Guillaume Kigbafori Soro, né le à Kofiplé, sous-préfecture de Diawala, dans le département de Ferkessédougou, est un homme d'État ivoirien.

Il est Premier ministre de 2007 (conformément à l'accord politique de Ouagadougou) à 2012 et président de l'Assemblée nationale ivoirienne de 2012 à 2019.

Biographie

Enfance et formation Guillaume Kigbafori Soro est né le à Kofiplé.. Guillaume Soro est un Sénoufo de Ferkessédougou (nord de la Côte d'Ivoire) et est de confession catholique. Père de 4 enfants, il partage sa vie avec Sylvie Tagro, une Bétée du sud-ouest de la Côte d'Ivoire, depuis ses années de lutte estudiantine. Son père, Clément Soro Sanga, milite au Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI).

Parcours universitaire Surnommé le Che ou encore Bogota, Guillaume Soro s'engage au sein de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d'Ivoire (FESCI)FESCI, syndicat ou mafia?, Jeune Afrique, 8 février 2008 dont il devient le secrétaire général de 1995 à 1998 alors qu'il préparait une licence d'anglais à l'université Félix-Houphouët-Boigny d'Abidjan. À la faculté des lettres, arts et sciences humaines (FLASH), il obtient une licence d'anglais et le C2 (certificat 2) de maîtrise sans toutefois soutenir son mémoire. En , il quitte la tête de la FESCI et part l'année suivante, en 1999, poursuivre ses études en France où il s'inscrit simultanément aux universités Paris-VII et Paris-VIII, respectivement pour des cours d'anglais et de sciences politiques.

En 2018, il obtient un MBA de l'École de commerce de Lyon.

Débuts politiques En , à la suite de la grave crise qui secoue la Côte d'Ivoire, avec l'arrestation, la détention et la condamnation de la direction du Rassemblement des républicains (RDR), il est de retour dans son pays pour participer aux côtés de l'opposition aux mobilisations en vue de la libération des prisonniers politiques. Il est en Côte d'Ivoire lorsqu'intervient le coup d'État du . Il avait auparavant créé le Forum international des étudiants francophones (FIEF), se gardant ouvertement de s'allier politiquement au Rassemblement des républicains d'Alassane Ouattara.

En , on le voit aux côtés de Robert Guéï après son coup d'État réussi, mais il s'oppose à lui et s'allie à Alassane Ouattara lorsque celui-ci est exclu de l'élection présidentielle en 2000.

Responsable de la rébellion En 2000, Laurent Gbagbo devient président. Avec la bienveillance du président burkinabè Blaise Compaoré, Soro s’installe dans une maison modeste de Ouagadougou, où il participe à l'organisation d'une rébellion pour renverser le nouveau chef de l'État.

En 2002, les Forces nouvelles tentent un coup d'État à Abidjan, mais l’opération échoue. Guillaume Soro réapparaît en , lorsque les Forces nouvelles lancent sans succès une tentative de coup d'État à Abidjan, en qualité de porte-parole puis secrétaire général de la branche politique du Mouvement patriotique de Côte d’Ivoire (MPCI), qui deviennent après les négociations de Linas-Marcoussis, les Forces nouvelles de Côte d'Ivoire, mouvement rebelle. Recherché par les militaires ivoiriens, Soro quitte le pays déguisé en femme.

Le poste de secrétaire général par intérim des Forces nouvelles est entre-temps occupé par le ministre d'État, ministre de la Justice, Mamadou Koné.

Au gouvernement de réconciliation nationale puis de transition Guillaume Soro participe au gouvernement de réconciliation nationale de à , puis d' à , comme ministre de la Communication. Le , il est nommé ministre d'État, de la Reconstruction et de la Réinsertion dans le gouvernement de Charles Konan Banny.

La signature de l'accord politique de Ouagadougou offre aux Forces nouvelles le poste de Premier ministre. Les Forces nouvelles désignent leur secrétaire général, Guillaume Soro, le pour exercer cette fonctionGuillaume Soro désigné premier ministre, Fraternité Matin, 26 mars 2007« Le Président Gbagbo a signé le décret hier : Soro, nouveau Premier ministre ».

Guillaume Soro entre en fonction le et son gouvernement est installé trois jours plus tard. Le gouvernement doit mettre en place notamment deux points clefs de l'accord politique de Ouagadougou : la préparation d'élections devant se tenir dans les dix mois à compter de , puis l'unification des Forces armées des Forces nouvelles (FAFN) et des Forces armées nationales de Côte d'Ivoire (FANCI).

Tentatives d'assassinat contre Guillaume Soro

Guillaume Soro a échappé à six tentatives d'assassinat. Les deux plus marquantes sont certainement le guet-apens dans lequel il est tombé dans l'enceinte de la Radiodiffusion télévision ivoirienne (RTI) le ainsi que l’attentat du contre le Fokker 100 qui le transporte.

Il aurait également échappé à la mort à la Radio télévision ivoirienne (RTI) le . Alors ministre de la Communication, il s'y rend pour une visite. 300 jeunes armés de gourdins et armes blanches, ayant appris sa présence à la RTI, s'y rendent pour le pourchasser. Réfugié dans l'infirmerie, il en est exfiltré grâce à un jeune capitaine de la gendarmerie, après une demande de la France aux autorités ivoiriennes de protéger Guillaume Soro, signataire des accords de paix.

Le vendredi , Soro échappe à un attentat à la roquette lors de l'atterrissage de l'avion dans lequel il était lors de sa venue à Bouaké, fief de la rébellion. Un côté de l'avion est éventré. Quatre membres de son équipage sont tués et plusieurs sont grièvement blessés Rockets fired at Ivorian PM plane, BBC News, 29 juin 2007. Il se pourrait que les auteurs soient des éléments de son armée rebelle qui lui reprochent de ne pas avoir été consultés avant la signature de l'accord de Ouagadougoujournal de la radio Africa n°1 (29 juin 2007).

Sous la présidence d'Alassane Ouattara

Premier ministre Le , alors qu'éclate une controverse sur les résultats du deuxième tour de l'élection présidentielle du 28 novembre, Soro accuse Laurent Gbagbo d'être un tricheur et de se comporter en dictateur. Il demande à la communauté internationale de faire pression pour que Gbagbo quitte le pouvoir« Gbagbo est "un dictateur" et doit partir, déclare Soro », Agence France-Presse, 8 décembre 2010. Guillaume Soro remet sa démission à Alassane Ouattara qu'il reconnaît comme vainqueur légitime du second tour de l'élection face à Laurent Gbagbo, dont il était le Premier ministre depuis 2007. Ce dernier le reconduit dans ses fonctions de Premier ministre. Soro forme alors son nouveau gouvernement le dans lequel il détient également le portefeuille de la DéfenseDépêche AFP, le 6 décembre 2010.. À la suite de la chute de Laurent Gbagbo et de l'arrivée à la présidence de la République d'Alassane Ouattara, Guillaume Soro forme son quatrième gouvernement le , gouvernement qui prend fin le à la suite de sa démission« Côte d'Ivoire : le PM démissionne », Le Figaro, 8 mars 2012.« Côte d'Ivoire / Législatives : Le Premier ministre a remis sa démission (officiel) », abidjan.net, 8 mars 2012..

Président de l'Assemblée nationale Le , Guillaume Soro est élu à l'unanimité président de l'Assemblée nationale« Côte d'Ivoire : Guillaume Soro élu président de l'Assemblée nationale à l'unanimité », Jeune Afrique, 12 mars 2012., ce qui fait de lui le deuxième personnage de l'État.

Son mandat est marqué par une activité accrue et d'un rôle renforcé du parlement. Il est par ailleurs amené à effectuer plusieurs voyages diplomatiques, notamment en Europe et en Asie. En , lors de la Conférence parlementaire afro-arabe, Guillaume Soro est désigné président de cet organe parlementaire, cadre d'échanges entre les députés africains et leurs homologues du monde arabe. Il est également membre de l'Assemblée des parlementaires francophones.

En tant que président de l'Assemblée nationale, il centre ses actions principalement sur la jeunesse, les questions sociales, mais également sur les questions liées à l'environnement. Il souhaite notamment que la Côte d'Ivoire recoure davantage aux énergies renouvelables, objectif qu'il réaffirme à quelques semaines de la COP21, en déclarant que "la question de l'écologie reste une préoccupation majeure".

Il appelle régulièrement à une lutte plus efficace contre les inégalités et à une croissance plus inclusive en assurant une meilleure répartition des fruits de la croissance. Lors de son discours de Nouvel An au personnel de l’Assemblée nationale et aux députés, il invite d'ailleurs ces derniers à placer la dernière année de la législature sous « le sceau du social et de la solidarité aux plus vulnérables ». Il déclare également l’année 2016 comme « année de la solidarité ».

Au lendemain de l'attentat de Grand-Bassam en 2016, Guillaume Soro fait part de ses propositions de réformes en matière sécuritaire. Il propose ainsi de créer des unités antiterroristes ou des forces spéciales afin de faire face à la menace terroriste grandissante. Selon lui, une réforme des services de renseignements ivoiriens, afin de donner plus de place au renseignement humain, s’avère nécessaire, ainsi qu’une meilleure coopération entre les services de renseignements régionaux. Afin d’apaiser les tensions religieuses susceptibles d’être exploitées par mouvements terroristes, il se prononce en faveur d’un État laïc et appelle à une pacification des relations entre le Nord musulman et le Sud chrétien et animiste.

Il est réélu président de l'assemblée nationale en 2017.

À l'issue des mutineries de janvier et mai 2017, l’ancien chef rebelle est accusé par une partie de l'entourage du président Ouattara d'avoir encouragé voire fomenté ces dernières, la presse internationale se faisant l'écho de son rôle trouble. Ces accusations se fondent notamment sur la découverte d'un important stock d’armes à Bouaké dans une maison appartenant à son directeur du protocole Souleymane Kamagaté Koné alias « Soul to Soul », et ce bien que Guillaume Soro assure que les armes étaient stockées là depuis la crise postélectorale de 2011.

À la suite des vives tensions qui l'opposent au président Ouattara à la suite de cette affaire, le chef de l'État annonce fin janvier que Soro présentera sa démission du poste de président de l'Assemblée nationale le mois suivant. Soro ne rejoint pas le nouveau parti Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix, dirigé par Ouattara et annonce sa démission le , au cours d'une session extraordinaire de l'Assemblée nationale.

Candidature à la présidence, mandat d'arrêt international et condamnation à perpétuité vignette En , Soro annonce sa candidature à l'élection présidentielle d'octobre 2020.

Dans la foulée de l'annonce de sa candidature, Guillaume Soro lance un « mouvement citoyen », Génération et Peuples solidaires, qui vise à réunir l'ensemble des organisations pro-Soro (Comité politique, Mouvement pour la promotion des nouvelles valeurs en Côte d’Ivoire - MVCI, Rassemblement pour la Côte d'Ivoire - RACI, Alliance nationale pour le changement - ANC) en vue de l'élection présidentielle.

En octobre, Soro annonce son retour en Côte d'Ivoire pour le après six mois à l'étranger.

Le , le Trésor saisit le Procureur de la République d’une plainte contre Guillaume Soro et autres pour des actes de concussion et des faits de détournement de deniers publics commis en 2007 alors qu’il occupait les fonctions de Premier ministre. Trois jours plus tard, le Procureur de la République annonce que la Direction de la surveillance du territoire l’a informé que Guillaume Soro, qui séjournait à l’étranger, projetait d’attenter à l’autorité de l’État et à l’intégrité du territoire national. Un mandat d'arrêt international est émis le même jour pour « tentative d'atteinte à l'autorité de l'État et à l'intégrité du territoire national »..