Edison Studios était une compagnie de production américaine lancée par la Edison Company, de l'inventeur Thomas Edison, qui a existé de 1894 à 1918. Ce studio produit plus de mille deux cents films sous le nom de Edison Manufacturing Company, entre 1894 et 1911, et sous le nom de Thomas A. Edison, Inc., de 1911 à 1918. En 1912, la Compagnie reste encore la première maison de production cinématographique américaine (en métrage total de films)).
Historique thumb|left|Plusieurs films peuvent être tournés l'un à côté de l'autre dans les studios du Bronx, sans se gêner mutuellement, car ce sont des films muets. Les éclairages électriques favorisent cette proximité en permettant de fermer les décors sur 3 côtés.
Le premier studio décidé par Edison, le Black Maria dans West Orange (New Jersey), est le premier studio de cinéma de l'histoire, construit entre 1892 et 1893. Jugé trop exigu pour évoluer vers des tournages plus complexes que les premiers films, il est remplacé par un vaste studio vitré, du modèle de celui de Georges Méliès, situé au 21st Street à Manhattan, à partir de 1901, puis dans le Bronx en 1907.
Thomas Edison ne dirige pas lui-même les studios, c'est William Gilmore, en tant que vice-président, qui supervise la production. Et c'est William K.L. Dickson, assistant d'Edison, qui met au point le Kinétographe (caméra argentique), et le Kinétoscope (appareil de appareil de visionnement argentique individuel) et réalise la majorité des premiers films du cinéma, de 1891 à 1895. À partir de 1894, les films Edison sont exploités dans les Kinetoscope Parlors, les ancêtres des salles de cinéma. À l’entrée, , des films d'environ 1 minute chacun. Devant le succès de ces établissements, et malgré les exhortations de Dickson, Edison refuse de faire étudier un appareil de projection sur écran (affirmant que . Dickson se sépare d'Edison et rejoint l'American Mutoscope and Biograph Company en 1895. William Heise, alors assistant de Dickson, le remplace.
Avant les premières vues photographiques animées des frères Lumière, le catalogue des films Edison est donc déjà très riche et s'ajoutent jusqu'en 1918 des films qui sont particulièrement remarqués par le public, tels The Kiss (Le Baiser), réalisé par William Heise en 1896, Le Vol du grand rapide (The Great Train Robbery), réalisé par Edwin Stanton Porter en 1903, ou le premier Frankenstein, réalisé par J. Searle Dawley en 1910. thumb|Tournage en 1911. La société développe également une politique de distribution de films étrangers. C'est ainsi qu'elle distribue des films français produits par Pathé frères, tels qu'Une tempête dans une chambre à coucher, réalisé par Ferdinand Zecca en 1901, qui sort aux États-Unis en 1902 sous le titre Going to Bed Under Difficulties. Ainsi que le fameux Voyage dans la Lune, réalisé par Georges Méliès en 1902.
En 1908, Edison crée la Motion Picture Patents Company pour avoir le contrôle de l'exploitation de ses inventions dans l'industrie du cinéma (notamment du format , contrefait dans le monde entier). Un accord entre Edison et tous les antagonistes des procès qu'il mène depuis quelques années, permet, moyennant des contreparties financières pour sa société, la reconnaissance du format Edison ( à quatre perforations de chaque côté des photogrammes) comme format standard du cinéma mondial.
Mais le trust dont rêve Edison pour s'imposer aux États-Unis contre les maisons de production concurrentes, est déclaré illégal en 1915 par une cour fédérale et doit être dissous aux frais de son fondateur. Edison est ainsi frappé financièrement et finalement les studios Edison cessent leurs activités en 1918 après avoir produit Le Sceptique (The Unbeliever), réalisé par Alan Crosland, un film qui milite pour l'engagement des États-Unis dans la Première Guerre mondiale.
Filmographie partielle
1893 : Blacksmith Scene de William Kennedy Laurie Dickson 1894 : L'Éternuement de Fred Ott () de William Kennedy Laurie Dickson 1894 : Sandow de William Kennedy Laurie Dickson 1894 : Carmencita de William Kennedy Laurie Dickson 1894 : Sun Dance de William Kennedy Laurie Dickson 1896 : A Morning Alarm de William Heise, James White 1899 : Strange Adventure of New York Drummer d'Edwin S. Porter 1900 : Capture of Boer Battery by British de James H. White 1900 : The Enchanted Drawing de James Stuart Blackton 1900 : An Artist's Dream d'Edwin S. Porter 1900 : Hooligan assists the Magician de James Stuart Blackton et Albert E. Smith 1901 : The Artist's Dilemma d'Edwin S. Porter 1901 : Circular Panorama of the Electric Tower and Pond un documentaire 1901 : The Donkey Party d'Edwin S. Porter 1901 : The Finish of Bridget McKeen d'Edwin S. Porter 1901 : A Joke on Grandma d'Edwin S. Porter 1901 : Laura Comstock's Bag-Punching Dog d'Edwin S. Porter 1901 : The Martyred Presidents d'Edwin S. Porter 1901 : President McKinley Inauguration Footage un documentaire d'actualité 1901 : Ruhlin in His Training Quarters 1901 : The Fox Hunt un documentaire animalier 1902 : Babies Rolling Eggs d'Edwin S. Porter 1902 : The Twentieth Century Tramp; or, Happy Hooligan and His Airship d'Edwin S. Porter 1903 : Le Vol du grand rapide () d'Edwin S. Porter et Wallace McCutcheon 1903 : Life of an American Fireman d'Edwin S. Porter 1904 : The Ex-Convict d'Edwin S. Porter 1904 : Nervy Nat Kisses the Bride d'Edwin S. Porter 1904 : Scarecrow Pump d'Edwin S. Porter 1905 : The Kleptomaniac d'Edwin S. Porter 1905 : The Seven Ages d'Edwin S. Porter 1905 : The Watermelon Patch d'Edwin S. Porter 1905 : The Train Wreckers d'Edwin S. Porter 1906 : Getting Evidence d'Edwin S. Porter 1907 : Daniel Boone d'Edwin S. Porter et Wallace McCutcheon 1910 : Frankenstein de J. Searle Dawley 1912 : The Crime of Carelessness
Liens externes
Edison Studios sur l'Internet Movie Database Vernon K. Flaherty and R. Brian Flaherty collection (R9144) à Bibliothèque et Archives Canada. La collection contient vingt documentaires et films de fiction par Thomas Edison.
Notes et références
Catégorie:Studio de cinéma aux États-Unis Catégorie:Société de production de cinéma ayant son siège aux États-Unis Catégorie:Thomas Edison