force Ouvrière (FEN-FO) Lors de son congrès du 4 au , la FGE-CGT devient la FEN-CGT alors que la confédération réunifiée en 1943 est en proie à une lutte de tendances entre les communistes devenus désormais majoritaires et les non communistes regroupés autour de Résistance ouvrière puis Force ouvrière. La scission est réalisée le . Les réformistes qui comptaient faire basculer la FEN de leur côté voient leurs espoirs déçus. Le , le congrès fédéralLaurent Frajerman, L’interaction entre la Fédération de l’Education Nationale et sa principale minorité, le courant ” unitaire ”, 1944-1959, thèse soutenue pour le doctorat à l'Université Paris I, le 16 décembre 2003, t.I, p.269 vote la motion Bonissel-Valière : refusant de se prononcer entre la CGT et CGT-FO, il choisit l'autonomie pour préserver son unité.

Prenant acte de cette situation, les partisans de FO fondent le la Fédération de l'Éducation Nationale Force Ouvrière (FEN-FO)Guy Brucy, Histoire de la FEN, Belin, 2003, p. 185. Lors de son congrès constitutif celle-ci met en place une direction de trois secrétaires généraux : Francis Perrin pour l’enseignement supérieur ; Gilbert Walusinski pour l’enseignement du second degré et Gaston Pollet pour l’enseignement techniqueNotice biographique sur Francis Perrin. Leur succèdent d'abord Pierre Giraud, puis en 1953 Pierre GaloniApprentissage et syndicalisme, , décembre 1953, .. Elle se dote d'une publication L'Université Force ouvrière qui paraît de à 1950Notice L'Université Force ouvrière dans le catalogue de la Bibliothèque Nationale de France.

Comptant en 1950 environ 5.000 adhérentsAlain Bergounioux, Force Ouvrière , Seuil, 1975, elle regroupe d'une part les isolés à travers les sections départementales Force Ouvrière, d'autre part les membres de syndicats n'autorisant pas la double affiliation à Force Ouvrière et à la Fédération de l'Éducation nationale autonome (le SNET-FO ou le Syndicat des manufactures des Gobelins), enfin les adhérents des syndicats qui le permettent (Syndicat du personnel de l'enseignement du second degré...). Gilbert Walusinski justifie cette double appartenance par l'impossibilité de se « séparer de cette partie des enseignants syndiqués à qui le temps doit fatalement montrer que leur position autonome n’est pas durablement viable »La Nouvelle Tribune mai-juin 1948, . Mais cette situation ne va pas sans occasionner de nombreuses difficultés notamment lorsque la FEN autonome accepte, fin 1948, de participer à un comité d’unité d’action avec l’UGFF (CGT) et la Fédération postale CGT. « Le bureau de la FEN FO [...] met en garde les membres de l’Enseignement contre le confusionnisme d’une action qui permettra au parti communiste d’exploiter les revendications corporatives à des fins politiques. Il déclare que si la FEN autonome continue cette unité d’action avec UGFF, elle rendra impossible le maintien des syndicats FO dans la FEN autonome »La Nouvelle Tribune décembre 1948, . Finalement le le bureau confédéral de la Confédération générale du travail - Force ouvrière demande à ses adhérents de mettre fin à la double appartenance. Dès lors, la FEN-FO n'est vraiment présente que dans les centres d'apprentissage.

Comme l'indique Pierre Galoni, l'influence de la fédération dépasse le seul nombre de ses adhérents. « La FEN Force Ouvrière a su établir de solides liaisons avec les bureaux du Ministère de l'Éducation nationale. Le personnel administratif de ce ministère est, moins que le personnel enseignant tenté par le retrait dans l'autonomie. [...] Ces atouts dont nous disposons, au sein même de l'Éducation Nationale, nous permettent de défendre, avec une efficacité comparable à celle des Syndicats affiliés à la FEN Autonome et avec un esprit syndical certainement plus authentique les intérêts particuliers de tous ceux qui nous accordent leur confiance »Force Ouvrière, , 14 janvier 1960, .

1957-1958 voit l'échec du projet lancé par Denis Forestier, secrétaire général du SNI, Roger Lapeyre, secrétaire général des travaux publics et transports CGT-FO, et Aimé Pastre, secrétaire général de la pénitentiaire CGT, visant à la réunification syndicale avec la FEN et la CGTIvan Sainsaulieu, La contestation pragmatique dans le syndicalisme autonome: la question du modèle SUD PTT, 1999, . Jusqu'en 1968, la FEN-FO est dirigée par Pierre Galoni (Paris, 1915 – Montcusel, Jura, 2004)Notice consacrée à Pierre Galoni sur le site du Maitron en ligne puis de 1968 à 1983 par Maurice Mascrier professeur de l'enseignement techniqueJeanne Siwek-Pouydesseau, « Les cols blancs, fonctionnaires et employés Force Ouvrière jusqu’en 1963 », Colloque sur Robert Bothereau et la naissance de la CGT-FO, 2001, Orléans, Paris, France.

1970-1989 : la Fédération Nationale de l'Éducation Force Ouvrière (FNEC-FO) Lors de son congrès de , la FEN-FO décide de changer de nom pour devenir la Fédération Nationale de l'Éducation Force Ouvrière (FNEC-FO). Il s'agit selon les délégués d'insister « sur la nécessité de ne pas dissocier l'enseignement de l'Éducation et de la Culture »FO hebdo, , 8 avril 1970, . En paraît le de Formations le nouvel organe de la fédération, dont le directeur de publication est le secrétaire général"Le Syndicaliste indépendant", , avril 2017, . En 1977, la FNEC-FO présente des candidats pour les élections aux commissions paritaires dans la presque totalité des collèges enseignantsAlain Bergounioux, Force ouvrière, Que sais-je, , .

D' à ., Jean-Pierre Cambot O.P.2, jusqu'alors secrétaire régional du SNLC-FO de Bordeaux est secrétaire général de la fédérationLe Syndicaliste des lycées et collèges, mai 1983, édition particulière aux personnels des catégories C et D.. En , il est élu membre de la commission exécutive confédérale de Force OuvrièreLe Monde du 27 novembre 1984. Après la réforme Le Pors en 1982 du conseil supérieur de la fonction publique qui prive Force ouvrière de sa première place, André Bergeron décide d'encourager le développement de la FNECJacques Giraud, Les enseignants dans la société française au XXe siècle: itinéraires, enjeux, 2004, . Il organise le avenue du Maine une Conférence nationale pour la défense du syndicalisme enseignantF.O Hebdo , 18 novembre 1983 . Il lance un appel solennel aux enseignants en F.O Hebdo , 4 juillet 1984 . Un texte de FO intitulé Pour une école qui instruise est largement diffuséF.O Hebdo , 14 novembre 1984 p. V-IX et lors de son xve congrès Force Ouvrière rédige une résolution sur l’enseignement publicF.O Hebdo , 28 novembre 1984 ]. Ces efforts s'avèrent fructueux. En 1983-1984, la fédération se renforce considérablement avec l'arrivée de plusieurs centaines de militants de la FEN Benjamin Stora, La dernière génération d'octobre. Ces enseignants reprochaient à leur ancienne fédération de ne pas défendre suffisamment la laïcité, d'accepter la remise en cause de la transmission des savoirs et, surtout, de ne pas s'opposer à l’interventionnisme croissant des parents d'élèves dans l'Éducation nationale. Aux élections professionnelles de , les syndicats enseignants de Force ouvrière obtiennent près de 12 % des suffrages au lieu des 2,5 % recueillis deux ans plus tôtBernard Geay, Le Syndicalisme enseignant, La Découverte, 2005, p. 95..

Depuis 1989 : la Fédération Nationale de l'Enseignement de la Culture et de la Formation Professionnelle Force Ouvrière (FNEC FP-FO) D' à . François Chaintron., un instituteur, devenu PEGC, né en 1949., est porté à la tête de la Fédération.Ancien secrétaire de la FEN des Hauts des Seine, premier secrétaire du SNUDI et de la FNEC FO dans ce département,  il est l’un des initiateurs de l’appel à rejoindre la CGT FO en . Membre du bureau de la FGF FO, il replace la défense des corps de l’enseignement et de la recherche dans le cadre du statut de la Fonction publique.  Il doit gérer les approches pas toujours convergentes des différentes composantes de son organisation. En 1989, le SNLC-FO manifeste par exemple au plan national contre la réforme Jospin sans le SNUDI-FO. Lors de son des 20, 21 et , la Fédération Nationale de l'Éducation et de la Culture Force Ouvrière (FNEC-FO), modifie son nom en Fédération Nationale de l'Enseignement de la Culture et de la Formation Professionnelle Force Ouvrière (FNEC FP-FO)Informations FNEC FP FO , 1989/1990, p11'. Ce choix traduit le rejet des réformes remettant en cause l'instruction et l'acquisition des savoirs au nom de la priorité accordée à la socialisation des élèves.. Il renforce également la place du syndicat de l’Association pour la Formation Professionnelle des Adultes dans la Fédération. François Bayrou étant ministre, la Fédération FO fut la première dans l'Enseignement public, à agir pour l'installation des CHS et pour la santé au travail. En 1995 lors de son congrès à Bourg-en-Bresse, la FNEC FP-FO appelle à la grève jusqu'au retrait du plan Juppé. Elle signe avec la FERC-CGT, pour la première fois un appel commun qui suscite une protestation du responsable de la FSU adressée à celui de la CGT. En 2000, au congrès extraordinaire de Paris, puis en 2005 au congrès de Blainville-sur-Mer, la Fédération amende ses statuts en prenant exemple sur ceux des principales fédérations de la confédération Force Ouvrière, se débarrassant des derniers restes d'autonomie syndicale.François Chaintron sera élu à la Commission exécutive confédérale

De à , Hubert Raguin succède à François Chaintron comme secrétaire général de la FNEC FP-FO Dépêche n°181501 de l'AEF Bordeaux, vendredi 12 avril 2013.