L'Oise (prononcé ) est une rivière du Bassin parisien dans le Nord de la France et en Belgique, principal affluent de la Seine, après la Marne.
Elle prend sa source en Belgique, à dans le massif forestier dit Bois de Bourlers, dans l'ancienne commune de Forges au sud-est de la ville hennuyère de Chimay. Cette rivière au cours de , presque entièrement navigable et bordée de canaux sur , baigne Hirson, Guise, Ribemont, La Fère où elle reçoit la Serre, la ville de Compiègne en amont de laquelle elle reçoit un gros contributeur, l'Aisne, l'agglomération de Creil près de laquelle elle reçoit sur sa rive droite, en amont la Brêche et en aval le Thérain, puis longe la forêt de Chantilly avant d'atteindre Pontoise.
L'Oise se jette dans la Seine à 20 mètres d'altitude, au Pointil en rive droite et en aval du centre de Conflans-Sainte-Honorine dans le département des Yvelines. L'Oise a donné son nom aux départements de l'Oise et de l'ancienne Seine-et-Oise créés en 1790 ainsi qu'au département du Val-d'Oise créé en 1968.
Hydronymie Oise est issu d'un type toponymique Isara répandu dans toute l'Europe. César et Lucain la citent sous le nom d'Isara. Le nom, évolué du vieux-celtique, signifie « l'impétueuse, la rapide ».. Il est apparenté à l'indo-européen *isərós « impétueux, vif, vigoureux », proche du sanskrit isiráh, de même sensXavier Delamarre, op. cit...
On le retrouve dans : Isara, Vénétie Éisra, Lituanie et surtout par fossilisation de *isarā comme nom de rivière dans d'anciens pays de langue celtique : Aire, Yorkshire, Isère Isar Yser
Le nom Isara est devenu Oise, à la suite d'une série de mutations phonétiques dans un temps difficilement définissable. Sigmatisme de R en S : ISARA > ISASA Amuïssement des voyelles et assimilation de SS en S : iSaSa > iSSa > OISE. Toutefois le premier A d'ISARA étant bref, l'accent tonique se plaçait en latin sur le I. Ce I bref s'est transformé en E long en bas latin entre le . En effet, le nom de la rivière est attesté sous la forme ESERA en 742 et en 898. Le E initial s'est diphtongué en EI alors que le second E s'amuissait. Du , la diphtongue devient OE, et enfin OI. La prononciation actuelle date du .
Situation dans le réseau navigable L’Oise, qui baigne Guise, La Fère, Chauny, Noyon, Compiègne, Verberie, Pont-Sainte-Maxence, Creil, Beaumont, Pontoise n'était navigable qu'à l'aval de Chauny en 1860 d'après les dictionnaires contemporains. Outre des parties de département de l'Aisne, de l'Oise et de Seine-et-Oise à proximité desquelles elle coule paisiblement, elle fait communiquer le bassin de la Seine avec le réseau de canaux du Nord et de l'Est. Les canaux suivants en amont de Compiègne intègrent ce réseau. La plupart sont au gabarit Freycinet sauf le canal du Nord et le canal latéral à l'Oise à gabarit plus large sur sa partie de Pont-l'Évêque à Janville en aval du confluent avec le canal du Nord. canal de Crozat ancêtre du canal de Saint-Quentin entre l'Oise et la Somme canal de Saint-Quentin vers l'Escaut (toujours actif et souvent saturé) canal de la Sambre à l'Oise canal latéral à l'Oise, dont la partie entre Longueil et Janville soit est creusée entre 1826 et 1828. canal de l'Oise à l'Aisne de qui relie le canal latéral à l'Oise au canal latéral à l'Aisne. canal de l'Oise à la Seine canal de l'Aisne à la Marne canal des Ardennes (vers la Meuse) canal du Nord de gabarit intermédiaire entre le gabarit Freycinet et le grand gabarit européen.
Projet d'aménagement L’Oise, troisième axe fluvial français avec 7 millions de tonnes de fret annuel au début des années 1990, possède une navigation encore active sur une partie au gabarit européen de Conflans-Sainte-Honorine à Compiègne sur plus de . Au-delà, le gabarit inférieur du canal du Nord constitue une lacune dans le réseau fluvial nord européen. La réalisation du canal Seine-Nord Europe à grand gabarit européen qui permettra le passage des convois de de Compiègne au canal Dunkerque-Escaut destiné à relier le bassin de la Seine au réseau navigable à grand gabarit du nord de l'Europe en remplacement du canal du Nord a été décidée par accord entre l'État et la région Hauts-de-France en après une période au cours de laquelle ce projet a été différé.
Le rapport du Conseil d’orientation des infrastructures « rapport Duron » remis le au ministre des Transports recommande la réalisation pour la période 2023-2027 du projet Mageo de mise au gabarit de ( de long sur de large) de l'Oise entre Creil et Compiègne () en reprenant les berges pour porter le mouillage de 3 à 4 m dans la continuité de la future liaison Seine-Nord EuropeRapport du Conseil d’orientation des infrastructures « rapport Duron » remis le au ministre des Transports pages 96-97 https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/sites/default/files/2018.02.01_rapport_coi.pdf.
Introduction géophysique et hydraulique L'Oise traverse les terrains crétacés de la Thiérache, puis s'enfonce entre les interminables plateaux tertiaires du bassin parisien interne. Elle suit une ondulation tectonique, en réalité une multitude de failles alignées, principalement du nord-est au sud-ouest.
Le bassin de l'Oise, avec une superficie estimée entre et , est la plus grande surface réceptrice parmi les tributaires du fleuve Seine. Il est supérieur de 30 % au bassin de la Marne, le second en superficie. Mais il faut noter que le régime pluvial océanique présent sur l'étendue du bassin de l'Oise avec seulement d'apport moyen annuel ou de hauteur d'eau, assure un même ordre de grandeur à l'apport final des deux affluents, soit environ de débit modulaire. Depuis un siècle d'observation, les apports orientaux du bassin parisien sont nettement plus importants et constants. L'Oise n'assure un étiage supérieur à qu'à partir du confluent avec l'Aisne. Le bassin de l'Aisne qui s'étend sur assure un débit modulaire approchant , soit un apport respectivement 60 % plus élevé par rapport à l'ensemble du bassin de l'Oise. L'Aisne l'emporte par son débit sur l'Oise.
La modestie des reliefs et de l'altitude caractérise le bassin de l'Oise. La platitude du lit se révèle dangereuse car toute grande crue provoque de graves inondations. Si le creux reste prononcé en août ou en période de canicule, les précipitations hivernales assurent des hautes eaux en janvier/février. En saison froide, le débit moyen peut atteindre et beaucoup plus si un redoux survient après de fortes chutes de neige, si des pluies océaniques se déversent avec force sur les terres argileuses et imperméables de l'amont, en Thiérache et aux confins de l'Argonne.
Les crues destructrices de 1993 ou encore du 7 au s'expliquent, ainsi que les difficultés des aménagements hydrauliques en cas de cumul d'intempéries graves.
Bassin versant Le bassin versant de l'Oise s'étend sur six départements français : l'Aisne, l'Oise, les Ardennes, la Marne, la Meuse et le Val d'Oise. Il représente et se décompose en trois grands sous-bassins : L'Oise amont et médiane (), L'Aisne et l'Aire (), L'Oise aval (), à l'aval de leur confluence.
Organisme gestionnaire
L'organisme gestionnaire est l'EPTB Oise-Aisne ou Entente Oise-Aisne. Cet établissement public a construit de 2007 à 2009 un ouvrage de protection contre les fortes crues à Proisy comprenant une digue de retenue des eaux d'une longueur d'un kilomètre, d'un clapet mobile et d'un évacuateur de sécurité.
Principaux affluents 450px|droite|thumb|Cours de l'Oise et ses affluents de plus de (carte interactive).
Rive gauche Le Gland et son affluent la Wartoise Le Thon la Serre et son affluent la Souche l'Ailette Le ru de Servais L'Aisne L'Automne Le ru Macquart La Nonette La Thève L'Ysieux Le ru de Presles Le ru de Liesse Le ru d'Éragny-sur-Oise Le ru du Bois
Rive droite Les Anorelles Le Noirieu ou Noirrieu, et son affluent l'Iron La Verse La Divette Le Matz L'Aronde La Frette Le Rhony La Brêche Le Thérain L'Esches Le Sausseron La Viosne
Rang de Strahler
Hydrologie L'Oise est une rivière assez régulière et bien alimentée toute l'année. L'Oise à Pont-Sainte-Maxence Son débit a été observé sur une période de 49 ans (1960-2008), à Pont-Sainte-Maxence, localité du département de l'Oise située assez loin de son débouché dans la Seine. À cet endroit, le bassin versant de la rivière est de sur , c'est-à-dire de 85,2 % de sa totalité.
Toujours à Pont-Sainte-Maxence, le débit moyen interannuel, ou module, de la rivière est de .
L'Oise présente des fluctuations saisonnières de débit pas trop prononcées, avec des hautes eaux d'hiver-printemps portant le débit mensuel moyen au niveau de 142 à de décembre à avril inclus (avec un maximum en janvier-février), et des basses eaux d'été de juillet à octobre, avec une baisse du débit moyen mensuel jusqu'à au mois de septembre, ce qui est encore confortable. Les débits de l'Oise observés et calculés correspondent à s'y méprendre à ceux de la Marne sa voisine, régularisée il est vrai par un énorme lac de retenue, le lac du Der-Chantecoq. Mais ces moyennes mensuelles occultent des variations intermédiaires plus importantes.
Étiage ou basses eaux À l'étiage, le VCN3 de l'Oise peut chuter jusque en cas de période quinquennale sèche, débit qui reste élevé comparé aux baisses bien plus profondes qui se produisent dans les bassins des grandes rivières comparables dans d'autres régions de France, spécialement plus au sud et à l'est.
Crues Les crues sont rarement très importantes. Ainsi, le débit instantané maximal enregistré a été de le , tandis que la valeur journalière maximale était de le . Les QIX 2 et QIX 5 valent respectivement 340 et . Le QIX 10 est de , le QIX 20 de et le QIX 50 de . Il ressort de ces chiffres que les crues de février 1995 étaient d'ordre vicennal (20 ans).
thumb|À la source de l'Oise, un petit bassin d'eau (Belgique) À titre de comparaison : Le VCN3 et le QIX 10 de la Marne à Paris valent 23 et (débit moyen 110) Ceux de l'Oise à Pont-Sainte-Maxence valent 21 et (débit moyen 109) Ceux de l'Yonne à son confluent valent 14 et (débit moyen 93) Ceux du Loing à son confluent valent 3,2 et (débit moyen 19) Ceux de la Moselle peu avant la frontière valent 13 et (débit moyen 132) Ceux de la Seine à Alfortville, avant le confluent de la Marne valent 43 et (débit moyen 218) Enfin ceux de la Vienne à Nouâtre valent 25 et (débit moyen 201)
Lame d'eau et débit spécifique L'Oise est donc une rivière abondante et assez régulière, alimentée par des précipitations généralement modérées. La lame d'eau écoulée dans son bassin versant est de annuellement, ce qui est modéré, nettement inférieur à la moyenne d'ensemble de la France ( par an tous bassins confondus), mais plus ou moins égal à la moyenne de la totalité du bassin versant de la Seine ( par an). Le débit spécifique (ou Qsp) vaut de ce fait par seconde et par kilomètre carré de bassin.
Cours de l'Oise en Belgique L'Oise prend sa source dans le bois de la Thiérache, au sud-est de la ville de Chimay, dans la province de Hainaut en Belgique. Un petit monument, avec bassin d'eau, érigé à la sortie du bois en marque l'endroit. La petite rivière apparue au sud du village Bourlers (à quelques centaines de mètres au nord de l'abbaye de Scourmont) parcourt seulement quinze kilomètres en Belgique, largement à travers prés et bois. Le seul village belge traversé est Macquenoise à la frontière franco-belge. Un peu plus loin, en France, l'Oise reçoit les eaux du Gland et de la Wartoise, un petit affluent (rive gauche) qui sur plusieurs kilomètres marque la frontière entre les deux pays.
Départements et communes traversés ou bordés par l'Oise en France D'amont en aval ; en gras figurent les communes de plus de 10 000 habitants (en 1999) et chefs-lieux administratifs (de canton, d'arrondissement et de département)
Dans le Nord
Une commune est traversée par l'Oise, il s'agit de la commune d'Anor.
Dans l'Aisne
thumb|L'Oise à Hirson. thumb|L'Oise à Guise.